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Prise en charge des infections parasitaires

Par Richard D. Pearson, MD, Emeritus Professor of Medicine, University of Virginia School of Medicine

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Les parasites de l'homme sont des microrganismes qui vivent sur ou dans une personne et tirent leurs nutriments de cette personne (l'hôte). Il existe 3 types de parasites: les protozoaires, les helminthes (vers), et les ectoparasites tels que la gale et les poux. Les infections parasitaires par des protozoaires et des helminthes sont responsables d'une morbidité et d'une mortalité élevées dans le monde. Elles sont particulièrement fréquentes en Amérique centrale et du Sud, en Afrique et en Asie. Elles sont beaucoup moins fréquentes en Australie, au Canada, en Europe, au Japon, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Les personnes de loin les plus touchées sont les résidents des régions appauvries, mais on observe également des infections parasitaires dans les développés chez les immigrés et les voyageurs revenant de régions d'endémies et parfois même chez les résidents qui n'ont pas voyagé, en particulier ceux qui souffrent du SIDA ou d'autres causes de déficit immunitaire.

De nombreuses affections parasitaires sont propagées par la contamination fécale de la nourriture ou de l'eau. De ce fait, elles sont très fréquentes dans les régions où l'hygiène et les conditions sanitaires sont mauvaises. Certains parasites, tels que l'ankylostome, peuvent pénétrer à travers la peau lors d'un contact avec un sol souillé par des déjections contaminées ou, dans le cas des schistosomes, avec de l'eau douce contaminée. D'autres, telles que le paludisme, sont transmises par des vecteurs arthropodes. Dans de rares occasions, les parasites sont transmis par transfusion sanguine ou lors du partage d'aiguilles pour injection ou congénitalement de la mère au fœtus.

Certains parasites sont endémiques aux États-Unis et dans d'autres pays industrialisés. Des exemples en sont les oxyures, Enterobius vermicularis, Trichomonas vaginalis, Toxoplasma gondii, et des parasites entériques tels que Giardia intestinalis (lamblia) et Cryptosporidium spp.

Les caractéristiques des infections à protozoaires et à helminthes varient sur des points importants.

Protozoaires

Les protozoaires sont des microrganismes unicellulaires qui se multiplient par division binaire ( Protozoaires intestinaux et Protozoaires extra-intestinaux). Les protozoaires peuvent se multiplier très activement chez les hôtes humains et entraîner une infection disséminée. À de rares exceptions près, les infections à protozoaires n'entraînent pas d'élévation de l'éosinophilie sanguine.

Helminthes

Les helminthes sont multicellulaires et pourvus d’organes complexes et différenciés. Les helminthes peuvent être subdivisés en

Certains parasites se sont adaptés aux conditions de vie anaérobies de la lumière intestinale; d’autres vivent dans le sang ou les tissus dans des conditions aérobies.

Les helminthes adultes, en revanche, ne se multiplient pas chez l'homme, mais peuvent entraîner une élévation de l'éosinophilie sanguine lorsqu'ils migrent dans les tissus. La plupart des helminthes ont des cycles évolutifs complexes qui se caractérisent par une longue phase de développement en dehors leur hôte humain. Quelques uns, dont Strongyloides stercoralis, Capillaria philippinensis, et Hymenolepis nana, peuvent se multiplier par un phénomène d'auto-infection (réinfection du même hôte plutôt qu'élimination pour infecter un autre hôte). En cas de strongyloïdose, l'auto-infection peut provoquer des hyperinfections disséminées graves représentant un risque mortel chez le patient immunodéprimé, en particulier celui qui prend des corticostéroïdes.

