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Sifflement

Par Noah Lechtzin, MD, MHS, Associate Professor of Medicine and Director, Adult Cystic Fibrosis Program, Johns Hopkins University School of Medicine

La respiration sifflante est un son sifflant aigu survenant au cours de la respiration, lorsque les voies respiratoires sont en partie bloquées.

Une respiration sifflante

Fichier audio, avec l’aimable autorisation de David W. Cugell, MD.

Causes

La respiration sifflante est due à un rétrécissement ou un blocage partiel (obstruction) quelque part dans les voies respiratoires. Le rétrécissement peut être généralisé (comme c’est le cas dans l’asthme, dans la bronchopneumopathie chronique obstructive [BPCO] et dans certaines réactions allergiques graves) ou limité à une seule zone (pouvant résulter d’une tumeur ou d’un corps étranger logé dans la voie respiratoire).

Causes fréquentes

Globalement, les causes les plus fréquentes comprennent :

Causes moins fréquentes

Un sifflement peut se produire dans d’autres troubles qui affectent les voies respiratoires de petit diamètre, y compris l’insuffisance cardiaque, une réaction allergique grave (anaphylaxie) et l’inhalation d’une substance toxique. Le sifflement causé par une insuffisance cardiaque est appelé asthme cardiaque.

Parfois, des personnes en bonne santé par ailleurs ont une respiration sifflante au cours d’un épisode de bronchite aiguë. Chez les enfants, le sifflement peut être dû à une bronchiolite (infection des voies respiratoires inférieures) ou à l’inhalation (aspiration) d’un corps étranger ( Certaines causes et caractéristiques du sifflement).

Évaluation

Une personne présentant des problèmes respiratoires sévères (détresse respiratoire) est évaluée et traitée en même temps.

Les informations suivantes peuvent aider les personnes à décider quand l’examen du médecin est nécessaire et les aident à savoir à quoi s’attendre pendant l’examen.

Signes avant-coureurs

Chez les personnes présentant un sifflement, les symptômes suivants sont particulièrement préoccupants :

  • Respiration difficile, affaiblissement des efforts faits pour respirer ou baisse du niveau de conscience

  • Gonflement du visage et de la langue

Quand consulter un médecin

En cas de signes avant-coureurs ou d’essoufflement, la personne doit se rendre immédiatement au service des urgences de l’hôpital, en ambulance si nécessaire. Les personnes présentant un sifflement qui apparaît et disparaît, sans être essoufflées, peuvent généralement attendre un jour ou deux.

Que fait le médecin

Les médecins posent d’abord des questions sur les symptômes et les antécédents médicaux de la personne puis procèdent à un examen physique. Ce que les médecins découvrent en consultant le dossier médical de la personne et lors de l’examen physique suggère souvent la cause et les examens qui doivent être effectués ( Certaines causes et caractéristiques du sifflement).

Les médecins déterminent si le sifflement se produit pour la première fois ou s’il est déjà intervenu auparavant. Si la personne a déjà eu un sifflement auparavant, ils déterminent si les symptômes actuels sont de nature ou de gravité différente.

Les indices important pour poser un diagnostic sont

  • Si le sifflement a commencé soudainement ou progressivement

  • S’il apparaît et disparaît

  • Si des affections quelles qu’elles soient (par exemple, infection des voies respiratoires supérieures, exposition à un allergène, saisons particulières de l’année, air froid, exercice physique ou alimentation chez les nourrissons) le déclenchent ou l’aggravent

Les autres symptômes qui peuvent fournir des indices de diagnostic incluent un essoufflement, de la fièvre, une toux et une production d’expectorations. Les médecins interrogent la personne sur ses antécédents de tabagisme et son exposition au tabagisme passif.

Lors de l’examen clinique, les médecins vérifient la température et les rythmes cardiaques et respiratoires de la personne. Les médecins recherchent des signes de détresse respiratoire et examinent les poumons, en particulier pour déterminer dans quelle mesure l’air se déplace bien à l’inspiration et l’expiration, et si le sifflement semble affecter l’ensemble des poumons ou seulement une partie. Un médecin est habituellement en mesure de repérer ces sifflements en auscultant la personne avec un stéthoscope pendant qu’elle respire. Un sifflement intense peut être entendu facilement, parfois même sans avoir recours au stéthoscope. Pour entendre les sifflements légers, les médecins peuvent avoir besoin d’écouter avec un stéthoscope tandis que la personne expire avec force. Chez les fumeurs, un sifflement persistant qui se produit en un seul endroit peut être dû à un cancer du poumon. Les médecins examinent aussi le cœur, le nez et la gorge, les membres, les mains, les pieds et la peau.

