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Arthrite réactive

Par Roy D. Altman, MD, Professor of Medicine, Division of Rheumatology and Immunology, David Geffen School of Medicine at UCLA

L’arthrite réactionnelle (anciennement appelée « syndrome de Reiter ») est une spondylarthrite causant une inflammation des articulations et des fixations des tendons aux articulations, souvent à l’origine d’une infection.

  • Des douleurs et une inflammation articulaires peuvent se produire en réponse à une infection, généralement des voies génito-urinaires ou du tube digestif.

  • L’inflammation des tendons, les éruptions cutanées et une rougeur oculaire sont également fréquentes.

  • Le diagnostic repose sur les symptômes.

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, la sulfasalazine, l’azathioprine et le méthotrexate peuvent contribuer à traiter les symptômes.

L’arthrite réactionnelle est un type de spondylarthrite.

L’arthrite réactionnelle est appelée ainsi, car l’inflammation articulaire semble être une réaction à une infection provenant du tube digestif (tractus gastro-intestinal) ou des organes génitaux ou urinaires.

Il existe deux formes courantes d’arthrite réactionnelle :

  • Une forme intervient chez les personnes ayant des maladies sexuellement transmissibles, comme une infection à chlamydia. Cette forme survient le plus souvent chez des hommes âgés de 20 à 40 ans.

  • L’autre forme apparaît généralement après une infection intestinale, comme une shigellose, une salmonellose ou une infection par une bactérie Yersinia ou Campylobacter.

La majeure partie des personnes ayant ces infections ne développe pas d’arthrite réactionnelle. Les personnes qui développent une arthrite réactionnelle après exposition à ces infections semblent avoir une prédisposition génétique à ce type de réaction, liée en partie au même gène rencontré chez les personnes présentant une spondylarthrite ankylosante. Il existe des preuves que la chlamydia et probablement d’autres bactéries infectent les articulations, mais le rôle de l’infection et celui de la réaction immunitaire ne sont pas clairement établis.

L’arthrite réactionnelle peut s’accompagner d’une inflammation de la conjonctive ( Présentation des maladies de la conjonctive et de la sclère) et des muqueuses (comme celles de la bouche et des organes génitaux) et d’une éruption cutanée caractéristique. Cette forme d’arthrite réactionnelle s’appelait « syndrome de Reiter » auparavant.

Symptômes

La douleur et l’inflammation peuvent être modérées ou graves. En général, plusieurs articulations sont touchées en même temps, en particulier les genoux, les articulations des orteils et les régions où les tendons sont attachés aux os, comme les talons. Ce sont souvent les grosses articulations des membres inférieurs qui sont les plus touchées. L’arthrite réactionnelle touche souvent les articulations de façon moins symétrique que la polyarthrite rhumatoïde. Les tendons peuvent être inflammatoires et douloureux. Une dorsalgie peut apparaître, en général, lorsque la maladie est grave. Une légère fièvre, une perte de poids et une fatigue excessive constituent les autres symptômes.

Une inflammation de l’urètre (le canal qui permet d’évacuer l’urine depuis la vessie vers l’extérieur du corps) peut survenir, généralement 7 à 14 jours après un contact sexuel ou, parfois, après une diarrhée.

  • Chez l’homme,, l’inflammation de l’urètre produit des douleurs modérées, un écoulement à partir du pénis ou une éruption de petites ulcérations généralement non douloureuses sur le gland (balanite circinée). La prostate peut être enflammée et douloureuse.

  • Chez la femme, les symptômes génitaux et urinaires, le cas échéant, sont généralement modérés et se caractérisent par une légère perte vaginale ou par une gêne à la miction.

La conjonctive (membrane qui tapisse la paupière et une partie du globe oculaire) peut devenir congestionnée et enflammée, produisant des démangeaisons ou une brûlure, une sensibilité à la lumière et, parfois, une douleur et un larmoiement excessif. Des petites ulcérations généralement non douloureuses ou parfois sensibles peuvent apparaître dans la bouche et sur la langue. Parfois, une éruption cutanée caractéristique ou des taches dures et épaissies apparaissent, surtout sur les paumes et la plante des pieds et autour des ongles (kératoderme palmo-plantaire).

Dans de rares cas peuvent apparaître des complications cardiaques et vasculaires (comme une inflammation de l’aorte), une inflammation des membranes recouvrant les poumons, un dysfonctionnement de la valve aortique, et des symptômes cérébraux et médullaires ou des atteintes du système nerveux périphérique (ce qui inclut tous les nerfs en dehors du cerveau et de la moelle épinière).

Diagnostic

  • Examen clinique

  • Radiographies

La combinaison de symptômes articulaires et d’une infection préexistante, en particulier si la personne présente des symptômes génitaux, urinaires, cutanés et oculaires, conduit le médecin à suspecter une arthrite réactionnelle. Comme ces symptômes peuvent survenir à des moments différents, il est possible que la maladie ne soit pas diagnostiquée avant plusieurs mois.

Aucun examen de laboratoire simple ne permet de confirmer le diagnostic d’arthrite réactionnelle, mais des radiographies sont souvent réalisées pour apprécier l’état des articulations. Des analyses peuvent être effectuées pour exclure d’autres maladies causant des symptômes similaires.

Pronostic

Chez la plupart des personnes, les premiers symptômes d’arthrite réactionnelle disparaissent en 3 ou 4 mois, mais jusqu’à 50 % des personnes connaissent une inflammation articulaire récurrente ou d’autres symptômes pendant plusieurs années.

Des déformations des articulations, de la colonne vertébrale et de l’articulation entre la colonne vertébrale et l’os de la hanche (articulation sacro-iliaque) peuvent apparaître si les symptômes persistent ou récidivent fréquemment. Certaines personnes présentant une arthrite réactionnelle sont handicapées définitivement.

Traitement

  • Médicaments

  • Kinésithérapie

Lorsque la maladie touche les organes génitaux et l’appareil urinaire, des antibiotiques sont administrés pour traiter l’infection, mais ce traitement n’est pas toujours efficace et la durée optimale est inconnue.

L’inflammation articulaire est généralement traitée par des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Comme dans la polyarthrite rhumatoïde, la sulfasalazine ou des immunosuppresseurs (azathioprine ou méthotrexate, par exemple) peuvent être utilisés. L’aprémilast est parfois utilisé. Ce médicament peut réduire l’inflammation et contribuer à réguler le système immunitaire.

Il est également possible d’injecter des corticostéroïdes dans l’articulation ou les tendons irrités afin de soulager les symptômes.

La kinésithérapie est utile pour préserver la mobilité des articulations lors de la phase de récupération.

Souvent, la conjonctivite et les plaies cutanées n’ont pas besoin de traitement, bien qu’une inflammation grave de l’œil puisse nécessiter l’utilisation de corticostéroïdes et de collyres.