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Pollakiurie

Par Anuja P. Shah, MD, Assistant Professor;, David Geffen School of Medicine at UCLA;Los Angeles Biomedical Research Institute at Harbor-UCLA Medical Center

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La pollakiurie est le besoin d'uriner plusieurs fois pendant la journée et/ou la nuit (nycturie) mais avec un volume uriné normal ou inférieur à la normale. Une pollakiurie peut être accompagnée par une sensation d'un besoin urgent d'uriner (urgenturie). La pollakiurie est à distinguer de la polyurie, qui correspond à une diurèse > 3 L/jour.

Physiopathologie

La pollakiurie provient habituellement des troubles des voies génito-urinaires inférieures. L'inflammation de la vessie et/ou de l'urètre provoque une sensation de besoin d'uriner. Cependant, cette sensation n'est pas soulagée par la vidange urinaire, ainsi une fois que la vessie est vidée, les patients continuent d'essayer d'uriner mais seules de petites quantités d'urine sont émises.

Étiologie

Il existe de nombreuses causes de pollakiurie ( Causes de pollakiurie), mais les plus fréquentes comprennent

  • Infections urinaires

  • Incontinence urinaire

  • Hyperplasie bénigne de la prostate

  • Calculs des voies urinaires

Causes de pollakiurie

Cause

Signes évocateurs

Procédure diagnostique

Hyperplasie bénigne de la prostate ou cancer de la prostate

Début progressif de retenue mictionnelle, incontinence, faible débit mictionnel, sensation de vidange incomplète

Toucher rectal

Échographie

Cystométrie

Cystocèle

Incontinence urinaire

Sensation de plénitude vaginale

Une douleur ou des pertes urinaires sont ressenties pendant les rapports sexuels

Examen pelvien

Urétrocystographie mictionnelle

Médicaments et substances

  • Caféine

  • Alcool

  • Diurétiques

La pollakiurie occasionnelle chez un sujet en bonne santé

L'élimination empirique de la substance en cause (pour confirmer que la pollakiurie se résout)

Grossesse

3e trimestre de grossesse

Bilan clinique

Prostatite

Urgenturie, dysurie, nycturie, écoulement urétral purulent avec fièvre, frissons, douleurs en bas du dos, myalgie, arthralgie et plénitude périnéale

Prostate douloureuse à la palpation

Toucher rectal

Culture des sécrétions après massage prostatique

Cystite radique

Des antécédents de radiothérapie de la partie inférieure de l'abdomen, de la prostate ou du périnée pour le traitement des tumeurs

Bilan clinique

Cystoscopie et biopsie

Arthrites réactionnelles

Arthrite asymétrique des genoux, des chevilles et métatarsophalangienne

Conjonctivite unilatérale ou bilatérale

Petites ulcérations indolores sur la bouche, la langue, et le gland, la plante du pied et les mains 1–2 semaines après un rapport sexuel

Test de dépistage des maladies sexuellement transmissibles

Lésion ou blessure de la moelle épinière

Faiblesse des membres inférieurs, baisse du tonus du sphincter anal, absence de réflexe anal

Perte de sensation d'un niveau segmentaire

Lésion habituellement cliniquement évidente

IRM de la colonne vertébrale

Sténose urétrale

Retenue mictionnelle, ténesme, réduction du calibre et de la force du jet urinaire

Urétrographie

Incontinence urinaire

Élimination d'urine non intentionnelle, en particulier en se penchant, en toussant ou lors d'éternuements

Cystométrie

Calculs des voies urinaires

Coliques de l'hypochondre ou douleurs de l'aine

Analyse d'urines à la recherche d'une hématurie

Échographie ou TDM des reins, des uretères et de la vessie

Infections urinaires

Dysurie et urines nauséabondes, parfois fièvre, confusion et douleur de l'hypochondre, en particulier chez la femme et la fille

Dysurie et pollakiurie chez les jeunes hommes sexuellement actifs (ce qui suggère une maladie sexuellement transmissible)