Certaines causes et caractéristiques du sifflement

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Tests

Toux

Parfois, symptômes d’une infection des voies respiratoires supérieures (par exemple, congestion nasale)

En général, pas d’antécédents connus de trouble pulmonaire

Un examen médical du médecin

Des réactions allergiques

Sifflement qui commence soudainement, habituellement dans les 30 minutes suivant une exposition à un allergène connu ou potentiel comme le pollen

Souvent, une congestion nasale, un urticaire, un prurit des yeux et des éternuements.

Un examen médical du médecin

Habituellement, des antécédents d’asthme

Un sifflement qui commence spontanément ou après une exposition à des stimuli spécifiques (comme le pollen ou un autre allergène, une infection des voies respiratoires supérieures, le froid ou l’exercice physique)

Un examen médical du médecin

Parfois, un ou plusieurs des examens suivants :

  • Examens visant à évaluer dans quelle mesure les poumons fonctionnent bien (épreuves fonctionnelles respiratoires)

  • Mesure du débit expiratoire maximal (vitesse à laquelle l’air peut être expiré)

  • Mesure de la fonction pulmonaire avant et après l’exercice physique ou administration de métacholine (médicament qui rétrécit les voies respiratoires)

  • Parfois utilisation de bronchodilatateurs (médicaments qui élargissent les voies respiratoires) pour voir si les symptômes disparaissent

Bronchiolite (infection des voies respiratoires inférieures)

Chez les enfants âgés de moins de 18 mois

Survenant habituellement entre novembre et avril dans l’hémisphère Nord

En général, symptômes d’une infection des voies respiratoires supérieures (par exemple, congestion nasale et fièvre) et respiration rapide

Un examen médical du médecin

Chez les personnes d’âge moyen ou chez les personnes âgées

Chez les personnes présentant déjà une BPCO

En général, antécédents de tabagisme lourd

Respiration difficile

Une radiographie du thorax

Épreuves fonctionnelles respiratoires

Médicaments (tels qu’inhibiteurs de l’ECA, bêta-bloquants, aspirine et autres AINS)

Chez les personnes qui ont récemment commencé à utiliser un nouveau médicament, le plus souvent chez les personnes ayant des antécédents d’obstruction des voies respiratoires (comme c’est le cas dans l’asthme)

Un examen médical du médecin

Sifflement à l’inspiration et à l’expiration, en particulier chez les personnes présentant des facteurs de risque ou des signes de cancer (par exemple antécédents de tabagisme, sueurs nocturnes, perte de poids et toux sanglante)

Une radiographie du thorax ou une TDM du thorax

Un corps étranger qui a été inhalé

Une toux ou un sifflement aigu qui commence soudainement (généralement chez les nourrissons ou les jeunes enfants) sans symptôme d’une infection des voies respiratoires supérieures, fièvre ou autres symptômes de maladie

Une radiographie du thorax ou une TDM du thorax

Bronchoscopie

RGO avec reflux réitéré du contenu de l’estomac dans les poumons (aspiration chronique)

Sifflement chronique ou récurrent

Souvent, douleur brûlante à la poitrine (brûlure d’estomac) ou à l’abdomen qui tend à s’aggraver après avoir mangé certains aliments, lors de la pratique d’exercice ou en position couchée

Un goût amer, surtout au réveil

Enrouement

Une toux qui se produit dans le milieu de la nuit ou tôt le matin

Pas de symptôme d’une infection des voies respiratoires supérieures ou d’allergie

Parfois uniquement lors de l’examen par un médecin

Parfois, des médicaments qui suppriment l’acide, par exemple un antihistaminique H2 ou un inhibiteur de la pompe à protons, pour voir si les symptômes disparaissent

Parfois, insertion d’un tube d’observation souple dans l’œsophage et l’estomac (endoscopie)

Parfois, placement d’une sonde dans l’œsophage pour surveiller l’acidité (pH) pendant 24 heures

En général, un gonflement (œdème) dans les jambes

Un essoufflement qui s’aggrave en position couchée ou qui apparaît 1 à 2 heures après l’endormissement

Bruits entendus au stéthoscope suggérant la présence de liquide dans les poumons

Une radiographie du thorax

Parfois, une analyse de sang pour mesurer une substance, appelée peptide cérébral natriurétique (PCN), qui est produite lorsque le cœur est surchargé

Parfois une échocardiographie

Irritants qui sont inhalés

Sifflement qui commence soudainement après une exposition à des irritants dans le cadre du travail (exposition professionnelle) ou utilisation inadéquate de produits de nettoyage

Un examen médical du médecin

*Les caractéristiques comprennent les symptômes et les conclusions de l’examen médical. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes.

