Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Rachitisme hypophosphatémique

(Rachitisme vitamine D résistant)

Par Christopher J. LaRosa, MD

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

Le rachitisme hypophosphatémique est une affection caractérisée par une hypophosphatémie, une absorption intestinale du Ca défectueuse et un rachitisme ou une ostéomalacie insensibles à la vitamine D. Il est habituellement héréditaire. Les symptômes sont des douleurs osseuses, des fractures et des anomalies de croissance. Le diagnostic repose sur les dosages du phosphore sérique, des phosphatases alcalines et de la 1,25-dihydroxyvitamine D3. Le traitement repose sur les phosphates po associés au calcitriol.

Le rachitisme hypophosphatémique familial est généralement transmis de façon dominante liée à l’X; d’autres modes de transmission existent, mais sont plus rares.

Des cas sporadiques acquis sont parfois associés à des tumeurs mésenchymateuses bénignes qui produisent un facteur humoral qui diminue la réabsorption tubulaire proximale rénale du phosphore (ostéomalacie induite par la tumeur).

Physiopathologie

L'anomalie observée est la diminution de la réabsorption tubulaire rénale proximale du phosphate, ce qui entraîne une perte de l'excrétion rénale et une hypophosphatémie. Ce défaut est dû à des facteurs circulants appelés phosphatonines. La principale phosphatonine dans le rachitisme hypophosphatémique héréditaire est la FGF-23. Une diminution de l'absorption intestinale du phosphore et du Ca existe également. Le défaut de minéralisation osseuse est dû aux taux bas de phosphates et à un dysfonctionnement ostéoblastique plutôt qu'au taux faible de Ca et élevé de parathormone (PTH) du rachitisme calcipénique ( Carence et dépendance en vitamine D). Les taux de 1,25-dihydroxyvitamine D3 étant normaux ou légèrement abaissés, une anomalie dans la conversion; l’hypophosphatémie devrait normalement entraîner une augmentation des taux de 1,25-dihydroxyvitamine D3.

Symptomatologie

La maladie se manifeste comme un éventail d'anomalies, allant de l'hypophosphatémie isolée à un retard de croissance avec une petite taille jusqu'à un rachitisme ou une ostéomalacie sévères. Habituellement, la présentation chez les enfants a lieu après le début de la marche, avec une incurvation des jambes et d'autres déformations osseuses, des pseudofractures (c.-à-d., des signes rx d'ostéomalacie qui peuvent présenter des zones de fractures de stress antérieures qui ont été remplacées par un tissu ostéoïde insuffisamment minéralisé vs des zones d'érosions osseuses), des douleurs osseuses, et une petite taille. Des excroissances osseuses au niveau des insertions musculaires peuvent limiter les mouvements. Les lésions rachitiques du rachis ou du bassin, les défauts de l'émail dentaire et la tétanie observés dans les carences alimentaires en vitamine D sont rarement présents dans le rachitisme hypophosphatémique.

Diagnostic

  • Le patient doit avoir un dosage de la calcémie, de la phosphorémie, des phosphatases alcalines, de la 1,25 dihydroxyvitamine D3, de la PTH et de la phosphaturie

  • Taux de phosphate urinaire

  • Rx osseuse

Les taux sériques de phosphore sont abaissés, alors que l'excrétion urinaire des phosphates est élevée. La calcémie et la PTH sont normales et les phosphatases alcalines sériques sont souvent élevées. La stimulation de la production du calcitriol induite par l'hypophosphatémie ne se produit pas. Généralement, les taux de calcidiol sont normaux, alors que les taux de calcitriol sont normaux à faibles. Dans les rachitismes par déficit en Ca, une hypocalcémie est présente, l'hypophosphatémie est modérée ou absente et la phosphaturie n'est pas élevée.

Traitement

  • Phosphates ou calcitriol oraux

Le traitement se compose de phosphore, en solution ou comprimés de phosphate neutre. La dose initiale chez l'enfant est de 10 mg/kg (basée en phosphore élément) po qid. La supplémentation en phosphates abaisse les concentrations du Ca ionisé et inhibe en outre la conversion du calcitriol, induisant une hyperparathyroïdie secondaire et une exacerbation des pertes urinaires de phosphates. Ainsi, la vitamine D est administrée sous forme de calcitriol, initialement de 5 à 10 ng/kg po bid. La dose de phosphate doit parfois être augmentée pour assurer la croissance osseuse ou soulager les douleurs osseuses. Une diarrhée peut limiter la dose orale de phosphate. Une augmentation de la phosphatémie, une diminution de la phosphatase alcaline, la guérison des lésions rachitiques et l'amélioration de la vitesse de croissance se produisent. Une hypercalcémie, une hypercalciurie et une néphrocalcinose avec diminution de la fonction rénale peuvent compliquer le traitement. Les patients suivant ce traitement doivent bénéficier d'évaluations de contrôle fréquentes.

Les adultes souffrant de rachitisme oncogène peuvent être améliorés de façon spectaculaire par l'exérèse de la tumeur mésenchymateuse responsable de la pathologie. Autrement, le rachitisme oncogène est traité par du calcitriol 5 à 10 ng/kg po bid et du phosphore élément 250 mg à 1 g po tid qid.

Points clés

  • La réduction de la réabsorption rénale du phosphate aboutit à une perte rénale de phosphates et à une hyperphosphatémie.

  • La minéralisation osseuse est déficiente en raison de faibles taux de phosphate et du dysfonctionnement des ostéoblastes.

  • Les enfants ont un retard de croissance, des douleurs et des déformations osseuses (p. ex., jambes arquées), et une petite taille.

  • Diagnostiquer en mettant en évidence des taux sériques de phosphate bas, des taux urinaires de phosphate élevés et des taux sériques normaux de Ca et de PTH.

  • Traiter par des suppléments de phosphate et par de la vitamine D (sous forme de calcitriol) par voie orale.