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Miction, excessive ou fréquente

Par Anuja P. Shah, MD, David Geffen School of Medicine at UCLA;Harbor-UCLA Medical Center

La plupart des personnes urinent 4 à 6 fois par jour environ, le plus souvent pendant la journée. Normalement les adultes éliminent de 700 millilitres à 3 litres d’urine par jour. Une miction excessive peut signifier

  • Un volume accru d’urine (polyurie)

  • Un volume normal d’urine avec une nécessité d’uriner plus souvent (fréquence urinaire)

  • Les deux

La fréquence urinaire peut s’accompagner de la sensation d’une nécessité impérieuse d’uriner (urgence urinaire). En particulier, de nombreuses personnes remarquent une polyurie parce qu’elles doivent se lever pour uriner la nuit (nycturie). Une nycturie peut également survenir lorsque les personnes absorbent trop de liquides peu avant le coucher, même si elles ne boivent pas plus de la normale dans l’ensemble.

Causes

Certaines des causes d’un volume accru d’urine diffèrent de celles d’une miction trop fréquente. Toutefois, du fait que de nombreuses personnes qui produisent des volumes excessifs d’urine ont également besoin d’uriner fréquemment, ces deux symptômes sont souvent considérés conjointement.

Les causes les plus courantes de la fréquence urinaire sont les suivantes

  • Infections de la vessie (cause la plus fréquente chez les femmes et ’les enfants)

  • Incontinence urinaire

  • Hypertrophie prostatique non cancéreuse (hyperplasie bénigne de la prostate, la cause la plus fréquente chez ’les hommes de plus de 50 ans)

  • Calculs dans les voies urinaires

Les causes les plus fréquentes de polyurie à la fois chez les adultes et les enfants sont les suivantes

  • Diabète sucré non contrôlé (cause la plus fréquente)

  • Prise de boissons trop importante (polydipsie)

  • Diabète insipide

  • Prise de médicaments ou de substances diurétiques (augmentant l’excrétion d’urine), telles que l’alcool ou la caféine

Le diabète insipide provoque une polyurie du fait de troubles causés par une hormone dénommée l’hormone antidiurétique (ou vasopressine). L’hormone antidiurétique permet la réabsorption des liquides par les reins. Si la production d’hormone antidiurétique est trop faible (une pathologie dénommée diabète insipide central) ou si les reins sont dans l’incapacité d’y répondre correctement (diabète insipide néphrogénique), les personnes urinent excessivement.

Les personnes atteintes de certains troubles rénaux (tels qu’une néphrite interstitielle ou des lésions rénales résultant d’une anémie falciforme) peuvent également uriner excessivement parce que ces troubles réduisent également le volume de liquide réabsorbé par les reins.

Évaluation

Un grand nombre de personnes sont gênées de s’entretenir avec leur médecin des troubles relatifs à la miction. Mais du fait que certains troubles provoquant une miction excessive sont très graves, les personnes qui urinent excessivement doivent consulter un médecin. Les informations suivantes aident les personnes à déterminer si une consultation médicale est nécessaire et elles les y prépareront le cas échéant.

Signes avant-coureurs

Chez les personnes urinant excessivement, certains symptômes et caractéristiques sont une source d’inquiétude. Ceux-ci incluent

  • Faiblesse des jambes

  • Fièvre et douleur dorsale

  • Apparition soudaine ou apparition au cours des premières années de la vie

  • Sueurs nocturnes, toux et perte de poids, en particulier chez les personnes présentant de lourds antécédents de tabagisme

  • Trouble psychiatrique

Quand consulter un médecin

Les personnes présentant une faiblesse des jambes doivent consulter immédiatement à l’hôpital car elles peuvent présenter un trouble de la moelle épinière. Les personnes présentant fièvre et douleur dorsale doivent consulter un médecin dans la journée car elles peuvent être atteintes d’une infection rénale. Les personnes présentant d’autres signes de mise en garde doivent consulter un médecin dans un délai d’un jour ou deux. Les personnes ne présentant pas de signes de mise en garde devront prendre rendez-vous chez un médecin dès que cela leur est possible, généralement dans un délai de quelques jours à une semaine plus tard, bien que le fait d’attendre plus longtemps est généralement sans danger si les symptômes se sont développés sur plusieurs semaines ou plus et s’ils sont légers.

Que font les médecins

Les médecins posent d’abord des questions sur les symptômes et les antécédents médicaux des personnes puis procèdent à un examen clinique. Ce que les médecins trouvent par le recueil des antécédents médicaux et au cours de l’examen clinique suggère souvent une cause de miction excessive ainsi que les examens pouvant s’avérer nécessaires ( Quelques causes et caractéristiques d’une miction excessive).

