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Revue générale des médecines complémentaires et alternatives

Par Steven Rosenzweig, MD, Drexel University College of Medicine

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l’éducation des patients

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Les médecines complémentaires et alternatives correspondent à des approches de la guérison qui ne sont pas fondées sur les principes habituels de la médecine conventionnelle.

  • Les médecines complémentaires correspondent à des pratiques non conventionnelles utilisées habituellement en médecine conventionnelle.

  • Les médecines alternatives se réfèrent à des pratiques non conventionnelles utilisées à la place de la médecine conventionnelle.

  • Les médecines intégratives sont des soins qui utilisent toutes les approches thérapeutiques appropriées, conventionnelles ou non, en privilégiant la relation médecin-malade et la prise en charge globale du patient.

Aux USA, les médecines complémentaires et alternatives ont été largement utilisées depuis des décennies. Presque 40% des adultes ont recours à une forme de médecine complémentaire et alternative, le plus souvent pour traiter une douleur et une anxiété ou pour modifier le taux de cholestérol. Leur utilisation est également courante chez les patients souffrant de douleurs chroniques, de cancer, d'hépatite C ou d'autres maladies rebelles. Les thérapies les plus utilisées comprennent les plantes médicinales ( Compléments alimentaires) et les compléments à base de plantes (phytothérapie), la méthode corps-esprit et la massothérapie.

Aux USA, certaines médecines complémentaires et alternatives sont maintenant proposées dans les hôpitaux et parfois remboursées par les compagnies d'assurances. Certaines écoles de médecine traditionnelle, dont les 45 écoles de médecine Nord-américaines du " Consortium of Academic Health Centers for integrative Medicine ", délivrent un enseignement des médecines complémentaires et alternatives et de médecine intégrative.

De grandes différences philosophiques distinguent l'approche conventionnelle de l'approche alternative pour la guérison (v. Différences entre médecine conventionnelle et alternative).

Par peur d'être critiqués, les patients n'informent pas toujours les médecins de leur recours aux médecines complémentaires et alternatives. Il est donc très important que les médecins interrogent leurs patients sur leur recours aux médecines complémentaires et alternatives, ceci avec ouverture d'esprit et sans préjugé. Apprendre le recours des patients aux médecines complémentaires et alternatives peut renforcer les rapports, bâtir la confiance et être l'occasion de discuter des bénéfices et des risques des médecines complémentaires et alternatives. Les médecins peuvent aussi identifier et éviter les interactions potentiellement dangereuses entre les médicaments et les médecines complémentaires et alternatives ou les compléments alimentaires, surveiller l'évolution des patients, les orienter vers des praticiens formés aux médecines complémentaires et alternatives et apprendre des expériences de médecines complémentaires et alternatives des patients.

Différences entre médecine conventionnelle et alternative

Facteur

Médecine conventionnelle

Médecine alternative

Définition de la santé

Fonction normale (c.-à-d., absence de maladie spécifique ou de dysfonctionnement)

Équilibre optimal, résilience et intégrité du corps, de la pensée, de l'esprit et de leurs interrelations

Définition de la maladie

Fondée sur la maladie: dysfonctionnement des organes ou des processus biochimiques

Fondée sur les symptômes et l'individu: déséquilibre du corps, de la pensée et de l'esprit

Concept de force vitale

Processus de vie qui impliquent des événements physiques et biochimiques et non une force vitale non physique

Une force vitale non physique unit la pensée et le corps, interconnecte tous les êtres vivants et est le fondement de la santé

Compréhension de la conscience

Résulte uniquement des processus physiques du cerveau

N'est pas localisée dans le cerveau; peut exercer des effets de guérison sur le corps

Méthode de traitement

Interventions externes (p. ex., médicaments, chirurgie, radiothérapie)

Soutien et renforcement des capacités d'auto-guérison inhérentes au patient

Efficacité

En 1992, aux USA, " l’Office of Alternative Medicine in the National Institutes of Health " (NIH) a été formé pour étudier l’efficacité et l’innocuité des thérapies alternatives. En 1998, ce département est devenu le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM; v. www.nccam.nih.gov/). D'autres départements du NIH (p. ex., le " National Cancer Institute ") financent également des recherches de médecines complémentaires et alternatives.

