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Syndrome lymphoprolifératif lié à l'X

(Syndrome de Duncan)

Par James Fernandez, MD, PhD, RJ Fasenmyer Center for Clinical Immunology

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Le syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X provient d'un défaut des lymphocytes T et des cellules NK et est caractérisé par une réponse anormale à l'infection au virus Epstein-Barr, entraînant une insuffisance hépatique, un déficit immunitaire, des lymphomes, une maladie lymphoproliférative mortelle ou une aplasie médullaire.

Le syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X est provoqué par les mutations des gènes du chromosome X. C'est un trouble récessif et ne se manifeste donc que chez les hommes.

Le syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X (XLP) de type 1 est le type le plus fréquent (environ 60% des cas). Il est causé par une mutation du gène qui code la molécule signaling lymphocyte activation (SLAM)–associated protein (SAP, également nommée SH2 domain protein 1A [SH2D1A] ou DSHP). Sans la SAP, les lymphocytes prolifèrent sans contrôle en réponse à l'infection par le virus Epstein-Barr (EBV) et les lymphocytes natural killer (NK) ne fonctionnent pas.

La maladie lymphoproliférative liée à l'X de type 2 (XLP type 2) est cliniquement similaire au type 1 et prédispose à la lymphohistiocytose hémophagocytaire, un trouble rare qui provoque un dysfonctionnement immunitaire chez le nourrisson et le jeune enfant ( Lymphohistiocytose hémophagocytaire). La XLP2 est provoquée par des mutations d'un gène qui code l'inhibiteur lié à l'X de la protéine de l'apoptose (X-linked inhibitor of apoptosis protein, XIAP).

Le syndrome est habituellement asymptomatique jusqu'au développement d'une infection à EBV. Puis, la plupart des patients développent une mononucléose infectieuse foudroyante ou fatale avec insuffisance hépatique (causée par des lymphocytes T cytotoxiques qui réagissent avec des lymphocytes B infectés par l’EBV ou d’autres cellules tissulaires). Les survivants de l’infection initiale développent des lymphomes B, une aplasie médullaire, une hypogammaglobulinémie (rappelant celle d’un déficit immunitaire commun à expression variable), une splénomégalie ou une association de ces troubles.

Diagnostic

  • Tests génétiques

Le diagnostic doit être évoqué chez le jeune homme qui a une infection grave par l'EBV, une lymphohistiocytose hémophagocytaire, une anamnèse familiale évocatrice ou d'autres manifestations courantes. Le test génétique est le test de référence pour confirmer le diagnostic (avant et après l'infection par l'EBV et l'apparition des symptômes) ainsi que l'état de porteur. Cependant, les tests génétiques peuvent prendre des semaines, de sorte que d'autres tests sont effectués si le diagnostic doit être obtenu rapidement (p. ex., la cytométrie de flux pour évaluer l'expression de la protéine SH2D1A).

Les signes évocateurs comprennent une diminution de la réponse des Ac aux Ag (notamment aux Ag EBV nucléaires), une altération des réponses prolifératives des lymphocytes T aux agents mitogènes, une diminution du fonctionnement des cellules NK et une inversion du rapport CD4:CD8. Ces signes sont fréquents avant et après l'infection par EBV. Certains survivants de l'infection à EBV ont une hypogammaglobulinémie. Une biopsie de moelle osseuse peut contribuer à confirmer une lymphohistiocytose hémophagocytaire.

Chez les survivants, les examens biologiques et d'imagerie sont effectués tous les ans pour rechercher un lymphome ou une anémie.

Les tests génétiques sont pratiqués sur les membres de la famille quand un cas ou un porteur sont identifiés dans une famille. Le dépistage prénatal est recommandé en cas de mutation cause de syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X (XLP) identifiée dans la famille.

Traitement

  • Greffe de cellules-souches hématopoïétiques

Environ 75% des patients décèdent vers l’âge de 10 ans, et tous décèdent avant l’âge de 40 ans, sauf si une greffe de moelle osseuse est réalisée. Environ 80% des patients qui reçoivent une greffe survivent. La greffe permet la guérison si elle est faite avant l'infection par EBV ou que d'autres troubles deviennent irréversibles. Le rituximab peut permettre de prévenir l'infection à EBV sévère avant la transplantation.