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Présentation des réactions allergiques

Par Peter J. Delves, PhD, University College London, London, UK

Les réactions allergiques (réactions d’hypersensibilité) sont des réponses inadaptées du système immunitaire à des substances habituellement inoffensives.

  • En général, les allergies font pleurer ou piquer les yeux, couler le nez, entraînent des démangeaisons cutanées, des éruptions et des éternuements.

  • Certains symptômes, dénommés réactions anaphylactiques, peuvent être mortels.

  • Ce sont les symptômes qui suggèrent le diagnostic et des tests cutanés peuvent aider à identifier la substance à l’origine de l’allergie.

  • Les personnes qui ont déjà présenté des réactions allergiques sévères doivent toujours avoir à portée de main une seringue d’adrénaline auto-injectable ainsi que des pilules antihistaminiques.

  • Le mieux est d’éviter le déclencheur, mais si cela n’est pas possible, des injections de petites doses d’allergènes parviennent parfois à désensibiliser la personne.

  • Les réactions sévères nécessitent un traitement d’urgence à l’hôpital.

Normalement, le système immunitaire, qui comprend les anticorps, les globules blancs, les mastocytes, les protéines du complément et d’autres substances, défend l’organisme contre les substances étrangères (appelées antigènes). Toutefois, chez les personnes sensibles, il peut réagir de façon excessive s’il est exposé à certaines substances (allergènes) présentes dans l’environnement, des aliments ou des médicaments sans danger pour la plupart des personnes. Il en résulte une réaction allergique. Certaines personnes ne sont allergiques qu’à une seule substance. D’autres sont allergiques à de nombreux agents. Environ un tiers de la population des États-Unis souffre d’une allergie.

Les allergènes peuvent entraîner une réaction allergique en cas de contact avec la peau ou les yeux, ou bien lorsqu’ils sont inhalés, ingérés ou injectés. Une réaction allergique peut survenir de plusieurs manières :

  • Elle peut être saisonnière (telle que le rhume des foins), provoquée par une exposition à certaines substances telles que les pollens d’arbres, de graminées ou d’ambroisie

  • Déclenchée par la prise d’un médicament ( Allergies médicamenteuses)

  • Déclenchée par la consommation de certains aliments

  • Déclenchée par l’inhalation de poussière, de phanères d'animaux ou de moisissures

  • Déclenchée par le contact avec certaines substances (telles que le latex)

  • Déclenchée par des morsures ou des piqûres d’insectes

Dans le cas de nombreuses réactions allergiques, lorsque le système immunitaire est exposé pour la première fois à un allergène, il produit un type d’anticorps appelé immunoglobuline E (IgE). L’IgE se lie à un type de globules blancs appelés basophiles, présents dans la circulation, et à un type analogue de cellules appelées mastocytes, présentes dans les tissus. La première exposition peut sensibiliser la personne à l’allergène, mais sans provoquer de symptôme. Lorsque la personne sensibilisée rencontre à nouveau l’allergène, les basophiles et les mastocytes qui portent des IgE à leur surface libèrent des substances (telles que l’histamine, les prostaglandines et les leucotriènes) provoquant un gonflement ou une inflammation dans les tissus environnants. Ces substances induisent une cascade de réactions qui continuent à irriter et à léser les tissus. Ces réactions peuvent être légères à sévères.

Symptômes

La plupart des réactions allergiques sont modérées et se manifestent par un larmoiement et un prurit oculaire, un écoulement nasal, un prurit cutané et des éternuements. Les éruptions cutanées (y compris l’urticaire) sont fréquentes et, souvent, prurigineuses. L’urticaire ( Urticaire), se caractérise par de petites zones de gonflement (papules) rouges et légèrement surélevées, dont le centre est souvent pâle. Le gonflement peut affecter des zones plus larges sous la peau (c'est ce qu'on appelle un angiœdème, Angiœdème). Le gonflement est causé par une fuite de liquide à partir des vaisseaux sanguins. Selon les régions de l’organisme touchées, l’angiœdème peut être grave. Les allergies peuvent déclencher des crises d’asthme.

