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Eruptions chez le nourrisson et l'enfant en bas âge

Par Deborah M. Consolini, MD, Jefferson Medical College;Alfred I. duPont Hospital for Children

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L'éruption est une plainte fréquente, en particulier pendant la petite enfance. La plupart des éruptions ne sont pas graves.

Étiologie

Les éruptions cutanées peuvent être causées par une infection (virale, fongique, ou bactérienne), un contact avec des irritants, une atopie, une hypersensibilité médicamenteuse, d'autres réactions allergiques, des pathologies inflammatoires, ou des vascularites (v. Certaines causes d'éruption cutanée chez le nourrisson et l'enfant).

Globalement, les causes les plus fréquentes d'éruption chez le nourrisson et le jeune enfant sont

  • Érythème fessier (avec ou sans infection à Candida)

  • Séborrhée

  • Eczéma

  • Exanthème viral

De nombreuses infections virales systémiques provoquent des éruptions cutanées. Certains (p. ex., varicelle, érythème infectieux, rougeole) ont un aspect et des manifestations cliniques assez typiques; d'autres sont non spécifiques. Les réactions médicamenteuses cutanées sont des exanthèmes maculopapuleux généralement auto-limités, mais parfois des réactions plus graves se produisent.

Les causes rares mais graves d'éruption comprennent

  • Syndrome d'épidermolyse staphylococcique

  • Méningococcémie

  • Maladie de Kawasaki

  • Syndrome de Stevens-Johnson

Certaines causes d'éruption cutanée chez le nourrisson et l'enfant

Cause

Signes évocateurs

Procédure diagnostique

Infections

Infections à Candida

Éruption très rouge avec lésions satellites adjacentes dans la zone des couches, y compris dans les plis cutanés

Souvent plaques blanches duveteuses sur la langue ou la muqueuse buccale

Parfois, antécédent d'utilisation récente d'antibiotiques

Bilan clinique

Parfois, des raclages de lésions pour une préparation humide sous KOH

Varicelle*

Points rouges sur le visage, le cuir chevelu, le torse et les extrémités proximales qui évoluent en 10-12 h en petites bosses, vésicules et pustules, ombiliquées, qui forment des croûtes

Cloques prurigineuses intenses, qui peuvent également se produire sur les paumes, la plante, le cuir chevelu et les muqueuses, ainsi que dans la région des couches

Bilan clinique

Érythème infectieux

Érythème confluent sur les joues (aspect de joue giflée)

Parfois, fièvre, malaise

Bilan clinique

Impétigo

Impétigo non bulleux: indolore, mais prurit rouge douloureux près du nez ou de la bouche qui devient rapidement purulent ou aqueux et forme une croûte de couleur miel

L'impétigo bulleux: observés principalement chez l'enfant de < 2 ans

Des bulles indolores remplies de liquide, principalement sur les bras, les jambes et le tronc, entourées d'une peau rouge et prurigineuse qui, après rupture, forment des croûtes jaunes ou argentées

Bilan clinique

Maladie de Lyme

Érythème migrant; une lésion érythémateuse qui s'agrandit (jusqu'à environ 5-7 cm) parfois avec éclaircissement central ou rarement un purpura (2%)

Souvent, fatigue, céphalées, douleurs articulaires ou corporelles

Habituellement en zone endémique de risque d'exposition aux tiques, avec ou sans morsure de tique connue

Bilan clinique

Parfois, tests sérologiques

Rougeole*

L'éruption maculo-papuleuse commence par le visage et diffuse au tronc et aux extrémités

Souvent taches de Koplik (taches blanches sur la muqueuse buccale)

Fièvre, toux, coryza, injection conjonctivale

Bilan clinique

Tests sérologiques (pour des raisons de santé publique)

Méningococcémie

Pétéchies, parfois avec purpura fulminans

Fièvre, léthargie, irritabilité

Chez les enfants plus âgés, signes méningés

Tachycardie, parfois, hypotension

Coloration de Gram et culture du sang et du LCR

Molluscum contagiosum

Grappes de papules ombiliquées de couleur chair

Pas de prurit ou d'inconfort

Bilan clinique

Roséole infantile

Éruption maculo-papuleuse qui apparaît soudainement après 4 ou 5 j de forte fièvre, généralement lorsque la fièvre disparaît