La gravité des infections helminthiques est habituellement liée à la charge vermineuse, cependant, exceptionnellement, un seul parasite peut être responsable d'une pancréatite engageant le pronostic vital, comme lorsqu'un ascaris adulte migre dans le canal pancréatique et l'obstrue. La charge vermineuse dépend du degré d'exposition environnementale, de facteurs liés au parasite et de la réponse immunitaire génétiquement déterminée de l'hôte. Si une personne quitte une région d'endémie, le nombre de vers adultes qu'elle héberge diminue avec le temps. Bien que quelques parasites (p. ex., Clonorchis sinensis) puissent survivre des décennies, de nombreuses espèces n'ont une durée de vie que de quelques années, voire moins. Des informations complémentaires sur les infections parasitaires sont disponibles auprès de la CDC’s Division of Parasitic Diseases.

Diagnostic

Les méthodes spécifiques de diagnostic des infections parasitaires sont décrites dans les chapitres qui suivent et résumées dans le Types de prélèvement et de techniques pour diagnostic microscopique des infections parasitaires.

La présence d'une parasitose doit être envisagée lors du diagnostic différentiel de syndromes cliniques survenant chez une personne qui réside ou chez un voyageur qui revient d'une région dans laquelle l'hygiène et les conditions sanitaires sont mauvaises et/ou des maladies à vecteurs sont endémiques. Par exemple, une fièvre chez une personne qui rentre d'un voyage en zone tropicale doit faire suspecter le paludisme. Les observations indiquent que les sujets immigrés dans des pays développés, originaires de régions en développement, qui retournent dans leur pays pour rendre visite à leur famille et à des amis courent un risque particulier. Souvent, ils ne consultent pas ou n'ont pas les moyens d'obtenir un avis médical sur la prévention avant d'entreprendre leur voyage, et courent plus de risques que les touristes hébergés à l'hôtel. Bien qu'elle soit moins fréquente, l'éventualité d'une parasitose endémique ou importée chez les résidents de pays industrialisés doit également être envisagée devant des syndromes cliniques évocateurs, même si les patients n'ont pas voyagé.

L'anamnèse, les signes cliniques et les données des examens de laboratoire peuvent également faire suspecter des infections parasitaires spécifiques. Par exemple, l'hyperéosinophilie sanguine est fréquente lorsque des helminthes migrent à travers les tissus et elle évoque une infection parasitaire chez un immigré ou une personne qui rentre de voyage.

Des médecins ayant l'expérience des infections parasitaires et de la médecine tropicale sont disponibles dans les services de maladies infectieuses et tropicales ou de parasitologie des hôpitaux universitaires, et dans les cliniques spécialisées en médecine du voyage.

Le document intitulé " Laboratory Identification of Parasites of Public Health Concern " fournit une description détaillée des méthodes de diagnostic et est disponible auprès des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à www.cdc.gov/dpdx/.

Types de prélèvement et de techniques pour diagnostic microscopique des infections parasitaires

Parasite

Échantillon optimal

Détails de prélèvement

Commentaires

Sang

Plasmodium sp

Frottis minces et goutte épaisse de sang capillaire (c'est-à-dire, au niveau du doigt ou du lobe de l'oreille, à l'aide d'un bistouri jetable) ou 5–10 mL de sang anticoagulé frais

Recueillir des prélèvements pendant la phase aiguë de la maladie.

Préparer les frottis de capillaire ou du sang sur anticoagulant dans les 3 h suivant le prélèvement.

Coloration de Wright ou de Giemsa.

S'assurer que les lames sont très propres.

Babesia sp

Frottis épais et minces comme pour Plasmodium sp

Prélever comme pour Plasmodium sp.

Coloration de Wright ou de Giemsa.

La morphologie est semblable à celle des Plasmodium sp en forme d'anneau mais sans pigment ni gamétocytes. Les tétrades assurent le diagnostic de Babesia sp mais ne sont pas fréquentes.

Trypanosoma sp

Frottis mince de sang capillaire ou de 5–6 mL du sang anticoagulé, et/ou de LCR pour la trypanosomose africaine

Prélever du sang capillaire ou anticoagulé. Frottis sur lames de verre.

Coloration de Wright ou de Giemsa.

