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Épididymite

Par Patrick J. Shenot, MD, Thomas Jefferson University

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L'épididymite est une inflammation de l'épididyme, parfois accompagnée d'une inflammation du testicule (orchi-épididymite). La douleur et l'augmentation de volume du scrotum sont généralement unilatérales. Le diagnostic repose sur l'examen clinique. Le traitement repose sur les antibiotiques, les antalgiques et la mise en place d'un suspensoir.

Étiologie de l'épididymite

Épididymite bactérienne

La plupart des épididymites (et des orchi-épididymites) sont provoquées par des infections bactériennes. Lorsque le processus inflammatoire touche les canaux déférents, il en résulte une déférentite. La funiculite est également l'atteinte de la totalité du cordon spermatique. Exceptionnellement, l'évolution peut se compliquer d'un abcès, d'une pyocèle (accumulation de pus à l'intérieur d'une hydrocèle) ou d'un infarctus testiculaire.

Chez l'homme de < 35 ans, la plupart des cas sont dus à des germes sexuellement transmissibles, notamment Neisseria gonorrhoeae ou Chlamydia trachomatis. L'infection peut commencer par une urétrite.

Chez l'homme de > 35 ans, la plupart des cas sont dus à des bacilles coliformes Gram négatifs et se manifestent généralement en présence d'anomalies urologiques, d'une sonde à demeure ou de geste urologique récent.

L'épididymite tuberculeuse et la gomme syphilitique sont rares aux USA, sauf chez le patient immunodéprimé (p. ex., infectés par le VIH).

Épididymite non bactérienne

Les causes virales (p. ex., cytomégalovirus) et les causes mycotiques (p. ex., actinomycose, blastomycose) d'épididymite sont rares aux USA, sauf chez le patient immunodéprimé (p. ex., infectés par le VIH). L'épididymite et l'orchi-épididymite d'étiologie non infectieuse peuvent être dues à une irritation chimique consécutive à un flux rétrograde de l'urine dans l'épididyme, qui peut être associé durant une manœuvre de Valsalva (p. ex., port de charge lourde) ou après un traumatisme local.

Symptomatologie de l'épididymite

Une douleur scrotale apparaît dans les épididymites bactériennes et les épididymites non bactériennes. La douleur peut être sévère et est parfois à irradiation abdominale. Dans l'épididymite bactérienne, le patient peut avoir de la fièvre, des nausées ou des symptômes urinaires. Un écoulement urétral peut être présent lorsque la cause est une urétrite.

L'examen clinique révèle une tuméfaction, une induration, un érythème et une sensibilité douloureuse nette d'une partie ou de la totalité de l'épididyme atteint et parfois également du testicule sous-jacent. Le sepsis est suggéré par la fièvre, une tachycardie, une hypotension et des manifestations toxi-infectieuses.

Diagnostic d'épididymite

  • Bilan clinique

  • Parfois, écouvillonnage urétral et ECBU

Le diagnostic d'épididymite est confirmé par la recherche d'une tuméfaction et d'une sensibilité de l'épididyme. Cependant, à moins que les résultats ne soient clairement limités à l'épididyme, un diagnostic de torsion testiculaire doit également être envisagé, en particulier chez les patients < 30 ans; un échodoppler immédiat est indiqué. Une consultation auprès d'un urologue est indiquée si la cause est mal connue ou si le trouble est récurrent.

Pièges à éviter

  • Chez l'homme présentant une douleur scrotale aiguë, il faut exclure une torsion du testicule, sauf si les signes sont clairement limités à l'épididyme.

L'urétrite est un argument en faveur d'un agent pathogène transmis sexuellement responsable de l'épididymite. Un prélèvement urétral pour culture ou PCR est réalisé à la recherche de gonocoque et de Chlamydia. Dans les autres cas, le micro-organisme responsable peut habituellement être identifié par l'ECBU. Si la pathologie est d'origine non bactérienne, l'ECBU sera normal.

Traitement de l'épididymite

  • Antibiotiques

  • Mesures de support

Le traitement de l'épididymite comprend le repos au lit, une élévation scrotale (p. ex., le port d'un suspensoir en position debout) pour diminuer les chocs répétés mineurs, l'application de poches de glace dans la région scrotale, l'administration d'antalgiques, d'anti-inflammatoires et d'un traitement antibiotique à large spectre tel que la ciprofloxacine 500 mg po bid ou la lévofloxacine 500 mg po 1 fois/j pendant 21 à 30 j. La doxycycline 100 mg po bid ou le triméthoprime/sulfaméthoxazole à double dose (160/800 mg) po bid sont des alternatives thérapeutiques.

En cas de suspicion d’un sepsis, il est administré un aminoside tel que la tobramycine 1 mg/kg IV q 8 h ou une céphalosporine de 3e génération comme la ceftriaxone 1 à 2 g IV 1 fois/j qui peuvent être utiles jusqu’à ce que le micro-organisme infectant et son antibiogramme soient connus.

Les abcès et les pyocèles nécessitent habituellement un drainage chirurgical.

L'épididymite bactérienne récidivante secondaire à une urétrite ou une prostatite chroniques rebelles aux traitements habituels pourra être prévenue par une vasectomie. L'épididymectomie parfois réalisée pour des épididymites chroniques peut ne pas suffire à soulager les symptômes.

Le patient porteur d'une sonde urétrale à demeure est particulièrement exposé à une épididymite récidivante et à une orchi-épididymite. Dans ce cas, la mise en place d'un cystocathéter sus-pubien ou un autosondage intermittent sont des solutions possibles.

Le traitement de l'épididymite non bactérienne comprend les mesures générales cités ci-dessus, mais l'antibiothérapie n'est pas nécessaire. Le recours à un bloc anesthésique du cordon spermatique par un anesthésique local peut améliorer les symptômes, dans des cas invalidants et persistants.

Points clés

  • Les causes les plus fréquentes d'épididymite sont des bactéries: Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis chez les jeunes hommes et les adolescents et les bacilles coliformes Gram négatif chez les hommes âgés.

  • La douleur affecte l'épididyme et souvent le testicule.

  • Diagnostiquer une épididymite clinique et exclure une torsion du testicule par les signes cliniques ou, si nécessaire, par échographie Doppler couleur.

  • Dans la plupart des cas, administrer des antibiotiques (p. ex., pour les patients ambulatoires, une fluoroquinolone, de la doxycycline ou du triméthoprime/sulfaméthoxazole) et traiter la douleur

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