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Dyslipidémie

(Hyperlipidémie)

Par Anne Carol Goldberg, MD, Professor of Medicine, Division of Endocrinology, Metabolism and Lipid Research, Department of Medicine, Washington University School of Medicine

La dyslipidémie se caractérise par des taux élevés de lipides (cholestérol et/ou triglycérides) transportés par les lipoprotéines dans le sang ( Présentation des troubles du cholestérol et des lipides). Ce terme comprend l’hyperlipoprotéinémie (hyperlipidémie), qui désigne des taux anormalement élevés de cholestérol total, de cholestérol LDL (le mauvais cholestérol) ou de triglycérides, ainsi qu’un taux anormalement bas de cholestérol HDL (le bon cholestérol).

  • Le mode de vie, la prédisposition génétique, les troubles, les médicaments, ou une combinaison de ces facteurs, peuvent y contribuer.

  • Une athérosclérose peut en découler, entraînant angor, crises cardiaques, AVC et maladie artérielle périphérique.

  • Les médecins mesurent les taux de triglycérides et des différents types de cholestérol dans le sang.

  • L’activité physique, les modifications du régime alimentaire et les médicaments peuvent être efficaces.

Les taux de lipoprotéines et donc de lipides, principalement de cholestérol LDL, augmentent légèrement avec l’âge. En général, les hommes ont des taux légèrement plus élevés que les femmes, mais chez ces dernières, les taux augmentent après la ménopause. L’élévation des taux de lipoprotéines qui survient avec l’âge peut induire une dyslipidémie.

Le risque d’athérosclérose ( Athérosclérose) augmente avec l’augmentation du taux de cholestérol total, même si le taux n’est pas suffisamment élevé pour être considéré comme une dyslipidémie. L’athérosclérose peut toucher les artères qui apportent du sang au cœur (entraînant une coronaropathie), au cerveau (provoquant un accident vasculaire cérébral) ou au reste de l’organisme (induisant une artériopathie périphérique). Ainsi, des taux élevés de cholestérol total augmentent aussi le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. Des taux de cholestérol total bas sont en général jugés préférables à des taux trop élevés. Cependant, des taux très bas de cholestérol ne sont pas forcément bons pour la santé non plus ( Hypolipidémie).

Bien qu’il n’y ait pas de seuil naturel entre les taux de cholestérol normaux et anormaux, chez les adultes, un taux de cholestérol total inférieur à 200 milligrammes par décilitre (mg/dl) de sang est souhaitable. Le maintien d’un taux lipidique encore inférieur peut être bénéfique chez de nombreuses personnes. Dans certaines régions du monde (comme en Chine et au Japon), où sont observées des concentrations moyennes de cholestérol de 1,5 g/l, les coronaropathies sont moins fréquentes que dans d’autres pays comme les États-Unis. Le risque d’infarctus du myocarde augmente de plus du double lorsque le taux de cholestérol total atteint 3 g/l.

Le taux de cholestérol total n’est qu’un indice général du risque d’athérosclérose. Les taux des constituants du cholestérol total, principalement de cholestérol LDL et de cholestérol HDL, sont plus importants. Un taux élevé de cholestérol LDL (mauvais cholestérol) augmente le risque. Un taux élevé de cholestérol HDL (bon cholestérol) n’est pas considéré comme un trouble parce qu’il diminue le risque d’athérosclérose. Cependant, un faible taux de cholestérol HDL (défini par un taux inférieur à 40 mg/dl) augmente le risque. Les spécialistes estiment optimaux des taux de cholestérol LDL inférieurs à 100 mg/dl.

Il n’est pas encore établi qu’une élévation du taux de triglycérides augmente le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. Des taux de triglycérides supérieurs à 150 mg/dl sont considérés comme pathologiques, mais des taux élevés ne semblent pas induire une augmentation du risque chez tous. L’élévation du taux de triglycérides prédispose au risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral si dans le même temps les taux de cholestérol HDL sont bas ou si un diabète, une affection rénale ou des antécédents familiaux d’athérosclérose sont présents.

