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Incontinence urinaire chez l'enfant

(Énurésie)

Par Teodoro Ernesto Figueroa, MD, Alfred I. duPont Nemours Hospital for Children;Thomas Jefferson University

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L'incontinence urinaire est définie comme l'élimination involontaire des urines 2 fois/mois pendant la journée ou la nuit. L'incontinence en journée (énurésie diurne) n'est habituellement pas diagnostiquée avant l'âge de 5 ou 6 ans. L'incontinence nocturne (énurésie nocturne ou pipi au lit) est habituellement diagnostiquée après l'âge de 7 ans. Avant ce moment, l'énurésie nocturne est simplement désignée comme épisodes d'énurésie nocturne. Ces limites d'âge sont basées sur les enfants ont un développement normal et peuvent ne pas s'appliquer aux enfants qui ont un retard de développement. L'énurésie nocturne et diurne est un symptôme, non un diagnostic, et nécessite la recherche d'une cause sous-jacente.

L'acquisition de la continence urinaire se fait à un âge variable, mais > 90% des enfants sont continents pendant la journée à 5 ans. La continence de nuit est acquise plus tard. L’énurésie nocturne touche environ 30% des enfants à 4 ans, 10% à 7 ans, 3% à 12 ans, et 1% à 18 ans. Environ 0,5% des adultes continuent à avoir des épisodes de fuites urinaires nocturnes. L'énurésie nocturne est plus fréquente chez les garçons et en cas d'antécédents familiaux.

On parle d'énurésie primaire pour des enfants n'ayant jamais été continents pour une durée 6 mois. Dans l'énurésie secondaire, les enfants ont développé une incontinence après une période d'au moins 6 mois de continence urinaire. Une cause organique est plus probable en cas d'énurésie secondaire. Même lorsqu'il n'existe aucune cause organique, un traitement approprié et une éducation parentale sont essentiels du fait de l'impact physique et psychologique de l'incontinence urinaire.

Physiopathologie

La fonction vésicale a une phase de stockage et une de phase de miction. Des anomalies pour chacune de ces phases peuvent provoquer une énurésie primaire ou secondaire.

Dans la phase de remplissage, la vessie agit comme un réservoir pour l'urine. La capacité de remplissage est dépendante de la taille et de la compliance de la vessie. La capacité de remplissage augmente avec la croissance de l'enfant. La compliance peut être diminuée par des infections à répétition ou par une obstruction du col vésical, provoquant une hypertrophie du détrusor (muscle de la paroi vésicale).

Au cours de la phase mictionnelle, la contraction vésicale est synchronisée avec l'ouverture du col vésical et le relâchement du sphincter urinaire externe. En cas de dysfonctionnement de la séquence mictionnelle, une énurésie peut survenir. Il existe de multiples raisons pour entraîner ce dysfonctionnement. Un exemple est l'irritation vésicale, qui peut conduire à des contractions irrégulières de la vessie et à un asynchronisme de la séquence mictionnelle, conduisant à une énurésie. L'irritation vésicale peut résulter d'une infection urinaire ( Infections urinaires chez l'enfant) ou d'une pression exercée sur la vessie (p. ex., un rectum dilaté provoqué par une constipation).

Étiologie

L'incontinence chez l'enfant a des causes et des traitements différents de celle de l'adulte. Bien que certains troubles provoquent une énurésie nocturne et diurne, les étiologies varient selon le caractère nocturne ou diurne de l'énurésie, ainsi que d’aspect primaire ou secondaire. La plupart des énurésies primaires sont nocturnes et ne sont pas dues à un trouble organique. L'énurésie nocturne peut être classée en monosymptomatique (ne se produit que pendant le sommeil) et complexe (d'autres anomalies sont présentes, comme une énurésie diurne et/ou des symptômes urinaires).