ECBU

Test de dépistage des maladies sexuellement transmissibles

Hyperactivité du détrusor de la vessie

Nycturie, incontinence par impériosité, jet urinaire faible, et parfois rétention urinaire

Cystométrie

Bilan

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle doit en premier lieu demander les quantités de liquide absorbé et émis afin d'établir une distinction entre pollakiurie et une polyurie. Si une pollakiurie est présente, les patients sont questionnés précisément sur le moment où les symptômes ont débuté, sur présence ou l'absence de symptômes irritatifs (p. ex., irritation, urgenturie, dysurie), les symptômes obstructifs (p. ex., retenue mictionnelle, faible quantité émise, sensation de mictions incomplètes, nycturie) et leurs récents partenaires sexuels.

La revue des systèmes doit répertorier les symptômes évocateurs d’une étiologie, comprenant fièvre, douleur de l’hypochondre, ou de l’aine, hématurie (infection); absence de règles, tuméfaction des seins et nausées matinales (grossesse); et arthrite et conjonctivite (arthrite réactionnelle).

Lors de la recherche des antécédents médicaux, on demande au patient s'il connaît les causes, dont une maladie prostatique et une irradiation pelvienne antérieure ou des interventions chirurgicales. Les médicaments et le régime sont consignés pour l'utilisation d'agents qui augmentent la diurèse (p. ex., diurétiques, alcool, boissons caféinées).

Examen clinique

L'examen se concentre sur le système génito-urinaire.

Tout écoulement urétral ou toutes lésions compatibles avec des maladies sexuellement transmissibles sont notés. Le toucher rectal chez l’homme doit permettre d’évaluer la taille et la consistance de la prostate et du rectum; le toucher vaginal chez la femme permet de rechercher la présence de tout cystocèle. Les patients doivent avoir reçu pour instruction de tousser pendant que l'urètre est observé pour percevoir des signes de pertes urinaires.

La fosse lombaire doit être palpée à la recherche d'une sensibilité et l'examen abdominal doit rechercher la présence de toute sensibilité solide ou sus-pubienne.

Lors de l'examen neurologique, on teste la faiblesse des membres inférieurs et la perte de la sensibilité.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Faiblesse des membres inférieurs ou signes de lésions de la moelle épinière (p. ex., la perte de sensation d'un niveau segmentaire, perte de tonus du sphincter anal et du réflexe anal)

  • Fièvre et douleur dorsale

Interprétation des signes

Une dysurie laisse penser que la pollakiurie est due à une infection urinaire ou à des calculs. Une chirurgie pelvienne préalable évoque une incontinence. Un jet urinaire faible et/ou une pollakiurie évoque une hyperplasie bénigne de la prostate. Une pollakiurie, chez un jeune patient en bonne santé, peut être due à la consommation excessive d'alcool ou de boissons caféinées. Une hématurie franche évoque une infection urinaire et des calculs chez les patients jeunes et un cancer chez les patients âgés.

Examens complémentaires

Tous les patients doivent réaliser un ECBU, qui peut être facilement effectué et permettre de détecter une infection et une hématurie.

Une cystoscopie, une cystométrie et une urétrographie peuvent être effectuées pour diagnostiquer une cystite, une obstruction de l'évacuation vésicale et une cystocèle. Le dosage du PSA, une échographie et une biopsie de la prostate peuvent être nécessaires, en particulier chez l'homme âgé, pour différencier une hyperplasie bénigne de la prostate d'un cancer de la prostate.

Traitement

Le traitement dépend de la cause.

Bases de gériatrie

Une pollakiurie chez l’homme âgé est souvent due à une obstruction du col vésical secondaire à une hypertrophie de la prostate ou à un cancer. Chez ces patients, il est habituellement nécessaire de déterminer le volume d’urine post-mictionnel. Une infection urinaire ou une prise de diurétiques peuvent être en cause dans les deux sexes.

Points clés

  • L'infection urinaire est la cause la plus fréquente chez l'enfant et la femme.

  • Une maladie prostatique est une cause fréquente chez l'homme de > 50 ans.

  • La consommation excessive de caféine peut provoquer une pollakiurie chez les sujets en bonne santé.

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