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Médicaments pendant la grossesse

Par Ravindu Gunatilake, MD, Director of Clinical Perinatal Medicine, Director of Obstetrical Research, Valley Perinatal Services ; Avinash S. Patil, MD, Director, Center for Personalized Obstetric Medicine, Valley Perinatal Services, Phoenix

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Des médicaments sont utilisés dans plus de la moitié de toutes les grossesses et cette prévalence est en hausse. Les médicaments le plus souvent utilisés sont les anti-émétiques, les anti-acides, les antihistaminiques, les antalgiques, les antimicrobiens, les tranquillisants, les hypnotiques, les diurétiques et les médicaments illicites et inoffensifs. Malgré cette tendance, les lignes directrices solides fondées sur des données probantes d'utilisation de médicaments pendant la grossesse font encore défaut.

Informations réglementaires sur la sécurité des médicaments pendant la grossesse

Jusqu'à récemment, la FDA a classé les médicaments en vente libre en 5 catégories selon le risque induit par une prise pendant la grossesse (A, B, C, D, X). Cependant, peu d'études approfondies ont été entreprises sur l'utilisation des médicaments chez la femme enceinte. La plupart des informations concernant la sécurité des médicaments pendant la grossesse sont tirées d'expériences sur des animaux et d'études non contrôlées et de rapports de pharmacovigilance. Par conséquent, le système de classification de la FDA a conduit à la confusion et à des difficultés pour appliquer les informations disponibles aux décisions cliniques. En décembre 2014, la FDA a répondu en exigeant que les catégories de grossesse A, B, C, D et X soient retirées de l'étiquetage de tous les médicaments.

Au lieu de catégories, la FDA exige à présent que l'étiquetage fournisse des informations sur le médicament spécifique dans un format cohérent (appelé the final rule; pour plus d'informations, voir the FDA's announcement).

Les informations requises par la FDA comportent 3 sections:

  • Grossesse: les informations relatives à l'utilisation du médicament chez les femmes enceintes (p. ex., dosage, risques fœtaux) et les informations sur l'existence d'un registre qui recueille et conserve des données les effets sur les femmes enceintes

  • Allaitement: informations sur l'utilisation du médicament pendant l'allaitement (p. ex., la quantité de médicament passant dans le lait maternel, les effets potentiels sur l'enfant allaité)

  • Hommes et femmes en âge de procréer: informations sur les tests de grossesse, la contraception et l'infertilité pour ce qui a trait au médicament

Les sous-sections grossesse et allaitement comprennent chacune 3 sous-rubriques (résumé des risques, considérations cliniques et données), qui fournissent plus de détails.

Effets des médicaments pendant la grossesse

Pendant la grossesse, une prescription médicamenteuse est souvent nécessaire pour le traitement de certaines pathologies. En général, lorsque le bénéfice potentiel est supérieur aux risques connus, les médicaments peuvent être envisagés dans le traitement des troubles au cours de la grossesse.

Les médicaments ne traversent pas tous la barrière placentaire pour atteindre le fœtus. Les médicaments qui traversent le placenta peuvent avoir un effet toxique direct ou un effet tératogène. Les médicaments qui ne traversent pas le placenta peuvent cependant nuire au fœtus par

  • Constriction des vaisseaux placentaires qui réduit les échanges gazeux et de nutriments

  • Production d'une hypertonie sévère de l'utérus qui entraîne des blessures anoxiques

  • Modification de la physiologie maternelle (p. ex., cause d'hypotension)

Pour une liste de médicaments ayant des effets indésirables pendant la grossesse, Certains médicaments ayant des effets indésirables pendant la grossesse.

Les médicaments diffusent à travers la barrière placentaire de la même manière qu'à travers d'autres barrières épithéliales ( Absorption des médicaments). S'il y a passage de la barrière placentaire, la rapidité de ce processus dépend du poids moléculaire du médicament, de sa capacité à se fixer à d'autres substances (p. ex., protéine de transport), de la surface d'échange disponible au niveau des villosités placentaires et de la quantité de médicaments métabolisés par le placenta. La plupart des médicaments ayant un poids moléculaire < 500 daltons traversent facilement la barrière placentaire et passent dans la circulation fœtale. Les substances de poids moléculaire élevé (p. ex., médicaments fixés aux protéines) ne traversent habituellement pas le placenta. Une exception est représentée par les IgG, parfois utilisées pour traiter des pathologies telles que la thrombopénie allo-immune fœtale. Généralement, l'état d'équilibre des concentrations entre le sang maternel et les tissus fœtaux prend au moins 30 à 60 min.

