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Autres symptômes de maladies des yeux

Par Kathryn Colby, MD, PhD

Perception restreinte de la profondeur

La perception de la profondeur est la capacité à déterminer la position relative des objets dans l’espace. Les personnes atteintes d’une anomalie de la perception de la profondeur peuvent éprouver des difficultés à distinguer lequel des objets se situe le plus près d’eux.

La rétine est la membrane sensible à la lumière qui se trouve au fond de l’œil. C’est une surface à deux dimensions semblable à un bout de film dans un appareil-photo, qui ne peut produire qu’une image bidimensionnelle. Le cerveau intègre les images bidimensionnelles de chaque œil afin de créer une impression de trois dimensions (stéréopsie). La stéréopsie permet de percevoir la profondeur de manière intuitive. Les troubles de l’alignement des yeux (comme le strabisme) peuvent perturber la vision stéréoscopique.

Cependant, contrairement à la vision stéréoscopique, quelques indices de perception de la profondeur peuvent être détectés avec un seul œil. Ces indices comprennent la taille relative, le chevauchement, le mouvement relatif, la parallaxe, la netteté et la texture. Par exemple, une voiture qui semble plus grande, chevauchant une autre voiture ou se déplaçant plus vite dans notre champ de vision, est plus proche de nous. La parallaxe signifie que lorsque la tête pivote d’un côté vers l’autre, les objets proches semblent se déplacer plus vite et plus loin dans le champ de vision. Les objets éloignés ont tendance à apparaître moins nets (à cause de l’atmosphère) et leur texture est moins perceptible. La plupart de ces indices nécessitent une connaissance de la taille normale et de l’apparence des objets.

Eblouissements et halos de lumière

Certaines personnes disent avoir des éblouissements (éclairs) ou voir des halos autour des lumières intenses, en particulier quand ils conduisent la nuit. Ces symptômes sont plus fréquents chez les personnes âgés et les personnes qui ont été opérées pour un trouble de la réfraction ou qui sont atteintes de certains types de cataracte. Les personnes qui ont les pupilles très dilatées (par exemple, après l’instillation d’un collyre pour un examen du fond de l’œil) rapportent la présence d’éblouissements et de halos. Lorsque la pupille est très dilatée, les rayons lumineux passent à la périphérie du cristallin où ils sont subdivisés de manière différente par rapport à la partie centrale, ce qui provoque alors l’éblouissement.

Un examen de la vue est effectué. Parfois, les symptômes peuvent être soulagés par le traitement de la cause (par exemple, une cataracte). Sinon, des mesures de précaution doivent être prises, comme conduire le moins possible la nuit ou après un examen de la vue ayant nécessité l’utilisation de collyre et éviter de regarder directement les phares venant en sens inverse sur la route.

Cécité nocturne

Les personnes âgées éprouvent souvent des difficultés à voir dans des conditions de faible éclairage. Cela est parfois appelé cécité nocturne. Elle résulte le plus souvent d’une cataracte, bien qu'elle puisse aussi être due à certaines formes de dégénérescence rétinienne, telles que la rétinite pigmentaire. Les yeux de certaines personnes âgées se dilatent lentement et prennent plus de temps à s’adapter à une faible luminosité. Un examen de la vue doit être axé sur la recherche de cataracte et inclure une ophtalmoscopie. La cause est traitée. Aussi, un meilleur éclairage du domicile, en particulier dans la cuisine et autour des escaliers et autres endroits propices aux chutes, peut améliorer la sécurité en général.

Lumières clignotantes

Certaines personnes perçoivent des éclairs, des scintillements ou des stries de lumière. Cette sensation visuelle est souvent due au déplacement de la substance gélatineuse qui remplit le globe oculaire (humeur vitrée) ou, plus rarement, à un décollement de la rétine ou à une céphalée migraineuse. Avant une céphalée migraineuse, certaines personnes perçoivent temporairement des lignes dentelées, lumineuses, en zigzag ou brillantes. Les éclairs peuvent aussi être dus à un traumatisme de la partie postérieure du crâne (« voir des étoiles »), probablement en raison de la stimulation d’une partie du cerveau destinée à l’interprétation de l’information visuelle. L’examen de la vue doit être axé sur l’ophtalmoscopie. Un décollement de la rétine ou une céphalée migraineuse est traité(e). Autrement, le traitement peut ne pas être nécessaire.

