Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Toux sanglante

Par Noah Lechtzin, MD, MHS, Johns Hopkins University School of Medicine

La toux sanglante provenant des voies respiratoires est désignée sous le nom d’hémoptysie. La quantité de sang produite peut varier entre quelques traces de sang mélangé à des expectorations normales et de grandes quantités de sang pur. D’autres symptômes, tels que la fièvre et des difficultés à respirer, peuvent également se manifester, selon la cause de l’hémoptysie.

Causes

Bien que l’hémoptysie puisse entraîner une forte inquiétude, dans la plupart des cas, ses causes ne sont pas graves. Les expectorations comportant des traces de sang sont fréquentes dans de nombreuses maladies respiratoires mineures, telles que les infections des voies respiratoires supérieures et la bronchite virale. Parfois, la cause en est que le sang dans le nez a voyagé jusqu’à la gorge et est ensuite expectoré. Ce sang n’est pas considéré comme une hémoptysie.

Causes fréquentes

L’infection est la cause la plus fréquente ( Certaines causes et caractéristiques de l’hémoptysie). Chez l’adulte, 70 à 90 % des cas sont causés par

  • Une bronchite

  • Une bronchiectasie, qui est une dilatation irréversible et anormale d’une partie des voies respiratoires (appelées bronches)

  • Pneumonie

Chez l’enfant, les causes fréquentes sont

  • Une infection des voies respiratoires inférieures

  • Un corps étranger qui a été inhalé (aspiré)

Causes moins fréquentes

Le cancer du poumon, qui commence dans les poumons, est une cause importante chez les fumeurs âgés de plus de 40 ans. Toutefois, un cancer qui s’est propagé aux poumons depuis une autre région de l’organisme cause rarement une hémoptysie. L’infection mycosique par Aspergillus est de plus en plus reconnue comme une cause mais elle n’est pas aussi fréquente que le cancer. La tuberculose est une cause possible.

D’autres causes comprennent un caillot sanguin présent dans une artère d’un poumon (embolie pulmonaire) et une inflammation des vaisseaux sanguins (vascularite) dans le poumon, tels que le syndrome de Goodpasture ou une granulomatose avec polyangéite (granulomatose de Wegener).

Hémoptysie massive

L’hémoptysie massive est une production de sang supérieure à environ 600 millilitres, sur une période de 24 heures. Les causes les plus fréquentes comprennent ce qui suit :

  • Cancer du poumon

  • Une bronchiectasie

  • Certaines pneumonies, y compris celles découlant d’une tuberculose

Facteurs de risque

Avec certaines pathologies, il existe un risque plus important que l’hémoptysie soit causée par un trouble grave :

  • Une infection par le virus de l’immunodéficience humaine (pour le sarcome de Kaposi, la tuberculose et les infections mycosiques)

  • L’utilisation des médicaments qui suppriment le système immunitaire, appelés immunosuppresseurs (pour la tuberculose et les infections mycosiques)

  • Une exposition à la tuberculose

  • Des antécédents prolongés de tabagisme (pour le cancer)

  • Un alitement ou une chirurgie récente, un cancer, une occurrence antérieure ou des antécédents familiaux de coagulation, de grossesse, d’utilisation de médicaments contenant des œstrogènes, et un récent voyage de longue durée (pour l’embolie pulmonaire, Embolie pulmonaire)

Évaluation

Les informations suivantes peuvent aider les personnes à décider si une consultation médicale est nécessaire et à savoir comment se déroule un tel examen.

Signes avant-coureurs

Chez les personnes présentant une hémoptysie, les symptômes suivants sont particulièrement préoccupants :

  • De grandes quantités de sang expectoré

  • Essoufflement

  • Les signes d’une perte de sang importante (faiblesse, étourdissement en position debout, soif, transpiration, et accélération du rythme cardiaque)

  • Faiblesse ou fatigue

  • Avoir une trachéotomie

Quand consulter un médecin

En cas de signes avant-coureurs, la personne doit se rendre immédiatement à l’hôpital. Les personnes sans signes avant-coureurs qui présentent des facteurs de risque de troubles graves et celles présentant plus que des expectorations juste mêlées de sang doivent consulter un médecin dans un délai d’un à deux jours.

Si les personnes ont uniquement des expectorations mêlées de sang (ce qui est habituellement causé par une infection des voies respiratoires supérieures), l’évaluation par un médecin n’est pas aussi urgente. Les personnes peuvent appeler un médecin, qui décidera si elles ont besoin d’être examinées, et dans quel délai, en fonction de leurs symptômes, des antécédents médicaux et d’autres facteurs. En règle générale, un retard de quelques jours n’est pas nocif.

