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Infections à virus Marburg et Ébola

Par Craig R. Pringle, BSc, PhD, University of Warwick

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Le virus Marburg et le virus Ébola sont des filovirus qui entraînent des hémorragies, la défaillance de nombreux organes, avec une mortalité élevée. Le diagnostic repose sur les techniques ELISA (enzyme-linked immunosorbent assay), PCR ou la microscopie électronique. Le traitement est un traitement de support. Un isolement strict et des mesures de quarantaine sont nécessaires pour contenir les épidémies.

Les virus Marburg et Ebola sont des filovirus distincts, mais les maladies qu'ils causent sont cliniquement similaires et sont caractérisées par des fièvres hémorragiques et une fuite capillaire. L'infection par le virus Ebola est légèrement plus virulente que l'infection par le virus de Marburg.

Les isolats de virus Ebola ont été différenciés en 5 espèces:

  • virus Ébola Zaire

  • virus Soudan Ebola

  • Virus Ebola forêt de Taï (anciennement, virus Ebola de Côte d'Ivoire [la forêt de Taï se trouve en Côte d'Ivoire)

  • Virus Ebola Bundibugyo

  • Virus Ebola Reston (qui est présent en Asie, mais ne provoque pas de maladie chez l'homme)

La plupart des précédentes flambées d'infections à virus Marburg et Ebola sont originaires d'Afrique centrale et occidentale subsaharienne. Par le passé, les épidémies ont été rares et sporadiques; elles ont été contenues en partie car elles ont eu lieu dans des zones isolées. La propagation à d'autres régions, quand elle se produit, est souvent provoquée par des voyageurs de retour d'Afrique. Cependant, en 1967, une petite épidémie de fièvre hémorragique est survenue en Allemagne et en Yougoslavie parmi les travailleurs de laboratoire qui avaient été exposés à des tissus de singes verts importés.

En Décembre 2013, une importante épidémie de virus Ebola a commencé en Guinée rurale (Afrique de l'Ouest), est s'est ensuite propagée aux régions urbaines densément peuplées de Guinée et du Libéria et du Sierra Leone voisin. Elle a d'abord été identifiée en mars 2014. Jusqu'à présent, elle a concerné des milliers de personnes et la mortalité est d'environ 59%. Des voyageurs infectés ont propagé le virus Ebola en Europe et en Amérique du Nord.

Transmission

Dans la majeure partie des premiers cas, on retrouve une exposition à des singes originaires en Afrique subsaharienne. Le vecteur et le réservoir ne sont pas précisément connus, bien que le virus Marburg ait été identifié chez les chauves-souris et que des cas soient survenus chez des personnes exposées à des chauves-souris (p. ex., dans les mines ou les grottes). Les épidémies de virus Ebola ont été liées à la consommation de viande provenant d'animaux sauvages dans les zones touchées (viande de brousse) ou de soupe à base de chauves-souris. Des infections à virus Ebola et Marburg ont également eu lieu après la manipulation de tissus provenant d'animaux infectés.

Les Filovirus sont très contagieux. La transmission interhumaine se produit via le contact avec la peau et les muqueuses avec les liquides corporels (salive, sang, vomissements, urine, selles, sueur, lait maternel, sperme) d'une personne symptomatique infectée ou rarement d'un primate non humain. Les humains ne sont pas contagieux jusqu'à ce qu'ils développent des symptômes. La symptomatologie persiste chez les patients survivants tant que ne se sera pas développée une réponse immunitaire efficace. Habituellement, les patients qui survivent éliminent complètement le virus et ne le transmettent plus. Le sperme peut transmettre l'infection pendant jusqu'à 7 mois contrairement à d'autres liquides corporels.

Une transmission par aérosols a été évoquée; cependant, si elle se produit, elle est probablement rare.

La transmission dans le monde réel est principalement interhumaine, résultant d'un contact étroit avec le sang, les sécrétions, d'autres liquides corporels, ou des organes de sujets infectés. Les rituels funéraires, au cours desquels les proches endeuillés ont un contact direct avec le défunt, ont joué un rôle important dans la transmission de l'infection.

Symptomatologie

Après une période d’incubation de 2 à 20 j, une fièvre, des myalgies et des céphalées apparaissent, souvent accompagnées de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements et des symptômes au niveau des voies respiratoires supérieures (toux, douleur thoracique, pharyngite). Il peut s'y ajouter une photophobie, des hémorragies conjonctivales, un ictère, des adénopathies. Des vomissements et une diarrhée peuvent bientôt suivre. Un syndrome confusionnel, un état stuporeux et un coma peuvent survenir, indiquant une atteinte du SNC.

Les symptômes hémorragiques débutent les premiers jours et comprennent des pétéchies, des ecchymoses et une hémorragie franche autour du point de perforation et au niveau des muqueuses. Une éruption maculopapuleuse, principalement sur le tronc apparaît vers le 5 ème jour.

