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Hypertension pendant la grossesse

Par Lara A. Friel, MD, PhD, Associate Professor, Maternal-Fetal Medicine Division, Department of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Sciences, University of Texas Health Medical School at Houston, McGovern Medical School

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L'HTA (PA systolique ≥ 140 mmHg et/ou PA diastolique ≥ 90 mmHg) pendant la grossesse peut être classée selon les catégories suivantes:

  • Chronique: l’HTA chronique est une PA élevée avant la grossesse ou avant 20 semaines de gestation. L’HTA chronique complique près d’1 à 5% des grossesses.

  • Gestationnel: l’HTA se manifeste après la 20e semaine de grossesse (typiquement après 37 semaines) et disparaît à la 6e semaine du post-partum; elle est présente dans environ 5 à 10% des grossesses, plus souvent en cas de grossesse multiple.

Les 2 types d'HTA augmentent le risque de pré-éclampsie, d'éclampsie ( Pré-éclampsie et éclampsie) et d’autres complications à l’origine d’une mortalité ou morbidité maternelle élevée, dont l’encéphalopathie hypertensive, les accidents vasculaires cérébraux, l’insuffisance rénale, l’insuffisance ventriculaire gauche et le syndrome HELLP (hemolysis, elevated liver enzymes, and low platelet count; pour hémolyse, enzymes hépatiques élevées et plaquettes basses). La mortalité ou la morbidité fœtale augmente du fait d'une diminution du flux sanguin utéro-placentaire, qui entraîne un vasospasme, une restriction de la croissance, une hypoxie et parfois un décollement placentaire. Les conséquences sont graves si l'HTA est sévère (PA > 160/110 mmHg) ou est accompagnée d'insuffisance rénale (p. ex., clairance de la créatinine < 60 mL/min, créatininémie > 2 mg/dL [> 180 μmol/L]).

Diagnostic

  • Tests pour exclure d'autres causes d'hypertension

La PA doit être systématiquement mesurée lors des consultations prénatales. Si une HTA sévère apparaît pour la première fois chez une femme enceinte qui ne présente pas une grossesse multiple ou de maladie trophoblastique gestationnelle, des tests pour éliminer d'autres causes d'HTA (p. ex., sténose des artères rénales, coarctation de l'aorte, syndrome de Cushing, lupus érythémateux disséminé ou phéochromocytome) doivent être envisagés ( Revue générale de l'HTA : Examens complémentaires).

Traitement

  • Pour l'HTA légère, des mesures conservatrices suivies de la prescription d'antihypertenseurs, si besoin

  • Méthyldopa, β-bloqueurs ou inhibiteurs calciques essayés en premier

  • Éviter la prise d'inhibiteurs de l'ECA, de bloqueurs des récepteurs de l'angiotensine II et d'antagonistes de l'aldostérone

  • Dans l'HTA modérée ou sévère, un traitement antihypertenseur, une surveillance étroite, et, si le problème s'aggrave, éventuellement interruption de grossesse ou accouchement, selon l'âge gestationnel

Le traitement de l’HTA légère à modérée sans insuffisance rénale au cours de la grossesse est controversé; les questions sont de savoir si le traitement améliore les résultats et si les risques d’un traitement médicament l'emportent sur les risques de maladie non traitée. La circulation utéroplacentaire est dilatée à son maximum et ne peut pas s'autoréguler. Une réduction de la PA maternelle par médicaments peut donc fortement diminuer le flux sanguin utéroplacentaire. Les diurétiques réduisent le volume sanguin circulant maternel; la réduction constante de ce volume augmente le risque de retard de croissance fœtale. Cependant, l'HTA avec insuffisance rénale est traitée, même si l'HTA est légère ou modérée.

Les recommandations pour l'HTA chronique et le diabète gestationnel sont similaires et dépendent de la sévérité. Cependant, une hypertension chronique peut être plus sévère. En cas d'hypertension gestationnelle, les augmentations de la PA ne se produisent souvent qu'à la fin de la gestation et peuvent ne pas nécessiter de traitement.

En cas d'HTA légère à modérée (PA systolique 140 à 159 mmHg ou PA diastolique 90 à 109 mmHg) avec labilité tensionnelle, une baisse de l'activité physique peut diminuer la PA et améliorer la croissance fœtale, rendant les risques périnataux semblables à ceux des femmes non hypertendues. Cependant, si ces mesures conservatrices ne diminuent pas la PA, un traitement médicamenteux est indiqué selon de nombreux experts. Les femmes traitées par le méthyldopa, un β-bloqueur, un inhibiteur calcique ou une association de ces médicaments avant la grossesse peuvent continuer ces traitements. Cependant, les inhibiteurs de l'ECA et les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine doivent être arrêtés une fois la grossesse confirmée.