Diverses techniques de concentration sont utilisées pour améliorer la sensibilité pour la trypanosomiase africaine.

Filarioses

1 mL de sang anticoagulé; si le premier prélèvement est négatif, 5 à 10 mL, concentré par une centrifugation ou une filtration

Wuchereria bancrofti et Brugia malayi: ponctionner le sang entre 10 h et 14 h.

Loa loa, Dipetalonema perstans, et Mansonella ozzardi: prélever le sang entre 10 h du matin et 18 h.

L'utilisation de Wright ou de Giemsa directement ou, pour une plus grande sensibilité, après concentration.

Moelle osseuse, autres tissus réticuloendothélials ou LCR

Leishmania sp

Ponction de la moelle osseuse, de la rate, du foie ou des ganglions ou de frottis de concentrés leucocytaires

Frottis sur lames de verre.

Coloration de Wright ou de Giemsa.

Naegleria

Acanthamoeba

Balamuthia

Liquide céphalorachidien frais

Utiliser une technique de prélèvement stérile.

Examiner les prélèvements dès que possible.

Examiner sur un microscope en lumière ordinaire ou en contraste de phase.

Les parasites peuvent être détectés en raison de leurs mouvements sur un prélèvement à frais; ils peuvent être cultivés ou fixés et colorés au Giemsa.

Trypanosoma brucei gambiense et rhodesiense

Ponction-aspiration des ganglions lymphatiques ou d'un chancre

Liquide céphalorachidien frais

Utiliser une technique de prélèvement stérile.

Utiliser un montage humide sous hydroxyde de potassium et une coloration Giemsa directement ou après concentration par centrifugation.

Aspiration duodénale ou biopsie jéjunale

Giardia sp

Cryptosporidium sp

Cystoisospora sp

Cyclospora sp

Microsporidies

Strongyloides sp

L'aspiration de liquide duodénal ou prélèvements de prélèvements du jéjunum placés dans un tube stérile avec quelques gouttes d'une solution physiologique ou sur une lame de verre avec une lamelle

Examiner immédiatement ou fixer en vue d'un examen histopathologique.

Des colorations multiples peuvent être nécessaires pour un diagnostic optimal (voir plus loin pour les détails).

Biopsie rectale

Schistosoma mansoni

Schistosoma japonicum

Prélèvement de prélèvements de biopsie rectale, paroi dorsale (valve de Houston), à environ 9 cm de l'anus

Préparer l'examen histopathologique et écraser un fragment entre 2 lames pour augmenter sensibilité.

L'identification de l'espèce repose sur la morphologie des œufs.

Sigmoïdoscopie (rectoscopie)

Entamoeba histolytica

Grattage avec une curette ou à l'aide d'une pince à biopsie ou aspiration d'une lésion au moyen d'une pipette d'1 mL munie une poire (les coton-tiges ne sont pas efficaces)

Examiner les prélèvements immédiatement ou les conserver pour examen ultérieur.

Un prélèvement de selles doit faire l'objet d'un test de recherche des Ag d'E. histolytica pour différencier E. histolytica de l'amibe non pathogène E. dispar et E. moshkovski.

Fèces

Entamoeba histolytica

Entamoeba dispar

Entamoeba moshkovski

Autres amibes

3 selles fraîchement recueillies le matin 1 jour/2

Examiner les prélèvements de selles molles ou diarrhéiques dans les 15 min.

Garder les selles fermes réfrigérées jusqu'à l'examen.

Faire un montage humide sous hydroxyde de potassium et des lames fixées et colorées (p. ex., une coloration trichrome) et des techniques de concentration pour les kystes.

Les selles doivent être testées à la recherche de l'Ag lectine d'adhérence d'E. histolytica et, qui est plus sensible et permet de différencier E. histolytica d'E. dispar et de E. moshkovski et d'autres Entamoeba sp.

Giardia sp

3 selles fraîchement recueillies le matin 1 jour/2

Si la série initiale de 3 prélèvements est négative, examiner 3 prélèvements de plus 1 semaine plus tard.

