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Marijuana (Cannabis)

Par Gerald F. O’Malley, DO, Professor of Emergency Medicine, Sidney Kimmel School of Medicine, Thomas Jefferson University and Hospital ; Rika O’Malley, MD, Attending Physician, Department of Emergency Medicine, Einstein Medical Center

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La marijuana est un euphorisant qui peut provoquer une sédation ou la dysphorie chez certains utilisateurs. Le surdosage ne se produit pas. Une dépendance psychologique peut se développer en cas de prise chronique, mais il y a très peu de dépendance physique cliniquement observable. Le sevrage est inconfortable mais n'exige qu'un traitement palliatif.

La marijuana est la drogue illicite la plus souvent utilisée; elle est habituellement utilisée de façon intermittente sans dysfonctionnement social ou psychologique.

Aux États-Unis, la marijuana est généralement fumée dans des cigarettes faites avec les bouts et les feuilles des plantes séchées ou avec du haschisch, la résine extraite de la plante. La légalisation de la marijuana à usage personnel en 2010 dans certains états des États-Unis a créé un large marché pour les produits de marijuana qui sont ingérés, insufflés, vaporisés, appliqués par voie topique et teinture, en lotion et sous forme de spray.

Le dronabinol, une forme synthétique orale de l'ingrédient actif, Δ-9-tétrahydrocannabinol (THC) est utilisé pour traiter les nausées et les vomissements associés aux chimiothérapies anticancéreuses et pour augmenter l'appétit dans le SIDA.

Physiopathologie

Le Δ-9-THC se lie aux récepteurs cannabinoïdes présents dans le cerveau.

Effets chroniques

Toute substance entraînant une euphorie et réduisant l'anxiété peut induire une dépendance et la marijuana ne fait pas exception. Le fumeur de fortes doses peut développer des symptômes pulmonaires (épisodes de bronchites aiguës, wheezing, toux et cathare) et ses fonctions respiratoires peuvent être altérées, et se caractériser par des troubles respiratoires d'origine inconnue. Cependant, même les fumeurs journaliers ne développent pas de maladie obstructive pulmonaire.

Des données récentes suggèrent que l'utilisation intensive de la marijuana est associée à des troubles cognitifs et à des modifications anatomiques importants de l'hippocampe, en particulier si la consommation de marijuana commence à l'adolescence.

Il n'y a pas de preuve de risque accru de cancers de la tête et du cou ou des voies respiratoires, comme c'est le cas avec le tabac. Une motivation et une énergie en baisse sont souvent observées.

L'effet de la prise de marijuana prénatale sur le nouveau-né est incertain. Il a été rapporté une diminution du poids fœtal, mais quand tous les facteurs (p. ex., prise d'alcool et de tabac par la mère) sont pris en compte, les effets sur le poids du fœtus apparaissent moins importants. Cependant, sa sécurité n'ayant pas été clairement prouvée, la marijuana doit être évitée par les femmes enceintes et celles qui essaient de le devenir. Le THC est éliminé dans le lait maternel. Bien qu'il n'ait pas été démontré de lésion chez les nourrissons allaités au sein, les mères allaitantes ainsi que les femmes enceintes doivent éviter l'utilisation de marijuana.

Symptomatologie

L'intoxication et le sevrage ne menacent pas le pronostic vital.

Effets aigus

En quelques minutes, la marijuana entraîne un état de conscience floue, dans lequel les idées semblent déconnectées les unes des autres, incontrôlables et autonomes. La perception du temps, des couleurs et de l'espace peut être déformée. En général, l'intoxication consiste en un sentiment de bien-être et des effets de relaxation euphorie (planer). Ces derniers durent de 4 à 6 h après l'inhalation.

Nombre des conséquences psychologiques rapportées semblent liées aux situations dans lesquelles la drogue est consommée. Une anxiété, des réactions de panique et de paranoïa, en particulier dans les utilisateurs qui n'ont jamais reçu d'opiacés. La marijuana peut exacerber ou même déclencher chez le schizophrène des symptômes psychotiques, même chez le patient traité par des antipsychotiques.

Les effets physiques sont modérés chez la plupart des patients. Une tachycardie, une hyperhémie conjonctivale et une sécheresse de la bouche surviennent régulièrement. La concentration, la perception du temps, la coordination fine, la perception des reliefs, le suivi visuel et le temps de réaction peuvent être altérés pendant une période allant jusqu'à 24 h, tous dangereux dans certaines situations (p. ex., conduite automobile, conduite d'équipements lourds). L'appétit est souvent augmenté.

Sevrage

L'arrêt du tabac chez les sujets qui fument souvent ou chez les gros fumeurs peut provoquer un syndrome de sevrage léger; les symptômes du sevrage ne débutent pas toujours au même moment, mais généralement environ 12 h après la dernière utilisation. Les symptômes comprennent l'insomnie, l'irritabilité, la dépression, des nausées et l'anorexie; symptômes atteignent leur apogée en 2 à 3 jours et durent jusqu'à 7 jours.

Le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde est un syndrome qui a été décrit récemment et qui consiste en des épisodes cycliques de nausées et de vomissements chez les utilisateurs chroniques de cannabis; les symptômes disparaissent généralement spontanément dans les 48 h. Un bain chaud améliore ces symptômes et constitue un indice clinique pour le diagnostic.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Le diagnostic est habituellement clinique. Le taux de la substance n'est habituellement pas mesuré. La plupart des tests standards de dépistage des drogues dans l'urine comprennent la recherche de marijuana, mais ils peuvent donner des résultats faux-positifs ou faux-négatifs.

Traitement

  • Mesures de support

Le traitement est habituellement inutile; chez les patients souffrant d'un état de malaise important, le traitement est un traitement de support. Les patients présentant le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde peuvent devoir prendre des liquides IV et des antiémétiques (des rapports anecdotiques indiquent que l'halopéridol est efficace).

La prise en charge de la toxicomanie comprend généralement une thérapie comportementale et fait partie d'un programme de traitement de la toxicomanie en externe.

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