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Injection de drogues

Par Gerald F. O’Malley, DO, Professor of Emergency Medicine, Sidney Kimmel School of Medicine, Thomas Jefferson University and Hospital ; Rika O’Malley, MD, Attending Physician, Department of Emergency Medicine, Einstein Medical Center

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Un grand nombre de drogues sont administrées par injection pour obtenir un effet plus rapide et/ou plus puissant. Les drogues sont habituellement injectées en IV mais peuvent être injectées en sc, IM ou prises en sublingual. Les utilisateurs utilisent généralement les veines périphériques, mais lorsqu'elles sont sclérosées du fait d'une utilisation chronique, certains apprennent à injecter dans des veines centrales plus importantes (p. ex., dans les veines jugulaires internes, fémorales, axillaires).

Complications

Les personnes qui s'injectent des drogues illicites ne risquent pas que les effets indésirables pharmacodynamiques des substances mais également des complications liées aux contaminants, aux adultérants et aux agents infectieux qui peuvent être injectés avec la drogue.

Adjuvants

Certains utilisateurs de drogue écrasent les comprimés de médicaments prescrits, les dissolvent et les injectent en IV, ainsi ils s'injectent toute une panoplie d'agents de remplissage couramment présents dans les comprimés, dont la cellulose, le talc et la fécule de maïs. Des agents de remplissage peuvent être piégés par le lit capillaire pulmonaire et provoquer une inflammation chronique et une granulomatose à corps étrangers. Les agents de remplissage peuvent également léser l'endothélium des valvules cardiaques, augmentant ainsi le risque d'endocardite.

Les drogues telles que l'héroïneet la cocaïnesont souvent " coupées " avec divers adultérants (p. ex., amphétamines, clenbutérol, dextrométhorphane, fentanyl, kétamine, lévamisole, lidocaïne, diéthylamide de l'acide lysergique [LSD], pseudo-éphédrine, quinine, scopolamine, xylazine). Les adultérants peuvent être ajoutés pour accroître les propriétés psychotropes ou être substitués à la drogue pure; leur présence peut rendre le diagnostic et les décisions thérapeutiques difficiles.

Agents infectieux

Le partage de seringues et l'utilisation de techniques non stériles peuvent entraîner de nombreuses complications infectieuses. Les complications dues à une injection comprennent des abcès cutanés superficiels, une cellulite, des lymphangites, des lymphadénites et des thrombophlébites. Des complications infectieuses localisées à distance dues à des embolies septiques et de bactériémie comprennent une endocardite bactérienne et des abcès dans différents organes et zones. Les embolies pulmonaires septiques et l'ostéomyélite (en particulier vertébrale lombaire) sont particulièrement fréquentes. Des spondylites et des sacro-iléites infectieuses peuvent survenir.

Les maladies infectieuses systémiques sont principalement l'hépatite B et C et l'infection par le VIH. Les utilisateurs de drogues IV présentent un risque élevé de pneumonie, par inhalation et dissémination hématogène de bactéries. D'autres infections qui ne sont pas directement provoquées par l'injection de drogues mais sont fréquentes chez les utilisateurs de drogues IV comprennent la tuberculose, la syphilis et d'autres maladies sexuellement transmissibles. Même le botulisme et le tétanos peuvent résulter de la prise de drogue IV.

Diagnostic

  • Anamnèse et/ou examen clinique

Certains patients admettent volontiers l'usage de drogues par injection, mais pour d'autres, un examen clinique complet est nécessaire pour détecter les preuves de l'injection.

La prise chronique de drogues IV peut être confirmée par l'observation de marques dues aux injections répétées dans les veines sous-cutanées. Les marques sont une zone linéaire de minuscules, lésions sombres ponctuées (des piqûres d'aiguille) entourées par une zone de peau sombre ou de coloration anormale à cause de l'inflammation chronique. Les marques sont souvent observées dans des surfaces facilement accessibles (p. ex., pli du coude, avant-bras), mais certains utilisateurs de drogue essaient de cacher les preuves de leurs injections en choisissant des zones moins visibles (p. ex., les aisselles).

L'injection sous-cutanée (percer la peau) peut causer des cicatrices circulaires caractéristiques ou des ulcères; il peut y avoir des signes d'abcès antérieurs. Les toxicomanes peuvent nier les stigmates de la prise de drogues en attribuant les marques à des dons de sang fréquents, à des morsures d'insectes ou à des traumatismes antérieurs.

Traitement

  • La prévention et le traitement des complications infectieuses

Les consommateurs de drogues, en particulier ayant des antécédents d'utilisation par injection, doivent être soigneusement évalués à la recherche d'une hépatite virale, d'une infection par le VIH et un large éventail d'autres maladies infectieuses fréquentes chez ces patients (p. ex., tuberculose, syphilis, autres maladies sexuellement transmissibles). La vaccination contre l'hépatite, la grippe, l'infection à pneumocoque, le tétanos et d'autres infections doit également être proposée à tous les patients chez qui elle est indiquée ( Revue générale des vaccinations ainsi que des vaccins spécifiques).

L'épidémie de SIDA a fait naître un mouvement pour la réduction des effets indésirables qui vise à réduire les lésions liées à l'utilisation des médicaments sans nécessairement exiger leur arrêt. Par exemple, fournir des aiguilles et des seringues stériles aux consommateurs qui ne parviennent pas à stopper l'injection de drogue réduit la diffusion du VIH et de l'hépatite.

Le traitement des complications infectieuses est le même que celui des infections similaires résultant d'autres pathologies; il comprend l'utilisation d'antibiotiques et l'incision et le drainage des abcès. Le traitement peut être compliqué par la difficulté à obtenir un accès veineux (et éviter que le patient ne l'utilise pour injecter davantage de drogues) et par la faible observance du protocole thérapeutique.