Des taux élevés de cholestérol HDL, le bon cholestérol, sont généralement bénéfiques et ne sont pas considérés comme un trouble. Un taux trop bas augmente le risque d’athérosclérose.

Taux lipidiques optimaux chez les adultes

Lipides

Taux souhaitable (mg/dl)*

Cholestérol total

Moins de 200 mg/dl

Cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL)

Moins de 100 mg/dl

Cholestérol à lipoprotéines de haute densité (HDL)

Plus de 40 mg/dl

Triglycérides

Moins de 150 mg/dl

*mg/dl = milligramme par décilitre de sang.

Causes

Les facteurs qui provoquent une dyslipidémie sont classés en :

  • Primaires : Causes génétiques (héréditaires)

  • Secondaires : Mode de vie et autres causes

Dyslipidémie primaire (héréditaire)

Les causes primaires impliquent des mutations géniques qui entraînent une production excessive de cholestérol LDL ou de triglycérides ou qui échouent à éliminer ces substances. Certaines causes entraînent une production insuffisante ou une élimination excessive du cholestérol HDL. Les causes primaires ont tendance à être héréditaires et donc à toucher des familles.

Les taux de cholestérol et de triglycérides sont plus élevés en cas de dyslipidémie héréditaire, car elle altère le métabolisme et l’élimination des lipides. Les personnes peuvent également hériter d’une tendance à des taux de cholestérol HDL anormalement bas. Les conséquences des dyslipidémies héréditaires peuvent comprendre l’athérosclérose prématurée, qui peut provoquer un angor ou des infarctus du myocarde. La maladie artérielle périphérique est également une conséquence qui diminue souvent le flux sanguin dans les membres inférieurs et peut provoquer des douleurs à la marche (claudication, Artères des jambes et des bras). L’AVC est une autre conséquence possible. Des taux de triglycérides très élevés peuvent provoquer une pancréatite ( Présentation de la pancréatite).

Dans la carence en lipoprotéine lipase et la carence en apolipoprotéine CII, des troubles rares dus à une carence en certaines protéines nécessaires à l’élimination des particules contenant des triglycérides, l’organisme ne peut pas éliminer les chylomicrons du sang, ce qui induit une très forte élévation des triglycérides. En l’absence de traitement, les taux atteignent souvent des chiffres bien supérieurs à 1 000 mg/dl. Les symptômes apparaissent pendant l’enfance et l’adolescence. Ils comprennent des accès récurrents de douleurs abdominales, une augmentation de volume du foie et de la rate et des tuméfactions cutanées de couleur jaune rosé sur les coudes, les genoux, les fesses, le dos, la face antérieure des jambes et la face postérieure des bras. Ces tuméfactions, appelées xanthomes éruptifs, sont des dépôts de graisse. Les symptômes s’aggravent si l’alimentation est riche en graisses. Bien que ce trouble ne cause pas d’athérosclérose, il peut entraîner une pancréatite, parfois mortelle. Les personnes qui souffrent de ce trouble doivent éviter tous les types de corps gras, saturés, insaturés et polyinsaturés.

Dans l’hypercholestérolémie familiale, le taux de cholestérol total est élevé. Ce trouble grave touche environ 1 personne sur 250. Les personnes touchées peuvent avoir hérité d’un gène anormal ou de deux gènes anormaux, un de chaque parent. Les personnes qui ont deux gènes anormaux (homozygotes) sont plus gravement touchées que celles qui n’en ont qu’un (hétérozygotes). Les personnes peuvent présenter des dépôts de graisse (xanthomes) sur les tendons des talons, des genoux, des coudes et des doigts. Rarement, les xanthomes apparaissent avant l’âge de 10 ans. L’hypercholestérolémie familiale peut provoquer une athérosclérose rapidement évolutive et une mort précoce due à une maladie des artères coronaires. Les enfants qui ont deux gènes anormaux peuvent être victimes d’un infarctus du myocarde ou d’un angor avant l’âge de 20 ans, et les hommes qui ont un gène anormal développent souvent une maladie coronarienne entre 30 et 50 ans. Les femmes qui ont un gène anormal présentent également un risque accru, mais celui-ci survient environ 10 ans plus tard que chez les hommes. Les fumeurs ou les personnes atteintes d’une hypertension artérielle, d’un diabète ou obèses peuvent développer une athérosclérose encore plus tôt.

