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Soins hospitaliers et personnes âgées

Par Barbara Resnick, PhD, CRNP, School of Nursing

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l’éducation des patients

Un hôpital peut fournir des soins médicaux d’urgence, des examens diagnostiques, des traitements intensifs, ou une chirurgie, qui peuvent ou non nécessiter une admission. Les personnes âgées utilisent les hôpitaux plus souvent que les patients plus jeunes; ils font l’objet de plus d’admissions à l’hôpital au service des urgences et de séjours hospitaliers plus fréquents et plus longs et ils consomment plus de ressources lors de leur hospitalisation.

Soins au service des urgences

En 2006, environ 14,5% des consultations en service d’urgence étaient le fait de personnes de 65 ans. Les patients âgés ont tendance à être plus malades. Plus de 40% des patients âgés vus aux urgences sont hospitalisés; 6% le sont en unités de soins intensifs. Plus de 50% reçoivent de nouveaux médicaments prescrits. Les personnes âgées peuvent utiliser le service d’urgence comme un substitut aux soins de médecine générale ou elles peuvent y venir parce qu’elles ne reçoivent pas les soins adéquats de la part de leur généraliste. Cependant, dans la plupart des cas, les raisons de consulter sont de vraies urgences.

Une consultation au service des urgences peut créer un stress chez les personnes âgées parce qu’il n’y a pas de chambre qui leurs soient adaptées (p. ex., chambres calmes, lits bas, oreillers supplémentaires, éclairage indirect).

Le bilan des personnes âgées est habituellement plus long et nécessite plus de tests diagnostiques car de nombreux patients âgés ne présentent pas de symptomatologie claire ou typique d'un trouble donné ( Présentations inhabituelles des maladies chez les personnes âgées). Par exemple, l'IDM se manifeste comme une douleur thoracique chez < 50% des patients de > 80 ans. Au lieu de cela, les patients âgés peuvent se plaindre de se sentir faibles en général ou tout simplement ne pas se sentir bien.

Des facteurs inapparents (p. ex., polymédication, effets indésirables des médicaments) peuvent affecter la présentation d'un patient âgé. Par exemple, une chute peut résulter d'une consommation abusive de la personne âgée, d'un effet indésirable (p. ex., hypersédation), des dangers de la maison, de problèmes physiques (p. ex., mauvaise vision), d’une dépression ou d’un alcoolisme chronique. Les effets indésirables des médicaments représentent au moins 5% des hospitalisations des personnes âgées.

Environ 30 à 40% des patients âgés qui consultent au service des urgences souffrent de troubles cognitifs mais n’ont pas un diagnostic de démence; dans 10% des cas, la déficience cognitive compatible avec un syndrome confusionnel n’est pas reconnue. Lorsque cela est indiqué (p. ex., si un patient âgé éprouve des difficultés d’orientation spatiaux-temporelle), une évaluation cognitive standardisée doit être effectuée au service des urgences. Cependant, une évaluation cognitive standardisée est appropriée pour tout patient âgé consultant au service des urgences. Les déficiences cognitives affectent la fiabilité de l'anamnèse, ainsi que le diagnostic et doivent être prises en compte lors de la programmation de la sortie du patient. Savoir si l'apparition de la déficience cognitive est récente permet de déterminer si le déficit doit être pleinement évalué au service des urgences. Un déficit cognitif d’apparition récente peut indiquer un sepsis, une hémorragie occulte sous-durale ou un effet indésirables des médicaments.

Le risque de suicide, l'incontinence et l'état nutritionnel et la vaccination doivent être évalués au service des urgences afin que les soins de suivi puissent être organisés.

La communication entre les praticiens

Une bonne communication entre les médecins du service des urgences et les patients, les soignants, les médecins généralistes et les membres du personnel des établissements de soins de longue durée améliore grandement l'issue des soins des personnes âgées qui présentent des complications. Des directives anticipées doivent être rapidement et clairement communiquées aux praticiens de médecine d'urgence. Les informations de base du médecin personnel du patient facilitent l'évaluation et la planification de la gestion au service des urgences. Les rapports au médecin généralistes doivent mentionner même l’état des blessures simples (p. ex., entorse de la cheville, fracture du poignet de Pouteau-Colles) car de telles blessures peuvent considérablement affecter les capacités fonctionnelles et l'indépendance.