Les effets d'un médicament sur le fœtus dépendent de l'âge du fœtus lors de l'exposition, de l'efficacité du médicament et de sa concentration. L'âge du fœtus affecte le type d'effet du médicament:

  • Avant le 20e jour après la fécondation: les médicaments administrés au cours de cette période ont souvent un effet de " tout ou rien ", tuant l’embryon ou ne le lésant pas du tout. À ce stade, il y a peu de risque tératogène.

  • Pendant l'organogénèse (entre 20 et 56 jours après la conception): une tératogenèse est très probable à ce stade. Les médicaments qui atteignent l'embryon à ce stade peuvent entraîner un avortement spontané, un défaut anatomique sublétal (véritable effet tératogène), ou une embryopathie dissimulée (une anomalie fonctionnelle ou métabolique discrète et permanente qui peut se manifester plus tard dans la vie), ou les médicaments peuvent n'avoir aucun effet mesurable.

  • Après l’organogenèse (au cours des 2e et 3e trimestres): un effet tératogène est inhabituel, mais les médicaments peuvent modifier le développement et les fonctions des tissus fœtaux normalement constitués. Étant donné que le métabolisme placentaire augmente, les doses doivent être augmentées pour qu'une toxicité fœtale se produise.

Malgré les craintes concernant leurs effets indésirables, l’exposition aux médicaments n’est responsable que de 2 à 3% de toutes les malformations fœtales congénitales; la majeure partie des malformations résulte de causes génétiques, environnementales, ou inconnues.

Certains médicaments ayant des effets indésirables pendant la grossesse

Exemples

Effets indésirables

Commentaires

Antibactériens

Aminosides

Ototoxicité (p. ex., lésions labyrinthiques fœtales), aboutissant à une surdité

Chloramphénicol

Syndrome du bébé gris

Chez la femme ou le fœtus qui ont un déficit en G6PD, hémolyse

Fluoroquinolones

Possibilité d'arthralgies; théoriquement, troubles musculo-squelettiques (p. ex., trouble de la croissance osseuse), mais aucune preuve de cet effet

Nitrofurantoïne

Chez la femme ou le fœtus qui ont un déficit en G6PD, hémolyse

Contre-indiquée au cours du 1er trimestre, à terme (38 à 42 semaines), pendant le travail et l'accouchement et juste avant le début du travail

Primaquine

Chez la femme ou le fœtus qui ont un déficit en G6PD, hémolyse

Streptomycine

Ototoxicité

Sulfamides (sauf la sulfasalazine, qui a le risque fœtal minimal)

Lorsque les médicaments sont administrés après environ 34 semaines de gestation, ictère néonatal et, en l'absence de traitement, ictère nucléaire

Chez la femme ou le fœtus qui ont un déficit en G6PD, hémolyse

Tétracycline

Ralentissement de la croissance osseuse, hypoplasie de l'émail, jaunissement permanent des dents et augmentation des risques de caries pour les descendants

Parfois, insuffisance hépatique chez la femme enceinte

Triméthoprime

La supplémentation en acide folique aide à réduire le risque d'anomalies du tube neural et doit être réalisée

Anticoagulants

Héparine de bas poids moléculaire

Thrombopénie et hémorragie maternelle

Compatible avec la grossesse

Héparine non fractionnée

Thrombopénie et hémorragie maternelle

Warfarine

Lorsque la warfarine est administrée au cours du 1er trimestre, risque élevé d'embryopathie à la warfarine (p. ex., hypoplasie nasale, anomalie de la croissance osseuse, atrophie optique bilatérale, divers degrés de handicap intellectuel)

Lorsque le médicament est administré pendant le 2e ou le 3e trimestre, il peut en résulter une atrophie optique, une cataracte, un handicap intellectuel, une microcéphalie, une microphtalmie et une hémorragie fœtale et maternelle

Absolument contre-indiqué au cours du 1er trimestre de la grossesse

Anticonvulsivants

Carbamazépine

Syndrome hémorragique du nouveau-né

Quelques risques de malformation congénitale dont des anomalies du tube neural

Lamotrigine

Aucune augmentation appréciable du risque avec des doses allant jusqu'à 600 mg/jour

