Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Mal des transports

Par Adedamola A. Ogunniyi, MD, Harbor-UCLA Medical Center

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

Le mal des transports est un ensemble de symptômes comprenant habituellement des nausées, souvent accompagnées d’une vague gêne abdominale, de vomissements, de vertiges et d’autres symptômes en rapport; il est provoqué par des accélérations angulaires et linéaires et des décélérations répétitives. Une adaptation du comportement et un traitement médicamenteux permettent parfois de prévenir ou de contrôler les symptômes.

La sensibilité individuelle au mal des transports est très variable. Le mal des transports est cependant plus fréquent chez la femme et son incidence va de < 1% pour les voyages en avion à presque 100% par mer forte et lors d'un voyage dans l'espace en apesanteur.

Étiologie

La stimulation excessive de l'appareil vestibulaire au cours des déplacements du corps en est la cause première. Les voies afférentes depuis le labyrinthe jusqu’au centre bulbaire du vomissement sont mal connues, mais le mal des transports n’apparaît que si la 8e paire crânienne et les voies vestibulocérébelleuses sont intactes. Tout mouvement survenant quel que soit le moyen de transport, y compris en bateau, dans les véhicules à moteur, le train, l'avion, la navette spatiale ou les activités dans les terrains de jeu ou dans les parcs d'attractions, peut entraîner une stimulation vestibulaire excessive.

Le mal des transports peut également survenir en cas de perceptions vestibulaires, visuelle et proprioceptive contradictoires. Par exemple, l'information visuelle selon laquelle le corps est statique peut entrer en conflit avec une sensation de mouvement (p. ex., regarder une paroi de la cabine du navire, apparemment immobile tout en ressentant le navire rouler). Comme alternative, un déplacement perçu visuellement peut entrer en conflit avec l'absence de perception du mouvement (p. ex., regarder une lame en mouvement rapide avec un microscope ou en regarder un jeu de réalité virtuelle tout en restant assis immobile). Un autre déclencheur possible est le cas d'un mouvement qui diffère de l'évolution attendue (p. ex., dans un environnement en gravité zéro, flotter au lieu de tomber).

Facteurs de risque

Les facteurs qui peuvent augmenter le risque de développer une cinétose ou d'augmenter la sévérité des symptômes sont les suivants:

  • Mauvaise ventilation (p. ex., vapeurs, fumée ou monoxyde de carbone)

  • Facteurs émotionnels (p. ex., peur, anxiété)

  • Migraines

  • Labyrinthite

  • Facteurs hormonaux (p. ex., grossesse, utilisation de contraceptifs hormonaux)

Dans le syndrome d'adaptation spatiale (le mal des transports survenant pendant les voyages dans l'espace), l'apesanteur (gravité nulle) est un facteur étiologique. Ce syndrome réduit l'efficacité des astronautes pendant les premiers jours du vol spatial, mais une adaptation se produit en plusieurs jours.

Symptomatologie

Les nausées et la gêne abdominale sont caractéristiques. Des vomissements peuvent également survenir. Ces symptômes peuvent être précédés de bâillements, d'hyperventilation, de salivation, de pâleur, de sudations froides profuses et d'une somnolence. Les autres symptômes comprennent une aérophagie, des vertiges, des céphalées, une fatigue, une faiblesse et une incapacité à se concentrer. On n'observe pas de douleur, ni d'essoufflement, ni de troubles de la vision ou de l'élocution. Après une exposition prolongée au mouvement, le patient peut souvent s'adapter. Cependant, les symptômes peuvent reprendre si les mouvements s'intensifient ou si les mouvements reprennent après une courte période de répit.

Les vomissements prolongés dus au mal des transports peuvent, bien que rarement, entraîner une déshydratation avec hypotension, une inanition et une dépression.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Le diagnostic est suspecté en cas de symptômes compatibles et d'exposition à des déclencheurs typiques. Le diagnostic est clinique et habituellement direct. Cependant, la possibilité d'un autre diagnostic (p. ex., une hémorragie ou un infarctus du SNC) doit être évoquée chez certains individus en particulier les personnes âgées et les patients qui ne présentent pas d’antécédents de mal des transports ou ceux qui présentent des facteurs de risque d’hémorragie ou d'infarctus du SNC, qui développent des étourdissements et des vomissements aigus pendant le voyage. Les patients qui présentent une symptomatologie neurologique focale, des céphalées importantes ou d'autres signes atypiques de cinétose doivent être ultérieurement évalués.

Traitement

  • Scopolamine, antihistaminiques ou antidopaminergiques

  • Positionnement

  • Évitement des boissons alcoolisées et de la suralimentation

Les personnes sujettes au mal des transports doivent prendre des médicaments et utiliser d’autres mesures préventives avant le début des symptômes; ces interventions sont moins efficaces après l'apparition des symptômes. En cas de vomissements, un antiémétique administré par voie rectale ou parentérale peut être efficace. En cas de vomissements prolongés, un apport hydroélectrolytique IV peut s'avérer nécessaire afin de compenser et contrôler la situation.