Élimination

La planification de la sortie de l'hôpital peut être complexe parce qu'une maladie aiguë ou une blessure peut altérer encore plus la capacité fonctionnelle chez les patients âgés (p. ex., une entorse de la cheville simple peut être invalidante sauf si les patients ont un bon soutien à domicile). La planification de la sortie d'hôpital peut être améliorée lorsque les infirmières, les assistants sociaux et les médecins de médecine générale sont impliqués. Elle doit comprendre ce qui suit:

  • Une évaluation fonctionnelle ( Anamnèse : Statut fonctionnel)

  • Les stratégies visant à gérer les problèmes (p. ex., la dépression, l'alcoolisme, altération de l'état fonctionnel) identifiés lors de l'évaluation des services d'urgence

  • La détermination de la capacité du patient à prendre des médicaments selon les directives et s'il peut obtenir les soins nécessaires au suivi

  • L'évaluation de la capacité de prise en charge des aidants (p. ex., savoir si des services de répit sont nécessaires)

De nombreux patients âgés sont hospitalisés après avoir été évalués dans le service des urgences.

Parfois, les patients âgés sont amenés au service des urgences par un soignant qui refuse de les ramener chez eux ou qui les abandonne à l'hôpital.

Hospitalisation

Presque la moitié des adultes qui occupent des lits d'hôpitaux ont 65 ans; cette proportion devrait augmenter au fur et à mesure du vieillissement de la population. Le coût des soins hospitaliers Medicare > $ 100 milliards/an, représentant 30% des dépenses de soins hospitaliers aux USA.

L’hospitalisation peut aggraver les modifications liées au vieillissement physiologique et augmenter la morbidité.

Seuls les patients âgés gravement malades doivent être hospitalisés. L'hospitalisation en elle-même expose le patient âgé à des risques liés à l'isolement, à l'immobilité, aux examens diagnostiques et aux traitements (en particulier des changements de traitements médicamenteux). Lorsque les patients changent d'hôpital, il est possible que le traitement médicamenteux soit modifié ou que des médicaments soient ajoutés, ce qui entraîne une augmentation du risque d'effets indésirables ( Problèmes liés aux médicaments chez les personnes âgées : Mauvaise communication). Le traitement à l'hôpital peut être déshumanisant et impersonnel. Les soins hospitaliers aigus ne doivent durer que pendant une période suffisante pour permettre une transition réussie vers les soins à domicile, un établissement de soins infirmiers spécialisés ou un programme rééducation ambulatoire.

L’issue de l’hospitalisation semble être plus restrictive en fonction de l’âge, bien que l’âge physiologique soit un prédicteur plus important de l’issue que l’âge chronologique. Les résultats sont meilleurs chez les patients hospitalisés pour des procédures programmées (p. ex., remplacement articulaire) que chez les patients hospitalisés du fait de troubles graves (p. ex., défaillance multiviscérale).

Environ 75% des patients de 75 ans fonctionnellement indépendants à l'admission ne le sont plus à la sortie; 15% des patients de 75 ans sont adressés à des établissements de soins infirmiers. La tendance à développer les séjours hospitaliers de courte durée pour des soins aigus suivis de soins subaigus et d’une réadaptation dans un établissement de soins infirmiers spécialisés peut expliquer la raison pour laquelle ces pourcentages sont élevés. Cependant, même si un trouble est curable ou semble non compliqué, les patients peuvent ne pas retourner au statut fonctionnel d’avant l’hospitalisation.

Amélioration des résultats

Les stratégies suivantes peuvent réduire le déclin fonctionnel et améliorer les soins des patients âgés:

  • Équipe gériatrique interdisciplinaire: identifier et répondre aux besoins complexes des patients âgés et surveiller et éviter les problèmes qui sont fréquents chez les personnes âgées et qui peuvent se développer ou s’aggraver lors de l’hospitalisation (v. aussi Équipes gériatriques interdisciplinaires)

  • Infirmière en médecine générale (une infirmière en charge d'un patient particulier 24 h/24): pour administrer les soins planifiés par l'équipe, pour surveiller la réponse à des soins médicaux et infirmiers et pour enseigner et conseiller les patients, les membres du personnel, et les membres de la famille

  • Modifications de l'environnement hospitalier, souvent effectuées par des infirmières: p. ex., pour déplacer les patients agressifs dans une salle à proximité du poste de soins infirmiers ou pour changer les colocataires d'un patient

  • Programmes de cohabitation pour un membre de la famille: pour offrir de meilleurs soins personnalisés, pour soulager les membres du personnel de certains soins, pour apaiser l’anxiété des patients (en particulier si les patients ont un syndrome confusionnel ou une démence), et pour permettre à un membre de famille de participer activement au rétablissement du patient