Énurésie nocturne

Les troubles organiques représentent environ 30% des cas et sont plus fréquents dans les formes complexes par rapport aux formes monosymptomatiques. Les autres cas sont d'étiologie non retrouvée mais sont probablement dus à une association de facteurs, dont

  • Retard de maturation

  • Enseignement de la propreté inachevé

  • Capacité vésicale fonctionnelle abaissée (la vessie n'est pas véritablement petite mais elle se contracte avant qu'elle ne soit complètement pleine)

  • Augmentation du volume urinaire nocturne

  • Sommeil perturbé

  • Antécédents familiaux (lorsqu'un des parents a eu une énurésie nocturne, il existe 30% de risque que les enfants en présentent une, ce pourcentage monte à 70% lorsque les deux parents ont été touchés)

Les facteurs contribuant à des causes organiques d'énurésie nocturne comprennent

  • Les situations qui augmentent la diurèse (p. ex., le diabète sucré, le diabète insipide, l'insuffisance rénale, l'apport excessif en eau, drépanocytose et parfois un trait drépanocytaire [hyposthénurie])

  • Les situations qui augmentent l'irritabilité vésicale (p. ex., infection urinaire, compression de la vessie par le rectum et par le côlon sigmoïde [provoquée par une constipation])

  • Des anomalies structurelles (p. ex., un uretère ectopique, qui peut provoquer une énurésie nocturne et diurne)

  • Une faiblesse du sphincter (p. ex., des anomalies de la moelle épinière, qui peuvent provoquer une énurésie nocturne et diurne)

Certains facteurs pouvant contribuer à une énurésie nocturne

Cause

Signes évocateurs

Procédure diagnostique

Constipation

Selles rares, dures en galets

Encoprésie

Gêne abdominale

Une alimentation favorisant la constipation (p. ex., des apports excessifs en lait et produits laitiers, peu de fruits et de légumes)

Bilan clinique (y compris un journal des défécations)

Parfois, une rx de l'abdomen

Une augmentation de la diurèse due à différentes causes (p. ex., diabète sucré, diabète insipide, apport excessif en eau, drépanocytose homozygote ou hétérozygote)

Il varie en fonction du trouble

Pour le diabète sucré, la glycémie

Pour le diabète insipide, l'osmolalité du sérum et du sang

Pour la drépanocytose, recherche de cellules drépanocytaires

Retard de maturation

Pas d'énurésie diurne

Plus fréquent chez les garçons avec un sommeil profond

Anamnèse familiale notant une énurésie

Bilan clinique

Apnée du sommeil

Antécédents de ronflement avec des pauses respiratoires suivies par des ronflements bruyants

Somnolence diurne excessive

Amygdales hypertrophiées

Polysomnographie

Dysraphisme spinal (p. ex., spina bifida, syndrome de la moelle attachée, défauts occultes), aboutissant à une rétention urinaire

Des anomalies vertébrales évidentes, une méningocèle, une fossette lombosacrée ou une touffe de cheveux, une faiblesse des membres inférieurs, une diminution de la sensibilité dans les membres inférieurs

Une absence de réflexe achilléen, de réflexe crémastérien et de réflexe anal

Rx lombosacrée

IRM du rachis à la recherche d'une lésion occulte

Stress

Difficultés scolaires, isolement social, stress familial (p. ex., divorce, séparation)

Bilan clinique (dont un journal mictionnel)

Infection urinaire

Dysurie, hématurie, pollakiurie, mictions impérieuses

Fièvre

Douleur abdominale

Analyse d'urines

ECBU

En cas de pyélonéphrite, échographie et cystouréthrogramme mictionnels

Énurésie diurne

Les causes fréquentes comprennent

  • Une irritabilité vésicale

  • Une relative faiblesse de la contraction du détrusor (rendant difficile à retenir les fuites)

  • Une constipation, un écopage vaginal: filles qui utilisent une position incorrecte pendant la miction (p. ex., les jambes jointes) ou de perte ou ont des plis cutanés redondants avec un reflux de l'urine dans le vagin, qui ultérieurement va s'échapper lors du retour à la position debout

