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Bilan de l'état bucco-dentaire du patient

Par Linda P. Nelson, DMD, MScD, Assistant Professor of Pediatric Dentistry;Associate Pediatric Dentist, Harvard School of Dental Medicine;Children's Hospital

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l’éducation des patients

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Le premier examen dentaire doit avoir lieu avant l'âge de 1 an ou lors de l'éruption de la première dent. Les bilans suivants doivent se faire q 6 mois ou dès que des symptômes se manifestent. L'examen du nez, de la bouche et du pharynx fait partie intégrante de tout examen clinique général. Les manifestations buccales de nombreuses maladies systémiques sont spécifiques, parfois pathognomoniques et peuvent représenter le premier signe d'une maladie ( Signes buccaux des troubles systémiques). Un cancer de la cavité buccale peut être détecté à un stade précoce.

Anamnèse

Les symptômes dentaires importants sont les saignements, les douleurs, les troubles occlusaux, péricoronarites, engourdissement ou paresthésie et problèmes de mastication (voir Quelques symptômes oraux et causes possibles); des symptômes bucco-dentaires prolongés peuvent influer sur l'alimentation et entraîner une perte de poids. Les informations générales pour le public portent sur la consommation de l'alcool ou du tabac (les deux plus grands facteurs de risque des cancers de la tête et du cou) et des symptômes généraux tels que la fièvre et la perte de poids.

Quelques symptômes oraux et causes possibles

Symptôme

Causes

Saignement ou douleur lors du brossage (classique)

Diathèse hémorragique*

Gingivite (la plus fréquente)

Leucémie*

Douleurs d'oreille, projetées (assez fréquentes)

Inflammation autour du capuchon gingival lors de l'éruption partielle de la 3e molaire mandibulaires (péricoronarite)

Ostéite localisée (alvéolite sèche) après l'extraction d'une molaire inférieure

Douleur du visage, de la tête ou du cou (rares, sauf avec les appareils dentaires mal ajustés ou en cas de troubles temporomandibulaires)

Syndrome d'Eagle

Infection

Lésions occultes avec infections à germes anaérobies de bas grade se propageant à l'os

Prothèses dentaires mal adaptées

Spasme des muscles masticateurs

Troubles de l'articulation temporomandibulaire

Engourdissement ou paresthésies faciales (rares, sauf en cas d'accident vasculaire cérébral)

Tumeur de l'antre ou du nasopharynx

Tumeurs du tronc cérébral

Avulsion d'une molaire mandibulaire, cause d'un traumatisme du nerf alvéolaire inférieur

Sclérose en plaques

Tumeur orale (rare)

Accident vasculaire cérébral

Infection virale (paralysie du nerf facial)

Fatigue masticatoire (rare, sauf en cas de prothèses mal ajustées)

La fatigue masticatoire peut être causée par une maladie musculaire ou neuromusculaire congénitale (chez les sujets jeunes)

Myasthénie (un symptôme cardinal)

Inadaptation occluso-fonctionnelle d'une prothèse (chez les sujets âgés)

Douleurs masticatoires ou claudication de la mâchoire (rares)

Artérite à cellules géantes

Pseudo-polyarthrite rhizomélique

Perte de poids (assez fréquente)

Prothèses dentaires mal adaptées

Troubles de l'articulation temporomandibulaire

Nombre insuffisant de dents, ou trop mobiles, ou douleurs dentaires

*Peuvent se manifester en premier lieu sous forme d'hémorragies gingivales facilement déclenchées.

Allongement de la styloïde ou ossification du ligament stylohyoïdien, cause de douleur quand la tête est tournée.

Peut entraîner une paresthésie de la lèvre inférieure.

Examen clinique

Un examen précis nécessite un bon éclairage, un abaisse-langue, des gants et des compresses. Les prothèses adjointes dentaires, totales ou partielles, doivent être enlevées afin d'observer les tissus sous-jacents.

La plupart des médecins utilisent une lampe frontale. Cependant, la lumière ne pouvant pas être précisément alignée sur l'axe de vision, il est difficile d'éviter les ombres dans les zones étroites. Un meilleur éclairage est obtenu avec une lumière frontale à miroir convexe; le médecin regarde à travers un trou dans le centre du miroir, l’éclairage est ainsi toujours dans l'axe. Le miroir frontal réfléchit la lumière provenant d’une source lumineuse (une lampe à incandescence) placée derrière le patient, légèrement sur le côté; un apprentissage est nécessaire pour être utilisée efficacement.