Le traitement débute avec un régime pauvre en graisses saturées et en cholestérol. Si possible, il faut perdre du poids, arrêter de fumer et augmenter l’activité physique. Il est souvent nécessaire de prescrire un ou plusieurs médicaments hypolipémiants. Certaines personnes nécessitent une aphérèse ( Traitement de certaines maladies par épuration sanguine (hémaphérèse)), une méthode de filtration du sang pour abaisser les taux de LDL. Un diagnostic et un traitement précoces peuvent diminuer le risque accru d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.

Dans l’hyperlipidémie familiale combinée, les taux de cholestérol et/ou de triglycérides sont élevés. Ce trouble touche environ 1 à 2 % des personnes. Les taux de lipides deviennent en général pathologiques après 30 ans, mais parfois plus tôt, en particulier chez les personnes en surpoids, celles qui ont un régime très riche en graisses ou qui sont atteintes d’un syndrome métabolique ( Syndrome métabolique).

Le traitement implique une limitation de la consommation de graisses, de cholestérol et de sucres, ainsi qu’une augmentation de l’exercice physique et, si possible, une perte de poids. De nombreuses personnes qui souffrent de ce trouble doivent prendre des médicaments hypolipémiants.

Dans la dysbêtalipoprotéinémie familiale, les taux de lipoprotéines de très faible densité (VLDL), de cholestérol total et de triglycérides sont élevés. Cette élévation est due à une forme anormale des VLDL qui s’accumule dans le sang. Des dépôts de graisse (xanthomes) peuvent se former sous la peau des coudes et des genoux et dans la paume des mains, où ils peuvent provoquer des plis jaunâtres. Ce trouble rare induit le développement précoce d’une forme grave d’athérosclérose. À l’âge moyen, l’athérosclérose crée souvent une obstruction des artères coronaires et périphériques.

Le traitement comporte l’obtention et le maintien d’un poids corporel approprié et une réduction des apports de cholestérol, de lipides saturés et de glucides. Des médicaments hypolipémiants sont souvent nécessaires. Sous traitement, les taux de lipides peuvent se normaliser, la progression de l’athérosclérose ralentir et les dépôts de graisse cutanés diminuer, voire disparaître.

Dans l’hypertriglycéridémie familiale, les taux de triglycérides sont élevés. Ce trouble touche environ 1 % des personnes. Dans certaines familles atteintes de ce trouble, l’athérosclérose a tendance à apparaître tôt. Dans la mesure du possible, une perte de poids et une réduction de la consommation d’alcool ramènent souvent les triglycérides à des taux normaux. Si ces mesures sont inefficaces, il peut être utile d’administrer des médicaments hypolipémiants. Chez les personnes qui souffrent également de diabète, il est important de bien le contrôler.

Dans l’hypoalphalipoprotéinémie, le taux de cholestérol HDL est faible. Un taux de cholestérol HDL bas est souvent héréditaire. De nombreuses anomalies génétiques peuvent induire une diminution du taux de HDL.

Chez les personnes qui souffrent d’un trouble génétique induisant des taux élevés de triglycérides (telle que l’hypertriglycéridémie familiale ou l’hyperlipidémie familiale combinée), certains troubles et substances peuvent augmenter les triglycérides à des taux extrêmement élevés. Ces troubles incluent un diabète mal équilibré et une insuffisance rénale. Les substances comprennent l’abus d’alcool et l’utilisation de certains médicaments qui augmentent les taux de triglycérides. Les symptômes peuvent comprendre des dépôts cutanés de graisse (xanthomes éruptifs) sur la face antérieure des jambes et postérieure des bras, une augmentation de volume du foie et de la rate, des douleurs abdominales et une diminution de la sensibilité au toucher due à des lésions nerveuses. Le trouble peut entraîner une pancréatite parfois mortelle. Réduire l’apport en lipides (moins de 50 g par jour) peut prévenir les lésions nerveuses et la pancréatite. Il peut également être utile de perdre du poids et d’éviter la consommation d’alcool. Les médicaments hypolipémiants peuvent être efficaces.