  • Bonne communication entre les praticiens: pour éviter les erreurs et la duplication des procédures diagnostiques et des traitements (en particulier les médicaments)

  • Documentation du protocole posologique: pour définir l’indication de chaque nouveau médicament, maintenir une liste journalière des médicaments prescrits et reçus et ainsi éviter d’utiliser des médicaments inutiles et éviter les interactions médicamenteuses

  • Directives anticipées: pour documenter le choix du patient en matière de procuration pour les soins et de décisions de soins ( Directives anticipées)

  • Examen des problèmes courants entre les personnes âgées: pour anticiper et prendre des mesures afin d'éviter de tels problèmes et les traiter rapidement

  • Planification de la sortie: pour s’assurer que des soins appropriés sont poursuivis

Les directives anticipées, si elles sont déjà rédigées, doivent être transmises à l’hôpital aussitôt que possibles. Les praticiens doivent réaffirmer ces choix lors d'une hospitalisation aiguë. Si les directives anticipées ne sont pas documentées, les praticiens doivent s'efforcer pour déterminer les souhaits du patient.

Les problèmes fréquents chez les personnes âgées nécessitent des considérations spécifiques au cours de l'hospitalisation, en particulier après une chirurgie ( Soins post-opératoires); beaucoup d'entre elles peuvent être mémorisées en utilisant l'acronyme ELDERSS (v. ELDERSS: Questions importantes concernant les personnes âgées hospitalisées). À l'hôpital, les patients âgés présentent fréquemment des épisodes de confusion nocturne (syndrome crépusculaire), chutent, se fracturent un os sans traumatisme identifiable ou ne parviennent plus à marcher. De nombreux patients développent des escarres de décubitus, une incontinence urinaire, une constipation ou une rétention urinaire. De tels problèmes peuvent prolonger la convalescence.

ELDERSS: Questions importantes concernant les personnes âgées hospitalisées

Acronyme

Problème

E

Manger (état nutritionnel)

L

Lucidité (état mental)

D

Directives visant à limiter les soins (p. ex., ne pas réanimer)

E

Élimination (incontinence)

R

Réhabilitation (nécessaire du fait d'un alitement)

S

Soins de la peau (pour éviter et traiter les ulcères de pression)

S

Services sociaux (planification de la sortie)

Effets indésirables des médicaments

Les taux d'hospitalisation dus à des effets indésirables des médicaments sont 4 fois plus importants chez les patients âgés (17%) que chez les jeunes (4%). Les causes de ces effets comprennent la polymédication, les modifications de la pharmacocinétique et de la pharmacodynamique liées à l'âge, et les modifications des médicaments (intentionnelles ou non) au cours de l'hospitalisation et après la sortie ( Le patient en fin de vie).

Prévention

Maintenir une liste quotidienne de médicaments prescrits et reçus peut éviter les effets indésirables liés aux médicaments et les interactions médicamenteuses.

En raison de la distribution des médicaments, le métabolisme et l'élimination varient largement chez les patients âgés, ce qui suit doit être effectué:

  • Les médicaments doivent être soigneusement titrés.

  • La clairance de la créatinine pour les médicaments excrétés par le rein doit être calculée lorsque les doses sont ajustées.

  • Les taux sériques du médicament doivent être évalués chez ce patient.

  • Les réponses du patient doivent être observées.

Certains médicaments ou catégories de médicaments doivent être contre-indiqués chez les personnes âgées ( Catégories de médicaments qui méritent une vigilance chez le patient âgé). La prise de médicaments hypnotiques doit être minimisée parce qu’une tachyphylaxie peut survenir et parce que le risque de chutes et de confusion est augmenté. Les benzodiazépines à courte durée d’action sont habituellement le meilleur choix. Les antihistaminiques ont des effets anticholinergiques et ne doivent pas être utilisés pour la sédation.

Effets de l'alitement

L'alitement prolongé, tel qu'il peut être observé durant l'hospitalisation, entraîne un affaiblissement et est rarement justifié. L'inactivité qui en résulte a les effets suivants:

  • Avec une complète inactivité, la force musculaire diminue de 5% par jour, augmentant le risque de chutes.

  • Les muscles raccourcissent et la structure articulaire cartilagineuse et périarticulaire se modifient (plus rapidement au niveau des jambes), limitant les mouvements et contribuant au développement des rétractions.

