Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Syndrome d'inhalation méconiale

Par Anand D. Kantak, MD, Northeastern Ohio Universities Colleges of Medicine and Pharmacology, Rootstown;Akron Children’s Hospital ; John T. McBride, MD, Northeastern Ohio Universities Colleges of Medicine and Pharmacology, Rootstown;Akron Children’s Hospital

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

L'inhalation méconiale pendant la grossesse peut entraîner une pneumopathie inflammatoire et une obstruction bronchique mécanique responsable d'un syndrome de détresse respiratoire. Les signes comprennent une tachypnée, des râles crépitants, des rhonchus ainsi qu'une cyanose ou une désaturation. Le diagnostic est évoqué lorsqu'une détresse respiratoire est observée avec à l'accouchement une coloration méconiale du liquide amniotique. Elle est confirmée par la rx thorax. Le traitement consiste en une aspiration vigoureuse immédiatement après l'accouchement, avant que le nouveau-né ne prenne sa première respiration, suivie par une assistance respiratoire selon les besoins. Le pronostic dépend de la cause physiologique sous-jacente de la souffrance fœtale.

Étiologie

Le stress physiologique au moment du travail et de l'accouchement (p. ex., provenant de l’hypoxie déclenchée par la compression du cordon ombilical ou d’une insuffisance placentaire ou d’une infection) peut entraîner une émission de méconium fœtal dans le liquide amniotique avant l’accouchement; une émission de méconium est observée dans environ 10 à 15% des cas. Pendant l’accouchement, près de 5% des nouveau-nés qui excrètent du méconium l’inhalent, déclenchant une lésion pulmonaire et une détresse respiratoire, dénommée syndrome d’inhalation méconiale. Une naissance post-terme, en diminuant le volume de liquide amniotique, a plus de risque d'entraîner une atteinte sévère, car le méconium moins dilué est plus susceptible de déclencher une obstruction des voies respiratoires.

Physiopathologie

Les mécanismes par lesquels l'inhalation entraîne le syndrome clinique comprennent probablement

  • Une libération non spécifique de cytokines

  • Une obstruction des voies respiratoires

  • Une inactivation du surfactant

  • Une pneumopathie chimique

La cause du stress physiologique sous-jacent peut y contribuer également. En cas d’obstruction bronchique complète, une atélectasie se forme; une obstruction partielle a pour conséquence un piégeage de l’air à l’expiration, qui entraîne une distension pulmonaire et éventuellement des fuites d'air ( Syndromes de fuite d'air pulmonaire) avec pneumomédiastin ou pneumothorax. Une hypertension artérielle pulmonaire persistante en raison d'une hypoxie continue peut être associée à une inhalation de méconium et constitue une comorbidité ( Hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né).

Le nouveau-né peut également inhaler du vernix caseosa, du liquide amniotique ou du sang d'origine maternelle ou fœtale pendant l'accouchement et peut développer une détresse respiratoire et des signes de pneumonie par inhalation bien visibles sur la rx thorax.

Symptomatologie

Les symptômes comprennent une tachypnée, un battement des ailes du nez, un tirage intercostal, une cyanose ou une désaturation, des râles crépitants et des rhonchus, une coloration jaune verdâtre du cordon ombilical, des ongles ou de la peau. La coloration du méconium peut être visible dans l'oropharynx et (en intubation) dans le larynx et la trachée. Le nouveau-né présentant un piégeage de l'air dans ses poumons a un thorax distendu et peut également présenter une symptomatologie de pneumothorax, d'emphysème pulmonaire interstitiel ou de pneumomédiastin ( Syndromes de fuite d'air pulmonaire : Pneumomédiastin).

Diagnostic

  • Émission de méconium

  • Détresse respiratoire

  • Signes rx caractéristiques

Le diagnostic est suspecté lorsqu'un nouveau-né présente une détresse respiratoire avec un liquide amniotique méconial. Le diagnostic est confirmé par la rx thorax révélant des zones variables d'atélectasie et un aplatissement diaphragmatique. Les premières constatations rx peuvent être confondues avec une tachypnée transitoire du nouveau-né (v. Tachypnée transitoire du nouveau-né). Du liquide peut être mis en évidence dans les espaces scissuraux ou dans les cavités pleurales et de l'air peut être observé dans les tissus mous ou dans le médiastin. Le méconium pouvant favoriser la croissance bactérienne et le syndrome d'aspiration du méconium étant difficile à distinguer de la pneumonie bactérienne, des hémocultures et une aspiration trachéale doivent également être effectuées.

Pronostic

Le pronostic est généralement bon, bien qu’il varie selon la cause du stress physiologique sous-jacent; la mortalité globale est légèrement augmentée. Le nourrisson qui développe un syndrome d'inhalation méconiale a un risque accru d'asthme à un âge plus avancé.

Traitement

  • Aspiration à la naissance, avant la première inspiration

  • Intubation endotrachéale si nécessaire

  • Ventilation mécanique selon les besoins

  • Supplémentation en O2 selon les besoins

  • Antibiotiques IV

Un traitement immédiat, indiqué chez tous les nouveau-nés baignant dans leur méconium durant l'accouchement, consiste en une aspiration puissante de la bouche et du nasopharynx au moyen d'un appareil d'aspiration de DeLee, dès que la tête est passée et avant que le nouveau-né ne respire et ne crie. Si l'aspiration ne relève pas la présence de méconium et que le nouveau-né semble vigoureux, une simple observation sans autre intervention suffit. Si le nouveau-né a des respirations déprimées ou difficiles, un mauvais tonus musculaire, ou est bradycarde (< 100/battements min), la trachée doit être intubée avec un tube endotrachéal de 3,5 à 4,0 mm. Un aspirateur de méconium relié à un appareil d'aspiration est fixé directement sur la sonde endotrachéale, qui sert ensuite de cathéter d'aspiration. L'aspiration est maintenue pendant que l'on retire la sonde endotrachéale. Une réintubation et une ventilation spontanée avec pression expiratoire positive sont indiquées en cas de détresse respiratoire persistante et doivent être suivies d'une ventilation assistée et de l'admission de l'enfant en USI de néonatalogie selon les besoins. La ventilation à pression positive augmente le risque de syndrome de fuite d'air. Une évaluation régulière (comprenant l'examen clinique et une rx thorax) est systématique pour détecter cette complication, qui doit être recherchée immédiatement chez n'importe quel nouveau-né intubé dont la PA, la perfusion ou la saturation en O2 s'aggrave soudainement. Syndromes de fuite d'air pulmonaire le traitement des syndromes de fuites d'air.

Les traitements complémentaires peuvent comprendre l'administration de surfactant pour le nouveau-né ventilé mécaniquement et qui a des besoins en O2 élevés, ce qui peut diminuer le recours à l'oxygénation par membrane extracorporelle, et un antibiotique (le plus souvent, l'ampicilline et un aminoside). Les recours à l’oxyde nitrique inhalé de l’ordre de 5 à 20 ppm et à la ventilation à haute fréquence sont d’autres alternatives qui sont utilisées si une hypoxémie réfractaire se développe; ce qui diminue le recours à l'oxygénation par membrane extracorporelle.