Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Traitement des troubles mentaux

Par Caroline Carney , MD, MSc, Chief Executive Officer;Chief Medical Officer, Cetan Health Consultants LLC, Indianapolis, IN;MDwise, Inc., Indianapolis, IN

Dans le domaine du traitement des troubles mentaux, d’extraordinaires progrès ont été accomplis. La compréhension de ce qui cause certains troubles mentaux permet au médecin d’élaborer un traitement sur mesure de ces troubles. Ainsi, de nombreux troubles mentaux peuvent désormais être traités avec presque autant de succès que les maladies physiques.

La plupart des méthodes de traitement des troubles mentaux peuvent être classés comme somatiques ou psychothérapiques. Les traitements somatiques comprennent les médicaments, la sismothérapie ainsi que d’autres traitements stimulant le cerveau (tels que la stimulation magnétique transcrânienne ou la stimulation du nerf vague). Les traitements psychothérapiques comprennent la psychothérapie (individuelle, de groupe ou familiale ainsi que de couple), les techniques de thérapie comportementale (telles que la relaxation ou la thérapie d’exposition) et l’hypnothérapie. La plupart des études réalisées en la matière donnent lieu de croire que, pour les principales maladies mentales, l’association de médicaments et de psychothérapie est plus efficace que chacune des méthodes de traitement utilisée seule.

Les psychiatres ne sont pas les seuls professionnels de santé spécialisés dans le traitement de la maladie mentale. Dans ce cadre figurent également les psychologues cliniques, les infirmières de pratique avancée, les assistants sociaux ainsi que certains aumôniers. Toutefois, les psychiatres (ainsi que les infirmières praticiennes en psychiatrie dans certains États) représentent les seuls professionnels de santé spécialisés en psychiatrie autorisés à prescrire des médicaments. Les autres professionnels de santé spécialisés en psychiatrie pratiquent principalement la psychothérapie. Nombre de médecins généralistes ainsi que d’autres types de médecins prescrivent également des médicaments pour traiter les troubles mentaux.

Types de professionnels de santé spécialisés en psychiatrie

Professionnel de santé

Formation

Expertise

Psychiatre

Médecin ayant suivi au moins 4 ans de formation en psychiatrie après son diplôme de médecine.

Peut prescrire des médicaments, se servir d’une sismothérapie et faire admettre des personnes à l’hôpital

Peut soit pratiquer la psychothérapie uniquement, soit prescrire des médicaments uniquement, soit faire les deux

Psychologue

Professionnel de santé titulaire d’un master ou d’un doctorat, mais non d’un diplôme de médecine

A souvent suivi une formation postdoctorale et a généralement été formé pour effectuer des tests psychologiques utiles au diagnostic

Peut pratiquer la psychothérapie mais ne peut pas effectuer d’examens cliniques, de prescriptions médicales (dans la plupart des États) ni faire admettre de personnes à l’hôpital

Assistant social psychiatrique

Professionnel de santé spécialisé dans certains aspects de la psychothérapie, tels que la thérapie familiale et de couple ou la psychothérapie individuelle

Souvent formé pour communiquer avec les systèmes de services sociaux de l’État

Peut être titulaire d’un master et parfois d’un doctorat également

Ne peut pas effectuer d’examen clinique ni prescrire de médicaments

Infirmière de pratique avancée en psychiatrie

Infirmière autorisée titulaire d’un master ou d’un diplôme plus élevé ainsi que d’une formation en santé comportementale

Peut pratiquer la psychothérapie de façon indépendante dans certains États et peut prescrire des médicaments sous la supervision d’un médecin

Psychanalyste

Peut être psychiatre ou psychologue et a de nombreuses années de pratique de la psychanalyse (une forme de psychothérapie intensive qui consiste en de nombreuses sessions hebdomadaires destinées à explorer l’inconscient, les sensations et le comportement)

Pratique la psychanalyse et, s’il est également psychiatre, peut prescrire des médicaments et faire admettre des personnes à l’hôpital

Traitement pharmacologique

De nombreux médicaments psychoactifs sont très efficaces et largement utilisés par les psychiatres ou les autres médecins. Ces médicaments sont souvent classés en fonction du trouble pour lequel ils sont principalement prescrits. Par exemple, les antidépresseurs sont utilisés dans le traitement de la dépression.