Compatible avec la grossesse

Lévétiracétam

Malformations squelettiques mineures dans des études animales, mais aucune augmentation appréciable du risque chez l'humain

Compatible avec la grossesse

Phénobarbital

Syndrome hémorragique du nouveau-né

Quelques risques de malformation congénitale

Phénylhydantoïne

Malformations congénitales (p. ex., fente labiale, anomalies génito-urinaires telles que l'hypospadias, les cardiopathies

Syndrome hémorragique du nouveau-né

Risque persistant de malformations congénitales malgré la supplémentation en acide folique

Triméthadione

Risque élevé de malformations congénitales (p. ex., fente palatine; anomalies cardiaques, cranio-faciales, de la main, et abdominales) et risque de fausse couche spontanée

Presque toujours contre-indiqués pendant la grossesse

Valproate

Malformations congénitales majeures (p. ex., anomalies du tube neural comme le myéloméningocèle; malformations cardiaques, cranio-faciales, et des membres)

Risque persistant de malformations congénitales malgré la supplémentation en acide folique

Antidépresseurs

Bupropion

Données contradictoires quant aux risques de malformation congénitale en cas d'exposition au cours du premier trimestre

Dosage affecté par l'insuffisance hépatique ou rénale

Citalopram

Lorsque le citalopram est administré au cours du 1er trimestre, augmentation du risque de malformations congénitales (en particulier cardiaques)

Lorsque le médicament est administré au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage et hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Escitalopram

Lorsque l'escitalopram est administré au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage et hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Fluoxétine

Lorsque la fluoxétine est administrée au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage et hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né

Demi-vie longue; interactions médicamenteuses pouvant intervenir des semaines après l'arrêt du médicament

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Paroxétine

Lorsque la paroxétine est administrée au cours du 1er trimestre, augmentation du risque de malformations congénitales (en particulier cardiaques)

Lorsque le médicament est administré au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage et hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né

Utilisation pendant la grossesse non recommandée par certains experts*

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Sertraline

Lorsque la sertraline est administrée au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage et hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Venlafaxine

Lorsque la venlafaxine est administrée au cours du 3e trimestre, syndrome de sevrage

Une insuffisance hépatique ou rénale modifie le dosage de façon importante

Envisager de diminuer la dose au cours du 3e trimestre, après avis d'un spécialiste de santé mentale

Antiémétiques

Doxylamine et pyridoxine (vitamine B6)

Aucun élément en faveur de risque accru de malformations congénitales

Ondansétron

Aucun risque tératogène significatif dans les études animales

Lorsque l'ondansétron est administré au cours du 1er trimestre, risque éventuel de maladie congénitale cardiaque (les preuves sont faibles)

Utilisé pendant la grossesse uniquement pour l'hyperémèse lorsque les autres traitements sont inefficaces

Prométhazine

Aucun risque tératogène significatif dans les études animales

En général, aucun risque accru de malformations congénitales

Peut-être diminution de l'agrégation plaquettaire chez les nouveau-nés

Antimycosiques

Amphotéricine B

Aucun risque tératogène significatif dans les études animales

Surveillance recommandée pour les toxicités systémiques (déséquilibre électrolytique, dysfonctionnement rénal) chez la mère

Fluconazole

Tératogène à des doses élevées dans les études animales

Aucune apparente augmentation du risque de malformations congénitales après une dose unique de 150 mg/jour

Après des doses plus élevées (> 400 mg/jour) prises pendant la plupart ou tout le 1er trimestre de grossesse, risque accru de malformations diverses

Miconazole

En cas d'utilisation po, effets indésirables dans les études animales

Lorsqu'il est appliqué sur la peau, pas de risque significatif de malformation congénitale

Ne pas utiliser en intravaginal au cours du 1er trimestre, sauf si essentiel pour le bien-être de la mère

Terconazole

Effets indésirables dans les études animales

Pas de risque significatif de malformation congénitale

Ne pas utiliser en intravaginal pendant le 1er trimestre, à moins que l'effet bénéfique pour la mère ne l'emporte sur le risque pour le fœtus

