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Cancer de la thyroïde

Par Jerome M. Hershman, MD, MS, Distinguished Professor of Medicine Emeritus; Director of the Endocrine Clinic, David Geffen School of Medicine at UCLA;West Los Angeles VA Medical Center

La cause des cancers thyroïdiens est mal connue, mais la thyroïde est très sensible aux radiations, qui peuvent provoquer des modifications malignes. Le cancer de la thyroïde est plus fréquent chez les personnes traitées autrefois, pendant leur enfance, par une irradiation de la tête, du cou ou du thorax, pour des tumeurs bénignes (la radiothérapie pour des maladies bénignes n’est maintenant plus utilisée).

Nodules thyroïdiens

Le cancer entraîne généralement le développement de petites excroissances (nodules) à l’intérieur de la thyroïde, et non une augmentation du volume total de la glande. Cependant, la plupart des nodules thyroïdiens ne sont pas cancéreux (malins). Un nodule est plus probablement malin si

  • Il est solide plutôt que liquidien (kyste)

  • Il ne sécrète pas d’hormones thyroïdiennes

  • Il est dur

  • Il grandit rapidement

  • Il touche un homme

Habituellement, le premier signe d’un cancer de la thyroïde est l’apparition d’une grosseur non douloureuse dans le cou. Un cancer plus volumineux peut exercer une pression sur les tissus adjacents dans le cou, provoquant une voix rauque, une toux ou des difficultés respiratoires.

En cas de nodule de la thyroïde, le médecin prescrit plusieurs examens. Les premiers examens incluent généralement des tests de la fonction thyroïdienne, dans laquelle on mesure les taux sanguins de thyréostimuline (TSH), d’hormones thyroïdiennes T4 (thyroxine ou tétraiodothyronine) et de T3 (triiodothyronine). Des analyses visant à détecter des anticorps dirigés contre la thyroïde sont parfois réalisées.

Si les examens sanguins montrent une hyperactivité de la thyroïde (hyperthyroïdie), une scintigraphie thyroïdienne est réalisée pour déterminer si le nodule sécrète des hormones thyroïdiennes. Les nodules qui sécrètent des hormones (nodules « chauds ») ne sont pratiquement jamais malins. Si les examens n’indiquent pas une hyperthyroïdie ni une thyroïdite d’Hashimoto, ou si les nodules ne sont pas « chauds », les médecins pratiquent généralement une cytoponction.

La cytoponction consiste à prélever, à l’aide d’une aiguille fine, un échantillon du nodule qui sera ensuite analysé au microscope. Cette procédure n’est pas très douloureuse et est pratiquée au cabinet médical ; l’utilisation d’un anesthésique local peut être envisagée et l’échographie peut permettre de guider l’aiguille.

L’échographie est pratiquée pour déterminer la taille du nodule, s’il est solide, rempli de liquide et s’il existe d’autres nodules.

Types de cancer de la thyroïde

Il existe quatre types généraux de cancer de la thyroïde :

  • Papillaire

  • Folliculaire

  • Médullaire

  • Anaplasique

Carcinome papillaire

Le carcinome papillaire est le type de cancer le plus fréquent et représente 80 à 90 % des cancers de la thyroïde. Le carcinome papillaire est environ 3 fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Le carcinome papillaire est plus fréquent entre l’âge de 30 et 60 ans, mais il se développe et se propage plus rapidement chez les personnes âgées. Les personnes traitées par irradiation au niveau du cou, en général pour des maladies bénignes lorsqu’elles étaient bébé ou enfant, ou pour d’autres types de tumeur à l’âge adulte, présentent un risque accru de développer ce cancer.

Le carcinome papillaire se développe dans la thyroïde, mais se propage parfois (métastase) vers les ganglions voisins. Non traité, il peut se répandre dans d’autres régions de l’organisme.

Le carcinome papillaire guérit presque toujours. Les nodules de moins de 1 à 1,5 cm sont retirés avec le tissu thyroïdien immédiatement adjacent (lobectomie et isthmectomie), mais certains spécialistes recommandent l’ablation de la totalité de la thyroïde (thyroïdectomie). Pour les nodules de plus grande taille (en particulier ceux de plus de 4 cm environ), la plupart ou la totalité de la thyroïde est généralement retirée. L’iode radioactif est souvent administré pour détruire tout résidu de tissu thyroïdien ou de tumeur. Les hormones thyroïdiennes à fortes doses sont prescrites pour inhiber la croissance de l’éventuel tissu thyroïdien résiduel.

Carcinome folliculaire

Le carcinome folliculaire représente 10 % environ des cancers thyroïdiens et est plus fréquent chez les personnes âgées. Le carcinome folliculaire est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.

Beaucoup plus agressif que le carcinome papillaire, le carcinome folliculaire a tendance à métastaser, par voie sanguine, dans différentes régions de l’organisme.

Le traitement du cancer folliculaire nécessite l’ablation chirurgicale de la totalité de la glande et la destruction par l’iode radioactif de tout tissu thyroïdien résiduel et des éventuelles métastases. Ce cancer guérit le plus souvent, mais moins que le carcinome papillaire.

Cancer médullaire

Près de 3 % des cancers thyroïdiens sont des carcinomes médullaires qui naissent dans la thyroïde, mais dans un type de cellules différent de celui qui produit les hormones thyroïdiennes. Ce cancer provient des cellules C, habituellement dispersées au sein de la thyroïde et qui sécrètent l’hormone calcitonine, qui aide à contrôler le taux de calcium dans le sang. Ce cancer produit des quantités excessives de calcitonine. Le cancer médullaire de la thyroïde peut également sécréter d’autres hormones et est donc parfois à l’origine d’une symptomatologie inhabituelle.

Ce cancer a tendance à se répandre (métastaser) par la circulation lymphatique vers les ganglions, et par la circulation sanguine vers le foie, les poumons et les os. Le cancer médullaire peut se développer conjointement à d’autres types de cancers endocriniens dans le cadre d’un syndrome de néoplasie endocrinienne multiple.

Le traitement nécessite l’ablation chirurgicale de la thyroïde. Une intervention chirurgicale supplémentaire peut être nécessaire pour mettre en évidence l’existence d’une diffusion vers les ganglions. Plus de deux tiers des personnes guérissent du cancer médullaire de la thyroïde quand il s’intègre à un syndrome de néoplasies endocriniennes multiples.

Cancer anaplasique

Le cancer anaplasique représente environ 2 % des cancers de la thyroïde et est plus fréquent chez les femmes âgées. Ce cancer grossit très rapidement et entraîne habituellement une excroissance douloureuse de grande taille dans le cou. Cette tumeur a tendance à se répandre (métastaser) dans d’autres régions de l’organisme.

Environ 80 % des personnes qui souffrent d’un cancer anaplasique meurent en 1 an, malgré le traitement. La chimiothérapie et la radiothérapie effectuées avant et après la chirurgie, permettent rarement la guérison. L’iode radioactif n’a pas d’intérêt dans le traitement de cette tumeur.