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Solvants volatils

Par Gerald F. O’Malley, DO, Professor of Emergency Medicine, Sidney Kimmel School of Medicine, Thomas Jefferson University and Hospital ; Rika O’Malley, MD, Attending Physician, Department of Emergency Medicine, Einstein Medical Center

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L'inhalation de solvants volatils industriels et de solvants provenant de sprays aérosols peut entraîner un état d'intoxication. La prise chronique peut favoriser des neuropathies et une hépatotoxicité.

L'utilisation de solvants volatils (p. ex., acétates, alcool, chloroforme, éther, hydrocarbures aliphatiques et aromatiques, hydrocarbures chlorés, cétones) continue d'être un problème d'endémie chez les adolescents. Les produits commerciaux courants (p. ex., colles et adhésifs, peintures, solvants de peinture, liquides de nettoyage) contiennent ces substances; ainsi, les enfants et les adolescents peuvent facilement les obtenir. Environ 10% des adolescents aux États-Unis ont inhalé des solvants volatils. En règle générale, un chiffon imbibé de solvant est placé dans un sac ou un récipient que l'on tient devant la bouche et le nez; les vapeurs qui se sont naturellement volatilisées sont ensuite inhalées (en expirant et en inspirant).

Les solvants volatils stimulent temporairement le SNC, avant de le déprimer. Une tolérance partielle et une dépendance psychologique se développent en cas d'utilisation fréquente, mais il n'y a pas de syndrome d'abstinence.

Symptomatologie

Effets aigus

Les signes aigus, une sensation vertigineuse, une somnolence, un discours bredouillant et une démarche instable apparaissent rapidement. Une impulsivité, une excitation et une irritabilité peuvent survenir. À mesure que les effets sur le SNC se développent, des hallucinations et des idées délirantes peuvent apparaître. La personne a la sensation de planer et de rêver, culminant dans un bref moment d'assoupissement. Un syndrome confusionnel, des troubles psychomoteurs, une labilité émotionnelle et un trouble de la pensée surviennent. L'état d'intoxication aiguë dure de quelques minutes à > 1 h.

La mort subite peut résulter d'un arrêt respiratoire ou d'une occlusion des voies respiratoires due à une dépression du SNC ou des troubles du rythme ("sudden sniffing death," peut-être dû à une sensibilisation myocarde).

Le chlorure de méthylène (dichlorométhane) est métabolisé en monoxyde de carbone et son inhalation peut provoquer l'apparition de symptômes tardifs d'intoxication par le monoxyde de carbone; les symptômes peuvent persister sur une période prolongée.

L'inhalation de méthanol peut provoquer une acidose métabolique et des lésions rétiniennes.

Effets chroniques

L'inhalation chronique d'hydrocarbures volatils peut irriter la peau autour de la bouche et du nez (eczéma de Huffer).

Les complications de l'utilisation chroniques sont dues aux effets du solvant ou des autres composants toxiques du produit (p. ex., le plomb présent dans l'essence). Le tétrachlorure de carbone peut déclencher un syndrome de type insuffisance rénale et hépatique. Le toluène peut provoquer une dégénérescence de la matière blanche du SNC, une acidose tubulaire rénale et une hypokaliémie. Les lésions cérébrales, des nerfs périphériques, les lésions hépatiques, rénales et médullaires peuvent être consécutives à une forte exposition ou à une hypersensibilité.

L'abus de substances inhalées pendant la grossesse peut provoquer une naissance prématurée et un syndrome fœtal des solvants, qui présente des caractéristiques similaires à celles du syndrome d'alcoolisme fœtal.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Les solvants volatils ne sont pas détectés par les tests standards de dépistages des drogues. Bon nombre d'entre eux et de leurs métabolites peuvent être détectés par chromatographie en phase gazeuse dans des laboratoires spécialisés, mais ce test est rarement nécessaire ou indiqué, sauf à des fins médico-légales.

Traitement

  • Soins de support

Le traitement en cas d'intoxication aiguë est un traitement de support. L'utilisation des catécholamines (p. ex., pour l'hypotension) doit être évitée en raison d'une éventuelle sensibilisation myocardique induite par le solvant. Le traitement des dysrhythmies est difficile et il n'existe pas de ligne directrice spécifique en matière de traitement. Les bêta-bloqueurs peuvent être utiles.

Le traitement de l'adolescent dépendant aux solvants est difficile et les rechutes sont fréquentes. Cependant, la plupart des consommateurs suspendent l'utilisation des solvants à la fin de l'adolescence. Les tentatives assidues visant à améliorer globalement ses capacités sociales et son statut au sein de sa famille, à l'école et dans la société sont utiles. Pour les symptômes et le traitement de l'intoxication par des solvants spécifiques, Symptomatologie et traitement de toxiques spécifiques.