Dyslipidémie secondaire

Des causes secondaires contribuent à de nombreux cas de dyslipidémie et comprennent les suivantes :

  • Une alimentation riche en graisses saturées, en acide gras trans et en cholestérol

  • La présence d’un diabète ou de certains autres troubles

  • Une faible activité physique

  • La consommation d’importantes quantités d’alcool

  • L’utilisation de certains médicaments

Presque tout le monde est sensible aux effets de l’alimentation, mais certaines personnes le sont plus que d’autres. Les personnes peuvent consommer de grandes quantités de graisses animales sans que leur taux de cholestérol excède les niveaux souhaitables. D’autres peuvent suivre un régime pauvre en graisses et avoir un taux de cholestérol élevé. La différence semble être essentiellement génétique. Le capital génétique des personnes influe sur la vitesse de production, d’utilisation et d’élimination des graisses. Aussi, la corpulence ne permet pas toujours de prédire les taux de cholestérol. Certaines personnes en surpoids ont des taux de cholestérol bas tandis que certaines personnes minces ont des taux élevés. La prise de calories en excès peut induire une augmentation du taux de triglycérides, de même qu’une consommation excessive d’alcool.

Le saviez-vous ?

  • Le poids corporel ne prédit pas les taux de cholestérol. En effet, certaines personnes en surpoids ont des taux de cholestérol faibles tandis que des personnes minces ont des taux élevés.

Certains troubles entraînent une augmentation des taux lipidiques. Un diabète mal équilibré ou une maladie rénale chronique peuvent induire une élévation du taux de cholestérol total et des triglycérides. Certains troubles hépatiques (en particulier la cirrhose biliaire primitive) et une thyroïde hypoactive (hypothyroïdie) peuvent provoquer une élévation du taux de cholestérol total.

Certains médicaments tels que les œstrogènes (par voie orale), les contraceptifs oraux, les corticostéroïdes, les rétinoïdes, les diurétiques thiazidiques (dans une certaine mesure), la ciclosporine, le tacrolimus et les antiviraux utilisés dans le traitement du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et du SIDA peuvent entraîner une augmentation des taux de cholestérol et/ou de triglycérides.

Le tabagisme, l’infection par le VIH, un diabète mal contrôlé ou les troubles rénaux (telles que le syndrome néphrotique) peuvent contribuer à diminuer le taux de cholestérol HDL. Les médicaments comme les bêtabloquants et les stéroïdes anabolisants peuvent diminuer le taux de cholestérol HDL.

Symptômes

En général, des taux élevés de lipides dans le sang n’induisent aucune symptomatologie. Parfois, lorsque les taux sont particulièrement élevés, des dépôts de graisses sous la peau et sur les tendons forment des tuméfactions appelées xanthomes. Des anneaux opaques blancs ou gris peuvent parfois apparaître au bord de la cornée. Des taux de triglycérides très élevés peuvent provoquer une hypertrophie du foie ou de la rate, une sensation de picotement ou de brûlure dans les mains et les pieds, des difficultés respiratoires et une confusion, et peuvent augmenter le risque de développement d’une pancréatite. La pancréatite peut provoquer des douleurs abdominales graves et peut être fatale.

Diagnostic

  • Analyses de sang pour mesurer les taux de cholestérol

Les taux de cholestérol total, de cholestérol LDL, de cholestérol HDL et de triglycérides, c’est-à-dire le bilan lipidique, sont mesurés à partir d’un prélèvement sanguin. Sachant que la consommation d’aliments et de boissons peut induire des augmentations temporaires du taux de triglycérides, le prélèvement doit être pratiqué après un jeûne d’au moins 12 heures.

