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Néphropathie aux analgésiques

Par Navin Jaipaul, MD, MHS, Associate Professor of Medicine;Chief, Nephrology, Loma Linda University School of Medicine;VA Loma Linda Healthcare System

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La néphropathie aux analgésiques est une néphrite tubulo-interstitielle chronique provoquée par la prise cumulée, tout au long de la vie, de grandes quantités (p. ex., 2 kg) de certains antalgiques. Le patient présente initialement une lésion rénale, un sédiment urinaire banal et habituellement une protéinurie non néphrotique ou une pyurie stérile. Une HTA, une anémie et une altération de la concentration urinaire se produisent lorsque l'insuffisance rénale se développe. La nécrose papillaire survient tardivement. Le diagnostic repose sur les antécédents d'utilisation d'analgésiques et sur la TDM sans injection de produit de contraste. Le traitement repose sur l'arrêt de l'analgésique responsable.

La néphropathie aux analgésiques, un type de néphrite interstitielle chronique, a été initialement décrite comme associée à l'abus d'associations d'antalgiques contenant de la phénacétine (généralement avec de l'aspirine, du paracétamol, de la codéine ou de la caféine). Cependant, malgré le retrait de la phénacétine du marché, la néphropathie aux analgésiques est toujours observée. Les études visant à identifier l'agent étiologique ne sont pas concluantes, mais le paracétamol, l'aspirine et les autres AINS sont impliqués. Le mécanisme est mal connu. On ignore si les inhibiteurs de COX-2 provoquent une néphropathie aux analgésiques, mais ces médicaments peuvent probablement entraîner une néphrite tubulo-interstitielle et un syndrome néphrotique aigus dûs à une maladie à lésions minimes ou à une glomérulonéphrite extra-membraneuse.

La néphropathie aux analgésiques prédomine chez la femme (avec un pic d’incidence entre 50 et 55 ans) et, aux États-Unis, est responsable de 3 à 5% des cas de néphropathie terminale (13 à 20% en Australie et en Afrique du Sud).

Symptomatologie

Le patient présente initialement une lésion rénale, un sédiment urinaire banal et habituellement une protéinurie non néphrotique ou une pyurie stérile. L'HTA, l'anémie et l'altération de la concentration urinaire sont fréquentes lorsque l'insuffisance rénale se développe.

Les douleurs de l'hypochondre avec hématurie et l'élimination d'une papille rénale (provoquant une obstruction des voies urinaires hautes) sont des signes de nécrose papillaire qui se manifestent tardivement au cours de la maladie.

Des douleurs musculosquelettiques, des céphalées, une sensation de malaise et des dyspepsies, chroniques, peuvent être liés à l'utilisation prolongée des antalgiques plutôt qu'à la néphropathie aux analgésiques.

Diagnostic

  • Antécédents d'utilisation chronique d'analgésiques

  • TDM

Le diagnostic de néphropathie aux analgésiques repose sur les antécédents d'utilisation chronique d'analgésiques et sur la TDM sans injection de produit de contraste. Les signes de néphropathie aux analgésiques sont les suivants:

  • Diminution de la taille du rein

  • Des contours bosselés, définis par au moins 3 indentations du contour, qui est normalement convexe, du rein

  • Calcifications papillaires

L’association de ces symptômes a une sensibilité de 85% et une spécificité de 93% pour le diagnostic précoce, mais ces niveaux de spécificité et de sensibilité sont basés sur des études réalisées lorsque l’utilisation de la phénacétine contenant des antalgiques était généralisée.

Traitement

  • Arrêt de l'utilisation des analgésiques

La fonction rénale se stabilise lorsque les antalgiques sont arrêtés, sauf si la lésion rénale est avancée, auquel cas elle peut évoluer en maladie rénale chronique. Les patients qui ont une néphropathie aux analgésiques sont plus à risque de carcinomes à cellules transitionnelles de l'appareil urinaire.