  • La capacité aérobie diminue nettement, réduisant sensiblement l'absorption maximale de l'O2.

  • La perte osseuse (déminéralisation) est accélérée.

  • Le risque de thrombose veineuse profonde est augmenté.

Même après quelques jours d'alitement, les patients âgés avec réserves physiologiques réduites mais qui peuvent encore fonctionner de façon autonome, peuvent perdre cette capacité. Même si la perte est réversible, la réadaptation nécessite une intervention complète, coûteuse et relativement longue.

Chez les patients âgés, l'alitement peut causer une perte osseuse vertébrale 50 fois plus rapide que chez le patient jeune. La perte résultant de 10 j d'alitement demande 4 mois de récupération.

Prévention

Sauf si contre-indiquée pour une raison spécifique, l’activité (en particulier la marche) doit être encouragée. Si l'aide à la marche est nécessaire, les thérapeutes l'encouragent à des heures programmées. Cependant, les médecins, les infirmières et les membres de la famille doivent également encourager les patients à marcher toute la journée. Les prescriptions hospitalières doivent souligner la nécessité de maintenir une activité.

Si l’immobilisation est nécessaire ou résulte d'une maladie prolongée, les procédures visant à éviter les thromboses veineuses profondes sont recommandées sauf si contre-indiqué.

Le programme de réhabilitation est souvent nécessaire. Des objectifs réalistes de la réadaptation à domicile peuvent être basés sur le niveau d’activité du patient avant l’hospitalisation et sur les besoins actuels.

Chutes

Les modifications liées à l'âge (p. ex., insensibilité des barorécepteurs, diminution de l'eau corporelle et du volume plasmatique) entraînent une tendance à développer une hypotension orthostatique. Ces modifications ainsi que les effets de l'alitement et l'utilisation de sédatifs et de certains antihypertenseurs augmentent les risques de chutes (et de syncope).

Parmi les patients âgés hospitalisés, > 60% des chutes se produisent dans la salle de bain; souvent, les patients heurtent des objets durs. Certains patients tombent alors qu'ils descendent du lit d'hôpital. Les patients sont dans un lit étranger et dans un environnement étranger et ils peuvent facilement être confus. L'utilisation de barrières de lit permet de rappeler aux patients âgés qu'il leur faut appeler une aide avant de tenter de se lever, mais l'utilisation de ridelles de lit peut également agir comme une barrière physique qui contribue aux chutes des patients.

Prévention

Habituellement, les barrières du lit doivent être enlevées ou maintenues à un niveau bas.. Les meilleures alternatives à l'utilisation de moyens de retenues physiques ou chimiques sont d'identifier, d'analyser soigneusement et de modifier ou de corriger les facteurs de risque de chute (incluant l'agitation) et de surveiller attentivement les patients à risque.

Incontinence

Une incontinence urinaire ou fécale se développe chez > 40% des patients hospitalisés de 65 ans, souvent dès le premier jour après l'admission. Les raisons comprennent

  • Un environnement inconnu

  • Un chemin encombré vers les toilettes

  • Des troubles qui nuisent à la marche

  • Un lit trop haut

  • Des barrières de lit

  • Des équipements entravant tels que tubes IV, les sondes nasales d'oxygène, écrans de contrôle cardiaque, et des cathéters

  • Les psychotropes qui peuvent réduire la perception du besoin d'uriner, inhibent la fonction de la vessie ou intestinale ou altèrent la marche

  • Les médicaments qui peuvent entraîner une incontinence urinaire (p. ex., anticholinergiques et les opiacés, cause de débordement l'incontinence urinaire; diurétiques, cause de l'incontinence par impériosité)

Un bassin peut être inconfortable, en particulier chez les patients postopératoires ou des patients qui présentent une arthrite chronique. Les patients qui présentent une démence ou un trouble neurologique peuvent être incapables d'utiliser la sonnette d'appel pour demander une assistance aux toilettes.

Fécalomes, infections gastro-intestinales (p. ex., Clostridium difficile–colite induite), effets indésirables des médicaments et de suppléments nutritionnels liquides peuvent provoquer des diarrhées incontrôlables.

Avec un diagnostic et un traitement appropriés, la continence peut être rétablie et le placement au centre de long séjour évité.

Modifications de l'état mental

Les patients âgés peuvent apparaître confus du fait d’une démence, d’une confusion, d’une dépression ou de l’association de ces troubles. Cependant, les professionnels de santé doivent toujours se rappeler que la confusion peut avoir d'autres causes et sa présence nécessite une évaluation approfondie.

