Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Oligurie

Par Soumitra R. Eachempati, MD, Professor of Surgery, Professor of Medicine in Medical Ethics, and Director, Surgical Intensive Care Unit, Weill Cornell Medical College, New York Presbyterian Hospital

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

L'oligurie est définie par un débit urinaire < 500 mL/24 h chez l'adulte ou < 0,5 mL/kg/h chez l'adulte ou l'enfant (< 1 mL/kg/h chez le nouveau-né).

Étiologie

Les causes d'oligurie sont typiquement classées en 3 catégories:

  • Pré-rénales (liées au flux cérébral)

  • Rénales (troubles rénaux intrinsèques)

  • Post-rénales (obstruction du col vésical)

Il en existe de très nombreuses ( Lésion rénale aiguë), mais un nombre limité déclenche la plupart des cas d'oligurie aiguë chez le patient hospitalisé ( Causes d'oligurie).

Causes d'oligurie

Mécanisme

Exemples

Pré-rénal*

Hypovolémie

Saignements

Perte de liquide

Compensation insuffisante des pertes liquidiennes

Bas débit cardiaque

Infarctus du myocarde

Insuffisance cardiaque

Embolie pulmonaire

Diminution de la résistance vasculaire systémique

Sepsis

Rénal

Nécrose tubulaire aiguë

Hypoperfusion (prolongée, p. ex., > 4 h)

Produit de contraste rx

Rhabdomyolyse

Médicaments néphrotoxiques (p. ex., aminosides et d'autres antibiotiques, AINS)

Post-rénal

Obstruction urinaire mécanique

Sonde urinaire bloquée

Hypertrophie prostatique

Calculs urinaires

Troubles sphinctériens ou vésicaux

Prise de médicament anticholinergique

Rétention urinaire post-opératoire

Fécalome si grave

*Ces maladies coexistent souvent et réduisent rapidement (c'est-à-dire, en < 1 h) la diurèse.

Bilan

Anamnèse

Chez les patients communicatifs, un besoin marqué d'uriner évoque une obstruction, alors qu'une soif et une envie d'uriner sans urgence évoquent une déplétion volémique. Chez le patient comateux (probablement sondé), une diminution soudaine du débit urinaire chez un patient normotendu évoque une occlusion de la sonde (p. ex., causée par un caillot ou une coudure) ou son déplacement, alors qu'une diminution progressive est plus probablement le fait d'une nécrose tubulaire aiguë ( Nécrose tubulaire aiguë) ou d'une cause prérénale ou une cause prérénale.

L’historique des événements récents est utile; elle doit comprendre l’évolution de la PA, les procédures chirurgicales et l’administration de médicaments et de produits de contraste. Une chirurgie ou un traumatisme récents peuvent être compatibles avec une hypovolémie. L'écrasement grave d'un membre, une brûlure électrique profonde ou un coup de chaleur sont en faveur d'une rhabdomyolyse.

Examen clinique

Les signes vitaux sont consignés, en particulier une hypotension et/ou une tachycardie (qui évoque une hypovolémie ou un sepsis) et la fièvre (qui évoque un sepsis). Des signes d'infection focale et d'insuffisance cardiaque doivent être recherchés. La perception d'un globe vésical signe une obstruction. Des urines brun foncé évoquent une myoglobinurie.

Examens complémentaires

Chez tous les patients sondés (et ceux présentant un conduit iléal), la perméabilité doit être confirmée par irrigation avant d’autres tests; cette approche peut résoudre le problème. Chez nombre d'autres patients, l'étiologie (p. ex., choc, sepsis) est cliniquement apparente. Chez d'autres, en particulier en cas de troubles multiples, des examens complémentaires sont nécessaires pour différencier les causes prérénales des causes rénales (nécrose tubulaire aiguë). Chez les patients qui n’ont pas de sonde urinaire, la pose d’une sonde doit être envisagée; cela permettra de diagnostiquer et de traiter l'obstruction et de permettre une surveillance continue du débit urinaire.

Si un cathétérisme veineux central ou artériel pulmonaire est en place, la volémie (et avec un cathétérisme artériel pulmonaire, le débit cardiaque) peut être déterminée par la mesure de la pression veineuse centrale ( Réanimation volémique intraveineuse : Critères d'évaluation et de surveillance) ou de la pression d'occlusion de l'artère pulmonaire ( Surveillance et examens complémentaires en soins intensifs : Pression d'occlusion de l'artère pulmonaire). Cependant, nombre de médecins ne posent pas de tels monitorages pour une oligurie aiguë à moins que d'autres indications ne soient présentes. Une alternative en l’absence de signes de surcharge volémique est d’injecter rapidement un bolus test de liquide IV, 500 mL de sérum physiologique à 0,9% (20 mL/kg chez l’enfant); une augmentation du débit suggère une cause prérénale.

Des examens biologiques doivent être effectués. L’ionogramme sanguin, l’urée et la créatinine sériques sont systématiquement mesurés; la mesure de la concentration en Na et créatinine urinaires est également pratiquée. Les affections prérénales montrent classiquement un ratio urée/créatinine > 20, versus 10 en cas de nécrose tubulaire aiguë ou à l'état normal. Dans les causes prérénales, la natriurèse est < 20 mEq/L car le rein tente de retenir un maximum de Na pour préserver la volémie. Dans la nécrose tubulaire aiguë, le Na urinaire est habituellement > 40 mEq/L. La fraction d'excrétion du Na (FENa) est une représentation plus précise de la capacité du rein à retenir le Na et est définie comme equation

Un rapport < 1 indique que le rein est en mesure de réabsorber le Na et par conséquent que le problème est prérénal. Un rapport > 3 est en faveur d'une cause rénale probable.

Traitement

Les causes identifiées sont traitées; l’obstruction est levée, l’hypovolémie est corrigée, le débit cardiaque est normalisé. Les médicaments néphrotoxiques sont interrompus et sont remplacés par d'autres molécules. L'hypotension doit être évitée pour prévenir d'autres troubles rénaux. Les patients dont l'insuffisance rénale ne peut être guérie peuvent devoir être soumis à un traitement de suppléance rénale (p. ex., hémofiltration continue véno-veineuse ou hémodialyse).

Points clés

  • Les catégories des causes d'oligurie comprennent la diminution du flux sanguin rénal, l'insuffisance rénale et l'obstruction de l'écoulement urinaire.

  • L'anamnèse et l'examen clinique suggèrent souvent un mécanisme (p. ex., hypotension, prise récente d'un médicament néphrotoxique).

  • Mesurer l'ionogramme, l'urée et la créatinine sériques.

  • Mesurer le Na et la créatinine urinaires et calculer l'excrétion fractionnaire du Na si le fait de savoir si la cause est prérénale ou rénale reste incertain; un rapport < 1 indique que le problème est prérénal, alors qu'un rapport > 3 indique une cause rénale probable.

Ressources dans cet article