En cas d’hyperlipidémie, d’autres examens sanguins sont effectués pour identifier le trouble sous-jacent spécifique. Ces troubles comprennent plusieurs affections héréditaires (dyslipidémies héréditaires), induisant différentes anomalies du métabolisme des lipides et exposant à divers risques.

Le saviez-vous ?

  • Les margarines qui se composent essentiellement d’huile liquide (margarines en tube) et celles qui contiennent des stanols ou des stérols végétaux, contrairement aux margarines en barre, sont des substituts du beurre plus sains.

Dépistage

Le bilan lipidique doit être réalisé chez tous les adultes âgés d’au moins 20 ans, et répété tous les 4 à 6 ans.

Le dépistage est généralement répété jusqu’à l’âge de 80 ans environ. En plus de mesurer les taux lipidiques, les médecins dépistent aussi d’autres facteurs de risque de maladie cardiovasculaire, tels que l’hypertension artérielle, le diabète ou des antécédents familiaux de taux lipidiques élevés.

Les pédiatres recommandent de réaliser des analyses de sang chez tous les enfants âgés de 9 à 11 ans pour dépister des taux lipidiques élevés. Les enfants peuvent faire l’objet d’un dépistage à l’âge de 2 ans si des membres de leur famille ont des taux lipidiques élevés ou si ces derniers ont été atteints d’une maladie des artères coronaires à un jeune âge.

Traitement

  • Perdre de poids

  • Exercice physique

  • Diminution des graisses saturées dans l’alimentation

  • Souvent, médicaments hypolipémiants

Habituellement, le meilleur traitement consiste à perdre du poids pour les personnes en surpoids, cesser de fumer, réduire la quantité totale de graisses saturées et de cholestérol dans l’alimentation, augmenter l’activité physique et prendre, si nécessaire, un médicament hypolipémiant.

Une activité physique régulière peut favoriser la diminution du taux de triglycérides et l’augmentation du taux de cholestérol HDL. Par exemple, on peut faire une marche énergique d’au moins 30 minutes 5 fois par semaine.

Alimentation à teneur réduite en matières grasses

Une alimentation à teneur réduite en graisses saturées et en cholestérol peut diminuer le taux de cholestérol LDL. Les spécialistes recommandent de limiter l’apport calorique sous forme de corps gras à moins de 25 à 35 % des calories totales consommées sur plusieurs jours. Cependant, les personnes ayant des taux de triglycérides élevés doivent aussi éviter de consommer de grandes quantités de sucres (que ce soit dans les aliments ou les boissons), de farine raffinée (comme celle utilisée dans la plupart des aliments cuisinés industriels) et d’aliments contenant de l’amidon (tels que les pommes de terre et le riz).

Le type de graisses consommées est important ( Type de graisses). Les acides gras peuvent être saturés, polyinsaturés ou mono-insaturés. Les acides gras saturés augmentent plus le taux de cholestérol que les autres types d’acides gras. Les acides gras saturés ne devraient pas représenter plus de 7 % des calories totales consommées par jour. Les acides gras polyinsaturés (incluant les acides gras oméga-3 et oméga-6) peuvent contribuer à diminuer les taux de triglycérides et de cholestérol LDL dans le sang. Le contenu en acides gras de la plupart des aliments est signalé sur l’étiquette de l’emballage.

D’énormes quantités d’acides gras saturés sont contenues dans les viandes, le jaune d’œuf, les produits laitiers non écrémés, quelques noix (notamment les noix de macadamia) ou les noix de coco. Les huiles végétales contiennent une plus petite quantité d’acides gras saturés, mais seules quelques-unes ont vraiment une faible teneur en acides gras.