Certaines réactions allergiques, appelées chocs anaphylactiques ( Réactions anaphylactiques), sont potentiellement mortelles. Les voies respiratoires peuvent se rétrécir (constriction), ce qui induit une respiration sifflante et les muqueuses tapissant la gorge et les voies respiratoires peuvent gonfler, perturbant ainsi la respiration. Les vaisseaux sanguins peuvent s’élargir (dilatation), ce qui entraîne une baisse dangereuse de la tension artérielle.

Diagnostic

Le médecin commence par déterminer si une réaction est allergique. Il peut demander à la personne si certains de ses proches parents sont allergiques, car la réaction a plus de chances d’être allergique dans ce cas. Des analyses de sang sont parfois réalisées en vue de détecter un type de globules blancs, appelés éosinophiles. Bien que chacun en possède, les éosinophiles sont généralement produits en plus grand nombre en cas de réaction allergique.

Puisque toute réaction allergique est déclenchée par un allergène spécifique, le principal objectif du diagnostic consiste à identifier l’allergène en question. Souvent, la personne et le médecin parviennent à identifier l’allergène en fonction du moment où l’allergie a démarré et de la manifestation ainsi que de la fréquence des réactions, (par exemple lors de certaines saisons ou après avoir consommé certains aliments).

Les tests cutanés ( Tests cutanés) constituent la méthode d’identification des allergènes la plus efficace. On commence en général par un test par piqûre. Des solutions diluées sont préparées à partir d’extraits de pollens (d’arbres, de graminées, de plantes herbacées ou de spores fongiques), de poussières, de phanères d’animaux, de venins d’insectes, d’aliments ou de certains médicaments. Une goutte de chaque solution est appliquée sur la peau de la personne, qui est ensuite piquée à l’aide d’une aiguille. Si la personne est allergique à une ou plusieurs de ces substances, la réaction se manifeste par une papule et une rougeur, indiquées par les éléments suivants :

  • Un gonflement pâle légèrement surélevé, la papule, apparaît au niveau du site de piqûre dans les 15 à 20 minutes.

  • Elle est entourée d’une zone rouge bien délimitée, la rougeur.

  • La zone obtenue mesure environ 1,3 centimètre de diamètre.

Le test par piqûre permet d’identifier la plupart des allergènes. Si aucun allergène n’est identifié, on peut injecter une petite quantité de chaque solution dans la peau de la personne (intradermoréaction). Ce type de test cutané est beaucoup plus fiable pour détecter une réaction à un allergène.

Avant de procéder au test cutané, on demande à la personne d’arrêter de prendre des antihistaminiques ainsi que certains antidépresseurs dits tricycliques (tels que l’amitriptyline) et des inhibiteurs de la monoamine oxydase (tels que la sélégiline). Ces médicaments peuvent supprimer une réaction aux examens. Certains médecins ne pratiquent pas non plus de test chez les personnes qui reçoivent des bêta-bloquants car si ces personnes présentent une réaction allergique, les conséquences sont plus susceptibles d’être graves. De plus, les bêta-bloquants sont susceptibles d’interférer avec les médicaments utilisés pour traiter les réactions allergiques graves.

On effectue un dosage des IgE sériques spécifiques des allergènes s’il est impossible d’effectuer des tests cutanés, par exemple en cas d’éruption cutanée diffuse. Ce test indique si les IgE présentes dans le sang de la personne concernée se lient à un allergène spécifique utilisé pour le dosage. Si le test est positif, la personne est allergique à cet allergène.

Il se peut, toutefois, que les tests cutanés et le test de dosage des IgE sériques spécifiques des allergènes ne détectent pas toutes les allergies et ils indiquent parfois qu’une personne est allergique à un allergène alors que ce n’est pas le cas (c’est ce qu’on appelle un résultat faux-positif).