Obtenir des aspirations duodénales si nécessaire.

Si l'examen immédiat n'est pas possible, préserver le prélèvement dans l'alcool polyvinylique.

Faire un examen direct et après concentration des prélèvements pour les kystes et les trophozoïtes. Les tests détectant les Ag sont plus sensibles.

Cryptosporidium sp

Plusieurs selles fraîchement recueillies quotidiennement ou 1 jour/2

Réfrigérer et examiner les prélèvements frais ou les conserver dans du formol à 10% tamponné ou de l'acétate-acide acétique-formol ou les suspendre dans du dichromate de K aqueux à 2,5%.

Les manipuler avec précaution; les selles fraîches et conservées dans du dichromate sont infectantes.

Une aspiration duodénale ou une biopsie jéjunale peuvent être effectuées si les selles sont négatives.

Examiner les montages humides sous hydroxyde de potassium au microscope à la lumière conventionnelle, ou en contraste d'interférence différentiel et par immunofluorescence directe.

Colorer les prélèvements par la technique de coloration acido-résistante ou à la safranine, modifiées. Les tests détectant les Ag sont plus sensibles.

Cystoisospora sp

Plusieurs selles fraîchement recueillies quotidiennement ou 1 jour/2

Les techniques de concentration augmentent la sensibilité.

Les oocystes peuvent être visualisés sur montage humide sous hydroxyde en microscopie par contraste d'interférence différentielle ou par microscopie à épifluorescence. Colorer les prélèvements fixés par la technique de coloration acido-résistante modifiée.

Cyclospora sp

Plusieurs selles fraîchement recueillies quotidiennement ou 1 jour/2

Les prélèvements doivent être réfrigérés ou conservés au formol à 10% ou au bichromate de K à 2,5%. Les techniques de concentration augmentent la sensibilité.

Examiner les montages humides sous hydroxyde de potassium en lumière conventionnelle, contraste d'interférence différentielle et microscopie par fluorescence. Les oocystes sont auto fluorescents à la lumière UV. Les prélèvements fixés peuvent être colorés par la technique de coloration acido-résistante modifiée ou à la safranine, modifiées.

Microsporidies

Plusieurs selles recueillies quotidiennement ou 1 jour/2

Des biopsies de l'intestin grêle peuvent être nécessaires si les selles sont négatives.

Les prélèvements colorés par le trichrome de Weber sont le plus largement utilisé. Des agents chémofluorescents comme le Calcofluor blanc peuvent aussi être utilisés pour une identification rapide.

La microscopie électronique est la technique la plus sensible et est utilisée pour la spéciation.

Trichuris sp

Ascaris sp

Ankylostomes

Strongyloides sp

Ténias

Trématodes

3 selles recueillies quotidiennement (jusqu'à 7 nécessaires pour Strongyloides)

Réfrigérez le prélèvement si nécessaire.

L'examen direct n'est pas décisif, mais les larves d'ankylostomes éclos des œufs dans les selles ayant attendu avant l'examen peuvent être confondues avec celles des Strongyloides.

Les larves mobiles sont observées avec Strongyloides; des œufs sont rarement observés dans le culot.

Pour les Strongyloides (anguillules) le test de culture en gélose est plus sensible que l'examen direct des larves et œufs.

Enterobius sp

Taenia sp

Œufs prélevés dans la zone située autour de l'anus sur un ruban adhésif

Recueillir dans la zone située autour de l'anus le matin avant la toilette ou la défécation.

Les œufs d'Enterobius sont parfois observés dans un prélèvement de selles ou dans un prélèvement vaginal effectué pour un test de Papanicolaou.

Crachats ou aspiration des voies respiratoires

Paragonimus sp

Crachats frais

Examiner les prélèvements dès que possible ou les préserver un examen ultérieur.

Des techniques de concentration peuvent être nécessaires.