La margarine, produite à partir d’huiles végétales polyinsaturées, est généralement un substitut plus sain au beurre, qui est riche en graisses saturées (environ 60 %). Cependant, certains types de margarine (comme certains aliments digérés) contiennent des acides gras trans qui peuvent augmenter le taux de cholestérol LDL (mauvais) et diminuer celui de cholestérol HDL (bon). Les margarines constituées essentiellement d’huile liquide (margarines en tube) renferment moins de lipides saturés et d’acides gras trans que le beurre et ne renferment pas de cholestérol. Les margarines (et d’autres produits alimentaires) qui contiennent des stanols ou des stérols végétaux peuvent contribuer à diminuer les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL.

Le saviez-vous ?

  • La consommation des aliments suivants peut contribuer à réduire le cholestérol : son d’avoine, farine d’avoine, haricots, pois, son de riz, orge, agrumes, fraises et pulpe de pomme.

Il est conseillé de manger une grande quantité de fruits, de légumes et de céréales complètes, qui sont naturellement pauvres en graisses et ne contiennent pas de cholestérol. La consommation d’aliments riches en fibres solubles, qui se lient aux graisses dans l’intestin et qui favorisent la diminution du taux de cholestérol, est également recommandée. De tels aliments comprennent : le son d’avoine, la farine d’avoine, les haricots, les pois, le son de riz, l’orge, les agrumes, les fraises et la pulpe de pomme. Le psyllium, habituellement pris pour soulager la constipation, peut également diminuer le taux de cholestérol.

Régime à teneur réduite en graisses et cholestérol

Type de graisses

Quantités recommandées

Sources alimentaires

Saturées

Pas plus de 5 à 6 % des calories totales

Viandes

Produits laitiers non écrémés, comme le lait entier, le fromage et le beurre

Huiles végétales artificiellement hydrogénées

Huile de coco

Polyinsaturées

Remplacer les graisses saturées par des graisses mono-insaturées et polyinsaturées

Certaines huiles végétales, comme l’huile de soja, l’huile de maïs et l’huile de cartame

Poissons gras, tels que le saumon, le maquereau, le hareng et la truite

Certains fruits à coques et graines, comme les noix et les graines de tournesol

Mono-insaturées

Remplacer les graisses saturées par des graisses mono-insaturées et polyinsaturées

Huile de colza

Huile d’olive

Noix

Avocat

Cholestérol

Diminuer la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol

Jaune d’œuf

Abats, comme le foie

Viande

Volaille

Produits laitiers non écrémés

Approche pratique d’un régime à faible teneur en cholestérol et graisses saturées

Aliments à diminuer

Aliments à choisir

Viande et dérivés

Parties grasses du bœuf, agneau et porc

Côtelettes de porc

Abats, comme le foie

Charcuterie

Saucisses

Hot dogs

Poisson

Poulet et dinde (sans peau)

Parties maigres du bœuf, de l’agneau, du porc et du veau

Produits laitiers et œufs

Lait entier

Lait entier condensé non sucré ou concentré

Crème

Lait à 10 % de matières grasses

La plupart des crèmes non laitières

Lait écrémé

Lait à 1 % de matières grasses

Babeurre

Crèmes fouettées

Crèmes fouettées maigres ou sans matières grasses

Yaourts entiers

Fromage frais au lait entier

Fromages (comme le bleu, le roquefort, le camembert, le cheddar et l’emmental)

Fromage à la crème

Crème aigre

Crème glacée

Yaourt maigre ou sans matières grasses

Fromage frais maigre

Fromages maigres

Crème aigre maigre ou sans matières grasses

Sorbets et glaces pauvres en matières grasses (limiter les aliments contenant des sucres si les triglycérides sont élevés)

Mélange de beurre et de margarine

Margarines moins denses à base d’huiles végétales liquides (en tube)

Margarines contenant des stérols ou des stanols végétaux

Jaunes d’œuf (pas plus de 3 par semaine)

Substituts des œufs sans cholestérol

Blancs d’œuf (2 blancs d’œuf peuvent remplacer 1 œuf dans les recettes)