Il y a 3 types d'arguments pour les médecines complémentaires et alternatives:

  • Utilisation pendant des décennies voire des siècles

  • Preuve de leurs mécanismes d'action physiologiques (p. ex., modification de l'activité de l'acide γ-aminobutyrique [GABA] dans le cerveau par la valériane)

  • Efficacité, démontrée dans les essais cliniques

Une quantité substantielle d’informations sur les médecines complémentaires et alternatives est disponible dans des publications revues par des pairs, des revues fondées sur des preuves, des rapports de consensus d’experts et des manuels de référence; beaucoup ont été publiées dans d’autres langues que l’anglais (p. ex., Allemand, le Chinois). Cependant, la plupart des médecines complémentaires et alternatives n'ont pas été testées dans des essais cliniques qui font autorité et ne le seront probablement jamais pour les raisons suivantes:

  • L'industrie n'a pas d'intérêt économique à financer ces recherches.

  • Les médecines complémentaires et alternatives peuvent être difficiles à étudier en utilisant la méthodologie conventionnelle.

  • Les fabricants de produits destinés aux médecines complémentaires et alternatives n'ont pas à en prouver l'efficacité spécifique sur une maladie.

Ainsi, la FDA autorise la commercialisation de compléments alimentaires et l'utilisation des dispositifs de médecines complémentaires et alternatives mais restreint sensiblement les revendications concernant leur efficacité. Généralement, les fabricants de compléments alimentaires peuvent revendiquer des bénéfices pour la structure ou les fonctions même du corps (p. ex., améliore les fonctions cardiovasculaires) mais pas pour le traitement de maladies (p. ex., traiter l'HTA).

Recherche

La conception d'études des médecines complémentaires et alternatives pose des défis dépassant ceux rencontrés par les chercheurs des thérapies conventionnelles:

  • Les thérapies peuvent ne pas être standardisées. Par exemple, il existe différents systèmes d'acupuncture, le contenu et l'activité biologique d'extraits fabriqués à partir de la même espèce végétale sont très variables (l'identification chimique et la normalisation des principes actifs ne fait pas partie des médecines complémentaires et alternatives).

  • Les diagnostics peuvent ne pas être standardisés; l’utilisation de nombreuses médecines complémentaires et alternatives (p. ex., herboristerie traditionnelle, homéopathie, acupuncture) repose sur les caractéristiques spécifiques du patient plutôt que sur une maladie ou un trouble particulier.

  • Les études en simple ou double aveugle sont souvent difficiles ou impossibles. Par exemple, la répartition en simple ou en double aveugle de patients pratiquant la méditation n'est pas possible. Les praticiens de Reiki ne peuvent ignorer s'ils utilisent ou non l'énergie de guérison.

  • Les résultats sont difficiles à standardiser parce qu'ils sont souvent spécifiques à l'individu plutôt qu'impartiaux et constants (comme le sont la PA moyenne, le taux d'HbA1c et la mortalité).

  • Les placebos peuvent être difficiles à concevoir parce que l'identification du principe actif des médecines complémentaires et alternatives peut être difficile. Par exemple, lors des massages, le principe actif pourrait être le toucher, la zone corporelle spécifiquement massée, la technique de massages utilisée ou le temps passé avec le patient.

Dans une perspective de recherche conventionnelle, le recours à un contrôle placebo est particulièrement important lorsque les résultats utilisés sont subjectifs (p. ex., douleur, nausées, indigestion) et lorsque les troubles étudiés sont intermittents et/ou spontanément résolutifs (p. ex., céphalées); de tels aboutissements et de tels troubles sont souvent la cible des médecines complémentaires et alternatives. Cependant, les médecines complémentaires et alternatives considèrent les effets placebo comme des effets de guérison non spécifiques émanant de l'interaction thérapeutique et comme indissociables des traitements spécifiques. En pratique, les thérapies alternatives ont pour but d'optimiser la capacité d'auto-guérison du patient (réponse au placebo) et aussi ont des effets spécifiques de ce traitement. Ainsi, de nombreux praticiens en médecines complémentaires et alternatives s'efforcent d'améliorer la qualité de l'environnement de guérison et de la relation thérapeutique. L'étude des composantes efficaces d'une thérapie par médecines complémentaires et alternatives sans nuire à l'intégrité de cette thérapie dans un contexte de recherche reste un défi méthodologique.