Strongyloides sp (hyperinfection)

Crachats, toute matière aspirée, liquide obtenu par lavage alvéolaire ou matériel de drainage

Examiner les prélèvements dès que possible ou les conserver pour un examen ultérieur.

Les larves mobiles peuvent être observées en montage humide sous hydroxyde de potassium et peuvent être cultivées ou fixées et colorés au Giemsa.

Biopsie pulmonaire

Paragonimus sp

Biopsie pulmonaire à ciel ouvert

Biopsie percutanée guidée par radioscopie ou TDM

Recueillir et placer dans un récipient stérile dans une solution physiologique stérile.

La biopsie peut permettre l'identification des espèces, si une douve (trématode) est récupérée.

Peau

Onchocerca volvulus

Chez les patients infectés en Afrique, on procède à des biopsies cutanées superficielles, exsangues, de la cuisse, des fesses ou de la crête iliaque

Chez les patients infectés en Amérique latine, on prélève des copeaux de peau de la tête, de l'omoplate ou des fesses

Dans le cas des biopsies cutanées exsangues, désinfecter la peau avec de l'alcool, insérer une aiguille de calibre 25 juste sous l'épiderme, la soulever et couper de petits morceaux de peau avec une lame de bistouri ou de rasoir ou pratiquer une biopsie à l'aide d'un appareil à biopsie sclérocornéenne.

Des saignements ne doivent pas être observés.

Examiner le prélèvement déposé dans du sérum physiologique à la recherche de microfilaires mobiles.

Leishmania sp

Biopsier le bord de l'ulcère ou faire un frottis sur lame avec le produit de grattage

Rechercher des formes amastigotes dans le frottis de la lésion ou l'apposition sur lame de la paroi de l'ulcère biopsiée.

Colorer au Wright ou au Giemsa les lames d'apposition, d'histopathologie et la culture.

Sécrétions génito-urinaires ou biopsie

Trichomonas sp

1 écouvillon stérile des sécrétions prostatiques, vaginales, ou urétrales placé dans un tube avec une petite quantité de solution physiologique stérile

Dire aux femmes de ne pas faire des irrigations vaginales pendant 3–4 jours avant de recueillir les prélèvements.

Envoyer les prélèvements au laboratoire dès que possible.

L'identification des microrganismes mobiles sur montage humide sous hydroxyde de potassium est la méthode la plus rapide. L'immunofluorescence directe est plus sensible; pour les parasites mais nécessite un délai de 3 à 7 jours.

Schistosoma haematobium, rarement S. japonicum

Urine fraîche ou une biopsie de la zone autour du trigone

L'heure recommandée pour la collecte de l'urine est entre 12 et 15 h.

Utiliser des montages humides sous hydroxyde de potassium du culot de centrifugation.

DFA = direct fluorescent antibody (immunofluorescence directe); UV = ultraviolet.

Basée sur le CDC's Laboratory Identification of Parasites of Public Health Concern (www.cdc.gov/dpdx/).

Parasites de l'appareil digestif

Les différentes étapes des protozoaires et des helminthes qui infectent le tractus gastro-intestinal sont généralement évacuées dans les selles. Le dépistage systématique exige un examen des selles, de préférence 3 prélèvements, prélevés sur plusieurs jours, car l’élimination des éléments parasitaires peut être intermittent. Pour certains parasites, des techniques relativement sensibles et spécifiques sont disponibles pour détecter les Ag dans les selles.