Produits de boulangerie

Tartes

Gâteaux

Beignets

Croissants

Pâtisserie

Muffins

Biscuits

Crackers riches en matières grasses

Biscuits riches en matières grasses

Pâtes aux œufs

Pains à base d’œufs

Produits de boulangerie faits maison avec des huiles insaturées

Gâteau de Savoie

Cookies et crackers pauvres en matières grasses (limiter les aliments contenant des sucres si les triglycérides sont élevés)

Pains aux céréales complètes et céréales complètes* (farine d’avoine, son, seigle et multicéréales)

Graisses et huiles saturées

Chocolat

Cacao en poudre

Caroube

Sirop à base de chocolat sans matières grasses

Huile de coco

Huile de palme

Lard

Bacon

Huiles végétales insaturées : colza, olive, maïs, carthame, sésame, soja et tournesol

Condiments

Condiments à base de jaune d’œuf

Mayonnaise à faible teneur en matières grasses et assaisonnements pour salades à base d’huiles liquides

Fruits et légumes

Fruits et légumes au beurre, aux graisses saturées, crèmes ou sauces à base de graisses saturées

Fruits ou légumes frais, surgelés, en conserve et secs*

Noix de coco

Graines et noix*

*Les fruits, les légumes, les céréales, les graines et les noix ne contiennent pas de cholestérol et la plupart d’entre eux contiennent peu ou pas de graisses saturées.

Médicaments hypolipémiants

Le traitement par des médicaments hypolipémiants dépend non seulement des taux lipidiques, mais aussi de la présence d’une éventuelle maladie des artères coronaires, d’un diabète ou d’autres facteurs de risque majeurs de maladie des artères coronaires ( Vue d’ensemble de la maladie des artères coronaires (MAC)). Chez les personnes atteintes d’une maladie des artères coronaires ou d’un diabète, le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral peut être diminué en utilisant des médicaments hypolipémiants appelés des statines. Chez les personnes ayant des taux de cholestérol très élevés ou qui présentent d’autres facteurs de risque élevés d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral, la prise de médicaments hypolipémiants peut aussi être bénéfique.

Il existe différents types de médicaments hypolipémiants :

  • Ligands des acides biliaires

  • Dérivés de l’acide fibrique

  • Niacine

  • Inhibiteur de l’absorption du cholestérol

  • Suppléments en acides gras oméga-3

  • Statines

Tous ces médicaments diminuent les taux de lipides par un mécanisme différent. Par conséquent, les différents types de médicaments peuvent avoir plusieurs effets secondaires et influencer les taux de lipides selon différents modes. Parallèlement à la prise de médicaments, il est conseillé de suivre un régime pauvre en graisses saturées.

Les médicaments hypolipémiants font plus que diminuer les taux lipidiques, ils peuvent également prévenir les maladies des artères coronaires. De plus, il a été démontré que les statines diminuent le risque de mort précoce.

Le traitement des enfants peut être difficile. Il n’existe aucune étude montrant que le traitement des taux lipidiques élevés chez l’enfant réduira le risque chez les enfants traités de développer une maladie cardiaque à l’âge adulte. Cependant, l’American Academy of Pediatrics (Académie américaine des pédiatres) et la National Health, Lung, and Blood Institute (Institut national de la santé, des poumons et du sang) recommandent de traiter certains enfants ayant des taux lipidiques élevés. Des changements alimentaires sont recommandés. Des médicaments hypolipémiants peuvent être administrés à certains enfants ayant des taux lipidiques très élevés qui ne répondent pas aux changements de l’alimentation, en particulier les enfants atteints d’hypercholestérolémie familiale.