Médicament antihistaminique/anticholinergique

Méclizine

Tératogène chez les rongeurs, mais aucune preuve de cet effet chez l'homme

Antihypertenseurs

Lorsque les médicaments sont administrés au cours du 2e ou 3e trimestre, ils peuvent être responsables d'un défaut d'ossification des os du crâne, d'une hypoperfusion fœtale (pouvant être responsable de malformations rénales), d'insuffisance rénale et de séquence oligohydramnios (oligohydramnios, déformations craniofaciales, arthrogrypose et hypoplasie pulmonaire)

Bêtabloqueurs

Bradycardie fœtale, hypoglycémie et possible retard de croissance intra-utérin et de prématurité

Inhibiteurs calciques

Lorsque les médicaments sont administrés au cours du 1er trimestre de la grossesse, difformités phalangiennes possibles

Lorsque les médicaments sont administrés au cours des 2e ou 3e trimestres, retard de croissance fœtale

Diurétiques thiazidiques

Empêchent l'expansion normale du volume plasmatique maternel, réduisent la perfusion placentaire et contribuent à l'apparition d'un retard de croissance intra-utérin

Hyponatrémie néonatale, hypokaliémie et thrombopénie

Médicaments anticancéreux

Actinomycine

Tératogène chez l'animal, mais pas de preuves de cet effet chez l'homme

Busulfan

Malformations congénitales (p. ex., retard de croissance intra-utérin, hypoplasie mandibulaire, fente palatine, dysostose crânienne, anomalie rachidienne, de l'oreille, pied bot)

Chlorambucil

Mêmes que celles du busulfan

Colchicine

Malformations congénitales et possibles anomalies des spermatozoïdes

Cyclophosphamide

Mêmes que celles du busulfan

Doxorubicine

Tératogène chez l'animal et l'être humain

Éventualité de dysfonctionnement cardiaque dose dépendant

L'utilisation pendant la grossesse n'est pas recommandée

Une contraception efficace est recommandée pendant la grossesse et 6 mois après le traitement du partenaire masculin ou féminin

Mercaptopurine

Mêmes que celles du busulfan

Méthotrexate

Mêmes que celles du busulfan

Contre-indiqués pendant la grossesse.

Contraception efficace recommandée pendant 8 semaines après la dernière dose

Vinblastine

Tératogène chez l'animal, mais pas de preuves de cet effet chez l'homme

Vincristine

Tératogène chez l'animal, mais pas de preuves de cet effet chez l'homme

Antipsychotiques et stabilisateurs de l'humeur

Halopéridol

Effets indésirables dans les études animales

Lorsque l'halopéridol est administré au cours du 1er trimestre de la grossesse, malformations des membres possibles

Lorsque l'halopéridol est administré au cours du 3e trimestre, risque accru de symptômes extrapyramidaux ou de symptômes de sevrage chez le nouveau-né

Lurasidone

Aucune preuve d'effets indésirables dans les études animales

Lorsque la lurasidone est administrée au cours du 3e trimestre, risque accru de symptômes extrapyramidaux ou de symptômes de sevrage chez le nouveau-né

Lithium

Effets indésirables dans les études animales

Lorsque le lithium est administré au cours du 1er trimestre de la grossesse, tératogène (malformations cardiaques)

Lorsque le lithium est administré au cours de la grossesse, léthargie, hypotonie, prise alimentaire insuffisante, hypothyroïdie, goitre et diabète insipide néphrogénique chez le nouveau-né

Olanzapine

Effets indésirables dans les études animales

Lorsque l'olanzapine est administrée au cours du 3ème trimestre, risque accru de symptômes extrapyramidaux ou de symptômes de sevrage chez le nouveau-né

Rispéridone

Effets indésirables dans les études animales

En se basant sur des données limitées, aucun risque tétratogénique

Lorsque la rispéridone est administrée au cours du 3e trimestre, risque accru de symptômes extrapyramidaux ou de symptômes de sevrage chez le nouveau-né

Anxiolytiques

Benzodiazépines

Quand les benzodiazépines sont administrées en fin de grossesse, une dépression respiratoire ou un syndrome de sevrage néonatal pouvant provoquer une irritabilité néonatale, tremblements et hyperréflexie

Hypoglycémiants (oraux)

Chlorpropamide

Hypoglycémie néonatale

Glyburide

Hypoglycémie néonatale

Metformin

Hypoglycémie néonatale

Tolbutamide

Hypoglycémie néonatale

AINS

Aspirine et autres salicylates

Ictère nucléaire fœtal

Avec des doses élevées, possibilité d'avortement spontanés au cours du premier trimestre, de déclenchement tardif du travail, de fermeture prématurée du canal artériel, d'ictère, parfois d'hémorragie néonatale et/ou maternelle (pendant ou après l'accouchement), d'entérocolite nécrosante et d'oligohydramnios.

