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Syndrome d'hyper-IgM

Par James Fernandez, MD, PhD, RJ Fasenmyer Center for Clinical Immunology

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Le syndrome d'hyper-IgM correspond à un déficit en Ig caractérisé par des taux sériques élevés ou normaux d'IgM et des quantités diminuées ou nulles des autres Ig sériques, ce qui induit une sensibilité aux infections bactériennes.

Le syndrome d'hyper-IgM peut être lié au chromosome X ou être autosomique. Les manifestations varient en fonction de la mutation et de son emplacement.

La plupart des cas sont liés à l'X et causée par des mutations d'un gène du chromosome X qui code pour une protéine (CD154, ou le ligand de CD40) à la surface des cellules T auxiliaires activées. En présence de cytokines, le ligand de CD40 normal interagit avec les cellules B et leur indique de passer de la production d'IgM à la production d'IgA, IgG, ou d'IgE. Dans le syndrome hyper-IgM lié au chromosome X, les lymphocytes T n'ont pas de CD40 fonctionnel et ne peuvent pas adresser ce signal aux lymphocytes B. Ainsi, les lymphocytes B ne produisent que des IgM; les taux d'IgM peuvent être normaux ou élevés. Le patient atteint présente une neutropénie sévère et souvent développe au cours de la petite enfance une pneumonie à Pneumocystis jirovecii. Le tissu lymphoïde est très limité car la signalisation des ligands du CD40 déficitaire n'active pas les cellules B. Dans d'autres cas, l'aspect clinique est semblable à celui de l'agammaglobulinémie ( Agammaglobulinémie liée à l'X) liée au chromosome X et comprend des infections pyogènes bactériennes pulmonaires et sinusiennes récidivantes pendant les 2 premières années de vie. La sensibilité aux infections à Cryptosporidium sp peut être augmentée. Nombre de patients décèdent avant la puberté et ceux qui vivent plus longtemps développent souvent une cirrhose ou des lymphomes B.

Dans le syndrome d'hyper-IgM autosomique récessif avec mutation des CD40, les manifestations sont similaires à celles de la forme liée à l'X.

Au moins 4 formes autosomiques récessives du syndrome hyper-IgM comprennent une anomalie des lymphocytes B. Dans 2 de ces formes (déficit de la cytidine désaminase induite par l’activation ou uracile ADN glycosylase [UNG]), les taux sériques d’IgM sont beaucoup plus élevés que dans la forme liée à l’X; une hyperplasie lymphoïde (y compris les adénopathies, splénomégalie, et hypertrophie des amygdales) est présente, et des troubles auto-immuns peuvent être présents. La leucopénie est absente.

Diagnostic

  • Expression du ligand de CD40 et tests génétiques

Le diagnostic est généralement suspecté sur des critères cliniques. Les taux sériques d'Ig sont mesurés; des taux sériques d'IgM normaux ou élevés et de taux bas ou absents des autres Ig sont en faveur du diagnostic. Un dosage par cytométrie de flux de l'expression des ligands CD40 sur les surfaces de cellules T doit être effectué. À chaque fois que possible, le diagnostic est confirmé par les tests génétiques. Le dépistage génétique prénatal peut être proposé aux femmes qui envisagent une grossesse en cas d'antécédents familiaux de déficit du ligand CD40. Les tests génétiques ne sont systématiquement effectués sur d'autres membres de la famille.

D'autres résultats biologiques comprennent un nombre réduit de cellules B mémoires (CD27) et l'absence de cellules B mémoires de classe switchée (IgD-CD27).

Traitement

  • Immunoglobulines IV (IgIV) prophylactiques et parfois triméthoprime/sulfaméthoxazole

  • Greffe de moelle osseuse le cas échéant

Le traitement comprend habituellement des IgIV 400 mg/kg 1 fois/mois. On administre aux patients atteints de la forme liées à l'X ou de mutations de CD40, du triméthoprime/sulfaméthoxazole pour prévenir les infections par P. jirovecii et des précautions environnementales sont prises pour réduire le risque d'infection par Cryptosporidium ( Revue générale des gastro-entérites : Prévention). Cependant, le pronostic étant défavorable, la greffe de la moelle osseuse est préférée s'il existe un donneur HLA-identique dans la fratrie.