Médicaments hypolipémiants

Type

Mécanisme d’action

Indications

Quelques effets secondaires

Ligands des acides biliaires

Cholestyramine

Colésévélam

Colestipol

Liaison aux acides biliaires dans l’intestin, favorisant l’élimination des acides plutôt que leur utilisation pour former de la bile, ce qui augmente l’élimination par le foie du cholestérol LDL extrait du sang pour produire de la bile

Cholestérol LDL élevé

Douleur abdominale

Liaison à certains autres médicaments (réduisant leur efficacité)

Ballonnements

Constipation

Nausées

Augmentation du taux de triglycérides (en particulier chez les personnes ayant des taux de triglycérides élevés)

Inhibiteur de l’absorption du cholestérol

Ézétimibe

Diminution de l’absorption du cholestérol dans l’intestin grêle

Cholestérol LDL élevé

Aucun effet secondaire grave

Gonflement du visage et des lèvres (rare)

Selles molles

Douleurs musculaires (rare)

Dérivés de l’acide fibrique

Bézafibrate*

Ciprofibrate*

Fénofibrate

Gemfibrozil

Augmentation de la dégradation des lipides, la vitesse d’élimination des VLDL hors de la circulation

Peut réduire la production des VLDL par le foie

Triglycérides élevés

Dysbêtalipoprotéinémie

Éventuellement, cholestérol VLDL élevé

Douleur abdominale

Ballonnements

Diarrhée

Calculs biliaires

Augmentation des enzymes hépatiques

Courbatures dues à l’inflammation (myosite)

Nausées

Éruption cutanée

Niacine

Niacine

Ralentit l’élimination des HDL

Abaisse les taux de triglycérides

À doses élevées, réduit la vitesse de production des VLDL, utilisées pour synthétiser les LDL

Triglycérides élevés

Cholestérol LDL et cholestérol VLDL élevés

Dysbêtalipoprotéinémie

Troubles digestifs

Bouffées de chaleur

Goutte

Taux de sucre dans le sang élevé (hyperglycémie)

Augmentation des enzymes hépatiques

Démangeaisons

Ulcères

Statines (inhibiteurs de la HMG-CoA réductase)

Atorvastatine

Fluvastatine

Lovastatine

Pitavastatine

Pravastatine

Rosuvastatine

Simvastatine

Blocage de la synthèse du cholestérol, et augmentation de l’élimination des LDL du sang

Cholestérol LDL et/ou triglycérides élevés

Ballonnements

Constipation (légère)

Fatigue

Céphalées

Selles molles

Rares augmentations des enzymes hépatiques

Rares courbatures dues à l’inflammation (myosite) ou dégénérescence musculaire (rhabdomyolyse)

Suppléments en matières grasses

Acides gras oméga 3

Faibles taux de triglycérides

Peut réduire la production des VLDL

Triglycérides élevés

Éructations

Diarrhée

Inhibiteur de la protéine microsomale de transfert des triglycérides

Lomitapide

Inhibe la sécrétion de triglycérides

Hypercholestérolémie familiale chez les personnes porteuses de 2 gènes anormaux (homozygotes)

Diarrhée

Lésions hépatiques

Inhibiteur oligonucléotide de l’apolipoprotéine B

Mipomersen

Diminue le taux de LDL

Diminue le taux d’apolipoprotéine B

Hypercholestérolémie familiale (homozygote)

Symptômes pseudo-grippaux

Lésions hépatiques

Réactions cutanées aux sites d’injection

HDL = lipoprotéines de haute densité ; HMG-CoA = 3-hydroxy-3-méthylglutaryl coenzyme A ; LDL = lipoprotéines de faible densité ; VLDL = lipoprotéines de très faible densité.

*Non disponible aux États-Unis.

Surveillance du traitement

Les médecins réalisent généralement des analyses de sang 2 à 3 mois après le début du traitement pour déterminer si les taux lipidiques diminuent. Une fois que les taux lipidiques ont suffisamment diminué, les médecins réalisent des analyses de sang une ou deux fois par an. Les médecins n’utilisent plus de cibles spécifiques pour les taux lipidiques. Ils essayent plutôt de diminuer les taux lipidiques selon un certain pourcentage, compris généralement entre 30 et 50 %.

Parce que certains médicaments hypolipémiants peuvent parfois entraîner des problèmes musculaires et hépatiques, les médecins réalisent en général des analyses de sang en début de traitement pharmacologique. Ensuite, si la personne présente des effets secondaires, les mesures initiales (de référence) sont disponibles pour effectuer des comparaisons.

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