Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Microsporidiose

Par Richard D. Pearson, MD, Emeritus Professor of Medicine, University of Virginia School of Medicine

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

La microsporidiose est une infection due à des microsporidies. La maladie symptomatique se développe préférentiellement au cours du SIDA. Elle comprend une diarrhée chronique, une infection disséminée et une atteinte de la cornée. Le diagnostic repose sur la mise en évidence des parasites dans les prélèvements biopsiques, les selles, l'urine, d'autres sécrétions ou par grattages de la cornée. Le traitement repose sur l'albendazole ou la fumagilline (en fonction de l'espèce infectante et du syndrome clinique), avec de la fumagilline topique pour les maladies des yeux.

Les microsporidies sont des protozoaires parasites intracellulaires obligatoires qui produisent des spores. Au moins 15 des > 1200 espèces sont associées à la maladie humaine. La contamination par les spores se produit par ingestion, inhalation, contact direct avec la conjonctive, contact avec des animaux, ou par transmission interhumaine. Une fois à l'intérieur de l'hôte les spores, à l'aide d'un filament ou d'un tubule polaire, perforent la cellule hôte et inoculent, par le biais de ce filament un sporoplasme infestant. À l’intérieur de la cellule, le sporoplasme se divise et se multiplie, formant des schizontes qui maturent en spores; ces spores sont disséminées à leur tour et se propagent dans l’organisme ou passent dans l’environnement par l’intermédiaire d'aérosols, des selles ou des urines. Une réaction inflammatoire se développe quand les spores sont libérées à partir des cellules hôtes.

Il existe peu de données sur les modalités de transmission à l'homme ou les réservoirs animaux potentiels. Les microsporidies sont probablement une cause fréquente de troubles gastro-intestinaux infracliniques ou discrets chez des personnes par ailleurs en bonne santé, et seuls quelques rares cas d'infection humaine avaient été rapportés avant l'apparition du SIDA, peut-être parce que la perception de l'infection par microsporidies était moindre. La kératoconjonctivite à microsporidies est depuis peu de plus en plus fréquemment observée chez les sujets immunocompétents.

Les microsporidies sont apparues comme de véritables agents pathogènes opportunistes dans le SIDA et à un degré moindre, en cas d'autres maladies immunodéprimantes. Encephalitozoon bieneusi et E. (précédemment nommé Septata) intestinalis peuvent provoquer une diarrhée chronique en cas de SIDA avec un taux de CD4+ < 100/μL. Des espèces de microsporidies peuvent également infecter les voies biliaires, la cornée, les muscles, l'appareil respiratoire, l'appareil génito-urinaire et parfois le SNC.

Symptomatologie

Les symptômes cliniques dus aux microsporidies varient selon les espèces de parasite et le statut immunitaire de l'hôte. Dans le SIDA, de nombreuses espèces peuvent provoquer des symptômes divers, diarrhée chronique, angiocholite, malabsorption, amaigrissement, kératoconjonctivite ponctuée, péritonite, hépatite, myosite ou sinusite. Des infections des reins et de la vésicule biliaire sont observées. Vittaforma (Nosema) corneum et plusieurs autres espèces peuvent être à l'origine d'infections oculaires sévères allant d'une kératite ponctuée avec rougeur et irritation à une kératite sévère pouvant entraîner une cécité.

Diagnostic

  • La microscopie optique ou électronique avec des colorations spéciales

Les microsporidies peuvent être isolées sur des prélèvements de tissus malades obtenus par biopsie ou dans les selles, les urines, le LCR, les crachats et par grattage de la cornée. Les microsporidies sont au mieux mises en évidence par des techniques de coloration spéciales. Des composés fluorescents (fluorochromes) peuvent être utilisés pour détecter rapidement les spores dans les tissus et les frottis. La technique quick-hot Gram chromotope est la plus rapide. Le dosage immunoenzymatique et les tests basés sur la PCR sont prometteurs pour l'avenir.

La microscopie électronique est la technique la plus sensible utilisée actuellement pour la détermination spécifique.

Traitement

  • En cas de SIDA, initiation ou optimisation de la thérapie antirétrovirale

  • Pour la microsporidiose digestive, cutanée, musculaire, ou disséminée, l'albendazole po ou la fumagilline (si disponible), en fonction des espèces infectantes

  • Pour la kératoconjonctivite, albendazole oral et fumagilline topique

En cas de mircosporidose gastro-intestinale, l'albendazole (400 mg po bid pendant quelques semaines chez l'adulte) peut être efficace pour contrôler les diarréhes dues à E. intestinalis. Ce médicament réduit la quantité de microrganismes dans les biopsies de l'intestin grêle, mais n'élimine pas le parasite. L'albendazole 400 mg po bid pendant plusieurs semaines a été utilisé pour traiter les microsporidioses cutanées, musculaires ou disséminées à E. intestinalis et à de nombreuses autres espèces de microsporidies. L'albendazole 400 mg po bid en association avec l'itraconazole 400 mg po tous les jours a été utilisé dans les infections par Trachipleistophora et Anncaliia. L'albendazole n'est pas actif contre E. bieneusi et V. corneum. Chez les patients qui ont un SIDA, la durée du traitement et les résultats dépendent du taux de reconstitution immunitaire sous traitement antirétroviral.

La fumagilline 20 mg po tid pendant 14 jours a été utilisée dans l'infection intestinale par E. bieneusi, mais elle a des effets indésirables potentiellement graves, dont une thrombopénie réversible sévère chez près de la moitié des patients. La fumagilline orale n'est pas disponible aux États-Unis.

La kératoconjonctivite microsporidienne oculaire peut être traitée par l'albendazole 400 mg po bid plus de la fumagilline en collyre 3 mg/mL (2 gouttes q 2 h pendant 4 jours, puis 2 gouttes qid). Les fluoroquinolones topiques se sont révélées efficaces chez certains patients. Quand la thérapie topique et systémique est inefficace, la kératoplastie peut être utile. Le résultat est généralement très bon chez les patients immunocompétents; en cas de SIDA, il dépend du taux de reconstitution immunitaire avec traitement antirétroviral.

Points clés

  • La microsporidiose est principalement observée chez les patients immunodéprimés, principalement ceux qui ont un sida, mais des kératoconjonctivites sont de plus en plus observées chez des sujets par ailleurs en bonne santé.

  • La contamination par des spores de microsporidies peut se produire par ingestion, inhalation, contact direct avec la conjonctive, contact avec des animaux, ou par transmission interhumaine.

  • Les manifestations varient énormément en fonction du microrganisme et de l'état du système immunitaire du patient, mais une diarrhée chronique, une malabsorption, un amaigrissement, une cholangite, une kératoconjonctivite ponctuée, une péritonite, une hépatites, une myosite ou une sinusite peuvent survenir.

  • Diagnostiquer par microscopie optique ou électronique avec des colorations spéciales; les tests basés sur l'ADN sont utiles, mais ne sont pas largement disponibles.

  • En cas de SIDA, l'initiation ou l'optimisation de la thérapie antirétrovirale est d'une importance primordiale.

  • L'albendazole et la fumagilline orale ou topique peuvent être utiles, en fonction des espèces infectantes et des organes impliqués; la fumagilline orale n'est pas disponible aux États-Unis.