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Maladie des griffes du chat

(Maladie des griffes du chat)

Par Larry M. Bush, MD, University of Miami-Miller School of Medicine ; Maria T. Perez, MD, Wellington Regional Medical Center, West Palm Beach

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La maladie des griffes du chat est due à Bartonella henselae. Les symptômes sont l'apparition d'une papule locale et d'une lymphadénite régionale. Le diagnostic est clinique et confirmé par la biopsie ou les tests sérologiques. Le traitement comprend l'application de chaleur localement, d'antalgiques et parfois des antibiotiques.

Le chat domestique est le principal réservoir de B. henselae ( Revue générale des infections à Bartonella). La prévalence des Ac contre B. henselae chez les chats aux USA est de 14 à 50%. Environ 99% des patients rapportent un contact avec des chats, dont la plupart sont en bonne santé. On ne sait pas exactement où le micro-organisme est localisé sur le chat; cependant, les périodes de bactériémie asymptomatique sont cycliques. L'infection se transmet à l'homme par morsure ou griffure. La puce du chat peut être un vecteur supplémentaire. Les enfants sont plus souvent atteints.

Symptomatologie

Entre 3 à 10 j après une griffure ou une morsure, le patient présente une papule érythémateuse croûteuse (rarement, une pustule) sur le site de la griffure. Une adénopathie régionale se développe dans les 2 semaines. Les ganglions sont initialement fermes et sensibles, mais deviennent ultérieurement fluctuants et peuvent se fistuliser. L'adénopathie peut être accompagnée de fièvre, de malaises, de céphalées et d'anorexie.

Des manifestations plus inhabituelles apparaissent chez 5 à 14% des patients: le syndrome oculoglandulaire de Parinaud (conjonctive accompagnée de nodules pré-auriculaires palpables) dans 6% des cas, manifestations neurologiques (encéphalopathie, convulsions, neurorétinite, myélite, paraplégie, artérite cérébrale) dans 2% des cas et une granulomatose hépatosplénique dans < 1% des cas. Les patients peuvent également présenter avec une fièvre d'origine inconnue. B. henselae est l'une des causes les plus fréquentes d'endocardite à culture négative. Une maladie grave disséminée peut survenir dans le SIDA.

L'adénopathie s'amende généralement spontanément en 2 à 5 mois. La rémission totale est habituelle, sauf en cas d'atteintes neurologiques ou hépatospléniques graves, qui peuvent être mortelles ou entraîner des séquelles.

Diagnostic

  • Tests sérologiques ou PCR en phases aiguë et convalescente

  • Parfois, biopsie ganglionnaire

Le diagnostic est typiquement confirmé par une sérologie positive des titres d'Ac (des tests sériques en phase aiguë et en phase de convalescence à 6 semaines d'intervalle sont recommandés) ou des tests PCR sur prélèvements provenant de ponctions ganglionnaires.

Une lymphadénopathie similaire pouvant être causée par d'autres infections (p. ex., une tularémie, une infection mycobactérienne, une brucellose, une infection fongique, une lymphogranulomatose vénérienne), des examens de recherche de ces micro-organismes peuvent être effectués si le diagnostic de maladie des griffes du chat est incertain. Une biopsie du ganglion lymphatique peut être effectuée si un cancer est suspecté ou si le diagnostic de la maladie des griffes du chat doit être confirmé. Le diagnostic est suggéré par des signes histopathologiques caractéristiques (p. ex., des granulomes suppurés) ou la détection des micro-organismes par immunofluorescence.

Les patients immunodéprimés et les patients qui présentent des symptômes systémiques doivent également subir des hémocultures. Les ponctions ganglionnaires sont rarement positives. Cependant, Bartonella sp peut être isolé à partir de cultures de biopsies de ganglions lymphatiques.

Traitement

  • Chaleur locale et antalgiques

  • Parfois, antibiotiques chez les patients immunodéprimés

Le traitement des patients immunocompétents consiste en l'application de chaleur localement et d'antalgiques pour cette maladie typiquement autolimitée. Lorsqu'un ganglion lymphatique est fluctuant, une aspiration à l'aiguille soulage habituellement les douleurs.

L'efficacité du traitement antibiotique est incertaine et il ne doit généralement pas être administré en cas d'infection localisée chez le patient immunocompétent. Cependant, l'azithromycine, l'érythromycine, ou la doxycycline sont souvent administrés pour réduire les adénopathie et peut-être diminuer le risque d'extension systémique. Une fluoroquinolone, la gentamicine, ou la doxycycline peuvent être utilisées en cas de bactériémies dans le SIDA. Un traitement prolongé (p. ex., quelques semaines à des mois) est habituellement nécessaire pour éradiquer une bactériémie. L’antibiogramme est souvent non corrélé aux signes cliniques; il montre souvent une sensibilité au triméthoprime/sulfaméthoxazole (TMP/SMX) et aux céphalosporines, mais sauf en ce qui concerne les céphalosporines de 3e génération, ces antibiotiques sont cliniquement inefficaces.