Une hypovolémie sévère peut se développer, résultant de

  • Perte liquidienne importante en raison de diarrhées et de vomissements

  • Fuite capillaire, qui entraîne une hypoalbuminémie et la perte de liquide intravasculaire

La perte d'électrolytes peut causer de graves hyponatrémies, hypokaliémies, et hypocalcémies. Des troubles du rythme cardiaque peuvent survenir.

Au cours de la 2e sem, soit le patient devient apyrétique et s’oriente vers la guérison, soit il développe une défaillance multiviscérale fatale. La guérison est lente et peut être compliquée d'hépatite récidivante, d'uvéite, de myélite transverse, d'orchite. La mortalité varie entre 25 et 90% (plus élevée avec l'infection à virus Ébola, en moyenne environ 59%).

Diagnostic

  • Evaluation and testing per the Centers for Disease Control and Prevention (CDC) guidelines

  • Test par méthode immuno-enzymatique ELISA et reverse transcriptase-PCR

L'infection par les virus Marburg ou Ébola est suspectée en présence d'une tendance hémorragique, d'une fièvre ou d'autres symptômes compatibles avec une infection précoce par le virus Ebola, et en cas de retour de voyage dans les zones d'endémie. Le CDC a publié un algorithme et des lignes directrices pour l'évaluation des voyageurs revenant de zones d'endémie (v. Algorithm for Evaluation of the Returned Traveler et Think Ebola: Early recognition). Une approche similaire peut être adoptée en cas de suspicion de virus de Marburg.

L'OMS a également publié des lignes directrices concernant l'épidémie d'Ebola 2014 en Afrique de l'Ouest (WHO Statement).

Les cas doivent être discutés avec les autorités de santé publique, qui peuvent aider dans tous les aspects de la gestion, dont

  • Décider si le diagnostic doit être recherché

  • Organisation du transport des prélèvements pour des tests

  • Traitement, dont le transport vers les centres sélectionnés et, lorsque cela est indiqué, utilisation de nouvelles thérapies

  • Suivi des contacts

Le test comprend une NFS, des examens biochimiques systématiques, un bilan hépatique, des tests de coagulation et des analyses d'urine. Les tests diagnostiques comprennent les tests ELISA et RT-PCR. Le test de référence est l'observation des virions caractéristiques par microscopie électronique, pratiquée sur des tissus infectés (en particulier hépatiques) ou du sang.

Traitement

  • Soins de support

Il n'y a pas de traitement antiviral efficace. Le traitement est un traitement de support et comprend les mesures suivantes:

  • Maintien du volume sanguin et de l'équilibre électrolytique

  • Remplacement des facteurs de la coagulation

  • Minimisation des procédures invasives

  • Traitement des symptômes, y compris utilisation d'analgésiques

Des médicaments sont actuellement testés, certains selon des procédures accélérées, mais aucun ne s'est encore révélé efficace et sûr.

Prévention

Plusieurs vaccins et médicaments antiviraux sont actuellement en développement, mais sont peu susceptibles d'être disponibles très prochainement.

Pour prévenir la propagation, les patients symptomatiques qui ont une infection possible par le virus Ebola ou Marburg doivent être isolés dans des installations de confinement dédiées. Les unités de soins intensifs standards (USI) des hôpitaux publics ne sont pas adaptée. Des installations de confinement spéciales permettent le contrôle total des produits liquides effluents et respiratoires. Le nombre de ces centres augmente en réponse à l'urgence de la situation.

Les membres du personnel en contact avec les patients doivent être entièrement recouverts de protection avec confinement interne des gaz respiratoires. Des membres du personnel formés doivent être disponibles pour aider les personnes en contact avec les patients à retirer les vêtements de protection. Les protocoles pour enfiler et enlever le masque, les lunettes ou les masques, les blouses et les gants doivent être suivis (v. le CDC Sequence for Donning Personal Protective Equipment).

Une stérilisation complète des équipements, la fermeture des hôpitaux et l'information sanitaire ont réduit les épidémies précédentes.

Tous les cas suspectés y compris leurs cadavres doivent être strictement isolés et manipulés avec des précautions particulières.

Points clés

  • Les virus Ebola et Marburg, bien que distincts, provoquent des fièvres hémorragiques semblables; les épidémies sont perpétuées principalement par la transmission interhumaine par contact avec les liquides corporels infectés.

  • La transmission dans l'épidémie de virus Ebola de 2013-2014 est principalement interhumaine, résultant d'un contact étroit avec du sang, des sécrétions, d'autres liquides corporels, ou des organes de sujets infectés ou de cadavres.

  • Suspecter une infection par les virus Marburg ou Ébola en cas de tendance hémorragique, de fièvre, d'autres symptômes compatibles et de voyage dans les zones d'endémies.

  • Isoler les patients chez qui on suspecte une infection et utiliser des procédures strictes pour protéger les soignants de ces patients.

  • Planifier le diagnostic, la prise en charge et la prévention de la transmission avec les autorités de santé publique.