Scopolamine

La scopolamine, un médicament anticholinergique, est efficace en prévention, mais son efficacité thérapeutique est incertaine. La scopolamine est disponible sur ordonnance sous forme de patch transdermique ou sous forme orale. Le patch constitue un bon choix pour les longs voyages, car après avoir été appliqué derrière l'oreille au moins 4 h avant le départ (dans l'idéal 8 à 12 h), il est efficace pendant jusqu'à 72 h en libérant près de 1 mg de produit. La forme orale de la scopolamine est administrée à la dose de 0,4 mg à 0,8 mg, 1 h avant le départ, puis q 8 h en fonction des besoins.

Les effets indésirables, comprenant une somnolence, une vision trouble, une sécheresse de la bouche ou une bradycardie, sont moins fréquents avec les patchs. Une contamination involontaire de l'œil par des résidus du patch peut rendre la pupille fixe et largement dilatée. Les autres effets indésirables de la scopolamine peuvent comprendre, chez le patient âgé, une confusion, des hallucinations et une rétention urinaire. La scopolamine est contre-indiquée chez le patient présentant un risque de glaucome à angle fermé.

La scopolamine peut être utilisée chez l'enfant de > 12 ans aux mêmes doses que chez l'adulte. Son utilisation chez l'enfant de 12 ans ne présente probablement aucun danger mais n'est pas recommandée du fait d'un taux plus élevé d'effets indésirables.

Antihistaminiques

Le mécanisme d'action des antihistaminiques est probablement anticholinergique. Ces médicaments peuvent être efficaces pour la prévention et le traitement peut-être. On peut également administrer au patient sensible, en commençant 1 h avant le départ, de la diménhydrinate, du diphenhydramine ou de la méclizine, disponibles sans ordonnance, 25 à 50 mg po qid (dimenhydrinate chez l'enfant de 2 à 6 ans, 12,5 à 25 mg po q 6 à 8 h, maximum 75 mg/j; chez les enfants de 6 à 12 ans, 25 à 50 mg po q 6 à 8 h, maximum 150 mg/j), ou cyclizine 50 mg po qid (chez les enfants de 6 à 12 ans, 25 mg tid) pour minimiser les symptômes gastro-intestinaux à médiation vagale. Cependant, ces effets anticholinergiques indésirables peuvent être gênants, en particulier chez la personne âgée. Les antihistaminiques non sédatifs ne semblent pas être efficaces.

Médicaments antidopaminergiques

La prométhazine (25 à 50 mg po 1 h avant le départ puis bid; chez l'enfant de < 12 ans, 0,5 mg/kg po 1 h avant le départ puis bid) semble être efficace en prévention et en traitement; l'ajout de caféine peut accroître efficacité. Le métoclopramide peut également être efficace, mais des éléments de preuve suggèrent qu'il l'est moins que la prométhazine.

Mesures non médicamenteuses

Le patient sensible réduira le risque en s'installant là où les mouvements sont moindres (p. ex., au milieu d'un bateau, près de la ligne de flottaison ou en avion, à hauteur des ailes). De plus, il doit essayer de réduire la contradiction entre les stimuli visuels et vestibulaires. En cas de voyage en véhicule à moteur, conduire ou s'asseoir sur le siège passager avant où le mouvement du véhicule est le plus évident, est recommandé. En cas de voyage sur un navire, regarder l'horizon ou la terre est habituellement préférable à la visualisation d'un mur de la cabine. Quel que soit le mode de transport, la lecture et les sièges regardant vers l’arrière doivent être évités. Une position couchée ou semi-couché avec la tête appuyée est préférable.

Une ventilation adaptée permet d'éviter les symptômes. Les boissons alcoolisées et l'excès de nourriture avant ou pendant le voyage augmentent le risque de mal des transports. De petites quantités de liquides et d’aliments consommés fréquemment sont préférables aux gros repas pendant les voyages prolongés; certains patients considèrent que les biscuits secs et les boissons gazeuses, en particulier le soda au gingembre, sont plus efficaces. Lors d'un vol court, on évitera les boissons et les repas.

Dans le syndrome d'adaptation à l'espace, tout mouvement, qui aggrave les symptômes, doit être évité.

Thérapies alternatives

Certaines thérapeutiques alternatives ne sont pas approuvées mais peuvent être efficaces. Elles comprennent l'utilisation de bracelets appliquant une acupression ou une stimulation électrique. Ces deux types de bracelets peuvent être utilisés sans danger à tout âge. Le gingembre (dose de 0,5 à 1 g qui peut être répétée mais doit être limitée à 4 g/j) permet d'éviter la cinétose.