Les selles fraîchement émises et non diluées avec de l’eau ou souillées avec de l’urine, de la poussière ou des désinfectants, doivent être envoyées au laboratoire dans l’heure qui suit; les selles molles ou liquides ont plus de chance de contenir des trophozoïtes mobiles. Si l'examen ne peut pas se faire immédiatement, il faut réfrigérer, mais ne pas congeler, les selles. Des parties des prélèvements frais de selles doivent être homogénéisées dans un milieu fixateur, pour conserver les protozoaires gastro-intestinaux. Des techniques de concentration adéquates peuvent être utilisées pour améliorer la sensibilité du diagnostic coprologique. Des écouvillonnages anaux ou l'apposition de rubans adhésifs sur l'anus peuvent permettre de collecter les œufs d'oxyures ou de ténias. En cas de suspicion de strongyloïdose (anguillulose), les selles fraîches doivent être étalées sur une plaque de gélose et incubées afin d'identifier les larves ou faire l'objet d'une technique de concentration de Baermann. Les antibiotiques, les produits de contraste rx, les purgatifs et les antiacides peuvent gêner la détection des œufs et des parasites pendant plusieurs semaines. Les sérodiagnostics, les tests de détection antigénique (p. ex., pour Giardia intestinalis, Cryptosporidium sp, ou Entamoeba histolytica), ou des techniques par PCR peuvent faciliter le diagnostic ( Tests sérologiques et moléculaires des infections parasitaires). La sensibilité d'un seul examen des selles pour les œufs et les protozoaires est suffisamment faible, pour justifier en cas de forte suspicion clinique de recourir à l'administration d'un traitement empirique.

La sigmoïdoscopie ou la coloscopie doivent être envisagées quand les examens systématiques des selles sont négatifs et qu'une amibiase est suspectée devant des symptômes gastro-intestinaux persistants. Les prélèvements par sigmoïdoscopie, à l'aide d'une curette ou d'une pince à biopsie (les coton-tiges écouvillons ne sont pas adaptés), doivent être examinés immédiatement au microscope. L'examen du liquide duodénal prélevé par aspiration ou une biopsie de l'intestin grêle peuvent être nécessaires au diagnostic de certaines infections, telles que la cryptosporidiose et la microsporidiose.

Sérodiagnostic des infections parasitaires

Certains parasites peuvent être détectés par les tests sérologiques ( Tests sérologiques et moléculaires des infections parasitaires).

Tests sérologiques et moléculaires des infections parasitaires

Infection

Ac

Ag ou ADN/ARN

Protozoaires

Trypanosomiase africaine (Ouest)

CATT

Amibiase

Test immunoenzymatique

Test immunoenzymatique, PCR

Babésiose

Détection d'Ac par immunofluorescence indirecte

PCR

Maladie de Chagas

Immunofluorescence indirecte, test immunoenzymatique

PCR

Cryptosporidiose

Test immunoenzymatique, IFD, PCR

Cyclosporose

PCR

Giardiase

Test immunoenzymatique, IFD, PCR

Leishmaniose

Détection d'Ac par immunofluorescence indirecte, l'EIA (pour la leishmaniose viscérale)

PCR

Paludisme

Détection d'Ac par immunofluorescence indirecte

PCR, test immunochromatographique

Microsporidiose

Microscopie électronique à transmission, PCR, tests d'immunofluorescence

Toxoplasmose

Immunofluorescence indirecte, test immunoenzymatique (IgG et IgA)

PCR

Vers ronds

Filariose

Test immunoenzymatique, PCR

Strongyloïdose

Test immunoenzymatique

PCR

Trichinellose

Test immunoenzymatique

Toxocarose

Test immunoenzymatique

Trématodes

Paragonimose

Immunoblot, test immunoenzymatique

Schistosomiase (bilharziose)

Test ELISA rapide, immunoblot

Ténias

Cysticercose

Immunoblot, test immunoenzymatique

Échinococcose

Test immunoenzymatique, hémagglutination indirecte, détection d'Ac par immunofluorescence indirecte, immunoblot

CATT = test d'agglutination de la trypanosomiase sur carte pour Trypanosoma brucei gambiense; CDC = Centers for Disease Control and Prevention; DFA = direct fluorescent antibody (immunofluorescence directe); EIA = enzyme immunoassay (test immunoenzymatique); FAST-ELISA = Falcon assay screening test – enzyme-linked immunosorbent assay; IB = immunoblot; ICG = test immunochromatographique pour Plasmodium sp et P. falciparum; IFA = indirect fluorescent antibody test (immunofluorescence indirecte); IHA = indirect hemagglutination assay (hémagglutination indirecte); IIF = immunofluorescence assay (tests d'immunofluorescence); PCR = polymerase chain reaction.