La classe d’antidépresseurs la plus largement utilisée est celle des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), tels que la fluoxétine, la sertraline, la paroxétine et le citalopram ( Traitement pharmacologique). On compte parmi les autres classes d’antidépresseurs celle des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRSN), tels que la venlafaxine, la duloxétine ou la desvenlafaxine ou celle des inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline-dopamine, tels que le bupropion. Les antidépresseurs tricycliques, tels que l’amitriptlyine ou la nortriptyline, sont rarement utilisés sauf si une personne présente également un trouble douloureux qui interfère avec ses activités et son travail. Les inhibiteurs de la monoamine oxydase peuvent être efficaces mais sont rarement utilisés à moins que d’autres antidépresseurs n’aient pas fonctionné.

Les médicaments antipsychotiques plus anciens, tels que la chlorpromazine, l’halopéridol et le thiothixène, sont utiles dans le traitement de troubles tels que la schizophrénie ( Médicaments antipsychotiques). Les médicaments antipsychotiques plus récents (généralement dénommés antipsychotiques atypiques ou de seconde génération), tels que la rispéridone, l’olanzapine, la quétiapine, la ziprasidone ou l’aripiprazole, sont maintenant fréquemment utilisés en traitement initial. Pour les personnes ne répondant pas aux autres antipsychotiques, la clozapine est de plus en plus utilisée.

Les ISRS et les médicaments anxiolytiques, tels que le clonazépam, le lorazépam ou le diazépam, de même que les antidépresseurs, sont utilisés pour traiter les troubles anxieux tels que le trouble panique ou les phobies. Les psychorégulateurs, tels que le lithium, la carbamazépine, le valproate, la lamotrigine ou le topiramate, sont utilisés pour traiter le trouble bipolaire.

Sismothérapie

Dans la sismothérapie, des électrodes sont posées sur la tête et, tandis que la personne est sédatée, une série de décharges électriques est délivrée au cerveau afin d’induire une brève convulsion. Ce traitement s’est toujours avéré être le plus efficace pour traiter la dépression sévère. De nombreuses personnes soumises à cette technique présentent une perte de mémoire temporaire. Cependant, contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, la sismothérapie est sûre et n’entraîne que rarement des complications. Les méthodes modernes d’anesthésie et de relaxation musculaire en ont réduit considérablement les risques.

Autres thérapies par stimulation du cerveau

Les autres thérapies qui stimulent le cerveau, telles que la stimulation magnétique transcrânienne répétitive ou la stimulation du nerf vague, sont en cours d’étude et peuvent apporter un bénéfice à des personnes souffrant de dépression sévère et ne répondant pas aux médicaments ni à la psychothérapie. Ces thérapies impliquent l’activation ou la stimulation du cerveau directement par des aimants ou des implants qui stimulent le nerf vague. On pense que les cellules stimulées libèrent des messagers chimiques (neurotransmetteurs), contribuant à réguler l’humeur et pouvant ainsi soulager les symptômes de la dépression. Ces procédures sont généralement utilisées chez les personnes qui ne répondent pas aux médicaments ni à la psychothérapie.

Psychothérapie

Au cours des dernières années, d’importants progrès ont été accomplis dans le domaine de la psychothérapie. La psychothérapie, parfois désignée sous le nom de thérapie par la parole, se fonde sur la supposition selon laquelle chaque personne possède en elle le traitement de sa propre souffrance et que ce traitement peut être facilité par une relation de confiance et de soutien avec un psychothérapeute. En créant une ambiance d’empathie et d’acceptation, le thérapeute peut souvent aider la personne à identifier la source de ses problèmes et à envisager des solutions pour les aborder. La conscience émotionnelle et l’introspection que la personne acquiert par la psychothérapie entraînent souvent un changement d’attitude et de comportement, lui permettant de vivre une vie plus riche et plus satisfaisante.