La confusion peut être due à un trouble spécifique ( Causes de confusion). Cependant, elle peut se développer simplement parce que le milieu hospitalier exacerbe les effets de la maladie aiguë et les modifications liées au vieillissement des fonctions mentales. Par exemple, les patients âgés qui n’ont pas leurs lunettes et leurs prothèses auditives peuvent être désorientés dans une chambre d’hôpital calme et faiblement éclairée. Les patients peuvent également être rendus confus par les procédures, les horaires hospitaliers (p. ex., réveils fréquents dans la chambre et milieu étranger), les effets des médicaments psychotropes et le stress de la chirurgie ou d'une maladie. En unité de soins intensifs, la lumière et le bruit constants peuvent induire une agitation, des idéations paranoïaques et un épuisement mental et physique.

Prévention

On peut demander aux membres de la famille d'apporter les lunettes et les prothèses auditives manquantes. Placer une horloge murale, un calendrier et des photos de famille dans la chambre peut faciliter la conservation de la faculté d'orientation chez ces patients. La pièce doit être suffisamment bien éclairée pour permettre aux patients de reconnaître quoi et qui est dans leur chambre et où ils se trouvent. À chaque occasion, les membres du personnel et la famille doivent rappeler aux patients l'heure et le lieu. Les procédures doivent être expliquées avant et comment elles sont effectuées.

Le recours à la force est déconseillé. Chez les patients agités, le recours à la force augmente immanquablement le niveau d'agitation. Identifier et modifier les facteurs de risque d'agitation et surveiller de près les patients peuvent l'éviter ou la minimiser.

Ulcères de pression

Les escarres se développent souvent chez les patients âgés hospitalisés en raison des modifications liées au vieillissement de la peau. La pression directe peut provoquer une nécrose cutanée en moins de 2 h si la pression est supérieure à la pression de perfusion capillaire de 32 mmHg. Lors d'une consultation aux urgences, des ulcères de pression peuvent se développer lorsque les patients âgés sont couchés sur un lit dur en attente d'être examinés. Après de courtes périodes d'immobilisation, des pressions au niveau de la région sacrée atteignent 70 mmHg et la pression exercée au niveau du talon non surévelé avoisine 45 mmHg. Les forces de cisaillement surviennent lorsque les patients se trouvant dans des fauteuils roulants ou redressés dans le lit glissent vers le bas. L’incontinence, la sous-alimentation et les maladies chroniques peuvent contribuer au développement d’ulcères de pression.

Prévention

Un protocole visant à éviter et traiter les ulcères de pression doit être commencé immédiatement, à l'admission ( Escarres : Prévention). Il doit être suivi quotidiennement par l'infirmière de médecine générale du patient et revu au moins chaque semaine par une équipe interdisciplinaire. Les ulcères de pression peuvent représenter la seule raison pour laquelle les patients sont dirigés vers au centre de long séjour plutôt qu’un médecin de ville.

Dénutrition

À l’hôpital, les personnes âgées peuvent devenir rapidement sous-alimentées ou être sous-alimentées lors de leur admission. Une hospitalisation prolongée exacerbe les problèmes préexistants et aboutit souvent à une perte nutritionnelle significative. La dénutrition est particulièrement grave chez les patients hospitalisés parce qu’elle les rend moins aptes à lutter contre les infections, à maintenir une intégrité cutanée et à participer à la rééducation; les plaies chirurgicales peuvent ne pas bien guérir.

L'hospitalisation contribue à la dénutrition de plusieurs façons:

  • Des repas rigoureusement planifiés, la prise de médicaments et des modifications dans l’environnement peuvent affecter l’appétit et l’apport nutritionnel.

  • Les aliments proposés à l’hôpital et les régimes thérapeutiques (p. ex., régimes à faible teneur en sel) ne sont pas familiers et souvent peu appétissants.

  • Manger dans un lit d’hôpital avec un chariot est difficile, en particulier lorsque les barrières et les dimensions du lit limitent les mouvements.

  • Les patients âgés peuvent avoir besoin d’aide pour manger; l’aide peut être lente à venir, d'où des aliments froids, encore moins appétissants.

  • Les personnes âgées peuvent ne pas boire d’eau en quantité suffisante, parce que leur perception de la soif est diminuée et/ou parce que l’eau est difficilement accessible ou les deux; une déshydratation sévère peut se développer (entraînant parfois stupeur et confusion).