Sécurité

Bien que la sécurité de la plupart des médecines complémentaires et alternatives n'ait pas été étudiée dans des essais cliniques, beaucoup de ces thérapies sont considérées comme sûres. De nombreuses médecines complémentaires et alternatives (p. ex., plantes non toxiques, techniques corps-esprit telles que la méditation et le yoga, pratiques fondées sur le corps telles que les massages) ont été utilisées durant des millénaires sans preuve de dangerosité et beaucoup semblent ne pas présenter de risque. Cependant, il existe des précautions d'utilisation, dont les suivantes:

  • Le plus grand risque des médecines complémentaires et alternatives est probablement le recours à cette approche alternative pour traiter un trouble potentiellement létal qui pourrait être efficacement traité de façon conventionnelle (p. ex., méningite, acidocétose diabétique, leucémie aiguë), peut-être le risque de nuisance le plus important lié aux médecines complémentaires et alternatives

  • La toxicité de certaines préparations végétales (p. ex., hépatotoxicité des alcaloïdes de la pyrrolizidine, De l'Atractylis gummifera, du chaparral, de la germandrée, de la chélidoine, du Jin Bu Huan, du kava, du pouliot ou d'autres; néphrotoxicité de L'aristoloche ; stimulation adrénergique par l'éphédre)

  • La contamination (p. ex., contamination de certaines préparations chinoises et ayurvédiques à base de plantes par des métaux lourds; contamination d’autres produits, tels que le PC-SPES et certaines plantes chinoises par d'autres drogues)

  • Les interactions entre les médecines complémentaires et alternatives (p. ex., plantes, micronutriments ou compléments alimentaires) et d'autres médicaments (p. ex., induction des enzymes cytochromes P-450 [CYP3A4]. Par le millepertuis, entraînant une réduction de l'activité des antirétroviraux, des immunosuppresseurs et d'autres médicaments), en particulier si les médicaments ont un index thérapeutique étroit

  • Les lésions comme avec toute manipulation physique du corps (dont les techniques conventionnelles telles que les traitements physiques), (p. ex., des nerfs ou de la moelle épinière par des manipulations vertébrales chez des patients à risque, ecchymoses chez des patients présentant des troubles hémorragiques)

Les alertes actuelles sur les compléments alimentaires nocifs sont disponibles sur le site web de la FDA (http://www.fda.gov/Alimentation/Dietarysupplements/Alerts/default.htm).Depuis longtemps, la FDA n'a pas strictement réglementé la production des compléments alimentaires. Cependant, les nouvelles réglementations de la FDA exigent maintenant la conformité des processus de fabrication pour garantir qualité et sécurité des compléments.

Pour éviter les blessures résultant de manipulations physiques, les patients doivent s'adresser à des praticiens formés aux médecines complémentaires et alternatives par des écoles accréditées et qui sont des professionnels diplômés. Le taux de complications est très faible quand la thérapie chiropratique ou l'acupuncture sont effectuées par des praticiens pleinement compétents.

Catégories

On reconnaît généralement cinq catégories de médecines alternatives (v. Types de médecines alternatives):

  • Systèmes de médecine alternative

  • Médecine corps-esprit

  • Thérapies à fondement biologique

  • Manipulations et thérapies corporelles

  • Médecines énergétiques

Le nom de nombreuses thérapies ne décrit qu'en partie leurs composants.

Types de médecines alternatives

Revue générale

Exemples

Description

Systèmes de médecines globales

Englobe toutes les approches, incluant la théorie et la pratique (p. ex., explication de la maladie, diagnostic, traitement)

Ayurveda

Vise à restaurer l'équilibre de l'organisme

Recours à alimentation, massages, plantes, méditation, élimination thérapeutique et yoga

Homéopathie

Basée sur la loi des similitudes: une substance qui cause certains symptômes lorsqu'elle est administrée à larges doses est utilisée à doses infinitésimales pour guérir les mêmes symptômes

Naturopathie

Vise à traiter et prévenir la maladie par un mode de vie sain, le traitement du patient dans son ensemble et l'utilisation des capacités naturelles de guérison du corps

Utilisation combinée de plusieurs thérapies parmi lesquelles acupuncture, conseils, exercices, imagerie guidée, homéopathie, hydrothérapie, plantes médicinales, accouchement naturel, nutrition, thérapies physiques et gestion du stress

Médecine traditionnelle chinoise

Vise à restaurer le flux approprié de la force vitale (qi) par l'équilibrage des forces opposées du yin et du yang dans le corps

Utilise acupuncture, massages, plantes médicinales et exercices de méditation (qi gong)

Médecine corps-esprit

Utilisation de techniques comportementales, psychologiques, sociales et spirituelles pour améliorer la capacité de l'esprit à moduler le corps et préserver ainsi la santé et prévenir ou guérir une maladie