Que fait le médecin

Les médecins posent d’abord des questions sur les symptômes et les antécédents médicaux de la personne puis procèdent à un examen physique. Ce que les médecins découvrent en consultant le dossier médical de la personne et lors de l’examen physique suggère souvent la cause et les examens qui doivent être effectués ( Certaines causes et caractéristiques de l’hémoptysie).

Le médecin pose les questions suivantes :

  • Quand la personne a commencé à présenter une toux sanglante

  • Depuis combien de temps la toux dure

  • Si quelque chose de spécifique la déclenche (comme le froid, l’effort ou la position allongée)

  • La quantité de sang expectoré (par exemple, des stries, une cuillerée à café ou une tasse)

  • Si la personne présente d’autres symptômes comme une fièvre, une perte de poids, une douleur thoracique, ou encore une douleur à la jambe.

Les médecins déterminent si le sang a été effectivement expectoré (et non vomi ou résultant d’un écoulement dans l’arrière de la gorge suite à un saignement de nez).

Les médecins interrogent les personnes sur leurs antécédents médicaux (s’ils ne sont pas déjà connus) et leurs facteurs de risque pour déterminer les causes. Des antécédents de saignements de nez fréquents, une propension à développer des ecchymoses ou une maladie du foie suggèrent un possible trouble de la coagulation sanguine. Les médecins passent en revue les médicaments que la personne prend pour vérifier la présence de médicaments inhibant la coagulation (anticoagulants).

Lors de l’examen clinique, les médecins examinent les signes vitaux pour détecter une fièvre, un rythme cardiaque ou une respiration rapides, et vérifient s’il y a un faible taux d’oxygène dans le sang. Ils pratiquent un examen complet du cœur et des poumons, inspectent les veines du cou à la recherche de signes de tension, tels qu’une dilatation, et vérifient les jambes pour un éventuel gonflement. Un gonflement dans une jambe peut indiquer une thrombose veineuse profonde. Un gonflement dans les deux jambes peut indiquer une insuffisance cardiaque. Les médecins examinent également l’abdomen, la peau et les muqueuses. La personne est invitée à tousser durant l’examen. Si du sang est expectoré, les médecins notent sa couleur et la quantité. Les médecins examinent le nez et la bouche à la recherche de sites de saignement.

Les indices provenant des antécédents et de l’examen aident les médecins à déterminer la cause. Une sensation de rhinorrhée ou un saignement du nez, en particulier en l’absence de toux, peut signifier que le sang recraché a coulé à l’arrière de la gorge depuis le nez. Des nausées et des vomissements de substances noires, marron ou couleur marc de café signifient généralement que le sang provient de l’estomac ou de l’intestin et qu’il est vomi et non expectoré. Des expectorations mousseuses, un sang rouge vif et, en cas de quantité importante, une sensation de suffocation, signifient généralement que le sang provient de la trachée ou des poumons (ce que l'on appelle hémoptysie réelle).

Si la toux vient de commencer et que la personne est par ailleurs en bonne santé et ne présente pas de facteurs de risque de la tuberculose, d’infection mycosique ou d’embolie pulmonaire, la cause est généralement une infection respiratoire aiguë, telle qu’une bronchite. Si la toux sanglante est causée par une maladie cardiaque ou pulmonaire, la personne a presque toujours déjà reçu le diagnostic de cette maladie cardiaque ou pulmonaire. En effet, la toux sanglante n’est généralement pas le premier symptôme d’une maladie cardiaque ou pulmonaire.

Certaines causes et caractéristiques de l’hémoptysie

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Tests

Un trouble de la coagulation sanguine

Utilisation des anticoagulants (utilisés pour traiter l’embolie pulmonaire, la formation de caillots sanguins dans les jambes ou une fibrillation auriculaire, ou pour réduire le risque de formation de caillots après certaines interventions cardiaques)

Utilisation de médicaments qui dissolvent les caillots (médicaments thrombolytiques, utilisés pour traiter une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral)

Parfois, des saignements provenant d’autres sites, comme le nez ou le tube digestif (observés dans les selles)

Chez les personnes qui prennent des anticoagulants ou des médicaments thrombolytiques

Parfois des antécédents familiaux de troubles de la coagulation sanguine

Analyses de sang pour évaluer la capacité du sang à coaguler

Une bronchiectasie

Une toux chronique et la production de mucus chez les personnes ayant des antécédents d’infections récidivantes