Bilan clinique

Rubéole*

Parfois, éruption cutanée prurigineuse qui commence au niveau du visage et se propage vers le bas, apparaissant comme des taches roses ou rouges brillantes (qui peuvent fusionner pour former des plaques de couleur uniforme), et disparaissent généralement sur le visage à mesure qu'elles se propagent

Dure jusqu'à 3 j

Souvent adénopathie (occipitale, post-auriculaire et cervicale postérieure), légère fièvre

Bilan clinique

Tests sérologiques (pour des raisons de santé publique)

Scarlatine

Fièvre, maux de gorge, parfois

Une éruption cutanée généralisée, rouge, rugueuse, blanchissante qui apparaît généralement 12-72 h après la fièvre et commence sur le thorax, dans les aisselles, et l'aine

Zone caractéristique pâle autour de la bouche (pâleur péribuccale) et accentuation des plis cutanés (lignes de Pastia), langue framboisée

Souvent, suivie par une desquamation extensive au niveau des paumes et des plantes, du bout des doigts et des orteils et au niveau de l'aine

Bilan clinique

Parfois, test rapide streptococcique ou culture de prélèvement de gorge

Syndrome d'épidermolyse staphylococcique

De vastes zones d'érythème douloureux qui développent de grandes bulles flasques, qui sont facilement rompues, laissant de vastes zones de desquamation

Extension latérale des bulles lorsqu’on les presse doucement (signe de Nikolsky positif)

Préserve la peau et les muqueuses

Habituellement, les enfants de < 5 ans

Bilan clinique

Parfois, confirmé par une biopsie et/ou des cultures

Teigne

Lésions squameuses, ovales avec une bordure légèrement surélevée et une compensation centrale

Prurit léger

Bilan clinique

Parfois, des raclages de lésions pour une préparation humide sous KOH

Infection virale (systémique)

Éruption maculo-papuleuse

Souvent prodrome respiratoire viral

Bilan clinique

Réactions d'hypersensibilité

Dermatite atopique (eczéma)

Plaques rouges chroniques ou récurrentes, squameuses, souvent au niveau des plis fléchisseurs

Parfois, antécédents familiaux

Bilan clinique

Dermatite de contact

Érythème très prurigineux, parfois avec des vésicules

Pas de manifestations systémiques

Bilan clinique

Réaction médicamenteuse

Eruption maculo-papuleuse diffuse

Anamnèse de toxicomanie actuelle ou récente (1 sem)

Bilan clinique

Syndrome de Stevens-Johnson

Nécrolyse épidermique toxique

Prodrome de fièvre, malaise, toux, maux de gorge, et conjonctivite

Ulcères douloureux des muqueuses, presque toujours de la bouche et des lèvres, mais parfois des régions génitales et anales

De vastes zones d'érythème douloureux qui développent de grandes bulles flasques, facilement rompues, laissant de vastes zones de desquamation; qui pourraient affecter les plantes mais généralement pas le cuir chevelu

Extension latérale des bulles lorsqu’on les presse doucement (signe de Nikolsky positif)

Parfois, utilisation d'un médicament causal (p. ex., sulfamides, pénicillines, antiépileptiques)

Bilan clinique

Parfois, une biopsie

Urticaire

Lésions prurigineuses, rouges, soulevées bien circonscrites

Avec ou sans antécédents d'exposition aux allergène connus ou potentiels

Bilan clinique

Vasculitides

Vascularite à immunoglobulines A (anciennement appelée purpura de Henoch-Schönlein)

Purpura palpable apparaissant en groupe en quelques jours à quelques semaines, généralement au niveau de zones déclives (p. ex., les jambes, les fesses)

Souvent, arthrite, douleurs abdominales

Parfois, hématurie, selles hème-positives, et/ou invagination

Habituellement, chez les enfants de < 10 ans

Bilan clinique

Parfois, une biopsie cutanée

Maladie de Kawasaki

Eruption érythémateuse maculo-papuleuse diffuse qui peut être d'aspect variable (p. ex., urticaire, en forme de cible, purpura) mais jamais de bulle ou de vésicule; peut impliquer des paumes et/ou les plantes