  • Des anomalies structurelles (p. ex., uretères ectopiques)

  • Une faiblesse du sphincter (p. ex., anomalie de la moelle épinière, syndrome de la moelle attachée)

Certaines causes organiques d'énurésie diurne

Cause

Signes évocateurs

Procédure diagnostique

Constipation

Selles rares, dures en galets

Parfois, encoprésie, gêne abdominale

Une alimentation favorisant la constipation (p. ex., le lait et les produits laitiers, peu de fruits et de légumes)

Bilan clinique (y compris un journal des défécations)

Parfois, une rx de l'abdomen

Des anomalies de miction secondaire à l'absence de coordination entre la contraction du détrusor et le relâchement du sphincter, non liée à une cause neurologique

Souvent encoprésie, reflux vésico-urétéral et infections urinaires

Peut-être une énurésie nocturne et diurne

Le bilan urodynamique montre une dyssynergie vésico-sphinctérienne

Examens urodynamiques

Parfois, urétrocystographie permictionnelle

Incontinence au fou rire

Miction pendant les rires, presque exclusivement chez les filles

À d'autres moments, les mictions sont absolument normales

Bilan clinique

Une augmentation de la diurèse due à différentes causes (p. ex., diabète sucré, diabète insipide, apport excessif en eau, drépanocytose homozygote ou hétérozygote)

Ils varient en fonction du trouble

Pour le diabète sucré, la glycémie

Pour le diabète insipide, l'osmolalité du sérum et du sang

Pour la drépanocytose, recherche de cellules drépanocytaires

Des mictions par regorgement en cas de rétention urinaire

Chez l'enfant, attendre à la dernière minute avant d'uriner

Situation fréquente chez le petit enfant lorsqu'il est absorbé dans ses activités de jeu

Anamnèse compatible

Journal mictionnel

Vessie neurologique secondaire à un dysraphisme spinal (p. ex., spina bifida, syndrome de la moelle attachée, troubles occultes) ou anomalie du système nerveux

Des anomalies vertébrales évidentes, une méningocèle, une fossette lombosacrée ou une touffe de cheveux, une faiblesse des membres inférieurs, une diminution de la sensibilité dans les membres inférieurs

Rx lombosacrées

IRM du rachis à la recherche d'une lésion occulte

Échographie des reins, des uretères et de la vessie

Examen urodynamique

Vessie hyperactive

Impériosité mictionnelle (essentielle pour le diagnostic); pollakiurie et nycturie également fréquentes

Parfois, utilisation de manœuvres de blocage ou de postures corporelles (p. ex., accroupie ou le signe de la révérence)

Antécédents compatibles avec les symptômes de la vessie hyperactive

Examen du journal mictionnel, examens urodynamiques, examens urodynamiques

Abus sexuels

Troubles du sommeil, difficultés scolaires (p. ex., délinquance, mauvais résultats)

Une attitude de séduction, une dépression, un intérêt inhabituel ou l'évitement de toutes choses sexuelles, une connaissance inappropriée en matière de sexualité pour l'âge

Le bilan de sévices sexuels par des experts

Stress*

Difficultés scolaires, isolement social, stress familial (p. ex., divorce, séparation)

Bilan clinique

Anomalie anatomique (p. ex., uretère ectopique, valves de l'urètre postérieur)

Chez l'enfant, une continence diurne jamais obtenue

Une énurésie diurne et nocturne chez les filles, aux antécédents de mictions normales mais avec des sous-vêtements continuellement humides et un écoulement vaginal

Possibles antécédents d'infections urinaires, des antécédents d'autres anomalies des voies urinaires

