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Rétention urinaire

Par Patrick J. Shenot, MD, Associate Professor and Deputy Chair, Department of Urology, Sidney Kimmel Medical College at Thomas Jefferson University

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La rétention est une évacuation incomplète de la vessie ou une suppression de la miction; elle peut être

  • Aiguë

  • Chronique

Ses causes comprennent une altération de la contractilité vésicale, une obstruction de l'évacuation vésicale, une dyssynergie vésico-sphinctérienne (entre le détrusor et le sphincter) (absence de synchronisation entre la contraction vésicale et la relaxation du sphincter) ou une association de ces éléments.

La rétention est plus fréquente chez l'homme, où des anomalies de la prostate ou une sténose urétrale sont cause d'une obstruction du col vésical. Dans les deux sexes, la rétention peut être d'origine médicamenteuse (en particulier due à des anticholinergiques, dont de nombreux médicaments en vente libre), à un fécalome important (qui augmente la pression sur le trigone) ou à une vessie neurogène chez le diabétique, en cas de sclérose en plaques, de maladie de Parkinson ou d'antécédent d'intervention pelvienne cause de dénervation vésicale.

La rétention urinaire peut être asymptomatique ou induire une pollakiurie, une impression d'une évacuation incomplète et une incontinence par impériosité ou par regorgement. Elle peut entraîner une distension et des douleurs abdominales. Lorsque la rétention se constitue lentement, la douleur peut être absente. Une rétention de longue durée prédispose aux infections urinaires et peut augmenter la pression vésicale, provoquant une uropathie obstructive.

Diagnostic

  • Mesure du résidu post-mictionnel

Le diagnostic est évident chez le patient qui n'est pas en mesure d'uriner. Lorsque la miction est possible, le diagnostic d'évacuation vésicale incomplète repose sur le sondage du post-mictionnel ou l'échographie qui objective un volume résiduel d'urine élevé. Un volume < 50 mL est normal; < 100 mL est habituellement acceptable chez les patients > 65 ans mais anormal chez les patients plus jeunes. D'autres examens de laboratoire (p. ex., une échographie, un bilan urodynamique, une cystoscopie, une cystographie) sont effectués en se fondant sur la symptomatologie clinique.

Traitement

  • Cathéter urétral et traitement de la cause

La levée d'une rétention urinaire aiguë nécessite un sondage urétral. Le traitement ultérieur dépend de la cause. Chez l'homme qui présente une hypertrophie prostatique bénigne, les médicaments (habituellement des α-bloqueurs ou des inhibiteurs de la 5α-réductase) ou la chirurgie permettent de diminuer la résistance du col vésical.

Aucun traitement n'est efficace en cas de contractilité de la vessie détériorée; cependant, la réduction des résistances à l'évacuation par des bloqueurs α-adrénergiques peut améliorer la vidange de la vessie.

Un auto-cathétérisme intermittent ou un cathétérisme à demeure est souvent nécessaire. Une sonde sus-pubienne à demeure ou une dérivation urinaire sont les derniers recours.

Points clés

  • Les mécanismes comprennent l'altération de la contractilité de la vessie, l'obstruction de l'évacuation vésicale, et la dyssynergie vésico-sphinctérienne.

  • La rétention incomplète correspond à un volume résiduel post-mictionnel > 50 mL (> 100 mL chez les patients de > 65 ans).

  • Prescrire un cathéter urétral et traiter la cause de la rétention.