Le visage

L'examinateur recherche tout d'abord au niveau du visage une asymétrie, une masse ou des lésions cutanées. Une petite asymétrie faciale est normale, mais une asymétrie importante peut témoigner d'une affection sous-jacente, soit congénitale soit acquise ( Troubles de la région orale selon les principaux sites impliqués).

Troubles de la région orale selon les principaux sites impliqués

Site

Trouble ou lésion

Description

Lèvres

Atrophie actinique

Muqueuse atrophique fine avec des zones érosives; prédispose à la néoplasie

Gonflement aigu

Chéilite angulaire (chéilose)

Fissures au niveau des angles de la bouche, souvent avec macération

Cheilitis glandularis (chéilite glandulaire)

Glandes labiales inflammées, nodulaires, gonflées, conduits sécréteurs dilatés; parfois lèvres hypertrophiques, éversées

Chéilite granulomateuse

Lèvres gonflées de façon diffuse, principalement la lèvre inférieure

Bulles multiples qui se rompent rapidement, laissant des ulcères hémorragiques; dont le syndrome de Stevens-Johnson

Chéilite exfoliative

Desquamation superficielle chronique de cellules muqueuses

Une tumeur avec destruction épithéliale locale supposée être une forme de carcinome malpighien qui régresse généralement spontanément

Taches de mélanine brun foncé, avec polypose gastro-intestinale

Herpes simplex secondaire (bouton de fièvre)

Vésicule à faible durée de vie (≤ 1 jours), suivie par d'un petit ulcère douloureux (≤ 10 jours) à la bordure vermillon (fréquent)

Verruca vulgaris (verrue)

Surface irrégulière

Muqueuse buccale

Brûlure à l'aspirine

Zone blanchâtre douloureuse; une fois essuyée, expose une zone inflammée

Grains de Fordyce

Macules de couleur crème de 1 mm de diamètre; bénigne; glandes sébacées aberrantes

Petites vésicules ulcérées; infection par la souche coxsackie chez les jeunes enfants; peu sévère

Vésicules dans l'arrière de la bouche

Fibrome d'irritation

À surface lisse, en forme de dôme, sessiles

Tâches de Koplik

Macules minuscules, grisâtres avec des marges rouges près de l'orifice de la glande parotide; précurseur de la rougeole

Ligne blanche

Mince ligne blanche, typiquement bilatérale, au niveau du plan d'occlusion; bénigne

Lésion par tabac à chiquer

Blanc ou gris ondulé; habituellement derrière la lèvre inférieure; tend vers le cancer

Cancer verruqueux

Croissance lente, exophytiques, habituellement bien différencié; sur le site d'application à priser; métastases inhabituelles et tardives

Naevus spongiforme blanc

Épais plis blancs sur la plupart de la muqueuse buccale, sauf les gencives; bénin

Palais

Granulomatose avec polyangéite (anciennement appelée granulomatose de Wegener)

Granulome médian mortel, avec destruction, séquestration et perforation osseuse

Pétéchies à la jonction du palais dur et mou

Macules rouges à violettes évoluant en papules d'indolores à douloureuses

Sialométaplasie nécrosante

Grands ulcères à développement rapide, souvent indolores; d'apparence grossièrement maligne; guérissent spontanément en 1–3 mois

Hyperplasie papillaire inflammatoire

Tissu spongieux rouge, recouvert de plis de tissu fibreux; texture veloutée; bénigne; survient sous des prothèses adjointes mal ajustées

Palais du fumeur (stomatite nicotinique)

Les zones rouges ponctuelles, sont les conduits des glandes salivaires, leur aspect est rouge entouré par une leucoplasie (souvent grave, habituellement bénigne)

Herpes simplex secondaire

Petites papules rapidement coalescentes en séries d'ulcères (rares)

Excroissance osseuse de la ligne médiane; bénigne

Langue et plancher de la bouche

Ankyloglossie

Langue qui ne peut sortir; difficultés d'élocution

Gencive repoussée par le frein de la langue

Kystes lymphoépithéliaux bénins

Nodule jaunâtre sur la partie ventrale de la langue ou antérieure du plancher de la bouche

Glossite migratrice bénigne (langue géographique, érythème migrant)

Modifications de forme d'une hyperkératose et érythème sur le dos et les bords; papilles filiformes desquamées de formes irrégulières circinées, avec souvent un centre inflammé et un bord blanc ou jaune