Échographie des reins

Scintigraphie rénale ou urographie IV

TDM abdominopelvienne ou urographie IRM

Infection urinaire

Dysurie, hématurie, pollakiurie, mictions impérieuses

Fièvre

Douleur abdominale

Analyse d'urines

ECBU

En cas de pyélonéphrite, l'échographie et l'urétrocystographie permictionnelle

Écopage vaginal (reflux urétrovaginal ou mictions vaginales) dû à toute cause (dont des adhérences labiales)

Fuites post-mictionnelles lorsque du lever après la miction

Un bilan clinique, comprenant une information sur la méthode de miction permettant d'éviter une rétention d'urine dans le vagin (p. ex., s'asseoir sur les toilettes en arrière, ou garder les genoux écartés)

Le stress est une cause principale lorsque l'incontinence est aiguë.

Bilan

Évaluation doit toujours comprendre un bilan de constipation (qui peut être un facteur favorisant à l'énurésie nocturne et diurne).

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle renseigne sur la date d'apparition des symptômes (c.-à-d., primaire versus secondaire), la durée des symptômes (p. ex., la nuit, la journée, après la miction) et si les symptômes sont continus (c.-à-d., constamment) ou intermittents. L'enregistrement du déroulement d'une miction (journal mictionnel), dont la durée, la fréquence et le volume, peut être utile. Les symptômes associés importants comprennent une polydipsie, une dysurie, des mictions impérieuses, une pollakiurie, un jet saccadé. La position pendant les mictions et la force du jet d'urine doivent être notées. Pour éviter les fuites, les enfants atteints d'énurésie peuvent utiliser des manœuvres pour se retenir, comme croiser les jambes ou s'accroupir (parfois avec leur main ou leur talon poussé contre leur périnée). Chez certains enfants, ces manœuvres de rétention peuvent augmenter le risque d'infection urinaire. Similaire au calendrier mictionnel, un journal des évacuations de selles peut permettre d'identifier la constipation.

La revue des systèmes doit rechercher des symptômes en faveur d’une cause, y compris la fréquence et la consistance des selles (constipation, Constipation chez l'enfant); une fièvre, des douleurs abdominales, une dysurie et une hématurie (infection urinaire); un prurit péri-anal et une vaginite (infection à oxyures); une polyurie et une polydipsie (diabète insipide ou un diabète sucré); et un ronflement ou des pauses respiratoires pendant le sommeil (apnée du sommeil). Les enfants doivent être testés pour la possibilité de sévices sexuels, qui, bien qu'il s'agisse d'une cause rare, elle est trop souvent ignorée.

La recherche des antécédents médicaux doit porter sur les causes connues possibles, y compris l'anamnèse périnatale, accident périnatal (p. ex., spina bifida), maladies du système nerveux, malformations rénales et antécédents d'infections urinaires. Tous les traitements actuels et antérieurs de l'énurésie et comment ils ont été effectivement institués doivent être notés, ainsi que la liste des médicaments actuels.

L'anamnèse du développement doit noter un retard de développement ou d'autres anomalies liées à un dysfonctionnement mictionnel (p. ex., trouble d'hyperactivité/déficit attentionnel, qui augmente la probabilité de l'énurésie).

Les antécédents familiaux notent la présence d'une énurésie nocturne et des malformations urologiques.

Les antécédents sociaux doivent noter tout stress survenant aux alentours de l’apparition des symptômes, y compris des difficultés à l’école, avec les amis ou à la maison; bien que l'énurésie ne soit pas un trouble psychologique, une brève période de fuites urinaires peut survenir en période de stress.

Les médecins doivent également demander l'entourage de l'enfant de l'impact de l'énurésie sur l'enfant parce que cela influence également les décisions thérapeutiques.

Examen clinique

L'examen commence par la recherche de signes vitaux en rapport avec la fièvre (Infection urinaire), des signes de perte de poids (le diabète, Diabète chez l'enfant et l'adolescent), et d'HTA (troubles rénaux). L'examen de la tête et du cou doit noter une hypertrophie des amygdales, une respiration buccale ou une mauvaise croissance (apnées du sommeil, Apnée obstructive du sommeil chez l'enfant). L'examen de l'abdomen doit noter toute masse compatible avec des selles ou un globe vésical.