La psychothérapie est utile dans de nombreuses affections. Même les personnes qui ne souffrent d’aucun trouble mental peuvent tirer profit d’une psychothérapie lorsqu’elles doivent faire face à des problèmes tels que des difficultés professionnelles, un deuil ou une maladie chronique d’un membre de leur famille. La psychothérapie de groupe, la thérapie de couple et la thérapie familiale sont également largement utilisées.

La plupart des professionnels de santé spécialisés en psychiatrie pratiquent l’un des six types de psychothérapie qui existent : la psychothérapie de soutien, la psychanalyse, la psychothérapie psychodynamique, la thérapie cognitive, la thérapie comportementale et la thérapie interpersonnelle.

La psychothérapie de soutien, la plus répandue, repose sur une relation d’empathie et de soutien entre la personne et le thérapeute. Elle encourage l’expression des sentiments et le thérapeute aide à la résolution de problèmes. La psychothérapie centrée sur les problèmes, forme de thérapie de soutien, peut être pratiquée avec succès par les médecins généralistes.

La psychanalyse est la plus ancienne forme de psychothérapie et fut développée par Sigmund Freud au début du 20e siècle. La personne consulte en général le thérapeute 4 ou 5 fois par semaine, et, étendu sur un divan, tente d’exprimer toutes ses pensées, selon la pratique dite des associations libres. L’attention est, en grande partie, orientée vers la compréhension de la façon dont les modèles relationnels du passé se répètent dans le présent. La relation entre la personne et le thérapeute est déterminante dans cette attention. La compréhension de la façon dont le passé affecte le présent aide la personne à développer des modes de fonctionnement nouveaux et plus adaptatifs dans ses relations ainsi que dans le cadre professionnel.

La psychothérapie psychodynamique, comme la psychanalyse, met l’accent sur l’identification de modèles inconscients à travers les pensées, les sentiments et les comportements actuels. Cependant, la personne est en général assise plutôt qu’allongée sur un divan et participe à seulement 1 à 3 séances hebdomadaires. De plus, l’accent est moins porté sur la relation entre la personne et le thérapeute.

La thérapie cognitive aide les personnes à identifier les distorsions de pensées et à comprendre comment elles engendrent des problèmes dans leur vie. L’hypothèse de base est que les sentiments et les comportements de la personne sont déterminés par la façon dont elle interprète ses expériences. À travers l’identification de leurs croyances et suppositions profondes, les personnes peuvent apprendre à voir leurs expériences autrement, ce qui se traduit par une réduction de leurs symptômes et entraîne une amélioration de leurs comportements et émotions.

La thérapie comportementale est liée à la thérapie cognitive. Une association des deux est parfois utilisée, il s’agit du traitement cognitif comportemental. La base théorique de la thérapie comportementale repose sur la théorie de l’apprentissage, qui estime que les comportements anormaux sont déterminés par de mauvais apprentissages. La thérapie comportementale implique un certain nombre d’interventions conçues pour aider la personne à désapprendre des comportements inappropriés tout en apprenant des comportements adaptatifs. La thérapie d’exposition, souvent utilisée pour traiter les phobies, représente un exemple de thérapie comportementale ( Qu’est-ce qu’une thérapie d’exposition ?).

La thérapie interpersonnelle était initialement conçue comme un traitement psychologique court de la dépression et elle est conçue pour améliorer la qualité des relations d’une personne dépressive. Elle se concentre sur des peines non résolues, sur les conflits qui surgissent quand on doit remplir un rôle différent de ses attentes personnelles (c’est le cas d’une femme qui démarre une relation en souhaitant être mère au foyer et qui découvre qu’elle doit aussi être le principal soutien de famille), également lorsque le rôle social change (passer du travail à la retraite) et quand on rencontre des difficultés à communiquer avec les autres. Le thérapeute apprend à la personne à améliorer certains aspects des relations interpersonnelles, tels que le fait de surmonter l’isolation sociale ou de répondre aux autres de façon moins habituelle.

Ressources dans cet article