Prévention

Mesures environnementales

La meilleure approche consiste à éviter, si possible, l’allergène. Cela peut impliquer ce qui suit :

  • Arrêter un médicament

  • Maintenir un animal hors de la maison

  • Utiliser un aspirateur et un filtre HEPA (high-efficiency particulate air, haute efficacité pour les particules de l’air)

  • S’abstenir de consommer un aliment particulier

  • Pour une personne qui souffre d’allergies saisonnières sévères, envisager de déménager dans une région où l’on ne retrouve pas l’allergène

  • Retirer ou remplacer les objets qui retiennent la poussière tels que les meubles tapissés, les tapis et les bibelots

  • Couvrir les matelas et les oreillers de housses en tissu à trame serrée qui ne laissent passer ni les acariens ni les particules allergisantes

  • Utiliser des oreillers en fibres synthétiques

  • Laver fréquemment les draps, les taies d’oreillers et les couvertures à l’eau chaude

  • Faire fréquemment le ménage en passant le chiffon à poussière, l’aspirateur et la serpillère

  • Utiliser un climatiseur et un déshumidificateur au sous-sol ainsi que dans les autres pièces humides

  • Traiter la maison à la vapeur de chauffage

  • Exterminer les cafards

Immunothérapie spécifique (désensibilisation)

Parce que certains allergènes, notamment les pneumallergènes, ne peuvent être évités, on peut pratiquer une immunothérapie spécifique, en général par injection de petites doses d’allergènes, afin de désensibiliser une personne à l’allergène. Grâce à l’immunothérapie spécifique, il est possible de prévenir ou de réduire le nombre et/ou la gravité des réactions allergiques. Elle n’est cependant pas toujours efficace. Certaines personnes et certaines allergies tendent à mieux répondre que d’autres.

On recourt le plus souvent à l’immunothérapie pour traiter les allergies aux pollens, aux acariens domestiques, aux moisissures et au venin des piqûres d’insectes. Si une personne est allergique à des allergènes qu’elle ne peut éviter, tels que le venin d’insecte, l’immunothérapie contribue à prévenir les réactions anaphylactiques ( Réactions anaphylactiques). On l’utilise parfois pour les allergies aux phanères d’animaux, mais ce traitement a peu de chances d’être efficace. L'immunothérapie pour les allergies alimentaires fait actuellement l'objet d'études.

L’immunothérapie n’est pas utilisée lorsque l’allergène, tel que la pénicilline ou d’autres médicaments, peut être évité. Cependant, si une personne a besoin de prendre un médicament auquel elle est allergique, on peut avoir recours à une immunothérapie, sous surveillance médicale étroite, pour la désensibiliser.

Dans l’immunothérapie, d'infimes quantités d’allergène sont généralement injectées sous la peau. La dose est progressivement augmentée jusqu’à atteindre une dose suffisante pour contrôler les symptômes (dose d’entretien). Une augmentation progressive est nécessaire car une exposition trop précoce à une dose élevée d’allergène peut déclencher une réaction allergique. Les injections sont généralement administrées une ou deux fois par semaine jusqu’à atteindre la dose d’entretien. Ensuite, les injections sont généralement administrées toutes les 4 à 6 semaines. La procédure est plus efficace si l’on poursuit l'injection des doses d’entretien toute l’année, même pour les allergies saisonnières.

Une autre possibilité consiste à placer de fortes doses de l’allergène sous la langue (sublingual) et à les y laisser plusieurs minutes avant de les avaler. La dose est progressivement augmentée, comme pour les injections. La technique sublinguale est relativement récente et on n’a pas encore établi à quelle fréquence la dose devait être administrée. Cela va de tous les jours à 3 fois par semaine.

L’immunothérapie spécifique peut nécessiter 3 à 4 années.

Les injections d’immunothérapie entraînent parfois des réactions allergiques dangereuses ; c’est pourquoi la personne doit rester chez le médecin au moins 30 minutes après l’injection. Si elle manifeste des réactions modérées à l’immunothérapie (telles que des éternuements, une toux, des bouffées de chaleur, une sensation de picotement, des démangeaisons, une oppression thoracique, une respiration sifflante ou de l’urticaire), un médicament, habituellement un antihistaminique, tel que la diphénhydramine ou la loratadine, peut être utile. En cas de réactions plus graves, de l’adrénaline (épinéphrine) est injectée.

Traitement

Éviter l’allergène représente la meilleure manière de traiter autant que de prévenir les allergies.

En cas de symptômes légers, l’administration d’antihistaminiques suffit souvent. S’ils sont inefficaces, d’autres médicaments, tels que des stabilisateurs des mastocytes ou des corticostéroïdes peuvent s’avérer utiles. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont inefficaces. Les symptômes sévères, tels que ceux qui impliquent les voies respiratoires (y compris les réactions anaphylactiques), nécessitent un traitement d’urgence.