Chez la fille, un examen génital doit noter toute coalescence des petites lèvres, cicatrices ou lésions suspectes de sévices sexuels. Un orifice ectopique urétéral est souvent difficile à observer mais doit être recherché. Chez les garçons, un examen doit vérifier l'aspect du méat urétral ou toute lésion sur le gland ou autour du rectum. Dans les deux sexes, les excoriations péri-anales peuvent suggérer oxyures.

La colonne vertébrale doit être examinée à la recherche d'anomalies de la ligne médiane (p. ex., fossette sacrée profonde, touffes de poils sacrés). Un bilan neurologique complet est essentiel et doit cibler spécifiquement la force des membres inférieurs, la sensibilité et les réflexes tendineux profonds, les réflexes sacrés (p. ex., réflexe anal), et, chez les garçons, le réflexe crémastérien pour identifier un éventuel dysraphisme médullaire. Un toucher rectal peut être utile pour détecter une constipation ou une diminution du tonus sphinctérien.

Signes d'alarme

Les signes cliniques devant attirer particulièrement l'attention sont les suivants

  • Signes évoquant des sévices sexuels

  • Soif excessive, polyurie et perte de poids

  • Énurésie primaire diurne (au-delà de l'âge de 6 ans)

  • Tout signe neurologique, en particulier au niveau des membres inférieurs

  • Signes cliniques de section de la moelle épinière

Interprétation des signes

Habituellement, l'énurésie nocturne primaire survient chez des enfants sans anamnèse particulière et un examen clinique normal. Elle représente probablement un retard de maturation. Un petit pourcentage des enfants présente une affection médicale curable; parfois les éléments suggèrent une cause (v. Certains facteurs pouvant contribuer à une énurésie nocturne). Chez les enfants qui sont en cours d'évaluation d'une énurésie nocturne, il est important de déterminer si des symptômes d'urgence diurnes, de pollakiurie, de posture du corps ou de manœuvres de retenue, et d'incontinence sont présents. Les enfants présentant ces symptômes ont une énurésie nocturne complexe, et la prise en charge doit être dirigée principalement vers le contrôle des symptômes diurnes.

Dans l'énurésie diurne, le trouble mictionnel est suggéré par une énurésie intermittente précédée par une sensation d'urgence, une histoire de déconcentration par le jeu ou une association des deux. L'énurésie après la miction (due à l'absence de vidange vésicale complète) peut également faire partie de l'anamnèse.

Les fuites urinaires provoquées par une infection urinaire sont plutôt un épisode aigu plutôt qu'une maladie chronique, ce problème intermittent peut être accompagné par des symptômes typiques (p. ex., mictions impérieuses, pollakiurie, douleurs mictionnelles); cependant, d’autres causes d’énurésie peuvent provoquer des infections urinaires.

La constipation doit être envisagée en l'absence d'autres éléments chez l'enfant qui a des selles dures et des difficultés d'exonération (parfois les selles sont palpables à l'examen).

Les apnées du sommeil doivent être envisagées en cas d'antécédents de somnolence diurne excessive et de troubles du sommeil; les parents peuvent fournir un historique du ronflement ou des pauses respiratoires. Un prurit anal (en particulier la nuit), une vaginite, une urétrite ou leur association peut être un signe de présence d'oxyures. Une soif excessive, une énurésie diurne et nocturne et une perte de poids suggèrent une possible cause organique (p. ex., le diabète sucré). Le stress ou sévices sexuels peuvent être difficiles à établir mais doivent être évoqués.

