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Érysipélothricose

Par Larry M. Bush, MD, University of Miami-Miller School of Medicine ; Maria T. Perez, MD, Wellington Regional Medical Center, West Palm Beach

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L'érysipélothricose est une infection due à Erysipelothrix rhusiopathiae. Le symptôme le plus fréquent est l'érysipéloïde, une cellulite localisée aiguë mais évoluant lentement. Le diagnostic repose sur la culture des prélèvements biopsiés ou parfois par PCR. Le traitement repose sur les antibiotiques.

Erysipelothrix rhusiopathiae (précédemment nommé E. insidiosa) sont des bacilles gram positifs, fins, encapsulés, non sporulés, immobiles, microaérophiles, répandus dans le monde entier; ce sont principalement des saprophytes. Ils peuvent infecter une grande variété d'animaux, y compris des insectes, des crustacés, des poissons, des oiseaux et des mammifères (en particulier, le porc). L'infection chez l'homme est essentiellement professionnelle et habituellement consécutive à une plaie des mains chez des personnes manipulant des produits (p. ex., des carcasses infectées, des produits d'équarrissage [graisse, engrais], os, coquillages). Le plus souvent, les patients manipulent des poissons ou travaillent dans des abattoirs. L'infection peut également résulter de morsures de chat ou de chien. Les infections extra-dermiques sont rares, il s'agit habituellement d'arthrites ou d'endocardites.

Symptomatologie

Dans la semaine qui suit la blessure, apparaît une maculopapule caractéristique, surélevée, rouge pourpre, non vésiculée, indurée, s’accompagnant de prurit et de sensation de brûlure. L'œdème local, bien que nettement délimité, peut gêner l'utilisation de la main, site habituel de l'infection. Le bord de la lésion peut lentement s'étendre vers l'extérieur, entraînant une gêne et un handicap qui peuvent persister pendant 3 semaines. La maladie est habituellement autolimitée. Des adénopathies régionales apparaissent dans environ 1/3 des cas. Elle se transforme rarement en une maladie cutanée généralisée, qui est caractérisée par des lésions cutanées violettes dont la surface augmente à mesure que le centre de la lésion s'éclaircit, et par des lésions bulleuses au niveau des sites primitifs ou distants.

La bactériémie est rare et consiste le plus souvent en une infection primaire plutôt qu'en une diffusion à partir de lésions cutanées. Elle peut aboutir à une arthrite septique ou à une endocardite, même en l'absence de valvulopathie connue. L'endocardite tend à impliquer la valvule aortique et la mortalité et le pourcentage de patients chez qui une valvule cardiaque devra être remplacée sont inhabituellement élevés. Rarement, des infections du SNC, intra-abdominales, et osseuses se produisent.

Diagnostic

  • Culture

La mise en culture d'un prélèvement de biopsie profonde est supérieure à l'aspiration à l'aiguille de la périphérie d'une lésion cutanée extensive, car les micro-organismes ne sont situés que dans les parties plus profondes de la peau. La culture de l'exsudat obtenu par abrasion d'une papule floride peut être utile au diagnostic. L'isolement à partir du liquide synovial ou du sang est nécessaire au diagnostic de l'arthrite érysipéloïde ou de l'endocardite. E. rhusiopathiae peuvent être confondus avec des lactobacilles. L'amplification par PCR permet un diagnostic rapide.

Traitement

  • Pénicilline, ciprofloxacine ou clindamycine

Dans les atteintes cutanées localisées, le traitement habituel est la pénicilline V, ou l'ampicilline (500 mg po q 6 h), ciprofloxacine (250 mg po q 12 h), ou clindamycine (300 mg po q 8 h) pendant 7 j. Les céphalosporines sont également efficaces. La daptomycine et le linézolide sont actifs in vitro. Les tétracyclines et les macrolides peuvent ne plus être fiables. E. rhusiopathiae est résistant aux sulfamides, aux aminosides et à la vancomycine.

L'infection cutanée diffuse ou une infection systémique grave est au mieux traitée par la pénicilline G IV (2 à 3 millions d'unités q 4 h), ceftriaxone (2 g IV 1 fois/j), ou une fluoroquinolone (p. ex., ciprofloxacine 400 mg IV q 12 h, lévofloxacine 500 mg IV 1 fois/j).

L'endocardite est traitée par la pénicilline G 25 000 à 30 000 unités/kg IV q 4 h pendant 4 semaines. Les céphalosporines et les fluoroquinolones sont des alternatives.

Les mêmes médicaments aux mêmes doses sont indiqués dans le traitement des arthrites (administrés pendant au moins 1 semaine après la diminution ou la disparition de l'épanchement), mais un drainage répété par aspiration à l'aiguille de l'articulation infectée est également nécessaire.

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