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Néphronophtisie et néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD)

Par Navin Jaipaul, MD, MHS, Associate Professor of Medicine;Chief, Nephrology, Loma Linda University School of Medicine;VA Loma Linda Healthcare System

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La néphronophtise et la néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD) sont des troubles héréditaires qui peuvent générer la formation de kystes dans la médullaire rénale ou à la jonction corticomédullaire et, finalement, une néphropathie terminale.

La néphronophtise et la néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD) sont regroupées du fait de leurs nombreuses caractéristiques communes. Histologiquement, elles peuvent générer la formation de kystes limitée à la région médullaire rénale ou à la frontière corticomédullaire, ainsi qu'une triade d'atrophie tubulaire, de désintégration de la membrane basale tubulaire et de sclérose interstitielle. Les kystes peuvent ou non être présents et sont le résultat de la dilatation tubulaire. Ces deux entités partagent probablement des mécanismes communs bien que ceux-ci restent mal identifiés. Les caractéristiques des deux troubles comprennent:

  • Un défaut de concentration urinaire résistant à l'ADH (vasopressine) et responsable d'une polyurie et d'une polydipsie

  • Des pertes urinaires de Na sévères au point d'exiger une supplémentation

  • Une anémie

  • Une tendance à une légère protéinurie et un sédiment urinaire bénin

  • Finalement, insuffisance rénale chronique terminale

Les principales différences entre une néphronophtise et la maladie kystique de la médullaire comprennent les modes de transmission et l’âge de début de la maladie rénale chronique.

Néphronophtise

La transmission héréditaire est autosomique récessive. La néphronophtise représente jusqu’à 15% des insuffisances rénales chroniques chez l’enfant et le jeune adulte (< 20 ans). Il existe 3 types:

  • Infantile, âge médian de survenue 1 an

  • Juvénile, âge médian de survenue 13 ans

  • Adolescent, âge médian de survenue de 19 ans

Onze mutations du gène ont été identifiées dans la néphronophtise. Les mutations du gène NPHP1 sont les plus fréquentes, identifiées chez environ 30 à 60% des patients. Environ 10% des patients qui présentent une néphronophtise ont également d’autres manifestations, y compris une rétinite pigmentaire, une fibrose hépatique, un handicap intellectuel et d’autres anomalies neurologiques.

Une insuffisance rénale chronique terminale se développe souvent pendant l'enfance et entraîne des troubles de la croissance et une maladie osseuse. Cependant, dans nombre de cas, la maladie évolue lentement sur de nombreuses années et les troubles sont si bien compensés qu'ils passent inaperçus jusqu'à ce que des symptômes urémiques se manifestent. Une HTA se développe parfois.

Diagnostic

  • Imagerie et/ou tests génétiques

Le diagnostic doit être suspecté chez l'enfant manifestant les symptômes suivants, en particulier si le sédiment urinaire est bénin:

  • Polydipsie et polyurie

  • Diminution progressive de la fonction rénale, en particulier sans HTA

  • Signes extrarénaux associés

  • Anémie hors de proportion avec le degré d'insuffisance rénale

La protéinurie est habituellement absente. Le diagnostic est confirmé par l'imagerie, mais les kystes se manifestent souvent tardivement. L'échographie, la TDM ou l'IRM peuvent montrer des limites rénales floues avec des reins de taille normale ou petite, une perte de la différenciation corticomédullaire et de multiples kystes à la jonction corticomédullaire. Une hydronéphrose est généralement absente. Le test génétique est disponible.

Traitement

  • Soins de support

Au début de la maladie, la prise en charge implique le traitement de l'HTA, des troubles électrolytiques et de l'équilibre acide-base, et de l'anémie. Les enfants présentant un retard de croissance peuvent répondre à des suppléments nutritionnels et au traitement par hormone de croissance. Finalement, tous les patients développent une insuffisance rénale et ont besoin d'une dialyse ou d'une transplantation.

Néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD)

La maladie kystique de la médullaire rénale de type autosomique dominant (MKMAD) (une néphropathie tubulo-interstitielle précédemment appelée maladie rénale kystique médullaire) est un groupe de troubles génétiques rares. Un rapport de consensus (1) sur les Kidney Disease Improving Global Outcomes (KDIGO) a proposé de classer ces troubles en fonction du gène responsable, dont 4 sont actuellement connus ( Maladie rénale tubulo-interstitielle à transmission autosomique dominante: classification en fonction du gène).

Maladie rénale tubulo-interstitielle à transmission autosomique dominante: classification en fonction du gène

Gène causal

Terminologie précédente

Caractéristiques

uromoduline (UMOD)

Maladie rénale associée à l'uromoduline

Pathologie rénale associée à l'uromoduline (UAKD)

Néphropathie hyperuricémique familiale juvénile

Maladie kystique de la médullaire rénale type 2 (CKD2)

Se présente rarement pendant l'enfance

Goutte précoce avec hyperuricémie

Mucine-1 (MUC1)

Insuffisance rénale liée à la mucine-1 (MKD)

Maladie kystique de la médullaire rénale de type 1 (MCKD1)

Pas de développement pendant l'enfance

Rénine (REN)

Néphropathie hyperuricémique familiale juvénile de type 2 (FJHN2, Familial juvenile hyperuricemic nephropathy)

Présentation fréquente au cours de l'enfance

Hypotension légère

Risque de lésions rénales aiguës

Risque d'anémie, d'hyperuricémie et d'hyperkaliémie

Mutations du facteur nucléaire hépatocytaire-1β (HNF1B)

Diabète sucré de la maturité chez le jeune, ou «maturity-onset diabetes of the young type 5» (MODY5)

Syndrome kyste rénal et diabète

Présentation fréquente au cours de l'enfance

Signes à l'échographie prénatale

Anomalies génitales

Atrophie pancréatique

Hypomagnésémie, hypokaliémie

Anomalies des dosages des enzymes hépatiques

Les anomalies histopathologiques communes à ces troubles comprennent

  • Fibrose interstitielle

  • Atrophie tubulaire

  • Epaississement des membranes basales tubulaires

  • La formation possible de kystes suite à la dilatation tubulaire

  • Absence de coloration du complément et des immunoglobulines à l'immunofluorescence

La maladie kystique de la médullaire rénale de type autosomique dominant touche les sujets âgés de 30 à 70 ans. Environ 15% des patients n’ont aucun antécédent familial, suggérant une nouvelle mutation sporadique. L'hypertension est fréquente mais généralement modeste et elle ne précède typiquement pas l'apparition d'un dysfonctionnement rénal. L'hyperuricémie et la goutte sont fréquentes et peuvent précéder l'apparition d'une insuffisance rénale significative. Une insuffisance rénale chronique terminale se développe généralement entre 30 et 50 ans. La néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD) doit être suspectée devant les symptômes suivants, en particulier si le sédiment urinaire est bénin:

La protéinurie est absente à légère. Les résultats des examens d’imagerie ont de nombreuses similitudes avec celle de la néphronophtise; cependant, les kystes médullaires rénaux ne sont visibles que dans de rares occasions. Les tests génétiques peuvent confirmer le diagnostic. Une biopsie rénale peut être nécessaire chez au moins un membre de la famille affecté.

Le traitement est généralement semblable à celui de la néphronophtise. L'allopurinol peut permettre le contrôle de la goutte.

Référence

Points clés

  • La néphronophtisie et la néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante provoquent une incapacité à concentrer l'urine (avec polyurie et polydipsie), une perte de Na, une anémie et une insuffisance rénale chronique terminale.

  • La néphronophtise est autosomique récessive et provoque une insuffisance rénale chronique terminale pendant l'enfance, alors que la néphropathie tubulointerstitielle autosomique dominante (ADTKD) est autosomique dominante et provoque une insuffisance rénale chronique terminale à l'âge de 30 ans à 50 ans.

  • Obtenir une imagerie rénale et, si possible, des examens génétiques.

  • Traiter les troubles associés et traiter les maladies rénales de manière symptomatiques.

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