Daltonisme

Les personnes atteintes de daltonisme (dyschromatopsie) ne perçoivent pas certaines couleurs, ou les perçoivent avec une intensité différente par rapport aux personnes ayant une vision des couleurs normale. Par exemple, dans la forme la plus fréquente de perte de daltonisme (daltonisme rouge-vert), la personne distingue moins bien le vert foncé ou pastel, ou le rouge, ou les deux. Souvent, ces troubles sont discrets et de nombreuses personnes ne sont pas conscients de leur daltonisme. Le daltonisme est vérifié si une autre personne de la famille présente ce trouble ou si le médecin suspecte une affection du nerf qui transporte l’information de la rétine au cerveau (nerf optique). Le daltonisme ne peut pas être soigné. Aux feux de circulation, les personnes souffrant du daltonisme rouge-vert doivent être guidées par d’autres indices que la couleur des feux.

Photosensibilité

La sensibilité à la lumière intense est en général ressentie dans des conditions de grand ensoleillement ou lorsque la personne passe d’un lieu sombre à la lumière du jour. Cette sensibilité peut aussi être provoquée par des médicaments utilisés pour dilater les pupilles (mydriatiques). Cependant, une douleur provoquée par la lumière vive (photophobie) peut être un symptôme de céphalée migraineuse ou d’un certain nombre de troubles de la vue, ce qui est le cas des maladies impliquant une inflammation ou une infection du lobe antérieur de l’œil (uvéite), une maladie de la cornée (comme une kératite) ou une lésion oculaire. Elle peut être également due à une méningite (qui présente aussi typiquement une céphalée sévère et une raideur de la nuque, voir Méningite bactérienne aiguë).

Le médecin essaie d’abord de faire la différence entre la sensibilité à la lumière et la photophobie. La cause d’une sensibilité à la lumière ou d’une photophobie est généralement déterminée en observant les symptômes de la personne et un examen de la vue. Un examen à l’aide d’une lampe à fente ( Examens ophtalmologiques : Examen à la lampe à fente) est particulièrement utile pour détecter les maladies responsables d’une photophobie. Une sensibilité à la lumière et une photophobie peuvent toutes les deux être minimisées en protégeant les yeux de la lumière (par exemple, en portant des lunettes de soleil). Lorsque la photophobie résulte d’une inflammation de l’intérieur de l’œil, l’utilisation de collyre aide à soulager la douleur.

Démangeaisons

Les démangeaisons sont souvent l’expression d’une allergie et sont, en général, associées à un larmoiement. L’inflammation des paupières (blépharite) et la sécheresse oculaire peuvent aussi être responsables de démangeaisons. Plus rarement, une infection ou une infestation par des poux ou autres parasites peuvent provoquer des démangeaisons. Les anomalies provoquant des démangeaisons peuvent habituellement être diagnostiquées avec un examen à l’aide d’une lampe à fente. Jusqu’à ce que la cause des démangeaisons soit définie, l’application d’un gant de toilette froid peut apporter un certain soulagement.

Sécheresse oculaire

La sensation de sécheresse oculaire peut être due à de nombreuses affections, dont l’insuffisante production ou l’excessive évaporation des larmes ou, plus rarement, une chirurgie réfractive, une carence en vitamine A (rare dans les pays développés) ou un syndrome de Gougerot-Sjögren. La sécheresse oculaire peut également être due au vieillissement.

La production de larmes peut être mesurée, en particulier si le syndrome de Gougerot-Sjögren est suspecté. Le médecin peut essayer de déterminer si les larmes s’évaporent trop rapidement. Il place une petite quantité de colorant jaune (fluorescéine) dans un œil ouvert et mesure le délai avant que les larmes s’évaporent. Pendant la journée, la sécheresse oculaire est soulagée à l’aide de collyre substituant les larmes d’une personne (larmes artificielles). La nuit, la personne applique une pommade avant de se coucher afin de soulager la sécheresse oculaire ressentie le matin.

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