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Angoisse de séparation et peur de l'étranger

Par Deborah M. Consolini, MD, Assistant Professor of Pediatrics;Chief, Division of Diagnostic Referral, Sidney Kimmel Medical College of Thomas Jefferson University;Nemours/Alfred I. duPont Hospital for Children

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Angoisse de séparation

L'angoisse de séparation se traduit par une agitation et des pleurs lorsque l'un des parents quitte la pièce. Certains enfants crient et ont des crises de colère, refusent de quitter le giron de leurs parents et/ou se réveillent la nuit.

La peur de la séparation est une étape normale du développement et débute typiquement vers 8 mois, elle atteint une intensité maximale entre 10 et 18 mois et disparaît généralement à 24 mois. Elle doit être distinguée du trouble d'anxiété de séparation, qui survient à un âge plus avancé, en rapport avec un développement inapproprié; le refus d’aller à l’école (ou en garderie) est une manifestation fréquente d'anxiété de séparation.

L'anxiété de séparation se produit lorsque les nourrissons commencent à comprendre qu'ils sont une personne distincte de leur soignant, mais qu'ils n'ont pas encore maîtrisé le concept de permanence de l'objet, l'idée que quelque chose existe encore quand il n'est plus vu ou entendu. Ainsi, lorsque les nourrissons sont séparés de la principale personne qui leur fournit les soins, ils ne comprennent pas que cette dernière reviendra. Comme les nourrissons n'ont aucune notion du temps, ils craignent que le départ de leurs parents soit définitif. L'anxiété de séparation disparaît dès que les enfants développent une mémoire. Il peut garder une image de ses parents à l’esprit lorsque les parents sont absents et peut se rappeler que par le passé les parents sont revenus.

Il faut informer les parents de ne pas renoncer aux séparations dans le but d’éviter cette angoisse de séparation; cette attitude pourrait compromettre la maturation et le développement de l'enfant. Quand les parents quittent la maison (ou laissent l'enfant à la crèche), ils peuvent essayer les stratégies suivantes:

  • Encourager la personne qui s'occupe de l'enfant à le distraire

  • Partir sans répondre longuement aux pleurs de l'enfant

  • Rester calme et rassurant

  • Établir des routines de séparation pour soulager l'anxiété de l'enfant

  • L'enfant doit avoir mangé et dormi avant que les parents le laissent (parce que l'anxiété de séparation peut être plus intense quand un enfant a faim ou est fatigué)

Si les parents doivent momentanément aller dans une autre pièce de la maison, ils doivent parler à l'enfant depuis celle-ci afin de le rassurer. Progressivement l'enfant va comprendre que ses parents sont encore présents même quand il ne peut pas les voir.

L'angoisse de séparation ne cause aucun dommage à long terme chez l'enfant si elle se résout à l'âge de 2 ans. Si elle persiste au-delà de l'âge de 2 ans, l'anxiété de séparation peut représenter ou non un problème en fonction de la manière dont elle perturbe le développement de l'enfant.

Le fait que l'enfant ressente une certaine peur à l'entrée en maternelle est normal. Ce sentiment doit s'atténuer avec le temps. Il est rare qu'une peur de séparations excessive interdise à un enfant de fréquenter la crèche, la garderie ou la maternelle ou l'empêche de jouer normalement avec les autres enfants. Une telle angoisse est probablement anormale (trouble d'anxiété de séparation). Dans de tels cas, une prise en charge médicale de l'enfant est nécessaire.

Peur de l'étranger

La peur de l'étranger se manifeste par des pleurs lorsqu'une personne non familière les approche. Elle est normale quand elle débute vers 8 à 9 mois et cesse généralement à 2 ans. La peur de l'étranger est liée au stade de développement du nourrisson qui doit faire la distinction entre les familiers et les non familiers. La durée et l'intensité de cette peur sont très variables selon les enfants.

Certains nourrissons et jeunes enfants montrent une forte préférence pour l'un des parents par rapport à l'autre à un âge donné, et les grands-parents peuvent brusquement être considérés comme des personnes étrangères. L'anticipation de telles situations, à l'occasiondes consultations médicales systématiques, permet d'éviter une interprétation fausse du comportement de l'enfant. Rassurer l'enfant et éviter des réactions excessives vis-à-vis de ce comportement est habituellement le seul traitement utile.

Le bon sens doit dicter la conduite à tenir. Si une nouvelle baby-sitter doit venir, il est raisonnable que celle-ci passe un certain temps avec la famille avant le jour de sa prise effective de fonction. Le moment venu, il est prudent que les parents restent un certain temps avec l'enfant et la baby-sitter avant de les quitter. Si les grands-parents viennent surveiller l'enfant pendant quelques jours durant une absence des parents, ils doivent arriver un jour ou deux plus tôt. Des méthodes similaires peuvent être appliquées en prévision d'une hospitalisation.

Une peur de l'étranger intense ou de durée excessive peut être le témoin d'une angoisse plus globale et doit entraîner un bilan de la situation familiale, des méthodes éducatives des parents et de l'état psychoaffectif global de l'enfant.