Fièvre (souvent > 39 °C) pendant > 5 j

Lèvres rouges gercées, langue framboisée, conjonctivite, adénopathie cervicale

Œdème des mains et des pieds

Desquamation tardive au niveau des doigts et des orteils, s'étendant aux paumes et aux plantes

Critères cliniques

Les examens visent à éliminer d'autres troubles

Autres

Dermite séborrhéïque

Desquamation rouge et jaune sur le cuir chevelu (croûtes de lait) et parfois au niveau des plis cutanés

Bilan clinique

Erythème fessier (non candidosique)

Éruption cutanée rouge vif dans la zone de la couche, épargnant les plis

Bilan clinique

Syndrome hémolytique et urémique

Pétéchies, pâleur

Habituellement, pendant ou après la colite infectieuse se manifestant par des douleurs abdominales, des vomissements et une diarrhée sanglante

Oligurie ou anurie

HTA

NFS avec plaquettes et frottis périphérique pour rechercher les preuves d'une anémie et d'une thrombopénie microangiopathique

Tests de la fonction rénale

Analyse des selles (test de la toxine Shiga ou culture spécifique d'E. coli O157:H7)

Milia

Petits kystes nacrés sur le visage d'un nouveau-né

Bilan clinique

Érythème polymorphe

Taches rouge-roses, disposées symétriquement et débutant sur les extrémités, puis évoluant vers la lésion classique en forme de cible avec un anneau rouge-rose entourant un centre pâle

Parfois, lésions muqueuses orales, prurit

Bilan clinique

Miliaire (boutons de chaleur)

De petites bosses rouges ou parfois de petites bulles

Très courante chez le très jeune enfant, mais peut survenir à tout âge, en particulier en période chaude et en période humide

Bilan clinique

Erythème toxique

Taches rouges plates (généralement avec au centre une bosse blanche qui ressemble à un bouton), qui apparaissent chez jusqu'à moitié de tous les bébés

Apparaît rarement plus de 5 j après la naissance et disparaît généralement entre 7 et 14 j

Bilan clinique

Acné néonatale

Bosses rouges, parfois avec des points blancs en leur centre sur le visage d'un nouveau-né

Elle se manifeste généralement entre 2 et 4 semaines après la naissance, mais peut apparaître jusqu'à 4 mois après la naissance et durer 12-18 mois

Bilan clinique

Pityriasis rosé de Gibert

Parfois prodrome d'infection des voies respiratoires supérieures

Commence généralement avec une plaque ovale rouge unique, prurigineuse, de 2 à 10 cm qui apparaît sur le tronc ou la partie proximale des membres.

7-14 j après l'apparition du patch, apparition de grandes taches cutanées roses ou rouges, squameuses, de forme ovale sur le torse, parfois dans une distribution caractéristique en arbre de Noël

Bilan clinique

*Actuellement rare en raison de la vaccination, mais doit être envisagée chez les enfants non vaccinés.

KOH = hydroxyde de K.

Bilan

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle se concentre sur l'évolution temporelle de la maladie, en particulier la relation entre l'éruption et d'autres symptômes.

La revue des systèmes se concentre sur les symptômes de troubles pathogènes, dont les symptômes gastro-intestinaux (suggérant une vascularite à immunoglobulines A [anciennement appelée purpura rhumatoïde] ou un syndrome hémolytique et urémique), des symptômes articulaires (en faveur d'une vascularite associée à une immunoglobuline A ou la maladie de Lyme), des céphalées ou symptômes neurologiques (en faveur d'une méningite ou d'une maladie de Lyme).

La recherche des antécédents médicaux doit porter sur tout médicament récemment pris en particulier des antibiotiques et des anti-convulsivants. Les antécédents familiaux d'atopie sont notés.