Dans le cas d'une hypertension sévère (PA systolique ≥ 160 mmHg ou PA diastolique ≥ 110 mmHg), un traitement médicamenteux est indiqué. Le risque de complications, à la fois maternelles (retentissement viscéral, pré-éclampsie) et fœtales (prématurité, retard de croissance intra-utérin, mort fœtale tardive), est augmenté de manière significative. Plusieurs antihypertenseurs peuvent être nécessaires.

En cas de PA systolique > 180 mmHg ou une PA diastolique > 110 mmHg, un bilan immédiat est nécessaire. Plusieurs médicaments sont souvent nécessaires. De plus, une hospitalisation est également souvent nécessaire pour une grande partie de la fin de grossesse. Si l'état de la femme s'aggrave, l'interruption de la grossesse peut être recommandée.

Toutes les femmes qui souffrent d'hypertension chronique pendant la grossesse doivent apprendre à auto-contrôler leur PA, et doivent être évalués à la recherche de lésions des organes cibles. Le bilan, effectué initialement et périodiquement par la suite, comprend

  • Créatinine, électrolytes, et taux d'acide urique sérique

  • Bilan hépatique

  • Numération des plaquettes

  • Dosage des protéines urinaires

  • Habituellement fond d'œil

Une échocardiographie maternelle doit être envisagée que si la femme a présenté une hypertension pendant > 4 ans. L'échographie est effectuée mensuellement pour surveiller la croissance du fœtus; le dépistage prénatal commence à 32 semaines ou, si des complications se développent, plus tôt. L’accouchement doit avoir lieu de la 37e à la 39e semaine de grossesse, mais il peut être déclenché plus tôt lorsqu’une pré-éclampsie ou un retard de croissance intra-utérin sont détectés ou lorsque le test de fréquence cardiaque fœtale n’est pas rassurant.

Médicaments

Les médicaments de première intention pour traiter une HTA sont

  • Méthyldopa

  • β-Bloqueurs

  • Inhibiteurs calciques

La posologie initiale en méthyldopa est de 250 mg po bid, augmentée selon les besoins à un total de 2 g/jour, à moins que ne surviennent une somnolence excessive, une dépression ou une hypotension orthostatique symptomatique.

Le β-bloqueur le plus souvent utilisé est le labétalol (un β-bloqueur avec des effets α1-bloqueurs), qui peut être utilisé seul ou avec de la méthyldopa lorsque la posologie journalière maximale de méthyldopa a été atteinte. La dose habituelle de labétalol est de 100 mg bid à tid, augmentée si besoin pour une dose quotidienne totale maximale de 2400 mg. Les effets indésirables des β-bloqueurs peuvent être une augmentation du risque de retard de croissance intra-utérin, une diminution des niveaux énergétiques maternels et une dépression maternelle.

Les inhibiteurs calciques, de la nifédipine à libération prolongée, un inhibiteur calcique, peuvent être utilisés, car ils sont administrés 1 fois/jour (dose initiale de 30 mg; dose maximale quotidienne de 120 mg); les effets indésirables comprennent des céphalées et un œdème prétibial. Les diurétiques thiazidiques ne sont utilisés que pour traiter l'hypertension chronique pendant la grossesse si le bénéfice potentiel est supérieur au risque potentiel pour le fœtus. La dose peut être ajustée pour minimiser les effets indésirables tels que l'hypokaliémie.

Plusieurs classes de médicaments antihypertenseurs sont généralement évitées pendant la grossesse:

  • Les inhibiteurs de l'ECA sont contre-indiqués du fait d'un risque accru d'anomalies des voies urinaires fœtales.

  • Les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA) sont contre-indiqués car ils augmentent le risque de dysfonction rénale fœtale, d'hypoplasie pulmonaire, de malformations squelettiques, et de mort.

  • Les antagonistes de l'aldostérone (spironolactone et éplérénone) doivent également être évités car ils peuvent provoquer une féminisation d'un fœtus mâle.

Points clés

  • L'HTA chronique et gestationelle augmentent le risque de pré-éclampsie, d'éclampsie et d’autres causes de mortalité ou de morbidité maternelle (p. ex., encéphalopathie hypertensive, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance rénale, insuffisance ventriculaire gauche, syndrome HELLP [hemolysis, elevated liver enzymes, and low platelet count]) et d'insuffisance utéroplacentaire.

  • Rechercher d'autres causes d'hypertension si une hypertension grave se produit pour la première fois chez une femme enceinte qui n'a pas eu de grossesse multiple ou de maladie trophoblastique gestationnelle.

  • Si un traitement médicamenteux est nécessaire (p. ex., PA > 150/100 mmHg), commencer par la méthyldopa, un β-bloqueur, ou un inhibiteur calcique.

  • Ne pas utiliser des inhibiteurs de l'ECA, les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA), ou les antagonistes de l'aldostérone.

  • Envisager une hospitalisation ou une interruption de grossesse si la PA est > 180/110 mmHg.