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Erreurs médicamenteuses

Par Daniel A. Hussar, PhD

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Les erreurs médicamenteuses contribuent à la morbidité. On estime qu'elles coûtent jusqu'à 177 milliards de dollars par an au système de santé américain (variable selon les définitions). Les erreurs médicamenteuses peuvent comprendre

  • Le choix injustifié d'un médicament ou une ordonnance prescrivant un médicament à la mauvaise dose, fréquence ou durée

  • Une erreur de lecture de l'ordonnance par le pharmacien si bien que le mauvais médicament ou dose est dispensé(e)

  • Une erreur de lecture de l'étiquette du conditionnement du médicament par le personnel soignant si bien que le mauvais médicament ou la mauvaise dose est administré(e)

  • Instructions incorrectes au patient

  • Administration incorrecte par un médecin, un soignant ou un patient

  • Stockage incorrect d'un médicament par le pharmacien ou le patient, modifiant l'efficacité du médicament

  • Prise de médicaments périmés, altérant l'efficacité du médicament

  • Une confusion du patient à l'origine d'une administration incorrecte du médicament

Les erreurs de prescription sont fréquentes, en particulier dans certaines populations. La personne âgée ( Traitement médicamenteux chez les personnes âgées, en particulier Médicaments à haut risque d'utilisation chez le sujet âgé (basé sur les critères de Beers)), la femme en âge de procréer et l’enfant sont particulièrement à risque. Les interactions médicamenteuses touchent particulièrement ceux qui prennent un grand nombre de médicaments. Afin de minimiser les risques, un médecin doit connaître tous les médicaments pris par le patient, y compris ceux prescrits par d'autres confrères ainsi que les médicaments en vente libre, et il doit maintenir une liste complète des problèmes de son patient. Les patients doivent être encouragés à rédiger et à mettre à jour une liste de leurs médicaments actuels et leurs dosages et à présenter cette liste lors de chaque rendez-vous avec un professionnel de santé ou consultation aux urgences. S'il existe le moindre doute quant à la prise des médicaments, les patients doivent avoir pour instruction d'apporter tous leurs médicaments à leur rendez-vous avec un professionnel de santé pour vérification.

Les prescriptions doivent être rédigées aussi lisiblement que possible. Les noms de certains médicaments sont proches et, s'ils ne sont pas rédigés lisiblement, sont à l'origine de confusions. Changer certaines abréviations habituelles mais sources de confusion peut également permettre de diminuer les erreurs. Par exemple, " qd " (1 fois/j) peut être confondu avec " kid " (4 fois/j). Écrire " 1 fois/jour " ou " 1 fois par jour " est préférable. Transmettre les prescriptions par voie électronique ou remettre des prescriptions imprimées par l'ordinateur peut éviter les problèmes liés à une écriture illisible ou à des abréviations inappropriées.

Les médicaments peuvent être donnés de manière incorrecte, notamment dans les établissements de soins. Un médicament peut être administré au mauvais patient, au mauvais moment ou par une mauvaise voie d'administration. Certains médicaments doivent être administrés lentement lorsqu'ils sont injectés en IV et certains d'entre eux ne doivent pas être administrés simultanément. Lorsqu'une erreur est détectée, elle doit être immédiatement signalée à un médecin et un pharmacien doit être consulté. Les codes-barres et les systèmes de pharmacie informatisés permettent de diminuer l'incidence des erreurs médicamenteuses.

Un pharmacien doit stocker les médicaments d'une manière à garantir leur efficacité. Les pharmacies assurant une vente par correspondance doivent suivre des procédures qui garantissent un transport de qualité. Le stockage par le patient est souvent non optimal. Les médicaments, s'ils ne sont pas conservés correctement, sont susceptibles de voir leur efficacité diminuer bien avant la date de péremption indiquée. L'étiquetage doit explicitement mentionner si le médicament est à conserver au réfrigérateur ou à maintenir à basse température, s'il a besoin d'être conservé à l'abri de la chaleur ou de la lumière ou s'il nécessite des mesures de conservation particulières. À l'inverse, un excès de précautions inutiles réduit l'observance du patient et lui fait perdre du temps. Par exemple, l'insuline doit être conservée au réfrigérateur avant ouverture, mais après ouverture, l'insuline peut être maintenue en dehors du réfrigérateur pour une durée relativement longue dès lors que le flacon n'est pas exposé à une température excessive et à la lumière solaire.

La prise de médicaments périmés est fréquente. Les médicaments périmés sont susceptibles d'être inefficaces et certains (p. ex., aspirine, tétracycline) peuvent être nocifs s'ils sont utilisés alors que la date de péremption est dépassée.

Le plus souvent, les erreurs médicamenteuses résultent d'une confusion du patient dans la manière de prendre ses médicaments. Le patient peut se tromper de médicament ou de posologie. Les informations sur la posologie de chaque médicament et la raison de la prescription de ce médicament doivent être clairement expliquées au patient, si possible par écrit. Il doit leur être conseillé de demander à leur pharmacien tout renseignement complémentaire sur la manière de prendre leur traitement. Le conditionnement doit être pratique mais doit respecter des normes de sécurité. Si les enfants n'ont pas accès au médicament et si le patient risque d'avoir des difficultés à ouvrir l'emballage, le médicament n'a pas à être conditionné dans un emballage aux normes de sécurité pour enfants.