Les médecins mesurent généralement le taux d’oxygène dans le sang via un capteur placé au bout du doigt (procédé appelé oxymétrie de pouls). À moins que les symptômes constituent clairement une poussée légère d’un trouble chronique déjà diagnostiqué, une radiographie du thorax est réalisée.

ECA = enzyme de conversion de l’angiotensine ; BPCO = bronchopneumopathie chronique obstructive ; TDM = tomodensitométrie ; RGO = reflux gastro-œsophagien ; AINS = anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Examens

Des examens sont effectués pour évaluer la sévérité, déterminer le diagnostic et identifier les complications. Ils incluent généralement les éléments suivants :

  • Mesure du taux d’oxygène dans le sang via un capteur placé au bout du doigt (procédé appelé oxymétrie de pouls).

  • Une radiographie du thorax (si le diagnostic n’est pas clair)

  • Parfois, mesure des gaz (oxygène et dioxyde de carbone) et de l’acidité (pH) dans une artère (gazométrie artérielle)

  • Parfois, examens visant à évaluer dans quelle mesure les poumons fonctionnent bien (épreuves fonctionnelles respiratoires)

Si le sifflement s’est produit pour la première fois, une radiographie du thorax pourrait aider à poser le diagnostic. Chez les personnes qui connaissent des épisodes de sifflement persistants, répétés ou non diagnostiqués, des épreuves fonctionnelles respiratoires peuvent être nécessaires pour aider à mesurer l’étendue du rétrécissement des voies respiratoires et pour évaluer les bénéfices du traitement. Si un asthme semble possible, mais n’est pas confirmé par les épreuves fonctionnelles respiratoires, la personne peut être invitée à pratiquer un exercice physique ou un médicament peut lui être donné qui déclenche le sifflement chez les personnes asthmatiques. Si une obstruction des voies respiratoires se produit, l’asthme peut être confirmé.

Si les médecins soupçonnent une tumeur ou la présence d’un corps étranger logé dans une voie respiratoire, ils peuvent insérer un tube d’observation souple (bronchoscope) dans la voie respiratoire afin d’identifier le problème et, s’il s’agit d’un corps étranger, de le retirer.

Traitement

Le principal objectif du traitement est de traiter la maladie sous-jacente.

Les bronchodilatateurs (qui permettent de dilater les voies respiratoires), par exemple l’albutérol, peuvent soulager les sifflements. Les corticoïdes pris par voie orale pendant une à deux semaines contribuent souvent à soulager un épisode aigu de sifflement, s’il est dû à l’asthme ou à une bronchopneumopathie chronique obstructive. Le contrôle à long terme d’un sifflement persistant dû à l’asthme peut nécessiter des corticoïdes inhalés, des stabilisateurs des mastocytes et des modificateurs des leucotriènes ( Médicaments fréquemment utilisés dans le traitement de l’asthme).

Des antihistaminiques (tels que la diphénhydramine) administrés par voie intraveineuse, des corticoïdes (tels que la méthylprednisolone), de l’albutérol pris par nébuliseur et de l’adrénaline injectée sous la peau (en sous-cutané) sont administrés aux personnes faisant une réaction allergique sévère.

Points-clés

  • L’asthme est la cause la plus fréquente mais les sifflements ne sont pas tous causés par l’asthme.

  • Un sifflement qui commence soudainement chez une personne ne présentant pas de trouble pulmonaire peut être dû à l’inhalation d’un corps étranger ou d’une substance toxique, à une réaction allergique ou à une insuffisance cardiaque.

  • Les épreuves fonctionnelles respiratoires permettent d’identifier et de mesurer le rétrécissement des voies respiratoires.

  • Les bronchodilatateurs inhalés peuvent aider à soulager le sifflement, mais l’affection qui cause le sifflement doit également être traitée.

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