Note: certains kits de détection d'Ag et de parasites sont disponibles dans le commerce. D'autres sont disponibles auprès du CDC ou dans les laboratoires de référence. Des tests moléculaires (p. ex., PCR) de l'ADN du parasite sont disponibles dans les laboratoires de recherche ou de référence pour un certain nombre de parasites, mais pas dans la plupart des laboratoires de diagnostic.

Basé sur le CDC’s Laboratory Identification of Parasites of Public Health Concern (www.dpd.cdc.gov/dpdx).

Traitement

Des conseils pour le traitement des infections parasitaires sont disponibles auprès des experts dans les principaux centres médicaux et de santé publique et les cliniques santé-voyage, dans les manuels sur les maladies infectieuses et la médecine tropicale et sous forme de résumé dans The Medical Letter on Drugs and Therapeutics. Les médicaments pour les infections parasitaires inhabituelles peuvent être obtenus auprès du fabricant ou CDC Drug Service.

Prévention

Malgré des investissements et des recherches substantiels, aucun vaccin n'est encore disponible pour la prévention des infections parasitaires humaines; cependant, les études d'un nouveau vaccin contre le paludisme suggèrent qu'il peut diminuer légèrement mais non éliminer le risque d'infection. La prévention repose sur des stratégies visant à éviter l'infection.

La transmission de la plupart des parasites intestinaux peut être évitée par

  • Une hygiène fécale correcte

  • La cuisson adéquate des aliments

  • Un approvisionnement en eau potable

Pour les voyageurs internationaux, pour les aliments et l’eau le conseil est " cuire, bouillir et peler ou éviter. Lorsque ces mesures sont suivies, elles permettent de réduire mais pas d'éliminer le risque d’infection parasitaire intestinale et de gastro-entérites bactériennes et virales. La viande, surtout le porc, mais aussi le bœuf et le mouton, le poisson, en particulier les espèces d'eau douce, doivent être parfaitement cuits avant d'être consommés. Parmi les autres mesures d'hygiène il faut éloigner les litières des chats des endroits où on prépare la nourriture afin d'éviter la transmission de la toxoplasmose. Il ne faut pas se baigner dans les lacs d'eau douce, les ruisseaux ou les rivières dans les régions où la schistosomiase (bilharziose) est endémique, marcher pieds nus ou s'asseoir fesses nues dans les régions où l'on trouve des ankylostomes et des anguillules.

Le risque de paludisme et de nombreuses autres maladies à vecteur peut être diminué en s'habillant de vêtements à longues manches et en appliquant des produits contenant du diéthyltoluamide (DEET), un produit insectifuge sur la peau exposée et de la perméthrine sur les vêtements ( Paludisme : Prévention). Les treillis à poser sur les fenêtres, l'air conditionné et les moustiquaires imprégnées de perméthrine ou d'autres insecticides procurent une protection supplémentaire. En outre, des médicaments antipaludéens doivent être administrés préventivement aux personnes voyageant dans des régions d'endémies.

Les sujets qui se rendent dans les régions rurales d'Amérique latine ne doivent pas dormir dans des habitations en torchis qui sont des refuges pour les réduviidés (punaises) qui transmettent la maladie de Chagas ( Maladie de Chagas : Prévention). En Afrique, les voyageurs doivent éviter les vêtements de couleurs vives ou le blanc et porter des vêtements à longues manches et des pantalons pour éviter les mouches tsé-tsé dans les régions où on observe la maladie du sommeil ( Trypanosomiase africaine : Prévention).

Des recommandations spécifiques pour le voyage sont disponibles sur (http://wwwnc.cdc.gov/travel/) et CDC Health Information for International Travel 2010.

Ressources dans cet article