Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses

(Fièvre pourprée; fièvre à tiques; typhus dû aux tiques)

Par William A. Petri, Jr, MD, PhD, Wade Hampton Frost Professor of Medicine and Chief, Division of Infectious Diseases and International Health, University of Virginia School of Medicine

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

La fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses est due à Rickettsia rickettsii et est transmise par les tiques ixodidées. Les symptômes sont une fièvre élevée, céphalées violentes et un exanthème.

La fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses est une rickettsiose.

Épidémiologie

La fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses n'est localisée que dans l'hémisphère occidental. Initialement reconnue dans les États des Montagnes Rocheuses, elle est présente dans pratiquement tous les États des États-Unis, et partout en Amérique Centrale et du Sud. Chez l'homme, l'infection sévit principalement de mars à septembre, lorsque les tiques adultes sont actives et que la fréquentation par l'homme des régions infestées par les tiques est plus importante. Dans les États du Sud des États-Unis, des cas sont observés tout au long de l'année de façon sporadique. L'incidence la plus élevée est retrouvée chez l'enfant de < 15 ans et chez le patient fréquentant les régions infestées par les tiques pour des raisons professionnelles ou touristiques.

Les tiques dures (famille des Ixodidae) abritent R. rickettsii. Les femelles infectées transmettent l'agent pathogène à leur descendance. Ces tiques en sont les réservoirs naturels. Dermacentor andersoni (tique des bois) est le vecteur principal dans l'Ouest des États-Unis. D. variabilis (tique du chien) est le vecteur dans l'Est et le Sud des États-Unis.

Il n'y a pas de contamination interhumaine directe de la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses.

Physiopathologie

Les petits vaisseaux sanguins sont le siège des lésions anatomopathologiques caractéristiques. Les rickettsies se propagent au niveau des cellules endothéliales lésées et les vaisseaux peuvent être obstrués par un thrombus, entraînant une vascularite dans la peau, le tissu sous-cutané, le SNC, les poumons, le cœur, les reins, le foie et la rate. La coagulation intravasculaire disséminée se produit souvent en cas de forme sévère.

Symptomatologie

La période d’incubation est en moyenne de 7 jours et va de 3 à 12 j; plus la période d’incubation est brève, plus l'infection est grave.

Le début est brutal, avec des céphalées intenses, des frissons, une prostration et des myalgies. La fièvre atteint 39,5 à 40° C en quelques jours et reste élevée (pendant 15 à 20 jours dans les cas graves), bien que des rémissions matinales puissent survenir.

Entre le 1er et le 6e jour de fièvre, la plupart des patients développent un exanthème sur les poignets, les chevilles, la paume des mains, la plante des pieds et les avant-bras qui s'étend rapidement vers le cou, la face, les aisselles, les fesses et le tronc. Initialement maculaire et rose, l'exanthème devient maculopapuleux et plus foncé. En 4 jours environ, les lésions deviennent pétéchiales et peuvent confluer pour former de grandes zones hémorragiques qui peuvent ensuite s'ulcérer.

Les symptômes neurologiques comprennent des céphalées, une agitation, une insomnie, un syndrome confusionnel et un coma, tous des symptômes évocateurs d'encéphalite.

Une hypotension est observée dans les cas graves. Une hépatomégalie peut être constatée, mais l'ictère est inhabituel. Les nausées et les vomissements sont fréquents. Une pneumonie localisée est possible. À défaut de traitement, le patient peut présenter des complications, telles que pneumonie, nécrose tissulaire et collapsus cardiovasculaire, parfois avec des lésions cérébrales et cardiaques. Un arrêt cardiaque avec mort subite peut parfois survenir dans les formes fulminantes.

Diagnostic

  • Signes cliniques

  • Biopsie de l'éruption avec immunofluorescence directe pour détecter les microrganismes

  • Test sérologiques en aigu et en convalescence (sérologies inutiles à la phase aiguë)

  • PCR

Pour les spécificités du diagnostic, Revue générale des rickettsioses : Diagnostic.

Il faut suspecter une fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses chez tout patient vivant dans ou à proximité d'un bois partout dans l'hémisphère Ouest et atteint d'une infection sévère, se plaignant de fièvre inexpliquée, de céphalées et de prostration, avec ou sans antécédent de piqûre de tique, ayant eu des contacts. Des antécédents de morsure de tique sont observés chez 70% des patients.

Traitement

  • Doxycycline

L’antibiothérapie précoce réduit significativement la mortalité, d’environ 20 à 5% et évite la plupart des complications. Si les patients qui ont été dans une zone d'endémie ont eu une morsure de tique mais sans symptômes cliniques, les antibiotiques ne doivent pas être administrés immédiatement.

Mais, en cas de fièvre, de céphalées et d'une sensation de malaise, avec ou sans éruption, les antibiotiques doivent être commencés rapidement.

Le traitement principal est la doxycycline 200 mg po en 1 fois suivie de 100 mg bid jusqu'à l'amélioration de l'état du patient, à poursuivre encore 24 à 48 h après l'apyrexie pendant au moins 7 jours.

Le chloramphénicol 500 mg po ou IV qid pendant 7 jours constitue le traitement de seconde intention.

Il n'existe pas de vaccin efficace. Des mesures doivent être prises pour éviter les morsures de tiques.

Ressources dans cet article