Kyste dermoïde

Gonflement du plancher de la bouche

Augmentation de volume de la langue (macroglossie)

Localisée ou généralisée selon le nombre de dents manquantes; les dents adjacentes peuvent indenter la langue; élargissement postérieur associé à une apnée obstructive du sommeil et à des ronflements

Langue fissurée (scrotale)

Sillons profonds dans les zones latérale et dorsale

Glossite

Langue rouge douloureuse; souvent secondaire à une autre affection, allergique ou idiopathique

Langue villeuse

Papilles sombres, allongées, filiformes

Ligne blanche

Fine ligne blanche sur les bords de la langue, habituellement bilatérale

Nodule thyroïdien lingual

Masse nodulaire lisse de tissu folliculaire thyroïdien, sur le dos très postérieur de la langue, habituellement à la ligne médiane

Gonflement douloureux sous la langue dû à une infection odontogène; peut entraîner un blocage des voies respiratoires en forçant la langue en haut et en arrière

Glossite losangique médiane

Tache rouge (habituellement) sur la ligne médiane de la langue, sans papilles; asymptomatique

Neurilemmome

Gonflement persistant, parfois sur le site d'un traumatisme antérieur; peut être douloureux

Langue pâle, lisse souvent avec glossodynie ou glossopyrosis

Ranula

Grande mucocèle pénétrante du muscle mylohyoïdien; peut plonger profondément dans le cou; gonflement du plancher de la bouche

Kyste du canal thyréoglosse

Gonflement médian qui se déplace vers le haut lorsque la langue sort

Ulcères sur le dos (dur), adénopathie cervicale

Glandes salivaires

Lésion bénigne lymphoépithéliale (maladie de Mikulicz)

Hypertrophie unilatérale ou bilatérale des glandes salivaires; souvent avec une sécheresse de la bouche et des yeux

Tuméfaction, souvent douloureuse; bénigne

Œdème (p. ex., du plancher de la bouche) qui augmente au moment des repas ou lorsque l'on offre un cornichon

Maladie systémique entraînant une sécheresse des muqueuses

Sécheresse de la bouche; habituellement secondaire à des médicaments

Divers

Lésions vésiculaires étendues s'ulcérant; toujours présentes sur la gencive; d'autres sites peuvent être impliqués; habituellement chez les jeunes enfants

Multiples ulcères buccaux similaires à ceux de la stomatite aphteuse; également associé à des yeux secs

Petits ulcères douloureux (aphtes) ou grands ulcères douloureux centraux ou réfractaires (stomatite aphteuse récurrente)

Bulles dont la rupture rapide fait place à des ulcères; des lésions oculaires apparaissent après les lésions buccales; trouvé sur la muqueuse alvéolaire et dans le vestibule

Verrue vénérienne transmise formant des touffes de type chou-fleur

Dyskératose

Associée à une érythroplasie (rouge), à une leucoplasie (tache blanche sur les muqueuses qui ne disparaît pas à la pression), et à des lésions rouges et blanches mixtes; précancéreuses

Lésions de couleur violette à rouge foncé, similaire à un angiome; bénin

Vaisseaux sanguins dilatés localisés

Aspect couperosé (stries de Wickham), parfois érosives; peut subir une transformation maligne; très fréquent sur la muqueuse buccale, sur les zones latérales de la langue

Gonflement ou anomalie de coloration localisée; bénigne; le plus souvent sur la langue

Mucocèle (kyste de rétention muqueux)

Nodule mou dû à une lésion de la glande salivaire; si superficiel, recouvert par un épithélium mince; apparaît bleuâtre; très fréquent sur les lèvres et le plancher de la bouche

Noma

Petite vésicule ou ulcère qui grossit rapidement et devient nécrotique

Petites bulles jaunes ou hémorragiques; peut durer plusieurs jours avant la rupture; très fréquents dans le vestibule et sur la muqueuse alvéolaire

Bulles qui se rompent rapidement, laissant des ulcères; peut être fatal sans traitement

Chancre (papule rouge qui se développe rapidement dans un ulcère indolore avec une croûte sérosanglante), plaques muqueuses, gomme

Les dents

On examine les dents, leur forme, alignement, anomalies éventuelles, mobilité, couleur, la présence de plaque adhérente ou de materia alba (bactéries mortes, débris alimentaires, cellules épithéliales) et de tartre.

