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Rhinite non allergique

Par Marvin P. Fried, MD, Professor and University Chairman, Department of Otorhinolaryngology-Head and Neck Surgery, Montefiore Medical Center, The University Hospital of Albert Einstein College of Medicine

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Une rhinite est l'inflammation de la muqueuse nasale, avec pour conséquence une congestion nasale, une rhinorrhée et des symptômes associés variables selon l'étiologie (p. ex., prurit, éternuements, rhinorrhée purulente ou claire, anosmie). La rhinite est classée comme allergique ou non allergique. La cause de la rhinite non allergique est habituellement virale, bien que les irritants puissent être impliqués. Le diagnostic est habituellement clinique. Le traitement peut associer l'humidification de l'air ambiant, des vasoconstricteurs (amines sympathomimétiques) et des antihistaminiques. La surinfection bactérienne nécessite un traitement antibiotique adéquat.

Il existe plusieurs formes de rhinite non allergique. Rhinite allergique, Rhinite allergique.

Rhinite aiguë

La rhinite aiguë, se manifestant par un œdème et une vasodilatation de la muqueuse nasale, une rhinorrhée et une occlusion, sont habituellement le résultat d'un rhume banal; d'autres causes comprennent les infections streptococciques, pneumococciques et des staphylococciques.

Rhinite chronique

La rhinite chronique correspond généralement à une prolongation (résolue sous 30 à 90 jours) d'une rhinite virale inflammatoire ou infectieuse subaiguë. Elle peut également être rarement en rapport avec la syphilis, la tuberculose, la rhinosclérose, la rhinosporidiose, la leishmaniose, la blastomycose, l'histoplasmose et la lèpre, qui sont toutes caractérisées par la formation de granulomes et la destruction des tissus mous, du cartilage et des os. Une obstruction nasale, une rhinorrhée purulente et des hémorragies fréquentes en résultent. La rhinosclérose induit également une obstruction nasale progressive due à la présence de tissu inflammatoire induré dans la lamina propria. La rhinosporidiose est caractérisée par des polypes hémorragiques. Une hygrométrie faible et des irritants aéroportés peuvent provoquer des rhinites chroniques.

Rhinite atrophique

La rhinite atrophique, une forme de rhinite chronique, induit l’atrophie et la sclérose de la muqueuse; l’épithélium cylindrique pseudo-stratifié cilié de la muqueuse se transforme en épithélium malpighien et l'épaisseur et la vascularisation de la lamina propria diminuent. La rhinite atrophique est associée à l'âge avancé, à la granulomatose avec polyangéïte (anciennement appelée granulomatose de Wegener) et à une exérèse excessive de la muqueuse nasale. Bien que l'étiologie exacte soit inconnue, l'infection bactérienne est un cofacteur probable. Une atrophie de la muqueuse nasale est souvent observée chez les personnes âgées.

Rhinite vasomotrice

La rhinite vasomotrice, également appelée rhinite non allergique, est une maladie chronique dans laquelle un engorgement vasculaire intermittent de la muqueuse nasale cause une rhinorrhée claire et des éternuements. L'étiologie est incertaine, et aucune allergie n'est identifiable. Une atmosphère sèche semble aggraver cette situation.

Symptomatologie

La rhinite aiguë induit une toux, une fièvre modérée, une congestion nasale, une rhinorrhée et des éternuements.

Les manifestations de rhinite chronique sont similaires à celles de la rhinite aiguë, mais dans les cas prolongés ou graves, les patients peuvent aussi avoir un drainage épais, nauséabond, mucopurulent; des croûtes muqueuse; et/ou des saignements.

La rhinite atrophique entraîne une augmentation du volume des cavités nasales, une formation de croûtes et une colonisation bactérienne malodorante, une congestion nasale, une anosmie et des épistaxis qui peuvent être récidivantes et sévères.

La rhinite vasomotrice induit des éternuements et une rhinorrhée aqueuse. La muqueuse turgescente varie du rouge vif au pourpre. La maladie est caractérisée par des périodes de rémission ou d'aggravation.

Diagnostic

Les différentes formes de rhinite sont diagnostiquées cliniquement. Les examens complémentaires sont inutiles.

La rhinite vasomotrice se différencie des infections virales et bactériennes spécifiques du nez par l'absence d'écoulement et de croûtes purulents. Elle se distingue de la rhinite allergique par l'absence d'allergène identifiable.

Traitement

  • Dans la rhinite virale, décongestionnants et/ou antihistaminiques

  • Dans la rhinite atrophique, traitement local

  • Dans la rhinite vasomotrice, humidification et parfois corticostéroïdes topiques et pseudo-éphédrine orale

La rhinite virale peut être traitée de façon symptomatique par des décongestionnants (soit une vasoconstriction locale avec une amine sympathomimétique, comme l’oxymétazoline q 8 à 12 h ou la phényléphrine 0,25% q 3 à 4 h pendant pas plus de 7 jours ou amines sympathomimétiques systémiques, telles que la pseudo-éphédrine 30 mg po q 4 à 6 h). Les antihistaminiques ( Stabilisateurs des mastocytes nasaux inhalés) peuvent être utiles mais ceux qui ont des propriétés anticholinergiques assèchent les muqueuses et peuvent donc majorer l'irritation. ( Rhume banal.) Les décongestionnants peuvent également soulager les symptômes de rhinite bactérienne aiguë et de rhinite chronique, alors qu'une infection bactérienne sous-jacente exige des prélèvements pour l'identification du pathogène, une recherche des sensibilités aux antibiotiques et un traitement antimicrobien adéquat.

Le traitement de la rhinite atrophique vise à réduire les croûtes et à éliminer les odeurs par une irrigation nasale à l'aide d'antibiotiques locaux (p. ex., bacitracine, mupirocine), œstrogènes locaux ou systémiques et vitamines A et D. L'occlusion des cavités nasales ou la diminution de leur perméabilité par la chirurgie, diminue la formation de croûtes dues à l'effet asséchant de l'air circulant sur la muqueuse atrophique.

Le traitement de la rhinite vasomotrice est empirique au cas par cas et il n'est pas toujours satisfaisant. Les patients sont améliorés par l'humidification de l'air, comme peut l'apporter un système de chauffage central humidifié ou un humidificateur placé au bureau ou la chambre à coucher. Les corticostéroïdes topiques (p. ex., mométasone 2 pulvérisations bid) et les antihistaminiques nasaux peuvent avoir un intérêt. Les amines sympathomimétiques systémiques (p. ex., chez l'adulte, la pseudo-éphédrine, 30 mg po q 4 à 6 h selon les besoins) diminuent les symptômes, mais ne sont pas recommandées en utilisation prolongée parce qu'elles épaississent le mucus et peuvent provoquer une tachycardie et une nervosité. Les vasoconstricteurs locaux sont à éviter, car la vascularisation de la muqueuse nasale perd sa sensibilité aux autres stimuli vasoconstricteurs, p. ex., l'humidité et la température de l'air inspiré.