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Chlamydia

Par Margaret R. Hammerschlag, MD, State University of New York Downstate Medical Center;State University of New York Downstate Medical Center

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Trois espèces de Chlamydia sont pathogènes pour l'homme, notamment responsables de maladies sexuellement transmissibles et d'infections respiratoires. La plupart des souches sont sensibles aux macrolides (p. ex., l'azithromycine), aux tétracyclines (p. ex., la doxycycline) et aux fluoroquinolones.

Les Chlamydiae sont des bactéries intracellulaires obligatoires, immobiles. Ils renferment de l’ADN, de l'ARN et des ribosomes et fabriquent leurs propres protéines et acides nucléiques. Cependant, ils dépendent de la cellule hôte pour 3 de leurs 4 nucléosides triphosphates et utilisent l'adénosine triphosphate (ATP) de l'hôte pour synthétiser la protéine de Chlamydia.

Il existe 9 espèces; 3 d'entre elles sont impliquées en pathologie humaine:

  • Chlamydia trachomatis

  • Chlamydiapneumoniae

  • Chlamydiapsittaci

Toutes les espèces de chlamydia peuvent provoquer une infection persistante, souvent infraclinique.

C. trachomatis qui a 18 sérotypes différents. Les sérotypes A, B, Ba et C sont associés au trachome; les sérotypes D à K entraînent des infections sexuellement transmissibles des muqueuses; L1, L2, et L3 entraînent des infections sexuellement transmissibles associées à une atteinte ganglionnaire invasive (lymphogranulomatose vénérienne [maladie de Nicolas-Favre]). Aux USA, C. trachomatis est la bactérie le plus souvent en cause dans les maladies sexuellement transmissibles, dont les urétrites non gonococciques ( Infections muqueuses à Chlamydia, mycoplasme et uréoplasme) et l’épididymite chez l’homme; les cervicites, les urétrites et la maladie pelvienne inflammatoire chez la femme; et les proctites, la lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre), et les arthrites réactionnelles (syndrome de Reiter) dans les deux sexes. La transmission maternelle de C. trachomatis entraîne une conjonctivite néonatale et/ou une pneumonie. Le dépistage prénatal universel et le traitement des femmes enceintes ont considérablement réduit l'incidence de la mortalité infantile par infection par C. trachomatis aux États-Unis. Le micro-organisme peut être isolé au niveau du rectum et de la gorge chez l'adulte (habituellement chez les hommes qui ont des rapports homosexuels). Une infection rectale par des souches L2 peut causer une rectocolite sévère qui peut simuler une maladie intestinale inflammatoire aiguë chez les séropositifs au VIH.

C. pneumoniae peut provoquer une pneumonie (en particulier chez l'enfant et le jeune adulte) qui ne peut être différenciée symptomatiquement d'une pneumonie due à Mycoplasma pneumoniae. En cas de C. pneumoniae, une pneumonie, un enrouement et des maux de gorge peuvent précéder la toux, ce qui peut être persistant et se compliquer par un bronchospasme. De 6 à 19% des cas de pneumonie contractée en ville sont dues à C. pneumoniae; les épidémies de pneumonie à C. pneumoniae posent un risque particulier pour les sujets dans des populations fermées (p. ex., centre de soins infirmiers, écoles, installations militaires, prisons). Il n'existe aucune variation saisonnière du nombre de cas observés. C. pneumoniae a également été impliqué en tant que déclencheur infectieux de la maladie réactive des voies respiratoires.

C. psittaci entraîne une psittacose. Les souches pathogènes sont habituellement transmises par des oiseaux psittacidés (p. ex., perroquets) et sont à l'origine d'une infection disséminée caractérisée par une pneumonie. Des épidémies se sont produites chez les travailleurs qui manipulent des dindes et des canards dans les usines de transformation de la volaille.

Diagnostic

  • Tests basés les acides nucléiques

C. trachomatis est au mieux identifié dans les prélèvements génitaux par l'emploi de tests d'amplification des acides nucléiques, car ils sont plus sensibles que les cultures cellulaires et il s'agit de prélèvements plus faciles à réaliser. Des tests d'amplification génétique permettant de détecter une infection génitale peuvent être réalisés en utilisant des prélèvements non invasifs, tels que des prélèvements d'urine ou vaginaux effectués par le patient ou le médecin. Les analyses sérologiques sont de valeur limitée, sauf pour le diagnostic de la lymphogranulomatose vénérienne et de la psittacose.