Les dents sont percutées légèrement avec un abaisse-langue ou un manche de miroir afin d'évaluer leur sensibilité (à la percussion). La sensibilité à la percussion peut évoquer une nécrose pulpaire sur carie profonde avec abcès périapical ou une maladie parodontale sévère. Une sensibilité à la percussion ou des douleurs à la mastication peuvent également indiquer une fracture incomplète en bois vert d'une dent. La sensibilité à la percussion de plusieurs dents maxillaires adjacentes peut être en rapport avec une sinusite maxillaire. La sensibilité à la palpation autour de la région apicale des dents peut également faire suspecter un abcès.

Des mobilités dentaires sont habituellement le signe d'une maladie parodontale grave mais elles peuvent également être dues à un bruxisme (grincement des dents) ou à un traumatisme qui auraient détérioré les tissus parodontaux. Rarement, des dents peuvent se déchausser lorsque l'os alvéolaire est érodé par une masse sous-jacente (p. ex., améloblastome, granulome éosinophile). On doit suspecter une tumeur ou une maladie systémique (p. ex., diabète sucré, hyperparathyroïdie, ostéoporose du syndrome de Cushing) devant des pertes et mobilités dentaires sans dépôt de plaque et sans tartre.

Le tartre est la minéralisation de la plaque bactérienne, une concrétion de bactéries, de débris alimentaires, de salive et mucus, par des sels de Ca et de phosphate. Après le nettoyage de la dent, une pellicule de mucopolysaccharides se dépose presque immédiatement. Après environ 24 h, la colonisation bactérienne transforme ce dépôt pelliculaire en plaque. Après environ 72 h, la plaque commence à se minéraliser et se transforme en tartre. Lorsqu’il existe, le tartre se trouve surtout sur les surfaces linguales (internes, près de la langue) des dents antérieures de la mandibule, près des orifices des glandes sous-maxillaires et sublinguales (canaux de Wharton) et sur les surfaces vestibulaires (joue) des molaires maxillaires, en regard des orifices parotidiens (canaux de Sténon).

Les caries (dentaires) sont des lésions qui débutent par une déminéralisation de l'émail dentaire. Les caries se présentent tout d'abord comme des taches blanc crayeux qui deviennent brunes par la suite.

L'attrition (usure des surfaces occlusales) peut résulter de la mastication d'aliments abrasifs ou de la consommation de tabac, d'une exposition à l'acide gastrique en raison d'un reflux gastro-œsophagien grave ou d'une usure liée à l'âge, mais elle indique généralementun bruxisme. Une autre cause fréquente est l'abrasion de l'émail contre une couronne céramique antagoniste parce que la porcelaine est beaucoup plus dure que l'émail. L'usure rend la mastication moins efficace et induit des douleurs sur des dents non cariées lorsque l'émail érodé expose la dentine sous-jacente. La dentine devient sensible au contact et aux changements de température.

Le dentiste peut insensibiliser ces dents ou rétablir leur anatomie en plaçant des couronnes prothétiques ou des onlays sur ces dents trop usées. Dans les cas de sensibilité mineure, la racine exposée peut être insensibilisée par l'application de fluorure ou d'agents de collage de la dentine.

Des dents malformées peuvent être le signe d'une anomalie du développement ou d'une maladie endocrine. Dans le syndrome de Down, les dents sont petites, parfois avec une agénésie des incisives latérales ou des prémolaires et des incisives centrales de forme conique. Dans la syphilis congénitale, les incisives peuvent être rétrécies au tiers incisal, leur donnant une forme de cheville ou de tournevis avec une encoche dans la partie centrale du bord incisif (incisives d'Hutchinson) et les 1ères molaires sont petites, avec une table occlusale rétrécie et un émail rugueux et lobulé souvent hypoplasique (molaire de mûrier). Dans la dysplasie ectodermique congénitale, les germes dentaires sont absents ou les dents coniques, ainsi, une prothèse adjointe est nécessaire dès l'enfance.

La dentinogenèse imparfaite, maladie autosomique dominante, produit une dentine anormale d'aspect opaque brun bleuâtre, opalescente et qui ne soutient pas correctement l'émail sus-jacent. Ces dents ne supportent pas les contraintes occlusales et s'usent rapidement.

