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Comportement suicidaire chez l'enfant et l'adolescent

Par Josephine Elia, MD, Pediatrics, Division of Behavioral Health

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Le comportement suicidaire comprend le suicide, la tentative de suicide et les gestes suicidaires (avec au moins une certaine intention de mourir); les idées suicidaires correspondent à des pensées ou à des plans suicidaires. Un avis psychiatrique est habituellement nécessaire.

Ces dernières années, le taux de suicide chez les jeunes a diminué après plus d'une décennie de constante augmentation, mais a recommencé à augmenter. Les raisons exactes de ces fluctuations ne sont pas claires. De nombreux experts estiment que la vitesse avec laquelle sont modifiées les règles de prescription des antidépresseurs peut être en cause ( Troubles dépressifs chez l’enfant et l'adolescent : Risque suicidaire et antidépresseurs). Certains experts émettent l'hypothèse que les antidépresseurs ont des effets paradoxaux, rendant les enfants et les adolescents plus susceptible d'exprimer leurs sentiments suicidaires mais moins susceptibles de se suicider. Cependant, bien que rare chez les enfants prépubères, le suicide est la 2e ou 3e cause de mortalité chez les 15 à 19 ans et reste un problème majeur de santé publique.

Étiologie

Chez les enfants et les adolescents, le risque de comportement suicidaire est influencé par la présence d'autres troubles mentaux et cérébraux, les antécédents familiaux, des facteurs psychosociaux et des facteurs environnementaux ( Facteurs de risque de comportement suicidaire chez l'enfant et l'adolescent).

Facteurs de risque de comportement suicidaire chez l'enfant et l'adolescent

Type

Exemples

Les troubles mentaux et les troubles physiques qui affectent le cerveau

Troubles thymiques* (p. ex., dépression uni- ou bipolaire)

Schizophrénie

Consommation d'alcool et/ou de substances

chez les adolescents

Tendances agressives impulsives (troubles des conduites)

Antécédents de tentative de suicide

Lésion cérébrale traumatique

Trouble de stress post-traumatique

Anamnèse familiale

Antécédents familiaux de comportement suicidaire

Mère qui a un trouble de l'humeur

Père qui a des antécédents de problèmes avec la police

Mauvaise communication avec les parents

Facteurs psychosociaux

Une action disciplinaire récente (le plus souvent, l'exclusion de l'école)

Perte interpersonnelle (perte d'une petite amie ou d'un petit ami, en particulier chez les garçons); séparation des parents)

Difficultés scolaires

Isolement social (notamment ne pas travailler ou ne pas aller à l'université)

Minorité dans une environnement de déménagements fréquents

Victime d'intimidation

Rapports de médias de suicide (effet Werther ou suicide mimétique)

Facteurs environnementaux

Un accès facile aux méthodes létales (p. ex., armes à feu)

Obstacles à et/ou stigmatisation associés à l'accès aux services de santé mentale

*Des troubles thymiques sont présents chez plus de la moitié des adolescents suicidaires

Près de la moitié des suicides réussis se produisent après une action disciplinaire récente.

Les autres facteurs favorisants peuvent être un manque de structure ou de repères, d'où une sensation bouleversante de désorientation, ou une pression parentale intense pour réussir, accompagnée du sentiment de ne pas être à la hauteur. Un motif fréquent de tentative de suicide est une tentative de manipuler ou punir les autres avec le fantasme " Vous serez malheureux quand je serai mort. "

Les facteurs de protection comprennent

  • Soins cliniques efficaces en cas de troubles mentaux, physiques et dus à l'utilisation de substances

  • Accès facile à des interventions cliniques

  • Soutien familial et social (connectivité)

  • Compétences dans la résolution des conflits

  • Croyances culturelles et religieuses qui découragent suicide

Traitement

  • Intervention de crise, y compris éventuellement hospitalisation

  • Psychothérapie

  • Éventuellement médicaments pour traiter les troubles sous-jacents, généralement associé à une psychothérapie

  • Orientation vers un psychiatre

Toute tentative de suicide est un sujet grave qui exige une prise en charge réfléchie et appropriée. Une fois le danger vital immédiat écarté, une décision doit être prise en ce qui concerne la nécessité d'une hospitalisation. La décision implique d'évaluer le risque par rapport à la capacité de la famille à fournir le soutien. L'hospitalisation (même en service ouvert, avec surveillance permanente par des infirmières spécialisées) est la protection la plus sûre à court terme et elle est habituellement indiquée lorsqu'une dépression et/ou une psychose sont suspectées.