Avec de faibles doses (81 mg) d'aspirine, pas de risque tératogène significatif

AINS non salicylates

Mêmes que les AINS salicylés

Contre-indiqué au 3e trimestre

Opiacés et agonistes partiels

Buprénorphine

Effets indésirables, mais pas de tératogénicité dans les études animales

Risque d'un syndrome de sevrage opiacé néonatal (syndrome d'abstinence néonatale)

Amélioration de l'évolution des fœtus par rapport à ceux pour lesquels les femmes enceintes utilisent des substances illicites

Codéine

Hydrocodone

Hydromorphone

Mépéridine

Morphine

Chez le nouveau-né de femmes qui ont une addiction aux opiacés, symptômes de sevrage pouvant se produire 6 h à 8 jours après la naissance

Si de fortes doses ont été administrées dans l'heure précédant l'accouchement, éventuellement dépression du SNC et bradycardie néonatale

Méthadone

Effets indésirables dans les études animales

Effets spécifiques de la méthadone chez les femmes enceintes éventuellement difficiles à différencier des effets des médicaments concomitants (p. ex., les drogues illicites)

Risque de syndrome de sevrage néonatal des opiacés

Amélioration de l'évolution des fœtus par rapport à ceux pour lesquels les femmes enceintes utilisent des substances illicites

Nécessité éventuelle d'analgésiques à action rapide de courte durée pour compléter le traitement d'entretien pendant le travail et l'accouchement

Rétinoïdes

Isotrétinoïne

Risque tétratogène élevé (p. ex., multiples malformations congénitales), fausse couche spontanée, et handicap intellectuel

Contre-indiqué pendant la grossesse et chez la femme susceptible d'être enceinte

Hormones sexuelles

Danazol

Lorsque ces médicaments sont administrés au cours des 14 premières semaines, masculinisation des organes génitaux d'un fœtus féminin (p. ex., pseudohermaphrodisme)

Contre-indiqués pendant la grossesse.

Progestatifs de synthèse (mais pas les faibles doses utilisées dans les contraceptifs oraux)

Mêmes que celles du danazol

Contre-indiqués pendant la grossesse.

Médicaments thyroïdiens

Methimazole

Goître fœtal et les malformations néonatales du cuir chevelu (aplasie du scalp)

Doit être évité au cours du 1er trimestre de la grossesse

Propylthiouracile

Goitre fœtal et hépatotoxicité maternelle et agranulocytose

Iode radioactif (131I)

Destruction de la glande thyroïde du fœtus ou, lorsque le médicament est administré vers la fin du 1er trimestre, grave hyperthyroïdie fœtale

Contre-indiqués pendant la grossesse.

Solution saturée d'iodure de K

Volumineux goître fœtal, pouvant obstruer l'arbre respiratoire chez le nouveau-né

Triiodothyronine

Goitre fœtal

Vaccins

Vaccins à virus vivants atténués généralement utilisés comprennent la rougeole, les oreillons, la rubéole, la poliomyélite, la varicelle et la fièvre jaune

Avec le vaccin contre la rubéole et de la varicelle, infection potentielle du placenta et fœtus en développement

Avec les autres vaccins, risques potentiels mais inconnus

Non administrés chez la femme enceinte ou susceptible de l'être.

Autres

Corticostéroïdes

Lorsque ces médicaments sont utilisés au cours du 1er trimestre, éventuellement fentes orofaciales

Hydroxychloroquine

Aucune augmentation du risque aux doses habituelles

Loratadine

Hypospadias possible

Pseudoéphédrine

Vasoconstriction placentaire et le risque possible de gastroschisis

Vitamine K

Chez la femme ou le fœtus qui ont un déficit en G6PD, hémolyse

*The American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) recommande d'éviter l'utilisation de la paroxétine pendant la grossesse.