Examen clinique

L'examen débute par une revue des signes vitaux, en particulier la recherche de fièvre. Une observation initiale recherche des signes de léthargie, d'irritabilité ou de détresse chez les nourrissons et les enfants. Un examen clinique complet est effectué, avec une attention particulière aux caractéristiques des lésions cutanées ( Description des lésions cutanées élémentaires), y compris à la présence de cloques, de pétéchies, de purpura ou d'urticaire, et d'atteinte de la muqueuse. Les enfants sont évalués à la recherche de signes méningés (raideur de la nuque, signes de Kernig et Brudzinski) bien que ces signes soient souvent absents chez les enfants de < 2 ans.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Cloques ou desquamation de la peau

  • Diarrhée et/ou douleur abdominale

  • Fièvre ou un enfant inconsolable ou extrême irritabilité

  • Inflammation muqueuse

  • Pétéchies et/ou purpura

  • Urticaire avec détresse respiratoire

Interprétation des signes

Les enfants qui semblent en bonne santé et sans symptômes ou signes systémiques sont peu susceptibles d'avoir un trouble grave. L'aspect de l'éruption cutanée limite généralement le diagnostic différentiel. La symptomatologie associée permet d'identifier les patients présentant un trouble grave et suggère souvent un diagnostic (v. Certaines causes d'éruption cutanée chez le nourrisson et l'enfant).

Des bulles et/ou une desquamation suggèrent un syndrome d'épidermolyse staphylococcique ou un syndrome de Stevens-Johnson et sont considérées comme des urgences dermatologiques. Une inflammation conjonctivale peut se produire dans la maladie de Kawasaki, la rougeole, le syndrome d'épidermolyse staphylococcique et le syndrome de Stevens-Johnson. Tout enfant présentant de la fièvre et des pétéchies ou un purpura doit être évalué avec soin à la recherche d'une éventuelle méningococcémie. Une diarrhée sanglante avec une pâleur et des pétéchies doit faire évoquer la possibilité d'un syndrome hémolytique et urémique. Une fièvre durant > 5 j avec des signes clairs d'inflammation muqueuse et une éruption cutanée doivent inciter à envisager immédiatement une évaluation plus poussée pour diagnostiquer une maladie de Kawasaki.

Examens complémentaires

Chez la plupart des enfants, l'anamnèse et l'examen clinique sont suffisants pour établir le diagnostic. Le test est destiné au diagnostic des risques vitaux; il comprend la coloration de Gram et les hémocultures et cultures de LCR pour la méningococcémie; une NFS, des test de la fonction rénale, et des tests sur les selles à la recherche d'un syndrome hémolytique et urémique).

Traitement

Le traitement est dirigé contre la cause (p. ex., crème antifungique pour infection candidosique)

Dans l'érythème fessier, l'objectif est de maintenir la zone de la couche propre et sèche, principalement par le changement de couches plus fréquemment et le lavage doux de la zone avec un savon doux et de l'eau. Parfois, un onguent barrière contenant de l'oxyde de zinc ou des vitamines A et D peut être utile.

Le prurit chez les nourrissons et les enfants peutt être atténué par des antihistaminiques oraux:

  • Diphenhydramine: chez les enfants de > 6 mois, 1,25 mg/kg q 6 h (maximum 50 mg q 6 h)

  • Hydroxyzine: chez l'enfant de > 6 mois, 0,5 mg/kg q 6 h (maximum chez l'enfant de < 6 ans, 12,5 mg q 6 h; pour l'enfant de ≥ 6 ans, 25 mg q 6 h)

  • Cétirizine: chez les enfants de 6 à 23 mois, 2,5 mg 1 fois/j; pour ceux de 2 à 5 ans, de 2,5 à 5 mg 1 fois/j; pour ceux de > 6 ans, 5 à 10 mg 1 fois/j

  • Loratadine: chez les enfants de 2 à 5 ans, 5 mg 1 fois/j; enfants de > 6 ans, 10 mg 1 fois/j

Points clés

  • La plupart des éruptions cutanées chez les enfants sont bénignes.

  • Pour la plupart des éruptions cutanées chez le nourrisson et l'enfant, l'anamnèse et l'examen clinique sont suffisants pour établir le diagnostic.

  • Les enfants qui ont une éruption cutanée due à une maladie grave ont généralement des manifestations systémiques de la maladie.

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