Dans la mesure du possible, une femme enceinte allergique doit éviter ses allergènes afin de contrôler ses symptômes. Si ses symptômes sont sévères, elle doit utiliser un pulvérisateur nasal antihistaminique. Elle ne doit prendre des antihistaminiques par voie orale (antihistaminiques oraux) que si le pulvérisateur nasal ne la soulage pas suffisamment. Une femme qui allaite doit également essayer d’éviter les antihistaminiques et si elle ne le peut pas, préférer leur administration par pulvérisation nasale plutôt que par voie orale. Si les antihistaminiques oraux sont indispensables pour contrôler ses symptômes, ils doivent être pris juste après la tétée.

Antihistaminiques

Ce sont les médicaments les plus couramment utilisés pour soulager les symptômes allergiques. Les antihistaminiques bloquent les effets de l’histamine (qui déclenche les symptômes) plutôt que sa production. La prise d’antihistaminiques permet de soulager partiellement l’écoulement nasal, le larmoiement ainsi que les démangeaisons et diminue le gonflement lié à l’urticaire ou à un léger angiœdème. Ils ne facilitent cependant pas la respiration en cas de constriction des voies respiratoires. Certains antihistaminiques sont également des stabilisateurs des mastocytes ( Stabilisateurs des mastocytes).

Les antihistaminiques sont disponibles sous forme de comprimés, gélules ou solutions liquides et peuvent être administrés par voie orale, pulvérisation nasale, collyre, lotion ou crème. La forme utilisée dépend du type de réaction allergique. Certains antihistaminiques sont disponibles sans ordonnance (en vente libre), d’autres doivent être prescrits. Certains d’entre eux qui nécessitaient une ordonnance par le passé sont désormais en vente libre.

Des produits contenant un antihistaminique et un décongestionnant (tel que la pseudo-éphédrine) sont en vente libre. Ils peuvent être administrés aux adultes et aux enfants âgés de 12 ans et plus. Ces produits sont particulièrement utiles lorsque les symptômes nécessitent à la fois un antihistaminique et un décongestionnant nasal. Cependant, certaines personnes, notamment celles qui prennent des inhibiteurs de la monoamine oxydase (un type d'antidépresseur), ne peuvent pas prendre ces produits. De même, les personnes qui souffrent d’hypertension artérielle ne doivent pas prendre de décongestionnant s’il n’est pas recommandé par un médecin qui surveillera son utilisation.

La diphénhydramine est disponible en vente libre sous forme de lotion, de crème, de gel ou de pulvérisateur ; elle peut être appliquée sur la peau afin de soulager les démangeaisons, mais elle ne doit pas être utilisée. Son efficacité n’est pas prouvée et elle est susceptible d’entraîner des réactions allergiques (telles qu’une éruption cutanée). Elle peut causer une somnolence extrême chez les enfants qui prennent également un antihistaminique par voie orale.

Le saviez-vous ?

  • Les produits pour la peau en vente libre qui contiennent de la diphénhydramine (un antihistaminique) ne doivent pas être utilisés parce que leur efficacité n’est pas prouvée et qu’ils sont susceptibles d’induire des réactions allergiques ainsi que d’autres effets secondaires.

Les antihistaminiques entraînent des effets anticholinergiques tels qu’une somnolence, une sécheresse buccale, un flou visuel, une constipation, une difficulté à uriner, une confusion et une sensation de vertige (notamment au moment de se relever). Les antihistaminiques sur ordonnance induisent souvent un moins grand nombre de ces effets.

Certains antihistaminiques sont plus susceptibles de causer une somnolence (sédation) que d’autres. Ceux qui induisent une somnolence sont largement disponibles en vente libre. Il ne faut pas les prendre si l’on s’apprête à conduire, à manipuler un équipement lourd ou à pratiquer toute autre activité nécessitant toute sa vivacité d’esprit. Ces antihistaminiques ne doivent pas être administrés à un enfant de moins de 2 ans parce qu’ils pourraient entraîner des effets secondaires graves, voire mortels. Ils représentent également un problème particulier pour les personnes âgées ( Anticholinergique : définition) ainsi que celles qui souffrent d’un glaucome, d’hyperplasie prostatique bénigne, de constipation ou de démence, en raison de leurs effets anticholinergiques. En général, les médecins les administrent avec précaution aux personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.