L'European Society for Medical Oncology (ESMO) a publié des lignes directrices pour le diagnostic, le traitement et le suivi du cancer pendant la grossesse. En général, si la chimiothérapie est indiquée, elle ne doit pas être administrée pendant le premier trimestre, mais peut débuter au cours du 2e trimestre; la dernière dose de chimiothérapie doit être administrée ≥ 3 semaines avant l'accouchement prévu, et la chimiothérapie ne doit pas être administrée après 33 semaines de gestation.

G6PD = glucose-6-phosphate déshydrogénase.

Vaccins au cours de la grossesse

La vaccination est aussi efficace chez la femme enceinte qu'en dehors de la grossesse.

Le vaccin antigrippal est recommandé chez toutes les femmes enceintes dans leur 2e ou 3e trimestre pendant la saison de la grippe.

Les autres vaccins doivent être réservés pour des situations où la femme ou le fœtus sont exposés à de haut risque d'infection et lorsque les risques d'effets indésirables du vaccin sont faibles. Les vaccinations contre le choléra, les hépatites A et B, la rougeole, les oreillons, la peste, la poliomyélite, la rage, le tétanos et la diphtérie, la typhoïde et la fièvre jaune peuvent être administrées pendant la grossesse si le risque d'infection est substantiel.

Les vaccins à virus vivants ne doivent pas être administrés chez la femme enceinte ou qui est susceptible de l'être. Le vaccin contre la rubéole, constitué d'un virus vivant atténué, peut entraîner une infection placentaire et fœtale infraclinique. Cependant, aucune des anomalies constatées chez le nouveau-né n'a été attribuée au vaccin contre la rubéole et il ne faut pas conseiller à la femme vaccinée par mégarde en début de grossesse d'interrompre sa grossesse du seul fait du risque théorique du vaccin. Le vaccin contre la varicelle est également constitué d’un virus vivant atténué qui peut potentiellement affecter le fœtus; le risque est maximal entre 13 et 22 semaines de grossesse. Ce vaccin est contre-indiqué pendant la grossesse.

Vitamine A pendant la grossesse

Dans les quantités généralement présentes dans les préparations vitaminiques habituellement prescrites en période prénatale (5000 UI/jour), la vitamine A n’a pas été associée à un risque tératogène. Cependant, des doses > 10 000 UI/jour en début de grossesse peuvent augmenter le risque de malformations congénitales.

Antidépresseurs pendant la grossesse

Les antidépresseurs, notamment les inhibiteurs inbibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, sont couramment utilisés pendant la grossesse, car on estime que 7 à 23% des femmes enceintes souffrent de dépression périnatale. Les changements physiologiques et psychologiques de la grossesse peuvent affecter la dépression (éventuellement en l'aggravant) et réduire potentiellement la réponse aux antidépresseurs. Idéalement, une équipe multidisciplinaire qui comprend un obstétricien et un psychiatre doit gérer la dépression pendant la grossesse.

Les femmes enceintes qui prennent des antidépresseurs doivent être interrogés sur les symptômes dépressifs à chaque visite prénatale, et un test fœtal approprié doit être effectué. Les tests peuvent comprendre:

  • Une évaluation de l'anatomie fœtale au cours du 2e trimestre

  • Si une femme enceinte prend de la paroxétine, une échocardiographie pour évaluer le cœur du fœtus, car la paroxétine semble associée à une incidence accrue d'anomalies cardiaques congénitales

Le médecin doit envisager de réduire progressivement la dose de tous les antidépresseurs au cours du 3e trimestre pour réduire le risque de symptômes de sevrage chez le nouveau-né. Cependant, les avantages potentiels de la diminution doivent être comparés au risque de récidive des symptômes et de dépression post-partum. La dépression postpartum est fréquente, elle passe souvent inaperçue et elle doit être rapidement traitée. Des visites périodiques avec un psychiatre et/ou les travailleurs sociaux peuvent être utiles.

Drogues sociales et illicites pendant la grossesse

La cigarette est l'addiction la plus fréquente chez la femme enceinte. De plus, le pourcentage des fumeuses et des intoxications sévères semble être en augmentation. Seules 20% des fumeuses arrêtent pendant la grossesse. Le monoxyde de carbone et la nicotine des cigarettes entraînent une hypoxie et une vasoconstriction qui augmentent le risque de ce qui suit:

Le nouveau-né dont la mère fume court également un risque plus élevé d’anencéphalie, d’anomalie cardiaque congénitale de fentes labiopalatines, de syndrome de mort subite du nourrisson, de retard de croissance et psychomoteur et de troubles du comportement. Le sevrage tabagique ou la limitation de la consommation réduisent ces risques.