  • Les prothèses peuvent être laissées à la maison ou égarées, rendant difficiles la mastication; l’étiquetage des prothèses permet d’éviter qu'elles soient perdues ou jetées avec le plateau de nourriture.

Prévention

Les patients qui présentent anomalies nutritionnelles préexistantes doivent être identifiés lorsqu'ils sont admis et d'être traités de manière appropriée. Les médecins et les membres du personnel doivent anticiper les carences nutritionnelles chez les patients âgés.

Les mesures suivantes peuvent être utiles:

  • Annuler les commandes alimentaires restrictives dès que possible

  • Contrôler l'alimentation chaque jour

  • S'entretenir avec les patients et les membres de la famille sur les préférences alimentaires et tenter d'adapter un régime raisonnable spécifique à chaque patient

  • Encourager les membres de la famille à se joindre au patient au moment des repas parce que les sujets mangent plus quand ils mangent avec les autres

  • S'assurer que les patients sont nourris de façon adéquate, à tout moment (p. ex., nutrition parentérale ou par gavage gastro-intestinal temporaire ou permanente chez les patients trop malades pour avaler)

  • Donner des directives explicites sur la boisson (p. ex., en fournissant un pichet d’eau fraîche au lit du malade ou facilement accessible ou d’autres liquides sauf si la quantité de liquides est limitée; conseiller les membres de la famille, les amis et les membres du personnel pour proposer régulièrement au patient de boire)

Planification des sorties et des transferts

Une planification précoce et efficace de la sortie de l'hôpital a de nombreux avantages:

  • Raccourcissement de la durée d'hospitalisation

  • Réduit la probabilité de réhospitalisation

  • Identifie les alternatives de soins moins onéreuses

  • Facilite l'installation des équipements (p. ex., lit d'hôpital, O2) chez le patient à domicile

  • Augmente la satisfaction des patients

  • Éventuellement prévient le placement en centre de long séjour

Dès qu'un patient est admis, tous les membres de l'équipe interdisciplinaire commencent à planifier la sortie. Un assistant social ou un coordonnateur de la planification de la sortie évaluent les besoins du patient au cours des 24 h suivant l'admission. Les infirmières aident les médecins à déterminer le moment auquel la sortie est à risque minimal et quel milieu est le plus approprié.

À domicile

Les patients autorisés à rentrer dans leur domicile demandent des instructions détaillées sur les soins de suivi, et les membres de la famille ou autre personnel soignant peuvent avoir besoin d'une formation aux soins. Lorsque les patients et les membres de la famille ne savent pas comment administrer les médicaments, appliquer le traitement et surveiller la guérison, des résultats négatifs et une réadmission sont plus fréquents. Poser par écrit les rendez-vous et les horaires de prise médicamenteuse permet de fournir un guide aux patients et aux membres de la famille. Au moment de la sortie, une copie du résumé de sortie doit être donnée aux patients ou aux membres de la famille s'ils ont des questions au sujet des soins avant que le médecin généraliste ne reçoive le résumé officiel de sortie.

Vers d'autres établissements de soins

Quand un patient quitte l'hôpital pour un centre de long séjour ou un autre établissement, un résumé écrit doit être remis au patient pour remise au centre de long séjour et une copie doit être faxée à l'établissement de soins d'accueil. Le résumé doit comprendre une information complète, et précise sur ce qui suit:

  • L'état mental et fonctionnel du patient

  • L'heure et la date à laquelle le patient a reçu ses derniers médicaments

  • La liste des médicaments en cours et leur posologie

  • Les allergies connues

  • Des directives anticipées, y compris vis-à-vis d'une éventuelle réanimation

  • Les coordonnées de la famille et le soutien qu'elle peut apporter

  • Les rendez-vous et tests de suivi

  • Les noms et numéros de téléphone d'une infirmière et d'un médecin qui peut fournir des informations supplémentaires

Une copie écrite de l'anamnèse médicale et sociale du patient doit accompagner le patient pendant le transfert et peut être envoyée par fax à l'établissement destinataire pour s'assurer de l'absence de rupture de la chaîne de l'information.

Une communication efficace entre les membres du personnel des établissements de soins aide à garantir la continuité des soins. Par exemple, l'infirmière du patient peut appeler l'établissement d'accueil pour examiner les renseignements peu de temps avant le transfert et appeler l'infirmière qui va s'occuper du patient après sa sortie.

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