Chez les personnes qui présentent un nanisme pituitaire ou une hypoparathyroïdie congénitale, les racines dentaires sont petites; en cas de gigantisme, elles sont grandes. L'acromégalie entraîne une hypercémentose des racines ainsi qu'une augmentation de volume des maxillaires, générant de larges espaces interdentaires. L'acromégalie peut également provoquer une béance, une situation qui se produit lorsque les incisives maxillaires et mandibulaires ne sont pas en contact lorsque les mâchoires sont fermées.

Des incisives latérales congénitalement étroites peuvent exister en l'absence de maladie systémique. Les dents le plus souvent absentes congénitalement sont, par ordre de fréquence, les 3es molaires, les incisives latérales maxillaires et les 2e prémolaires mandibulaires.

Les anomalies de coloration des dents doivent être distinguées des colorations brunes ou jaunes causées par les pigments alimentaires, l'âge et principalement, la fumée. Une dent peut devenir grise en cas de nécrose pulpaire, due habituellement à des caries profondes atteignant la pulpe ou en cas de dépôts d'hémosidérine au sein de la dentine après un traumatisme, avec ou sans nécrose pulpaire.

Les dents des enfants prennent une coloration sombre et permanente après l’administration, même à court terme de tétracyclines à la mère, au cours de la 2e moitié de sa grossesse ou à l’enfant, pendant l’odontogenèse (la croissance de la denture), en particulier lors de la calcification des couronnes qui dure jusqu’à l’âge de 9 ans. Les tétracyclines n'induisent que rarement une anomalie permanente de coloration des dents complètement édifiées chez l'adulte. Cependant, la minocycline brunit les os, ce qui peut être visible dans la bouche lorsque la gencive et la muqueuse sous-jacente sont fines. En lumière ultraviolette, les dents affectées sont fluorescentes selon un spectre caractéristique du type de tétracycline pris.

Dans les porphyries congénitales, les dents temporaires et permanentes peuvent avoir une coloration anormale rouge ou brunâtre, mais présentent toujours une fluorescence rougeâtre due aux dépôts de pigments dans la dentine. L'hyperbilirubinémie congénitale (ictère) entraîne une anomalie de coloration jaunâtre des dents.

Ces dents peuvent être blanchies ( Procédures de blanchiment des dents).

Procédures de blanchiment des dents

Fait par

Ingrédients

Commentaires

Dentiste

Au cabinet

Du peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée) concentré est appliqué aux dents, qui est exposé à une lumière ou à un laser

Très efficace

La gencive, la peau et les yeux doivent être protégés

Patient

À domicile

Du peroxyde de carbamide à 6% (qui devient du peroxyde d'hydrogène [eau oxygénée] à 3% lorsqu'il est appliqué) et un agent épaississant contenant des copolymères d'acide acrylique réticulés avec un polyéther polyalcénylique sont appliqués à l'aide d'une gouttière sur-mesure

Très efficace

Patient (produits en vente libre)

Bandes de blanchiment du commerce

Composée de peroxyde de carbamide

Très efficace

Pâte dentaire de blanchiment

Contient généralement du carbamide ou du peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée)

Modérément efficace

Procédures de blanchiment des dents

Habituellement, composée de dioxyde de titane

Pas très efficace

Les anomalies de l'émail peuvent être dues au rachitisme, matérialisé par une bande rugueuse et irrégulière au sein de l'émail. Toute maladie fébrile prolongée pendant l'odontogenèse peut produire de façon permanente une étroite zone piquée d'émail crayeux ou simplement une anomalie de coloration blanche, visible après l'éruption de la dent. Ainsi, l'âge auquel la maladie est survenue et sa durée peuvent être estimés par la topographie et l'épaisseur de la bande.

Des piqûres de l'émail sont également observées dans la sclérose tubéreuse et le syndrome d'Angelman. L'amélogenèse imparfaite, maladie autosomique dominante, entraîne des hypoplasies sévères de l'émail. Les vomissements chroniques et les reflux œsophagiens déminéralisent les couronnes dentaires, principalement les surfaces linguales des dents antérieures maxillaires.

Le reniflement chronique de cocaïne peut provoquer une déminéralisation étendue des dents, car la drogue se dissocie dans la salive en une base et de l'HCl. L’utilisation chronique de méthamphétamines augmente nettement les caries dentaires (" bouche de méthamphétamine ").