L'alcool est le plus consommé des tératogènes. Boire de l'alcool pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche spontanée. Le risque est probablement lié à la quantité d'alcool ingérée, mais toute consommation comporte un risque. Boire régulièrement diminue le poids de naissance de près de 1 à 1,3 kg. Les orgies d'alcool, même à des doses aussi peu élevées que 45 mL d'alcool pur (l'équivalent d'environ 3 verres) par jour, peut entraîner un syndrome alcoolique fœtal. Ce syndrome est observé dans 2,2/1000 naissances vivantes; il se manifeste par un retard de croissance intra-utérin, des malformations faciales et cardiovasculaires et un dysfonctionnement neurologique. Il représente une des causes majeures de handicap intellectuel et peut entraîner une mort néonatale par retard de croissance.

La consommation de cocaïne comporte des risques indirects (p. ex., accident vasculaire cérébral maternel voire le décès pendant la grossesse). Son utilisation entraîne probablement une vasoconstriction fœtale et une hypoxie. L'utilisation répétée augmente le risque au regard des éléments suivants:

  • Fausse couche spontanée

  • Retard de croissance intra-utérin

  • Décollement placentaire prématuré (hématome rétroplacentaire)

  • Naissance prématurée

  • Mort fœtale tardive

  • Malformations congénitales (p. ex., malformations du système nerveux central, génito-urinaires, et squelettiques; atrésies isolées)

Bien que le métabolite principal de la marijuana puisse traverser la barrière placentaire, une consommation exceptionnelle de marijuana ne semble pas augmenter significativement les risques de malformations congénitales, de retard de croissance intra-utérin ou d'anomalies du développement psychomoteur.

Les Bath salts (sels de bain) correspondent à un groupe de drogues de synthèse fabriquées à partir de diverses substances de type amphétamine; ces drogues sont utilisées de plus en plus au cours des grossesses. Bien que les effets soient mal compris, une hypoxie et une vasoconstriction fœtales sont probables, avec un risque de mort fœtale tardive, de décollement prématuré du placenta, et de malformations congénitales.

Les hallucinogènes peuvent, en fonction du médicament, augmenter le risque en ce qui concerne les conditions suivantes:

  • La fausse couche spontanée

  • L'accouchement prématuré

  • Le syndrome de sevrage chez le fœtus ou le nouveau-né

Les hallucinogènes comprennent la méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA ou ecstasy), le rohypnol, la kétamine, la méthamphétamine et le LSD (diéthylamide de l'acide lysergique).

On ne sait pas vraiment si une consommation élevée de caféine peut augmenter le risque de complications périnatales. Consommer de la caféine en petite quantité (p. ex., 1 tasse de café/jour) semble avoir peu ou aucune incidence sur le fœtus, mais certaines données qui ne prennent pas en compte la consommation de tabac ni celle d'alcool évoquent qu'une forte consommation (> 7 tasses de café/jour) augmente le risque de morts fœtales tardives, d'accouchements prématurés, de petit poids de naissance et de fausses couches spontanées. Les boissons décaféinées entraînent théoriquement peu de risques pour le fœtus.

L’utilisation de l’aspartame (un édulcorant), pendant la grossesse a été à plusieurs reprises mise en cause. La phénylalanine, métabolite principal de l’aspartame, s’accumule au niveau du fœtus par un mécanisme de transport transplacentaire actif; des taux toxiques peuvent entraîner un déficit intellectuel. Cependant, lorsque l'absorption ne dépasse pas les valeurs usuelles, les concentrations fœtales en phénylalanine sont très inférieures aux seuils toxiques. Ainsi, une absorption modérée d'aspartame (p. ex., pas plus d'1 L de soda light/jour) pendant la grossesse semble n'entraîner qu'un faible risque de toxicité fœtale. Cependant, chez la femme enceinte présentant une phénylcétonurie, l'ingestion de phénylalanine et donc d'aspartame, est contre-indiquée.

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