La létalité de l'intention suicidaire peut être évaluée en fonction des critères suivants:

  • Le degré de préméditation (p. ex., écrire une lettre de suicide)

  • Les mesures prises pour cacher la tentative

  • La méthode utilisée (p. ex., les armes à feu sont plus meurtrières que les comprimés)

  • Le degré d'auto-lésion subie

  • Les circonstances ou les facteurs déclenchants immédiats entourant la tentative

  • État mental au moment de l'épisode (une agitation aiguë est particulièrement préoccupante)

  • Sortie récente de soins hospitaliers

  • Arrêt récent de médicaments psychoactifs

Un traitement médicamenteux peut être indiqué afin de traiter toute maladie sous-jacente (p. ex., dépression, trouble bipolaire ou trouble des conduites, psychose) mais ne peut pas éviter le suicide. L'utilisation d'antidépresseurs peut augmenter le risque de suicide chez certains adolescents ( Troubles dépressifs chez l’enfant et l'adolescent : Risque suicidaire et antidépresseurs). La prise de médicaments doit être attentivement surveillée et ils doivent être fournis en quantités infralétales.

Un avis psychiatrique est habituellement nécessaire pour mettre en place un traitement médicamenteux et une psychothérapie appropriés. La thérapie cognitivo-comportementale de prévention du suicide et la thérapie comportementale dialectique peuvent être préférées. Le traitement est le plus efficace si le médecin généraliste reste impliqué dans les soins.

La reconstruction le moral et rétablir l'équilibre affectif de la famille est essentiel. Une réponse parentale négative ou insuffisante représente un problème sérieux et peut indiquer la nécessité d'une intervention plus intensive telle qu'un placement hors du foyer familial. Des résultats positifs sont très probables si la famille montre de l'amour et de l'attention.

Prévention

Les accidents suicidaires sont souvent précédés par des modifications récentes du comportement (p. ex., humeur dépressive, dévalorisation de soi, perturbations du sommeil et de l'appétit, absentéisme scolaire, difficulté de concentration, plaintes somatiques et préoccupations suicidaires), lesquelles amènent souvent l'enfant ou adolescent à consulter le médecin traitant. Des déclarations telles que " J’aurais préféré ne jamais être né " ou " J’aimerais m’endormir et ne jamais me réveiller " doivent être prises au sérieux comme une possible intention suicidaire. Une menace ou une tentative suicidaire est une communication importante de l'intensité du désespoir ressenti.

La reconnaissance précoce des facteurs de risque mentionnés ci-dessus permet de prévenir une tentative de suicide. Lors de cette reconnaissance ou en cas de menace ou de tentative de suicide ou de comportements de prise de risques extrêmes, une intervention vigoureuse est nécessaire. Les adolescents doivent être directement interrogés sur leurs sentiments de malheur ou d’auto-destruction; un tel interrogatoire direct peut diminuer le risque de suicide. Le médecin ne doit pas apporter de réconfort infondé, qui pourrait saper sa crédibilité et réduire ultérieurement l'estime de soi du patient.

L'efficacité des programmes de prévention du suicide est en cours d'évaluation. Les programmes les plus efficaces sont ceux qui s'efforcent d'assurer à l'enfant un milieu stimulant et encourageant, un accès aisé aux services de santé mentale et un contexte social caractérisé par le respect de la personne, de l'origine ethnique et des différences culturelles. Aux U.S.A, le SPRC Suicide Prevention Resource Center énumère certains des programmes, et la National Suicide Prevention Lifeline (1-800-273-TALK) intervient en cas de crise suicidaire.

Automutilation non suicidaire

Les comportements d'automutilation non suicidaires peuvent comprendre le grattage superficiel, couper ou brûler la peau (à l'aide de cigarettes ou de fers à friser), ainsi que des coups de couteau, se frapper, et frotter de manière répétée la peau avec une gomme ou du sel.

Dans certaines communautés, ces comportements auto-lésionnels se propagent brusquement au sein d'un même collège à la manière d'une mode et diminuent ensuite progressivement avec le temps. Ces comportements sont souvent associés à un abus de substances illicites et suggèrent que l'adolescent est en grande détresse.

Chez de nombreux adolescents, ces comportements n'indiquent pas des tendances suicidaires, mais plutôt des actions d'auto-punition qu'ils peuvent ressentir mériter; ces comportements sont utilisés pour attirer l'attention des parents et/ou d'autres personnes, exprimer la colère, ou s'identifier avec un groupe de pairs. Cependant, ces adolescents, en particulier ceux qui ont expérimenté plusieurs méthodes d'automutilation, sont à risque accru de suicide.

Tous les comportements auto lésionnels doivent être évalués par un médecin ayant l'expérience des adolescents en difficulté, afin d'estimer la suicidalité et diagnostiquer la souffrance sous-jacente à l'origine des comportements d'automutilation.

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