Biofeedback

Utilisation d'appareils électroniques pour transmettre aux patients des informations sur les fonctions biologiques (p. ex., PA, activité musculaire) et enseigner aux patients le contrôle de ces fonctions

Imagerie guidée

Utilisation d'images mentales pour aider les patients à se relaxer ou pour promouvoir le bien-être ou la guérison d'une maladie particulière (p. ex., cancer, traumatisme psychologique)

Hypnothérapie

Met les patients dans un état de relaxation avec une concentration mentale attentive et focalisée pour les aider à changer leur comportement et ainsi améliorer leur santé

Méditation

Implique l'auto-régulation volontaire de l'attention ou la focalisation mentale systématique sur des aspects particuliers de l'expérience intérieure ou extérieure.

Techniques de relaxation

Ont pour but d'obtenir un état psychophysiologique de détente en réduisant l'activité du système nerveux sympathique et la PA, la tension musculaire, en ralentissant les processus métaboliques ou en modifiant l'activité des ondes cérébrales

Thérapies à fondements biologiques

Utilisations des substances naturelles (p. ex., certains aliments, micronutriments) pour améliorer la santé

Thérapies biologiques

Utilisations des substances naturellement présentes dans le règne animal (p. ex., cartilage de requin [pour traiter le cancer], S-adénosyl-L-méthionine [SAMe], glucosamine [pour traiter l'arthrose]) pour traiter la maladie

Traitements chélateurs

Utilisation d'un médicament pour qu'il se lie à un métal ou un minéral supposé présent en quantité excessive ou toxique dans l'organisme, afin de l'éliminer

Thérapies diététiques

Utilisation de régimes alimentaires spécialisés (p. ex., régime Gerson, régime macrobiotique, régime Ornish, régime Pritikin) pour traiter ou éviter une maladie spécifique (p. ex., cancer, troubles cardiovasculaires) ou favoriser le bien-être

Herboristerie

Utilisation de plantes et d'extraits de plantes pour traiter la maladie et promouvoir le bien-être

Médecine orthomoléculaire

Utilisation de substances naturellement présentes dans le corps (p. ex., hormones, vitamines), souvent à des doses supérieures aux apports journaliers recommandés, pour traiter la maladie et promouvoir le bien-être

Manipulations et thérapies corporelles

Centrée avant tout sur les structures du corps et les systèmes (p. ex., os, articulations, tissus mous)

Basée sur la croyance que le corps peut se réguler et guérir de lui-même et que ses parties sont interdépendantes

Thérapie chiropratique

Consiste à manipuler le rachis, les articulations et les tissus mous pour restaurer des fonctions neuromusculaires rachidiennes normales

Comprend également la prescription d'exercices et de mesures ergonomiques

Massages

Consistent à manipuler les tissus afin de favoriser la bonne santé et réduire douleurs et stress

Rééducation posturale

Utilisation du mouvement et du toucher pour aider les patients à devenir plus conscients de leur corps, réapprentissage d'une posture saine et à se mouvoir plus facilement

Réflexologie

Consiste à appliquer une pression manuelle sur des zones spécifiques du pied, qui, théoriquement, correspondent à différents organes ou systèmes du corps

Intégration structurale

Consiste en la manipulation et l'étirement des fascias pour rétablir un alignement musculaire et osseux sain

Médecines énergétiques

La manipulation des champs énergétiques du corps (biofields) avec le but de modifier la santé

Basées sur la croyance qu'une force vitale universelle ou une énergie ténue se trouve dans et autour du corps

Acupuncture

Stimule des points spécifiques sur le corps, habituellement en introduisant de fines aiguilles dans la peau et les tissus sous-jacents pour débloquer le flux du qi le long des voies énergétiques et ainsi de restaurer l'équilibre corporel

Qigong externe

Implique les maîtres guérisseurs utilisant l'énergie de leur propre biofield pour obtenir le rééquilibrage énergétique du patient

Aimants

Placement d'aimants sur le corps afin de réduire la douleur

Champs électriques pulsés

Placement des parties blessées du corps dans un champ électrique induit pour faciliter la guérison

Reiki

Implique des praticiens véhiculant l'énergie au travers de leur corps et jusqu'à l'intérieur du corps du patient pour promouvoir la guérison

Toucher thérapeutique

Utilisation de l'énergie de guérison du thérapeute, habituellement sans toucher le patient, pour identifier et réparer les déséquilibres du biofield du patient

RDA = recommended daily allowances (apports journaliers recommandés).

Ressources dans cet article