TDM haute résolution du thorax

Parfois une bronchoscopie

Une bronchite

Aiguë : Une toux qui peut ou non produire des expectorations (productive ou non productive) et parfois des symptômes d’une infection des voies respiratoires supérieures (par exemple, congestion nasale)

Chronique : Une toux productive la majorité des jours du mois ou pendant trois mois de l’année sur 2 années consécutives chez les fumeurs ou chez les personnes présentant un broncho-pneumopathie chronique obstructive confirmée

Aiguë : Un examen médical

Chronique : Une radiographie du thorax

Examens visant à évaluer dans quelle mesure les poumons fonctionnent bien (épreuves fonctionnelles respiratoires, Épreuves fonctionnelles respiratoires)

Certaines infections pulmonaires de longue durée (tuberculose, infections mycosiques, infections parasitaires, ou syphilis affectant les poumons)

Fièvre, toux, sueurs nocturnes et perte de poids chez les personnes ayant une exposition confirmée à l’infection

Souvent, des antécédents de système immunitaire affaibli (immunosuppression) en raison d’une affection ou d’un médicament

Une radiographie du thorax

TDM du thorax

Analyse des échantillons d’expectorations ou des échantillons de liquide provenant des poumons obtenus avec un bronchoscope ( Bronchoscopie)

Un corps étranger qui a été présent pendant une longue période et n’a pas été identifié

Une toux chronique (généralement chez les nourrissons ou les jeunes enfants) sans symptômes d’une infection des voies respiratoires supérieures

Parfois, de la fièvre

Une radiographie du thorax

Parfois une bronchoscopie

Vascularite pulmonaire (telle que le syndrome de Goodpasture ou une granulomatose avec polyangéite)

Fatigue et perte de poids

Souvent, une présence de sang dans les urines

Parfois, essoufflement

Parfois, un gonflement (œdème) dans les jambes

Une biopsie de tissu rénal

Des analyses de sang pour vérifier la présence d’anticorps caractéristiques de la maladie (anticorps anti-membrane basale glomérulaire, anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles)

Insuffisance cardiaque

Expectorations mousseuses, de couleur rose, parfois comportant des traces de sang

Un essoufflement qui s’aggrave en position couchée ou qui apparaît 1 à 2 heures après l’endormissement

Bruits entendus au stéthoscope suggérant la présence de liquide dans les poumons

En général, un gonflement (œdème) dans les jambes

Une radiographie du thorax

Parfois, une analyse de sang pour mesurer une substance qui est produite lorsque le cœur est surchargé (appelée peptide cérébral natriurétique, ou PCN)

Parfois une échocardiographie

Un abcès pulmonaire

De la fièvre, généralement pendant une ou plusieurs semaines

Une toux, des sueurs nocturnes, une perte d’appétit et une perte de poids

Une radiographie du thorax

Parfois TDM ou bronchoscopie

Cancer du poumon

Des sueurs nocturnes et une perte de poids

Habituellement chez les personnes d’âge moyen ou les personnes âgées ayant des antécédents de tabagisme important

Radiographie du thorax

TDM

Bronchoscopie

Pneumonie

Une fièvre, une sensation de maladie, une toux productive et un essoufflement

Apparition subite d’une douleur thoracique lors de la prise de respirations profondes

Certains bruits anormaux à la respiration, entendus au stéthoscope

Une radiographie du thorax

Une embolie pulmonaire (obstruction brutale d’une artère d’un poumon, en général par un caillot sanguin)

Apparition soudaine d’une douleur thoracique aiguë qui s’aggrave en général lors de l’inhalation

Essoufflement

Une accélération du rythme cardiaque et une respiration rapide sont souvent observées

Souvent, des facteurs de risque d’embolie pulmonaire, comme un cancer, une immobilité (résultant d’un alitement), la formation de caillots sanguins dans les jambes, la grossesse, l’utilisation de pilules pour la contraception (contraceptifs oraux) ou d’autres médicaments contenant des œstrogènes, une chirurgie ou une hospitalisation récente, ou encore des antécédents familiaux de la maladie

Des examens d’imagerie pulmonaire spécialisés, comme une angiographie par TDM ou

une scintigraphie pulmonaire de perfusion et ventilation (dite scintigraphie V/Q)

*Les caractéristiques sont les symptômes et les résultats de l’examen clinique. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes.

Si les personnes ont une hémoptysie, les médecins procèdent toujours à une radiographie du thorax et mesurent le taux d’oxygène dans le sang avec un capteur placé sur un doigt (oxymétrie de pouls).

