Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Cystite interstitielle

Par Patrick J. Shenot, MD, Thomas Jefferson University

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

La cystite interstitielle est une inflammation non infectieuse de la vessie qui entraîne une douleur (sus-pubienne, pelvienne et abdominale), une pollakiurie et des mictions impérieuses avec incontinence. Le diagnostic repose sur l'anamnèse et l'exclusion d'autres troubles cliniquement et par la cystoscopie et la biopsie. Sous l'effet du traitement, l'état de la plupart des patients s'améliore, mais la guérison est rare. Le traitement est variable mais comprend une modification du régime alimentaire, une rééducation vésicale, le pentosan, les antalgiques et des traitements à destinée intravésicale.

L'incidence de la cystite interstitielle est inconnue, mais la maladie semble être plus fréquente que ce que l'on pensait autrefois et peut sous-tendre d'autres syndromes cliniques (p. ex., douleur pelvienne chronique). Les Blancs y sont plus sensibles et 90% des cas se manifestent chez la femme.

La cause en est inconnue mais la physiopathologie peut impliquer la perte de la mucine urothéliale protectrice, avec pénétration du K urinaire et d'autres substances dans la paroi vésicale, stimulation des nerfs sensitifs et lésions du muscle lisse. Les mastocytes sont à l'origine de ce processus, mais leur rôle reste mal déterminé.

Symptomatologie

La cystite interstitielle est initialement asymptomatique, mais les symptômes apparaissent et s'aggravent au fil des années au rythme des lésions de la paroi vésicale. Une sensation de plénitude ou de douleur sus-pubienne ou pelvienne apparaît, habituellement associée à une pollakiurie (jusqu'à 60 mictions/j) ou des mictions impérieuses. Ces symptômes s’aggravent à mesure que la vessie se remplit et diminuent lors des mictions; chez certains individus, les symptômes s’aggravant pendant l'ovulation, les règles, les allergies saisonnières, les périodes de stress physique ou émotionnel ou les rapports sexuels. Les aliments à forte teneur en K (p. ex., fruits acides, chocolat, boissons caféinées, tomates) peuvent entraîner des poussées aiguës. Le tabac, l'alcool et les aliments épicés peuvent aggraver les symptômes. Si la paroi vésicale évolue vers la sclérose, la compliance et la capacité vésicale diminuent, entraînant des mictions impérieuses et une pollakiurie.

Diagnostic

  • Clinique

  • Cystoscopie

Le diagnostic est suggéré par les symptômes, après que l'évaluation ait exclu les maladies les plus courantes qui entraînent des signes de cette sorte (p. ex., infections urinaires, maladie pelvienne inflammatoire, prostatite ou prostatodynie chroniques, diverticulite). La cystoscopie est nécessaire et parfois révèle des ulcères (de Hunner); une biopsie est de rigueur afin d’éliminer un cancer de la vessie. L'évaluation des signes sur une échelle standardisée ou pendant une perfusion intravésicale de KCl (test de sensibilité au K) peut améliorer la précision diagnostique mais n'est pas encore une pratique courante.

Traitement

  • Modification du régime alimentaire

  • Rééducation vésicale

  • Médicaments (p. ex., pentosan, les antidépresseurs tricycliques, AINS, l'instillation du diméthylsulfoxyde)

  • Chirurgie en dernier recours

Jusqu’à 90% des patients s’améliorent sous l’effet du traitement, mais la guérison complète est rare. Le traitement implique d'éviter le tabac, l'alcool, les aliments à forte teneur en K et les aliments épicés ainsi que de faire des exercices de rééducation vésicale, prescrire des médicaments, faire des instillations intravésicales et opérer selon les besoins. La diminution du stress et le biofeedback (pour renforcer les muscles du plancher pelvien ex p. ex., avec des exercices de Kegel) permettent d'apporter une amélioration. Aucun traitement n'a prouvé son efficacité, mais l'association de 2 traitements non chirurgicaux est recommandée avant que la chirurgie ne soit envisagée.

Le médicament le plus souvent utilisé est le pentosane, une héparine semblable au glycosaminoglycane urothélial; des doses de 100 mg po tid permettent de rétablir le revêtement protecteur de la vessie. Une amélioration peut ne pas être observée avant 2 à 4 mois. L'instillation intravésicale de 15 mL d'une solution contenant 100 mg de pentosan ou 40 000 unités d'héparine plus 80 mg de lidocaïne et 3 mL de bicarbonate de Na peuvent apporter un soulagement au patient qui résiste à l'effet des médicaments po. Les antidépresseurs tricycliques (p. ex., imipramine 25 à 50 mg po 1 fois/j) et les AINS à doses standards peuvent soulager la douleur. Les antihistaminiques (p. ex., hydroxyzine 10 à 50 mg 1 fois avant le coucher) permettent d'apporter une amélioration, en inhibant directement les cellules mastocytes ou en bloquant les médiateurs allergiques.

Le diméthyl sulfoxyde instillé dans la vessie par une sonde et gardé 15 min peut diminuer la substance P et déclencher la granulation des mastocytes; 50 mL q 1 ou 2 sem pendant 6 à 8 sem à répéter selon les besoins, soulage les symptômes dans une proportion de patients allant jusqu'à 1 sur 2. L'instillation intravésicale de BCG et d'acide hyaluronique est en cours d'évaluation.

La distension hydrostatique de la vessie, la résection cystoscopique d'un ulcère de Hunner et la stimulation des racines nerveuses sacrées (S3) ont un effet favorable chez certains patients.

La chirurgie (p. ex., cystectomie partielle, néovessie d'agrandissement et dérivation urinaire) est un dernier recours chez le patient qui souffre de douleurs insoutenables réfractaires à tous les autres traitements. Le résultat est imprévisible; chez certains patients, les symptômes persistent.