Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Troubles péroxisomaux

Par Chin-To Fong, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

Les peroxysomes sont des organites intracellulaires qui contiennent des enzymes de la β-oxydation. La fonction de ces enzymes se chevauche avec celle des enzymes mitochondriales, si ce n'est que les mitochondries manquent d'enzymes pour métaboliser les acides gras à très longue chaîne (VLCFA [very long-chain fatty acids]), de 20 à 26 carbones de longueur. Donc, les pathologies peroxisomales se manifestent généralement par des taux élevés d’acides gras à très longue chaîne (VLCFA [very long-chain fatty acids]) (à l’exception de la chondrodysplasie rhizomélique). Bien que les taux de VLCFA (very long-chain fatty acids) permettent de détecter ces troubles, d'autres analyses sont également nécessaires (p. ex., taux plasmatiques des acides phytanique, pristanique et pipécolique; taux de plasmalogène des globules rouges).

Il existe 2 types de troubles peroxysomaux: ceux présentant une formation défectueuse de peroxysomes et ceux ayant un défaut d'une seule enzyme peroxysomale. L’adrénoleucodystrophie liée à l’X est le trouble péroxysomal le plus fréquent (incidence 1/17 000 naissances); tous les autres sont autosomiques récessifs, avec une incidence combinée d’environ 1/50 000 naissances.

Syndrome de Zellweger, adrénoleucodystrophie néonatale et maladie de Refsum infantile

Ces troubles sont 3 expressions d'un continuum de la même maladie, de la plus sévère (syndrome de Zellweger) à la moins (maladie de Refsum infantile) grave. Le défaut génétique responsable existe sur 1 des 11 gènes impliqués dans la formation péroxysomale ou dans l'import de protéines (la famille génique PEX).

Les manifestations comprennent une dysmorphie faciale, des malformations du SNC, une démyélinisation, des convulsions néonatales, une hypotonie, une hépatomégalie, des reins kystiques, des membres courts avec des épiphyses ponctuées (chondrodysplasie ponctuée), une cataracte, une rétinopathie, une surdité, un retard psychomoteur et une neuropathie périphérique. Le diagnostic repose sur la démonstration de taux sanguins de VLCFA (very long-chain fatty acids) d'acide phytanique, d'intermédiaires d'acide biliaire et d'acide pipécolique élevés. Le traitement expérimental par l'acide docosahexénoïque (DHA, dont les taux sont réduits en cas de pathologies de la formation péroxysomale) a pu apporter certains résultats.

Chondrodysplasie rhizomélique ponctuée

Ce défaut de biogenèse peroxysomales est causé par une mutation du gène PEX7 et se caractérise par des modifications squelettiques qui comprennent une hypoplasie de l'étage moyen du visage, un raccourcissement de la partie proximale des membres, des bosses frontales, des petites narines, une cataracte, une ichtyose et un retard psychomoteur sévère. Des fentes vertébrales sont également fréquentes. Le diagnostic repose sur les rx, l’élévation sérique de l’acide phytanique et le faible taux de plasmalogène des globules rouges; les taux de VLCFA (very long-chain fatty acids) sont normaux. Il n'y a pas de traitement efficace.

Adrénoleucodystrophie liée à l'X

Ce trouble est dû à un déficit du transporteur de la protéine ALDP de la membrane peroxysomale, codé par le gène ABCD1.

La forme cérébrale touche 40% des patients. Le début apparaît entre 4 et 8 ans par des troubles de l’attention qui évoluent avec le temps vers de graves troubles du comportement; la démence; et la vision, l'audition et des déficits moteurs, entraînant une invalidité totale et la mort 2 à 3 ans après le diagnostic. Des formes adolescente et adulte, plus modérées, ont également été décrites.

Environ 45% des patients ont une forme moins sévère appelée adrénomyéloneuropathie; la maladie se manifeste à l’âge de 20 ou 30 ans environ par une paraparésie progressive et des troubles sphinctériens et sexuels. Environ 1/3 de ces patients ont également des symptômes cérébraux.

Le patient, quelle que soit la forme dont il est atteint, peut également développer une insuffisance surrénalienne; environ 15% ont une maladie d’Addison isolée, sans atteinte neurologique.

Le diagnostic est confirmé par une augmentation isolée des VLCFA (very long-chain fatty acids). La greffe de la moelle osseuse ou de cellules-souches permet de stabiliser les symptômes dans certains cas. Un traitement surrénalien stéroïdien substitutif est nécessaire en cas d'insuffisance surrénalienne. Des compléments alimentaires avec un mélange de glycérol et de glycérol trioléate trierucate 4:1 (huile de Lorenzo) peut normaliser les taux plasmatiques de VLCFA (very long-chain fatty acids) et peut être proposé dans certains cas mais est en cours d'étude.

Maladie de Refsum classique

La mutation d'une seule enzyme peroxysomale, la phytanoyl-CoA hydroxylase, qui catalyse l'acide phytanique (un composant alimentaire courant), entraîne une accumulation d'acide phytanique.

Les manifestations cliniques comprennent une neuropathie périphérique progressive, des troubles de la vision secondaire à une rétinite pigmentaire, une surdité, une anosmie, une cardiomyopathie et des troubles de la conduction et une ichtyose. Apparition habituellement à la vingtaine. Le diagnostic est confirmé par une élévation des taux sériques d'acide phytanique et une diminution des taux d'acide pristanique (l'augmentation de l'acide phytanique est accompagnée d'une augmentation de l'acide pristanique dans plusieurs autres pathologies peroxysomales).

Le traitement consiste en un régime pauvre en acide phytanique (< 10 mg/j), qui peut être efficace afin d'éviter ou retarder l'apparition des symptômes lorsqu'il est débuté avant le début des symptômes.