Examens complémentaires

Le diagnostic est souvent évident d'après l'anamnèse et l'examen clinique. Un ECBU est adapté aux deux sexes. Des examens supplémentaires sont utiles principalement lorsque l'anamnèse et/ou l'examen clinique suggèrent une cause organique (v. Certains facteurs pouvant contribuer à une énurésie nocturne et Certaines causes organiques d'énurésie diurne). Une échographie des reins et de la vessie est souvent effectuée pour vérifier la normalité de l'anatomie du tractus urinaire. Les examens urodynamiques peuvent montrer une miction saccadée en cas de miction dysfonctionnelle.

Traitement

La plus importante partie du traitement est l'éducation de la famille sur les causes et l'évolution clinique de l'énurésie. L'éducation permet la diminution de l'impact psychologique négatif des fuites urinaires. Elle permet également une amélioration de l'observance du traitement.

Le traitement doit tenir compte des étiologies identifiées; mais, le plus souvent aucune cause n'est retrouvée. Dans de tels cas, les traitements suivants peuvent être utiles.

Énurésie nocturne

Le plus efficace en termes de stratégie au long cours est une alarme type pipi-stop. Bien que contraignant, le taux de succès peut aller jusqu’à 70% lorsque les enfants sont motivés pour en finir avec l’énurésie et lorsque la famille adhère au traitement. Il peut prendre jusqu'à 4 mois d'utilisation quotidienne pour obtenir la résolution complète des symptômes. L'alarme se déclenche lorsque le mouillage se produit. Bien que les enfants continuent initialement à avoir des épisodes de mouillage, au fil du temps, ils apprennent à associer la sensation de vessie pleine avec l'alarme, puis à se réveiller pour uriner avant l'événement énurétique. Ces alarmes sont disponibles en ligne et sans ordonnance. Ces alarmes ne doivent pas être utilisées par des enfants atteints d'énurésie complexe ou des enfants qui ont une capacité réduite de la vessie (comme en témoigne le journal de miction nocturne). Ces enfants doivent être traités de la même manière que les enfants atteints d'énurésie diurne. Il est essentiel d'éviter les approches punitives qui diminuent les résultats des traitements et aboutissent à une mauvaise estime de soi.

Les médicaments tels que la desmopressine (DDAVP) et l'imipramine ( Médicaments utilisés pour l'énurésie chez l'enfant*) peuvent diminuer les épisodes d’énurésie nocturne. Cependant, les résultats ne sont pas maintenus chez la plupart des patients à l'arrêt du traitement; les parents et les enfants doivent être avertis de cela pour limiter la déception. La desmopressine est préférable à l'imipramine du fait du risque potentielle rare de mort subite avec l'imipramine.

Énurésie diurne

Il est important de traiter toute constipation sous-jacente ( Constipation chez l'enfant). Les informations du calendrier mictionnel peuvent identifier les enfants qui ont une capacité fonctionnelle vésicale réduite, la fréquence et l'urgence des mictions, et une rareté urinaire, qui peuvent toutes apparaitre comme une incontinence urinaire.

Les mesures générales peuvent comprendre

  • Exercices de contrôles des urgences mictionnelles: les enfants sont sensibilisés à aller aux toilettes dès qu'ils sentent l'envie d'aller uriner. Ils retiennent alors les urines aussi longtemps qu'ils peuvent et, lorsqu'ils ne peuvent plus se retenir, ils commencent à uriner et ensuite s'arrêtent à nouveau en contrôlant le jet urinaire. Cet exercice renforce le sphincter et donne confiance à l'enfant, qu'il puisse aller aux toilettes et éviter un accident.

  • Augmentation progressive des intervalles mictionnels (en cas de suspicion d'instabilité du détrusor ou de trouble fonctionnel mictionnel)

  • Modifications du comportement (p. ex., mictions retardées) par renforcements musculaires et mictions programmées: les enfants sont appelés à uriner par une montre qui vibre ou sonne (préférable à un parent qui joue le rôle de rappel).

