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Rubéole

(Rubéole)

Par Mary T. Caserta, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry;Golisano Children’s Hospital at Strong, University of Rochester Medical Center

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La rubéole est une infection virale contagieuse qui peut entraîner une adénopathie, une éruption et parfois des symptômes généraux qui sont habituellement modérés et brefs. Une infection en début de grossesse peut être à l'origine d'une fausse couche spontanée, de mort fœtale tardive ou d'anomalies congénitales. Le diagnostic est habituellement clinique. Les cas doivent être signalés aux autorités sanitaires. Le traitement est habituellement inutile. La vaccination est efficace en prévention.

La rubéole est due à un virus à ARN, le virus de la rubéole, qui se propage par les gouttelettes respiratoires, par contact étroit ou par l'air. Le patient peut transmettre la rubéole s'il présente une infection asymptomatique ou à partir de 10 j avant et jusqu'à 15 j après le début de l'éruption; la période de risque maximal va de quelques jours avant que l'éruption apparaisse à 7 j après l'apparition de l'éruption cutanée. Les nourrissons qui présentent une infection congénitale ( Rubéole congénitale) restent potentiellement contagieux des mois après la naissance.

La rubéole est moins contagieuse que la rougeole. L'immunité semble acquise définitivement après une infection naturelle. Cependant, parmi la population non vaccinée, 10 à 15% des jeunes adultes n’ont cependant pas été infectés dans l’enfance et sont donc sensibles. Actuellement, l’incidence aux USA est historiquement basse du fait de la vaccination systématique pendant l’enfance; tous les cas depuis 2004 ont été des cas d'importation.

Symptomatologie

De nombreux cas sont bénins. Après une période d’incubation de 14 à 21 j, une phase prodromique de 1 à 5 j, associant habituellement un fébricule, un malaise général, une conjonctivite et des adénopathies se produit chez l'adulte. Elle peut être minime ou absente chez l'enfant. La tuméfaction douloureuse des ganglions occipitaux, rétro-auriculaires et cervicaux postérieurs est caractéristique. On observe au début une pharyngite.

L’éruption est similaire à celle de la rougeole mais elle est moins étendue et plus évanescent; c’est souvent le premier signe chez l’enfant. Elle commence sur le visage et le cou et s'étend rapidement au tronc et aux membres. Au début de l'éruption, un érythème maculaire discret peut apparaître, en particulier sur le visage. Le 2e j, l’éruption devient souvent plus scarlatiniforme (en tête d’épingles) avec coloration rougeâtre. Des pétéchies se forment sur le palais mou (taches de Forschheimer), avec plus tard coalescence sous forme d'une éruption rouge. L'éruption dure de 3 à 5 j.

Chez l'enfant, les symptômes généraux sont absents ou modérés et peuvent comprendre un léger malaise et parfois des arthralgies. Chez l'adulte, les symptômes généraux sont habituellement peu nombreux, voire inexistants, mais on peut parfois observer une fièvre, un malaise, des céphalées, une raideur des articulations, une arthrite transitoire et une légère rhinite. La fièvre disparaît habituellement vers le 2e j de l’éruption.

De rares encéphalites ont été observées lors de grandes épidémies chez les militaires. La guérison est généralement complète, mais l'encéphalite peut parfois être fatale. On observe rarement un purpura thrombopénique ou une otite moyenne.

Diagnostic

  • Bilan clinique

  • Tests sérologiques

La rubéole est évoquée devant une adénopathie et une éruption caractéristiques. Un diagnostic biologique est nécessaire chez la femme enceinte, le patient présentant une encéphalite et le nouveau-né. En outre, l'évaluation en laboratoire est fortement encouragée pour tous les cas suspects de rubéole à des fins de santé publique. Une augmentation 4 fois des titres d'Ac entre la phase aiguë et de convalescence (4–8 semaines) confirme le diagnostic, de même que les dosages d'Ac sériques IgM de la rubéole. La détection de l'ARN viral par reverse transcriptase-PCR au niveau de la gorge, du nez, ou de prélèvements d'urine peut également être effectuée pour confirmer le diagnostic; une analyse du génotype est utile dans les enquêtes épidémiologiques.