Tout le monde ne réagit pas de la même façon aux antihistaminiques. Par exemple, les personnes d'origine asiatique semblent moins sensibles aux effets sédatifs de la diphénhydramine que les personnes originaires d’Europe de l’ouest. De même, les antihistaminiques peuvent entraîner une réaction opposée (paradoxale) chez certaines personnes, les rendant nerveuses, impatientes et agitées.

Quelques antihistaminiques

Médicament

Degré d’effets anticholinergiques*

Degré de somnolence

En vente libre (sans ordonnance)

Bromphéniramine

Modéré

Peu important

Cétirizine

Peu ou aucun

Peu ou aucun chez la plupart des personnes et modéré chez certains

Chlorphéniramine

Modéré

Peu important

Clémastine

Fort

Modéré

Desloratadine

Peu ou aucun

Minime ou nul

Diphénhydramine

Fort

Extrême

Loratadine

Peu ou aucun

Minime ou nul

Sur ordonnance

Acrivastine

Peu ou aucun

Minime ou nul

Azélastine

Peu ou aucun

Peu important

Cyproheptadine

Modéré

Peu important

Dexchlorphéniramine

Modéré

Peu important

Fexofénadine

Peu ou aucun

Minime ou nul

Hydroxyzine

Modéré

Extrême

Lévocétirizine

Peu ou aucun

Minime ou nul

Prométhazine

Fort

Extrême

*Les effets anticholinergiques comprennent une sécheresse buccale, un flou visuel, une constipation, une difficulté à uriner, une confusion et une sensation de vertige (notamment au moment de se relever). Les personnes âgées sont particulièrement sensibles à ces effets.

Le degré de somnolence varie en fonction de la dose, des autres ingrédients actifs de la formulation (lorsqu’elle contient, par exemple, un décongestionnant plus un antihistaminique) ainsi que de la personne.

L’acrivastine n’est disponible qu’en association avec la pseudoéphédrine (un décongestionnant). L’association est administrée par voie orale.

Stabilisateurs des mastocytes

Les stabilisateurs des mastocytes empêchent les mastocytes de libérer des histamines et autres substances causant un gonflement et une inflammation. Ils sont administrés lorsque les antihistaminiques ou les autres médicaments sont inefficaces ou qu’ils entraînent des effets secondaires gênants. Ces médicaments peuvent contribuer à contrôler les symptômes allergiques. Il s’agit de l’azélastine, de la cromolyne, de lodoxamide, du kétotifène, du nédocromil, de l’olopatadine et du pémirolast. L’azélastine, le kétotifène, l’olopatadine, et le pémirolast sont également des antihistaminiques.

La cromolyne est disponible sur ordonnance sous forme d’inhalateur ou de nébuliseur (qui vaporise le médicament dans les poumons), de collyre ou sous des formes pouvant être administrées par voie orale. Sous forme de pulvérisateur nasal, elle est vendue sans ordonnance. La cromolyne n’agit en général que sur les zones d’administration, telles que le rétropharynx, les poumons, les yeux ou le nez. Administrée par voie orale, la cromolyne peut soulager les symptômes digestifs de la mastocytose ( Mastocytose), mais elle n’est pas absorbée dans la circulation sanguine et n’a donc pas d’effet sur les autres symptômes allergiques.

Quelques médicaments utilisés pour traiter les allergies : Formes disponibles

Forme

Antihistaminiques

Stabilisateurs des mastocytes

Corticoïdes

Inhalateur ou nébuliseur

Cromolyne*

Divers médicaments utilisés pour traiter l’asthme, tels que

  • Béclométhasone

  • Budésonide

  • Fluticasone

  • Triamcinolone

Pulvérisateur nasal

Azélastine

Olopatadine

Azélastine

Cromolyne

Olopatadine

Béclométasone

Budésonide

Flunisolide

Fluticasone

Mométasone

Triamcinolone

Collyre

Azélastine

Émédastine

Kétotifène

Lévocabastine

Olopatadine

Pémirolast

Azélastine

Cromolyne*

Kétotifène

Lodoxamide

Nédocromil*

Olopatadine

Pémirolast

Dexaméthasone

Fluorométholone

Lotéprednol

Médrysone

Prednisolone

Rimexolone

Lotions, pommades ou crèmes

Diverses préparations utilisées pour traiter les maladies de la peau (tels que la dermatite atopique), notamment

