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Néphropathie des métaux lourds

Par Navin Jaipaul, MD, MHS, Loma Linda University School of Medicine;VA Loma Linda Healthcare System

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L’exposition aux métaux lourds et à d’autres toxines peut entraîner des troubles tubulo-interstitiels.

Les métaux lourds (p. ex., plomb, cadmium, cuivre) et d'autres toxiques peuvent provoquer une forme de néphrite interstitielle chronique ( Néphrite tubulo-interstitielle : Néphrite tubulo-interstitielle chronique).

Plomb

La néphrite tubulo-interstitielle chronique résulte d'une accumulation de plomb dans les cellules tubulaires proximales. Une exposition au plomb à court terme entraîne un dysfonctionnement tubulaire proximal, avec diminution de l'excrétion des urates et hyperuricémie (l'urate [acide urique] est le substrat de la goutte saturnine), une amino-acidurie et une glycosurie rénale. Une exposition chronique au plomb (c.-à-d., pendant 5 à 30 ans) entraîne une atrophie tubulaire progressive, une fibrose interstitielle, une insuffisance rénale, une HTA et une goutte. Cependant, une exposition chronique à une faible dose de plomb peut entraîner une insuffisance rénale et une HTA indépendamment de la maladie tubulo-interstitielle. Les groupes suivants sont à haut risque:

  • Les enfants exposés à de la poussière ou à des écailles de peinture de plomb

  • Les soudeurs

  • Les travailleurs de l'industrie des accumulateurs électriques

  • Les buveurs d'alcool frelaté

Les enfants exposés peuvent développer une néphropathie à l'âge adulte.

Une hyperuricémie disproportionnée par rapport au degré de l'insuffisance rénale (p. ex., uricémie > 9 mg/dL pour une créatininémie < 1,5 mg/dL ou > 10 mg/dL pour une créatinine de 1,5 à 2 mg/dL et > 12 mg/dL pour une insuffisance rénale avancée) et un sédiment urinaire banal sont fréquents. Le diagnostic est habituellement établi par le dosage de plomb dans le sang total. Une fluorescence aux rx peut être éventuellement utilisée pour détecter une augmentation de la concentration osseuse de plomb, qui reflète une importante exposition cumulative à ce métal. Le traitement par chélation ( Intoxication par le plomb : Traitement du saturnisme) peut stabiliser la fonction rénale, mais la guérison peut être incomplète.

Cadmium

L'exposition au cadmium provenant de l'eau contaminée, de la nourriture, du tabac et surtout d'expositions sur le lieu de travail peuvent entraîner une néphropathie. Il peut également causer une glomérulonéphrite qui est habituellement asymptomatique. Les manifestations précoces de la néphropathie due au cadmium sont celles d'un trouble tubulaire, comprenant une protéinurie tubulaire de bas poids moléculaire (p. ex., β2-microglobuline), une aminoacidurie et une glycosurie rénale. La symptomatologie, lorsqu'elle se manifeste, est attribuable à la maladie rénale chronique. La néphropathie est proportionnelle à la dose d'exposition. Le diagnostic est probable dans les cas suivants:

  • Antécédents d'exposition professionnelle

  • Augmentation des taux urinaires de β2-microglobuline (non décelée par la bandelette de protéines urinaire mais détectée par un dosage radio-immunologique)

  • Augmentation des taux de cadmium urinaire (> 7 μg/g de créatinine)

Le traitement consiste en l’élimination de l’exposition au cadmium; la chélation par l'édétate sodique de Ca (EDTA) peut augmenter la néphrotoxicité du cadmium. La protéinurie tubulaire est habituellement irréversible.

Autres métaux lourds

Les autres métaux lourds néphrotoxiques sont

  • Le cuivre

  • Or

  • L'uranium

  • Arsenic

  • Le fer

  • Mercure

  • Le bismuth

  • Le chrome

Ils entraînent tous des lésions et un dysfonctionnement tubulaire (p. ex., protéinurie tubulaire, aminoacidurie) ainsi qu'une nécrose tubulaire, mais des glomérulopathies peuvent être au premier plan dans le cas de certains composés (le mercure, l'or). Le traitement implique de soustraire le patient à toute exposition supplémentaire et/ou à utiliser un des moyens suivants:

  • Des agents chélateurs (cuivre, arsenic, bismuth)

  • Une dialyse (chrome, arsenic bismuth), est souvent pratiquée en cas d'échec de la chélation ou associée à la chélation en cas d'empoisonnement sévère par l'arsenic