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Cancer du côlon héréditaire non polyposique

(Syndrome de Lynch)

Par Elliot M. Livstone, MD, Emeritus Staff, Sarasota Memorial Hospital, Sarasota, FL

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Le cancer du côlon héréditaire non polyposique est une maladie autosomique dominante qui est responsable de 3 à 5% des cas de cancer colorectal. Les symptômes, les modalités du diagnostic initial et le traitement sont similaires aux autres formes de cancer colorectal. Le cancer du côlon héréditaire non polyposique est suspecté à l'anamnèse et confirmé par des examens complémentaires génétiques. Le patient doit également être surveillé pour d'autres tumeurs malignes, en particulier le cancer de l'endomètre et de l'ovaire.

Le patient porteur de l’une des nombreuses mutations identifiées a un risque de l’ordre de 70 à 80% de développer un cancer colorectal ( Cancer colorectal). Comparé aux formes sporadiques du cancer du côlon, le cancer du côlon héréditaire non polyposique apparaît à un âge moins avancé (vers 45 ans) et les lésions ont tendance à être plus proximales par rapport à l'angle colique gauche. La lésion première est habituellement un adénome colique unique, contrairement aux adénomes multiples de la polypose adénomateuse familiale (, Polypose adénomateuse familiale), l'autre principale forme héréditaire de cancer colorectal.

Cependant, comme dans la polypose adénomateuse familiale, de nombreuses manifestations extracoliques sont observées. Parmi les pathologies bénignes, on compte les taches café au lait, les tumeurs des glandes sébacées. Un cancer de la peau de bas grade, un kératoacanthome, peuvent se produire. D'autres tumeurs malignes associées fréquentes sont les tumeurs de l’endomètre et de l’ovaire (39% respectivement et 9% de risque, avant l’âge de 70 ans). Le patient présente également un risque élevé de cancer de l'uretère, du bassinet, de l'estomac, de l'arbre biliaire et de l'intestin grêle.

Symptomatologie

La symptomatologie est similaire à celle des autres formes de cancer colorectal, le diagnostic et la prise en charge de la tumeur sont identiques. Le diagnostic spécifique du cancer du côlon héréditaire non polyposique est confirmé par des examens complémentaires génétiques. Cependant, il est difficile de déterminer quel patient relève de ces tests car (contrairement à la polypose adénomateuse familiale) il n'existe pas de tableau clinique caractéristique. Ainsi, afin d'évoquer le diagnostic de cancer du côlon héréditaire non polyposique, il faut pratiquer une anamnèse familiale détaillée chez tous les patients jeunes diagnostiqués avec un cancer colorectal.

Diagnostic

  • Critères cliniques suivis du test d'instabilité des microsatellites

  • Tests génétiques pour la confirmation

Pour correspondre aux critères d'Amsterdam II permettant le diagnostic d'un cancer du côlon héréditaire non polyposique, il faut présenter les 3 éléments suivants de l'anamnèse:

  • Trois apparentés du 1er degré ou plus qui ont un cancer colorectal ou un cancer appartenant au spectre du cancer du côlon héréditaire non polyposique

  • Un cas de cancer colorectal impliquant au moins deux générations

  • Au moins un cas de cancer colorectal avant l'âge de 50 ans

Le tissu tumoral des patients qui répondent à ces critères doit être testé à la recherche d'une instabilité des microsatellites, une anomalie de l'ADN; cependant, la plupart des laboratoires d'anatomopathologie commerciaux et hospitaliers pratiquent à présent régulièrement ce test sur tous les prélèvements d'adénocarcinome colorectal. En cas d'instabilité des microsatellites, un examen complémentaire génétique des mutations spécifiques du cancer du côlon héréditaire non polyposique est indiqué. D'autres experts utilisent des critères supplémentaires (p. ex., les critères de Bethesda) pour rechercher une instabilité des microsatellites. Si le test d'instabilité des microsatellites ne peut être effectué sur place, le patient doit être adressé à un centre compétent.

Le patient chez qui le diagnostic de cancer du côlon héréditaire non polyposique est confirmé doit avoir un dépistage répété des tumeurs malignes potentiellement associées à cette mutation au cours de son suivi. Concernant le cancer de l'endomètre, il est recommandé de réaliser annuellement une cytologie endométriale par brossage ou échographie transvaginale. Dans le cancer de l'ovaire, une échographie transvaginale et un dosage des taux sériques de l'Ag CA 125 peuvent être réalisés 1 fois/an. L'hystérectomie et l'ovariectomie prophylactiques restent également une possibilité. Une cytologie urinaire peut être pratiquée dans le cadre du dépistage des tumeurs du tractus urinaire.

Les parents au 1er degré du patient qui présentent un cancer du côlon héréditaire non polyposique doivent subir une coloscopie q 1 à 2 ans entre 20 et 30 ans et q après 40 ans. Les parents du 1er degré et de sexe féminin doivent être dépistés annuellement pour le cancer de l'endomètre et de l'ovaire. Il faut proposer un dépistage par test génétique aux membres de la famille qui sont plus éloignés; si les résultats sont négatifs, ils doivent subir une coloscopie à la même fréquence que pour un patient à risque standard.

Traitement

  • Résection chirurgicale

Le traitement le plus fréquent est la résection de la lésion colique avec une surveillance rapprochée du reste du côlon et le dépistage des tumeurs associées des autres organes. Puisque la plupart des cancers du côlon héréditaires non polyposiques surviennent en amont de l'angle colique gauche, la colectomie subtotale, en laissant en place le rectosigmoïde, a été suggérée comme une alternative thérapeutique. Dans ces cas, une surveillance rapprochée du rectosigmoïde est nécessaire.

Points clés

  • Certaines mutations autosomiques dominantes confèrent un risque de l’ordre de 70 à 80% de développer un cancer colorectal.

  • Les patients ont également un risque accru d'autres cancers, en particulier de l'endomètre et de l'ovaire.

  • Les symptômes, les modalités du diagnostic initial et le traitement sont similaires aux autres formes de cancer colorectal.

  • En présence de certains facteurs de risque familiaux le tissu tumoral doit être testé à la recherche d'une instabilité des microsatellites (MSI), une anomalie de l'ADN; en cas d'instabilité des microsatellites, des tests génétiques sont effectués.

  • Les parents au premier degré doivent subir une coloscopie tous les 1 à 2 ans à compter de leur 20 ans, et chaque année après 40 ans; les femmes doivent également être testées annuellement à la recherche d'une cancer de l'endomètre et de l'ovaire.

  • Les parents plus éloignés doivent subir un test génétique.