TDM = tomodensitométrie

Tests

Si l’hémoptysie est grave, persistante ou inexpliquée, des examens sont nécessaires. Si les personnes ont expectoré d’importantes quantités de sang, elles sont traitées et leur état est stabilisé avant que l’examen soit effectué.

Une radiographie du thorax est habituellement prise. Si la radiographie du thorax est anormale ou si la personne présente des symptômes ou des facteurs de risque d’un trouble particulier, une tomodensitométrie (TDM) et une bronchoscopie sont réalisées. Dans la bronchoscopie, un tube d’observation souple est inséré dans la trachée et les bronches afin d’identifier le site du saignement. Parfois, la bronchoscopie est nécessaire pour confirmer que le sang est expectoré depuis les voies respiratoires inférieures et ne provient pas du nez, de l’estomac ou de l’intestin.

Si une embolie pulmonaire semble possible, les médecins pratiquent une TDM en utilisant un produit radio-opaque pour montrer les vaisseaux sanguins (appelée angiographie par TDM) ou un examen d’imagerie utilisant un marqueur radioactif (appelé scintigraphie pulmonaire de perfusion, Embolie pulmonaire : Diagnostic). Selon les résultats de cette analyse, l’angiographie pulmonaire peut être effectuée.

Le médecin vérifie souvent la présence d’un cancer du poumon, particulièrement chez les fumeurs âgés de plus de 40 ans (voire chez les fumeurs plus jeunes s’ils ont commencé à fumer à l’adolescence), même si les expectorations ne contiennent que des traces de sang.

Chez la plupart des personnes, une numération formule sanguine et des analyses de sang complètes qui évaluent la capacité du sang à coaguler sont effectuées pour détecter les problèmes de coagulation sanguine.

Malgré les examens pratiqués, la cause des hémoptysies reste indéterminée dans 30 à 40 % des cas. Mais en cas d’hémoptysie grave, la cause est en général identifiée.

Traitement

Le saignement peut produire des caillots qui bloquent les voies respiratoires et entraînent des problèmes respiratoires supplémentaires. Ainsi, le réflexe de la toux est important pour maintenir les voies respiratoires libres et ne doit pas être supprimé par des antitussifs.

L’hémoptysie peut être légère et peut se tarir, soit d’elle-même, soit lorsque le trouble sous-jacent au saignement (par exemple, une insuffisance cardiaque ou une infection) est efficacement traité.

Si un grand caillot obstrue l’une des principales voies respiratoires, il peut être nécessaire de l’enlever par bronchoscopie.

Dans de rares cas, l’hémoptysie est grave ou ne s’arrête pas d’elle-même. Si tel est le cas, il peut être nécessaire d’insérer un tube par la bouche ou le nez jusque dans la trachée ou plus avant dans les voies respiratoires pour aider à garder les voies respiratoires ouvertes.

Si la source du saignement est un vaisseau sanguin principal, un médecin peut tenter de fermer le vaisseau qui saigne par une procédure appelée angiographie et embolisation de l’artère bronchique. En se guidant par radiographie, le médecin introduit un cathéter dans le vaisseau, puis injecte une substance chimique, des fragments d’une éponge gélatineuse ou une spirale métallique, pour boucher le vaisseau sanguin et ainsi arrêter l’hémorragie. Parfois une bronchoscopie ou une chirurgie peut s’avérer nécessaire pour arrêter un saignement grave ou continu, ou une chirurgie peut s’avérer nécessaire pour enlever une partie malade ou cancéreuse du poumon. Le recours à de telles interventions (qui comportent des risques très élevés) est une solution extrême.

Si des anomalies de la coagulation contribuent au saignement, une transfusion de plasma, de facteurs de coagulation ou de plaquettes peut être nécessaire.

Points-clés

  • Des expectorations comportant des traces de sang sont habituellement causées par une infection des voies respiratoires et, si elles disparaissent, ne constituent habituellement pas un motif d’inquiétude.

  • Chez l’enfant, une infection des voies respiratoires inférieures et l’inhalation d’un corps étranger sont les causes les plus fréquentes.

  • Les médecins doivent distinguer l’hémoptysie d’un saignement provenant de la bouche, du nez ou de la gorge et du sang qui est vomi.

  • Les expectorations comportant des traces de sang chez des personnes qui fument habituellement nécessitent une évaluation plus poussée.

  • Les personnes qui toussent des quantités importantes de sang doivent être traitées et stabilisées avant que l’examen puisse être réalisé.

Ressources dans cet article