  • Utiliser des méthodes mictionelles appropriées pour éviter la rétention d'urine dans le vagin: chez les filles chez qui on observe une rétention vaginale d'urine, le traitement consiste à suggérer une position assise face vers l'arrière des toilettes ou les genoux largement écartés, ce qui ouvre l'orifice vaginal et permet l'écoulement direct de l'urine dans les toilettes.

En cas d'adhérences des petites lèvres, une crème à base d'œstrogène ou de la triamcinolone à 0.5% peut également être utilisée.

Le traitement médicamenteux ( Médicaments utilisés pour l'énurésie chez l'enfant*) est parfois utile mais ne constitue généralement pas le traitement de première intention. Les médicaments anticholinergiques (oxybutynine et toltérodine) peuvent être bénéfiques en cas d'énurésie diurne due à un dysfonctionnement vésico-sphinctérien lorsque le traitement comportemental ou la kinésithérapie sont inefficaces. Les médicaments de l'énurésie nocturne peuvent être utiles en diminuant les épisodes d'énurésie nocturne et sont parfois utiles pour obtenir une sécheresse durant une nuit entière. Ceci peut permettre certains événements tels que passer la nuit chez un ami.

Médicaments utilisés pour l'énurésie chez l'enfant*

Médicament

Posologie

Certains effets indésirables

Les dysfonctionnements mictionnels dans l'énurésie diurne (hyperactivité vésicale)

Oxybutynine

Pour les enfants de > 5 ans, la dose de 5 mg po bid peut être augmentée à 5 mg tid

Forme à libération prolongée: chez l'enfant de > 6 ans, 5 mg po 1 fois/j, augmenté si la tolérance est bonne par 5 mg/j jusqu'à une dose maximale de 15 mg/j

Confusion, vertige, augmentation de la température, rougeur, constipation, bouche sèche

Toltérodine

Pour les enfants > 5 ans, 1 mg po bid

Les enfants qui peuvent avaler des pilules, gélules à libération prolongée 2 à 4 mg 1 fois/j

Constipation, flush et bouche sèche

Énurésie nocturne

Desmopressine (DDAVP)

Chez l'enfant de 6 ans, initialement 0,2 mg po 1 fois/j 1 h avant le coucher, avec une augmentation selon les besoins jusqu'à un maximum de 0,6 mg 1 fois/

La forme intranasale de la desmopressine n'est plus recommandée du fait du risque d'hyponatrémie par dilution

Imipramine

Pour les enfants de 6-8 ans, 25 mg po, 1 fois/j le soir

Pour les enfants de > 8 ans, 50 mg po, 1 fois/j le soir

Rarement, la mort

Une possible nervosité, un changement de personnalité, une modification de la qualité du sommeil, des troubles du rythme cardiaque

*Ces médicaments sont pour la plupart utilisés en seconde intention. Le traitement de l'affection causale et une thérapie comportementale doivent être tentés en première intention.

Une mort subite d'étiologie incertaine a été rapportée. Ce médicament est à présent rarement utilisé.

Un ECG doit être effectué pour identifier la prolongation de l'intervalle QT et/ou l'intervalle QT corrigé (QTc), qui contre-indique l'utilisation de l'imipramine.

Points clés

  • L'incontinence urinaire primaire se manifeste le plus souvent par une énurésie nocturne.

  • La constipation doit être envisagée comme un facteur favorisant.

  • La fréquence de l’énurésie nocturne diminue avec le temps (15%/an se résolvent sans intervention), mais au moins 0,5% des adultes ont des épisodes d’énurésie nocturne.

  • Les causes organiques de l'énurésie sont rares mais doivent être prises en compte.

  • Les alarmes type pipi stop représentent le traitement le plus efficace pour l'énurésie nocturne.

  • Les autres traitements comprennent les mesures comportementales et parfois les médicaments.

  • L'éducation parentale est essentielle au pronostic des enfants et à leur bien-être.

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