Les médecins posent des questions concernant

  • Quantités de liquides absorbés et urinés afin de déterminer si le problème est lié à la fréquence urinaire ou à une polyurie

  • Depuis combien de temps les symptômes sont présents

  • Si d’autres problèmes liés à la miction sont présents

  • Si les personnes prennent des diurétiques, y compris des boissons contenant de la caféine

Certains résultats évidents peuvent fournir des indices quant à la cause de la miction fréquente. Une sensation de douleur ou de brûlure à la miction, de la fièvre et une douleur dorsale ou costale peuvent être les signes d’une infection. Chez les personnes qui absorbent de grandes quantités de boissons contenant de la caféine ou qui ont juste débuté un traitement par un diurétique, la substance diurétique est susceptible de constituer une cause. Les hommes souffrant d’autres problèmes avec la miction, comme par exemple des difficultés à débuter la miction, un faible débit urinaire et des pertes urinaires post-mictionnelles, peuvent présenter un trouble de la prostate.

Certains résultats évidents peuvent également fournir des indices quant à la cause de la polyurie. Par exemple, une polyurie se manifestant dans les premières années de la vie est susceptible d’être causée par un trouble héréditaire tel que le diabète insipide central ou néphrogénique ou un diabète sucré de type 1.

Chez les femmes, l’examen clinique comprend généralement un examen pelvien et le prélèvement d’échantillons de liquide cervical et vaginal, aux fins de dépistage de maladies sexuellement transmissibles. Chez ’les hommes, le pénis est examiné pour dépister la présence d’un écoulement et les médecins pratiquent un toucher rectal afin de contrôler la prostate.

Quelques causes et caractéristiques d’une miction excessive

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Examens

Troubles provoquant principalement une miction fréquente

Cystite (infection de la vessie)

Généralement chez les femmes et les filles

Un besoin fréquent et impérieux d’uriner

Sensation de brûlure ou de douleur à la miction

Parfois fièvre et douleur sur le côté ou dans la région lombaire

Parfois du sang dans l’urine ou une urine malodorante

Analyses et cultures d’urine

Grossesse

Typiquement au cours des derniers mois de la grossesse

Examen médical

Parfois analyse de l’urine (afin de dépister une infection des voies urinaires)

Hypertrophie prostatique (bénigne ou cancéreuse)

Principalement chez ’les hommes de plus de 50 ans

Symptômes urinaires s’aggravant lentement, tels qu’une difficulté à débuter la miction, un faible débit urinaire, des pertes post-mictionnelles et une sensation de miction incomplète

Souvent détectée au cours d’un toucher rectal

Analyses de sang pour mesurer le taux de PSA

Si le taux de PSA est élevé, biopsie de la prostate

Parfois échographie

Prostatite (infection de la prostate)

Une prostate sensible détectée au cours d’un toucher rectal

Souvent fièvre, difficulté à débuter la miction et sensation de brûlure ou de douleur

Parfois du sang dans l’urine

Dans certains cas, symptômes d’une obstruction ancienne des voies urinaires (y compris un faible débit urinaire, une miction difficile ou des pertes post-mictionnelles)

Analyse et mise en culture de l’urine et toucher rectal

Cystite provoquée par la radiothérapie (lésions à la vessie provoquées par la radiothérapie)

Chez les personnes ayant subi une radiothérapie de la partie inférieure de l’abdomen, de la prostate ou du périnée (région située entre les organes génitaux et l’anus) lors du traitement d’un cancer

Examen médical

Parfois insertion dans la vessie d’un tube fin et flexible à fibres optiques (cystoscopie) et biopsie

Dysfonction ou lésion de la moelle épinière

Faiblesse et engourdissement des jambes

Rétention d’urine ou perte incontrôlable d’urine ou de selles (incontinence urinaire ou fécale)

Parfois une lésion évidente

IRM de la colonne vertébrale

Calculs dans les voies urinaires (n’obstruant pas le flux urinaire)

Épisodes occasionnels d’une douleur caractérisée par une sensation de compression, dans la région lombaire, sur le côté (le flanc) ou à l’aine, et qui apparaît et disparaît

En fonction de l’endroit où se trouve le calcul, possibilité de miction fréquente ou d’une nécessité impérieuse et soudaine d’uriner

Analyse d’urine

Échographie ou TDM des reins, des uretères et de la vessie

Prise de substances augmentant l’excrétion d’urine, telles que caféine, alcool ou diurétiques

Chez des personnes en bonne santé par ailleurs, peu de temps après avoir bu des boissons contenant de la caféine ou de l’alcool ou chez des personnes ayant récemment pris un diurétique

Uniquement examen médical

Incontinence urinaire

Miction non intentionnelle, le plus souvent lorsque la personne se penche, tousse, éternue ou soulève quelque chose (dénommée incontinence d’effort)

Après avoir inséré de l’eau dans la vessie, mesure des changements de la pression et du volume d’urine dans la vessie (cystométrie)