Le diagnostic différentiel comprend la rougeole Rougeole, la scarlatine Maladies causées par les streptocoques, la syphilis secondaire Syphilis : Syphilis secondaire, les éruptions médicamenteuses Érythème infectieux, l'érythème infectieux ( Mononucléose infectieuse) et la mononucléose infectieuse, ainsi que les infections par virus écho et coxsackie ( Certains virus respiratoires). Les infections par entérovirus et parvovirus B19 (érythème infectieux) peuvent être cliniquement indiscernables.

Certaines de ces pathologies peuvent être distinguées de la rubéole de la manière suivante:

  • Rougeole: la rubéole se différencie de la rougeole par une éruption plus évanescente, moins intense; des symptômes généraux moins sévères et plus brefs; et l'absence de taches de Koplik, de photophobie, et de toux.

  • Scarlatine: en un jour du début de l'infection, la scarlatine provoque habituellement des symptômes généraux et une pharyngite plus sévères que la rubéole.

  • Syphilis secondaire: dans la syphilis secondaire, l'adénopathie n'est pas douloureuse et l'éruption prédomine habituellement sur les paumes des mains et les plantes des pieds. En outre, le diagnostic biologique de la syphilis est généralement facilement disponible.

  • Mononucléose infectieuse: la mononucléose infectieuse se distingue par une pharyngite plus sévère, un malaise prolongé avec des lymphocytes atypiques, par les tests sérologiques du virus Epstein-Barr ( Mononucléose infectieuse).

Traitement

  • Soins de support

Le traitement est symptomatique. Il n'existe pas de traitement spécifique de l'encéphalite.

Prévention

Le vaccin à virus vivant est systématiquement administré ( Calendrier vaccinal recommandé de 0 à 6 ans et Calendrier vaccinal recommandé de 7 à 18 ans). Il procure une immunité pendant 15 ans chez > 95% des receveurs et sans risque de transmission virale. D'autres infections étant cliniquement indiscernables de la rubéole, un antécédent rapporté de rubéole n'affirme pas l'existence d'une immunité.

La vaccination est administrée aux enfants en association avec celle de la rougeole, des oreillons et de la rubéole en 2 doses:

  • La première dose à l'âge de 12 ans à 15 mois

  • La deuxième dose à l'âge de 4 à 6 ans

Une dose est recommandée chez tous les sujets pubères sensibles, en particulier les étudiants, les recrues militaires, les professionnels de santé, les immigrés récents et les sujets travaillant avec de jeunes enfants. La vaccination systématique par vaccin antirubéoleux vivant est recommandée chez toutes les mères réceptives à la maladie immédiatement après l'accouchement. Le dépistage chez la femme en âge de procréer des Ac antirubéoleux et la vaccination des personnes sensibles sont également conseillés. La femme recevant le vaccin doit cependant éviter de devenir enceinte pendant au moins les 28 j qui suivent. Le virus du vaccin peut en effet infecter le fœtus en début de grossesse. Le vaccin ne déclenche pas le syndrome de rubéole congénitale, mais le risque de lésions fœtales est estimé à 3%. L'utilisation du vaccin est contre-indiquée pendant la grossesse.

Une fièvre, une éruption cutanée, une lymphadénopathie, une polyneuropathie, arthralgie et une arthrite se produisent rarement après la vaccination chez l’enfant; un gonflement douloureux des articulations fait parfois suite à la vaccination chez l'adulte, le plus souvent chez la femme non immunisée.

Points clés

  • La rubéole provoque une éruption scarlatiniforme et souvent une fébricule, un malaise, une conjonctivite, et une lymphadénopathie (impliquant typiquement les ganglions sous-occipitaux, rétro-auriculaires, et cervicaux postérieurs).

  • La plupart des cas sont bénins et les complications sont rares, sauf dans les rares cas d'encéphalite et de risque au début de la grossesse que l'infection puisse provoquer un avortement spontané, une mortinatalité, ou des malformations congénitales.

  • Le diagnostic biologique est fortement encouragé pour tous les cas suspects à des fins de santé publique; ou l'analyse par PCR peut être effectuée.

  • Le dépistage chez la femme en âge de procréer des Ac antirubéoleux et la vaccination des sujets sensibles sont également conseillés à condition que toute conception soit empêchée pendant ≥ 28 j après.

  • La vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse

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