C. pneumoniae est diagnostiqué par la culture de prélèvements des voies respiratoires ou par des tests d'amplification des acides nucléiques. Un test d'amplification des acides nucléiques approuvé par la FDA de C. pneumoniae est commercialisé.

Le contact avec les oiseaux, habituellement les perroquets ou les perruches sont une piste principale pour le diagnostic d'une infection à C. psittaci. Le diagnostic est confirmé par des tests sérologiques. La culture n'est généralement pas disponible Il n'existe aucun test d'amplification des acides nucléiques approuvé par la FDA pour C. psittaci.

Dépistage

l’infection génitale à Chlamydia étant si fréquente et souvent symptomatique ou avec des symptômes légers ou non spécifiques (en particulier chez la femme), le dépistage systématique des sujets asymptomatiques à risque élevé d’infection sexuellement transmissible est recommandé (v. les 2010 STD Treatment Guidelines). Les sujets devant être dépistés sont

Les femmes non enceintes (y compris les femmes qui ont des rapports sexuels avec les femmes) sont dépistées chaque année si elles

  • Sont sexuellement actifs et ont ≤ 25 ans

  • Antécédents d'infection sexuellement transmissible

  • Adopter des comportements sexuels à haut risque (p. ex., avoir un nouveau partenaire sexuel ou des partenaires sexuels multiples, devenir un travailleur du sexe, utiliser des préservatifs de manière inconstante)

  • Avoir un partenaire qui a un comportement à haut risque

Les femmes de < 35 ans sont dépistées lors de leur admission dans un établissement correctionnel.

Les femmes enceintes sont testées lors de leur première visite prénatale; celle de ≤ 25 ans ou présentant des facteurs de risque sont dépistées à nouveau au cours du 3e trimestre.

Les hommes hétérosexuels actifs ne sont pas dépistés, sauf dans les situations ou cas à forte prévalence de l'infection à chlamydia, dont les adolescents, les cliniques de MST ou en cas d'entrée dans des établissements correctionnels.

Les hommes qui ont des rapports homosexuels sont dépistés s'ils ont été sexuellement actifs au cours de l'année précédente (pour des rapports insertifs, contrôle des urines; pour les rapports réceptifs, écouvillon rectal, et pour les relations orales, tampon pharyngé).

Traitement

  • Azithromycine ou doxycycline

Le traitement de l'infection non compliquée des voies génitales basses comprend habituellement une dose unique d'azithromycine (1 g po) ou un protocole de 7 j de doxycycline (100 mg po bid) ou certaines fluoroquinolones (p. ex., lévofloxacine 500 mg po 1 fois/j). En cas de blennorragie, on traite aussi systématiquement toute infection à Chlamydia ( Blennorragie). La maladie pelvienne inflammatoire, la lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre) ou l'épididymite sont habituellement traitées par la doxycycline pendant 10 j.

Les infections spécifiques sont traitées ailleurs dans Le Manuel: la psittacose et la pneumonie à C. pneumoniae Étiologie, la lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre) et l'urétrite Lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre), l'épididymite Épididymite, l'arthrite réactive Arthrites réactionnelles, la conjonctivite et la pneumonie néonatales Conjonctivite néonatale et Pneumonie néonatale, et le trachome Trachome et la conjonctivite à inclusion Conjonctivite à inclusion de l'adulte.

Points clés

  • C. trachomatis est la cause du trachome ou d'infections sexuellement transmissibles; la transmission maternelle peut entraîner une conjonctivite et/ou une pneumonie néonatales.

  • C. pneumoniae peut provoquer une pneumonie (en particulier chez l'enfant et le jeune adulte) et dans les populations enfermées.

  • C. psittaci est une cause rare de pneumonie (psittacose) généralement acquise auprès de psittacidés (p. ex., perroquets).

  • Diagnostiquer en utilisant des tests d'amplification des acides nucléiques.

  • Dépister les patients asymptomatiques à haut risque de chlamydiose transmise sexuellement.

  • Traiter par l'azithromycine ou la doxycycline.