Troubles qui augmentent principalement le volume d’urine

Diabète sucré non contrôlé

Soif excessive

Souvent chez les jeunes enfants

Parfois chez les adultes obèses, dont on sait déjà qu’ils sont atteints de diabète de type 2

Mesure du niveau de sucre dans le sang (glycémie)

Diabète insipide central

Soif excessive pouvant apparaître soudainement ou se développer progressivement

Parfois chez les personnes ayant subi une lésion cérébrale ou un traumatisme crânien ou une chirurgie du cerveau

Analyses de sang et d’urine, pratiquées avant et après que les personnes aient été privées d’eau, puis après l’administration d’hormone antidiurétique (test de restriction hydrique)

Parfois analyses de sang pour mesurer le niveau de l’hormone antidiurétique

Diabète insipide néphrogénique

Soif excessive se développant progressivement

Chez les personnes souffrant d’un trouble pouvant affecter les reins (comme par exemple la drépanocytose, le syndrome de Sjögren, un cancer, une hyperparathyroidie, une amylose, une sarcoïdose ou certains troubles héréditaires) ou qui prennent un médicament pouvant affecter les reins (généralement lithium, cidofovir, foscarnet ou ifosfamide)

Analyses de sang et d’urine

Parfois test de restriction hydrique

Prise d’un diurétique

Chez des personnes en bonne santé par ailleurs qui ont récemment débuté la prise d’un diurétique

Parfois chez les personnes prenant un diurétique subrepticement (par exemple, des athlètes de compétition ou d’autres personnes qui essaient de perdre du poids)

Un examen clinique suffit généralement

Prise de boisson trop importante (polydipsie) souvent due à un trouble psychiatrique

Parfois chez les personnes dont on sait qu’elles souffrent d’un trouble psychiatrique

Similaire aux examens pour le diabète insipide central

*Les caractéristiques incluent les symptômes et les résultats de l’examen médical. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes.

TDM = tomodensitométrie ; IRM = imagerie par résonance magnétique ; PSA = Prostate-Specific Antigen (antigène prostatique spécifique).

Tests

Les médecins pratiquent une analyse d’urine et souvent une mise en culture d’urine chez la plupart des personnes. Les besoins pour d’autres examens dépendent de ce que les médecins auront trouvé par le recueil des antécédents et au cours de l’examen clinique ( Quelques causes et caractéristiques d’une miction excessive). Si les médecins ’ne sont pas sûrs que les personnes produisent réellement plus d’urine que la normale, ils peuvent collecter et mesurer le volume d’urine produit pendant 24 heures. Si les personnes souffrent réellement de polyurie, les médecins mesurent la glycémie. Si le diabète sucré n’est pas la cause de la polyurie et si aucune autre cause, telle qu’un excès de liquide intraveineux, n’en est clairement responsable, d’autres examens s’avéreront nécessaires. Les taux d’électrolytes et la concentration de certains sels (osmolarité) sont mesurés dans le sang des personnes, dans leur urine, ou dans les deux, souvent après une privation d’eau pendant un certain temps, suivie de l’administration d’hormone antidiurétique.

Traitement

La meilleure manière de traiter une miction excessive est de traiter ’le trouble sous-jacent. Par exemple, le diabète sucré est traité par un régime alimentaire et de l’exercice physique plus des injections d’insuline et/ou des médicaments par voie orale. Dans certains cas, les personnes peuvent réduire une miction excessive en réduisant leur consommation de café ou d’alcool. Les médecins peuvent régler la posologie des diurétiques qui contribuent à une miction excessive.

Aspects essentiels concernant les personnes âgées

Les hommes âgés urinent souvent fréquemment parce que le volume de la prostate augmente avec l’âge. Chez les femmes âgées, une miction fréquente est également plus courante du fait de nombreux facteurs, tels que l’affaiblissement des tissus de soutien pelvien après l’accouchement et la diminution des œstrogènes après la ménopause. Les personnes âgées des deux sexes sont plus susceptibles de prendre des diurétiques, de telle sorte que ces médicaments peuvent contribuer à une miction excessive. Les personnes âgées présentant une miction excessive ont souvent besoin d’uriner la nuit (nycturie). La nycturie peut contribuer à l’augmentation des troubles du sommeil et des chutes, en particulier si les personnes se dépêchent d’aller aux toilettes ou si la zone n’est pas bien éclairée.

Points clés

  • Les infections des voies urinaires sont la cause la plus courante de la fréquence urinaire chez les femmes et ’les enfants.

  • Un diabète sucré non contrôlé est la cause la plus fréquente de la polyurie.

  • L’hyperplasie bénigne de la prostate est une cause fréquente chez ’les hommes de plus de 50 ans.

  • Une absorption excessive de caféine peut provoquer une fréquence urinaire chez tout le monde.

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