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Hémangiomes infantiles

Par Denise M. Aaron, MD, Assistant Professor of Surgery; Staff Physician, Dartmouth-Hitchcock Medical Center; Veterans Administration Medical Center, White River Junction

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Les hémangiomes infantiles sont des lésions vasculaires relevées, rouges ou violacées, hyperplasiques qui apparaissent au cours de la première année de vie. Ils régressent le plus souvent spontanément; dans certaines localisations, durant leur phase de croissance, ils peuvent affecter la vision, les voies respiratoires. Le traitement idéal varie en fonction de nombreux facteurs spécifiques du patient.

Les hémangiomes de l'enfance représentent la tumeur la plus fréquente de l’enfance, ils touchent près de 10 à 12% des enfants avant 1 an. Un hémangiome infantile est présent à la naissance dans 10 à 20% des cas, ou apparaît presque toujours lors des premières semaines de vie; parfois, les lésions plus profondes peuvent n’apparaître que quelques mois après la naissance. La taille et la vascularisation de l'hémangiome augmentent rapidement, atteignant souvent un pic à l'âge de 1 an.

On peut classer les hémangiomes infantiles selon leur siège (superficiel, profond), selon qu'ils sont caverneux ou non, selon leur aspect (p. ex., angiome fraise). Cependant, toutes ces lésions partagent une physiopathologie et une histoire naturelle commune; c’est pourquoi on préfère le terme général d'hémangiome infantile.

Symptomatologie

Les lésions superficielles ont un aspect rouge; les lésions plus profondes ont une couleur bleutée. Les lésions peuvent saigner ou s’ulcérer du fait de traumatismes mineurs; les ulcérations peuvent être douloureuses.

Les hémangiomes infantiles peuvent perturber certaines fonctions. Les lésions du visage ou de l’oropharynx peuvent perturber la vision ou obstruer les voies respiratoires; celles qui sont proches du méat urétral ou de l'anus peuvent gêner la miction ou la défécation. Un hémangiome périorbitaire chez un nourrisson est considéré comme une urgence et il doit être pris en charge afin d'éviter rapidement des séquelles visuelles irréversibles. Les hémangiomes lombosacrés peuvent être le signe d'anomalies neurologiques ou génito-urinaires sous-jacentes.

Les lésions commencent à régresser lentement dès l'âge de 12 à 18 mois, diminuant à la fois en taille et en vascularisation. En général, l’hémangiome infantile involue de 10%/an (p. ex., 50% à 5 ans, 60% à 6 ans), avec une involution maximale à l’âge de 10 ans. En phase d’involution, les lésions prennent une couleur jaunâtre ou télangiectasique et une texture " ridée " fibrograisseuse laxe. Les aspects résiduels sont presque toujours proportionnels à la taille de la lésion et à sa vascularisation.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Le diagnostic d'hémangiome de l'enfance est clinique; l’étendue de la lésion peut être évaluée par l'IRM lorsque les lésions semblent affecter des structures vitales.

Traitement

  • Individualisé en fonction de l'emplacement, de la taille et de la gravité des lésions

  • Pour les lésions qui nécessitent un traitement, éventuellement corticostéroïdes topiques, intralésionnels, ou systémiques; laser; ou propranolol po

  • Pour les lésions ulcérées, soins habituels de plaie

  • Habituellement, éviter la chirurgie

Il n'existe aucune recommandation de traitement universel des hémangiomes infantiles. La plupart des lésions disparaissant spontanément, l'observation est généralement indiquée avant de débuter le traitement. Le traitement doit être envisagé pour les lésions qui

  • Menace la vie

  • Menace la fonction (p. ex., la vision)

  • Implique de grandes zones du visage

  • Sont répartis sur toute la barbe

  • Sont ulcérés

  • Sont multiples

  • Sont lombo-sacrés

Les traitements locaux et le soin des plaies sont essentiels pour les lésions ulcérées et aident à la cicatrisation tout en prévenant les hémorragies et la douleur. Il est possible d’utiliser de la mupirocine ou du métronidazole (localement), des pansements barrières (généralement pansement en polyuréthane ou gaze imbibée de vaseline) ou des crèmes protectrices.

En l'absence de complications constituant une menace pour le pronostic vital du patient ou d'atteinte des organes vitaux, l'exérèse chirurgicale ou toute autre intervention agressive doit être évitée du fait du risque de séquelles cicatricielles, plus fréquentes qu'en cas de régression spontanée. Pour aider les parents à accepter la non-intervention, le médecin peut montrer l'anamnèse naturelle (des exemples photographiques sont utiles), fournir des photographies en série de la lésion afin de documenter l'involution et écouter avec sympathie les inquiétudes des parents.

Points clés

  • Les hémangiomes infantiles touchent près de 10 à 12% d’enfants avant 1 an.

  • Les lésions commencent à régresser lentement dès l'âge de 12 à 18 mois, mais la régression maximale est atteinte à 10 ans.

  • À moins que les complications ne mettent la vie en danger ou que les organes vitaux soient compromis, éviter la chirurgie.

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