Les nageurs, qui passent beaucoup de temps dans les piscines surchlorées, perdent de grandes quantités d’émail sur les faces vestibulaires des dents, en particulier les incisives, les canines et des 1ères prémolaires maxillaires. Lorsque du bicarbonate de Na a été ajouté dans l'eau des piscines pour corriger le pH, alors des dépôts de tartre bruns se forment mais peuvent être détartrés.

La fluorose présente un émail tacheté susceptibles de se développer chez les enfants qui boivent de l'eau contenant> 1 ppm de fluorure au cours du développement des dents. La fluorose dépend de la quantité de fluorures ingérée et de l'âge de l'enfant lors de l'exposition. Les modifications de l'émail vont de zones opaques blanchâtres et irrégulières, à d'importantes dyschromies brunâtres de toute la couronne, avec rugosité de la surface. Ces dents sont très résistantes aux caries dentaires.

La bouche et la cavité buccale

Les lèvres sont palpées. Avec le patient bouche ouverte, la muqueuse buccale et les vestibules sont examinés avec un abaisse-langue; puis le palais dur et mou, la luette et l'oropharynx sont examinés. On demande au patient de tirer la langue le plus possible, exposant sa face dorsale, puis de la déplacer latéralement le plus loin possible afin de voir ses bords postérolatéraux. Lorsqu'un patient ne réussit pas à tirer suffisamment la langue pour montrer les papilles caliciformes, l'examinateur saisit le bout de la langue au moyen d'une compresse et le tire vers lui. Puis, la langue est soulevée pour observer sa face ventrale et le plancher de la bouche. Les dents et les gencives sont examinées.

Une répartition anormale de la muqueuse kératinisée ou non kératinisée requiert une attention particulière. Un tissu kératinisé survenant dans une zone normalement non kératinisée apparaît blanchâtre. Cette anomalie, appelée leucoplasie, nécessite une biopsie, puisqu'elle peut être cancéreuse ou précancéreuse. Plus inquiétantes encore sont les surfaces de muqueuse amincies. Ces zones rouges, appelées érythroplasie, lorsqu'elles durent au moins 2 semaines, en particulier sur la partie ventrale de la langue et le plancher de la bouche, font suspecter un carcinome in situ.

Avec des mains gantées, l'examinateur palpe les vestibules et le plancher de la bouche, dont les glandes sublinguales et sous-mandibulaires. Pour faciliter la palpation, l'examinateur demande au patient de relâcher les muscles de la bouche en la gardant entrouverte.

Articulation temporomandibulaire

L'articulation temporomandibulaire est examinée en recherchant une déviation de la mandibule lors de l'ouverture de la bouche et en palpant la tête du condyle en avant de l'oreille pendant cette ouverture. L'examinateur place ensuite son petit doigt dans les conduits auditifs externes avec la pulpe du doigt dirigée légèrement vers l'avant tandis que le patient ouvre complètement la bouche et la ferme 3 fois. Le patient doit également être en mesure d'ouvrir la bouche suffisamment pour permettre l'insertion verticale de 3 doigts entre les incisives (soit de 4 à 5 cm).

Un trismus (impossibilité d'ouvrir la bouche) fait évoquer une péricoronarite (cause la plus fréquente), une sclérodermie, une arthrite, l'ankylose ou la luxation de l'articulation temporomandibulaire, le tétanos ou l'abcès périamygdalien. Une ouverture excessive de la bouche évoque une subluxation ou un syndrome d'Ehlers-Danlos de type III.

Examens complémentaires

Chez un nouveau patient ou pour une personne qui demande des soins multiples, il faut effectuer un bilan rx complet de la bouche. Ce bilan consiste en 14 à 16 films périapicaux, qui montrent les racines et l'os, plus 4 films rétro coronaires pour vérifier la présence de caries interdentaires. Les techniques modernes réduisent l'exposition aux radiations à un niveau presque négligeable.

Les patients qui présentent un haut risque de caries (c'est-à-dire, ceux chez qui des caries ont été diagnostiquées pendant l'examen clinique ou qui ont de nouvelles restaurations depuis moins de 3 ans ou qui ont des récidives de caries sur des dents déjà restaurées) doivent refaire des rx rétro coronaires q 12 mois. Autrement, les rx rétro coronaires sont indiquées q 2 à 3 ans.

Une radiographie panoramique peut fournir des informations utiles sur le développement des dents, des kystes ou des tumeurs des mâchoires, des dents surnuméraires ou congénitalement absentes, sur l'impaction de la 3e molaire, le syndrome d'Eagle (moins souvent), et les plaques carotidiennes.

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