  • Bétaméthasone

  • Clobétasol

  • Fluocinonide

  • Flurandrénolide

  • Hydrocortisone

  • Triamcinolone

Comprimés, gélules, solutions liquides à prendre par voie orale

Acrivastine plus pseudoéphédrine (un décongestionnant)*

Azatadine*

Bromphéniramine

Cétirizine

Chlorphéniramine

Clémastine

Cyproheptadine*

Desloratadine

Dexchlorphéniramine*

Diphénhydramine

Fexofénadine*

Hydroxyzine*

Lévocétirizine*

Loratadine

Prométhazine*

Cromolyne*

Budésonide

Dexaméthasone

Méthylprednisolone

Prednisolone

Prednisone

*Disponible uniquement sur ordonnance.

Corticoïdes

Lorsque les antihistaminiques et les stabilisateurs des mastocytes ne parviennent pas à maîtriser les symptômes allergiques, l’administration de corticostéroïdes peut s’avérer utile. Ils peuvent être pris par pulvérisateur nasal pour traiter les symptômes qui touchent le nez, ou par inhalateur, généralement pour traiter l’asthme.

Les médecins ne prescrivent des corticostéroïdes (tels que de la prednisone) à prendre par voie orale que lorsque les symptômes sont très sévères ou disséminés et que tous les autres traitements sont inefficaces. Administrés par voie orale à fortes doses et pendant longtemps (par exemple, pendant plus de 3 à 4 semaines), les corticostéroïdes sont susceptibles d’induire de nombreux effets secondaires, parfois graves ( Les corticostéroïdes : Utilisations et effets secondaires). En administration orale, ils doivent donc être pris sur des périodes aussi courtes que possible.

Les crèmes et les pommades qui contiennent des corticostéroïdes peuvent contribuer à soulager les démangeaisons associées aux éruptions allergiques. Un corticostéroïde, l’hydrocortisone, est disponible en vente libre.

Autres médicaments

Les modificateurs des leucotriènes, tels que le montélukast, sont des médicaments anti-inflammatoires utilisés pour traiter l’asthme léger persistent et la rhinite allergique saisonnière. Ils inhibent les leucotriènes, qui sont libérés par certains globules blancs et mastocytes lorsqu’ils sont exposés à un allergène. Les leucotriènes contribuent à l’inflammation et entraînent une constriction des voies respiratoires.

L’omalizumab est un anticorps monoclonal (un anticorps fabriqué [synthétique], conçu pour interagir avec une substance spécifique). L’omalizumab se lie à l’IgE, un anticorps produit en grandes quantités lors d’une réaction allergique, et empêche l’IgE de se lier aux mastocytes ainsi qu’aux basophiles et de déclencher une réaction allergique. L’omalizumab peut être utilisé pour traiter l’asthme persistant ou sévère ou bien la rhinite allergique en cas d’inefficacité des autres traitements. En cas de fréquents épisodes d'urticaires et lorsque les autres traitements s'avèrent inefficaces, l'omalizumab peut être utile. S’il est utilisé, la dose de corticostéroïde peut être réduite. Il est administré par injection sous la peau (sous-cutanée).

Traitement d'urgence

Les réactions allergiques sévères telles qu’une réaction anaphylactique, nécessitent un traitement d’urgence rapide. Les personnes qui manifestent des réactions allergiques sévères doivent toujours avoir à portée de main une seringue d’adrénaline auto-injectable. Nombre de ces personnes portent également sur elles des pilules antihistaminiques. En cas de réaction sévère, ces traitements doivent être administrés aussi rapidement que possible. Généralement, l’association d’adrénaline et d’un antihistaminique bloque la réaction, au moins temporairement. Cependant, les personnes qui ont manifesté une réaction allergique grave doivent être transportées dans un service d’urgence hospitalier, où elles seront étroitement surveillées, et où leur traitement sera renouvelé ou ajusté si nécessaire.

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