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Hépatite C, aiguë

Par Anna E. Rutherford, MD, MPH, Assistant Professor of Medicine;Clinical Director of Hepatology, Harvard Medical School;Brigham and Women’s Hospital

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L'hépatite C est provoquée par un virus à ARN souvent transmis par voie parentérale. Elle provoque parfois les symptômes typiques de l'hépatite virale, dont une anorexie, une sensation de malaise et un ictère, mais elle peut être asymptomatique. Une hépatite fulminante et un décès sont rares. Une hépatite chronique se développe dans environ 75% des cas et peut induire une cirrhose et rarement à un carcinome hépatocellulaire. Le diagnostic repose sur le test sérologique. Le traitement est un traitement de support. Aucun vaccin n'est disponible.

Aux États-Unis, environ 2000 nouveaux cas d'hépatite B sont signalés chaque année. Cependant, comme de nombreux cas ne sont pas reconnus ou déclarés, le CDC estime que le nombre réel de nouvelles infections est proche de 30 000 par an (voir CDC Hepatitis C FAQs).

Le virus de l'hépatite C (HCV) est un flavivirus à ARN simple brin qui provoque une hépatite virale aiguë et est une cause fréquente d'hépatite virale chronique. Six grands sous-types d'HCV existent avec différentes séquences d'acides aminés (génotypes); ces sous-types varient selon leur géographie, leur virulence et la réponse au traitement. L'HCV peut également modifier sa séquence d'acides aminés au cours du temps chez une personne infectée produisant ainsi des quasi-espèces.

L'infection par le HCV se produit parfois simultanément à des troubles systémiques spécifiques, dont les suivants:

  • Cryoglobulinémie mixte essentielle

  • Porphyrie cutanée tardive (60 à 80% des patients porphyriques sont infectés par l'HCV, mais très peu de patients porteurs du HCV développent une porphyrie)

  • Glomérulonéphrite

Les mécanismes sont mal connus.

En outre, jusqu'à 20% des patients qui ont une hépatopathie alcoolique sont porteurs de l'HCV. La cause de ce taux élevé est mal connue, parce qu'une consommation d'alcool n'est associée à une consommation de drogues que dans une minorité des cas. Chez ces patients, l'HCV et l'alcool agissent en synergie en aggravant les lésions hépatiques et la fibrose.

Transmission de l'hépatite C

L'infection est le plus souvent transmise par voie parentérale, en général en cas de partage d'aiguilles chez les toxicomanes IV, mais également par les tatouages ou les piercings corporels.

La transmission sexuelle et la transmission verticale mère-nourrisson sont relativement rares.

La transmission par transfusion sanguine est devenue très rare depuis l'introduction des tests de dépistage chez les donneurs de sang.

Certains cas sporadiques surviennent en l'absence de facteurs de risques évidents.

La prévalence de l'HCV varie selon la localisation géographique et la présence d'autres facteurs de risque.

Symptomatologie

L'hépatite C peut être asymptomatique en cas d'infection aiguë. L'atteinte est souvent variable au cours du temps, parfois avec des poussées d'hépatite et des transaminases qui peuvent fluctuer pendant de nombreuses années ou même des décennies. L'hépatite fulminante est extrêmement rare.

L'HCV a le taux le plus élevé de chronicité (environ 75%). L'hépatite C chronique qui en résulte est habituellement asymptomatique ou bénigne, mais évolue vers la cirrhose chez 20 à 30% des patients; une cirrhose prend souvent des décennies à apparaître. Le carcinome hépatocellulaire peut résulter d'une cirrhose induite par l'HCV, mais ne résulte que rarement d'une infection chronique en l'absence de cirrhose (contrairement à l'hépatite B).

Diagnostic

Dans le diagnostic initial d'hépatite aiguë, l'hépatite virale doit être différenciée des autres troubles pouvant déclencher un ictère ( Démarche diagnostique simplifiée en cas de suspicion d'hépatite virale aiguë.). En cas de suspicion d'hépatite virale aiguë, les examens suivants sont effectués pour dépister les virus des hépatites A, B et C:

  • Ac IgM contre le virus de l'hépatite A (IgM anti-HAV)

  • Ag de surface de l'hépatite B (HBsAg)

  • IgM anti-capside (core) de l'hépatite B (IgM anti-HBc)

  • Ac anti-HCV

Si la recherche des anticorps anti-HCV est positive, l'ARN-HCV est mesuré pour distinguer une infection active par le virus de l'hépatite C d'une infection ancienne ( Sérologie du virus de l'hépatite C).

Dans l'hépatite C, un anticorps anti-HCV sérique indique une infection chronique, ancienne, ou aiguë; l'anticorps ne protège pas. Dans les cas incertains, l'ARN-HCV est mesuré. Les Ac anti-HCV apparaissent habituellement dans les 2 semaines suivant une infection aiguë, mais cette apparition peut être retardée; cependant, l'ARN-HCV est positif plus tôt.

Sérologie du virus de l'hépatite C

Marqueur

Infection aiguë à HCV

Infection chronique à HCV

Antécédent d'infection à HCV*

Anti-HCV

+

+

+

ARN-HCV

+

+

*Les patients ont eu une infection par l'HCV et ont spontanément guéri ou ont été traités avec succès.

Anti-HCV = Ac contre HCV; HCV = virus de l'hépatite C.

Autres examens

Un bilan hépatique est effectué en cas d'absence de résultats antérieurs, comprenant le dosage des ALAT, des ASAT, des phosphatases alcalines et de la bilirubine.

D'autres tests doivent être effectués pour évaluer la gravité de la maladie; ils comprennent l'albumine sérique, la numération plaquettaire, et PT/INR.

Traitement

  • Soins de support

Aucun traitement n'est efficace contre l'hépatite virale aiguë, dont l'hépatite C.

Il existe un certain nombre de nouveaux médicaments antiviraux à action directe très efficaces pour l'hépatite C chronique capables de réduire la probabilité de développer une infection chronique. Cependant, les protocoles sont très coûteux et n'ont pas été étudiés dans l'infection aiguë; les recommandations actuelles sont de suivre les patients pendant 6 mois pour permettre la guérison spontanée et ensuite traiter les patients qui ont une virémie persistante (c'est-à-dire, une hépatite C chronique).

L'alcool doit être évité, car il peut aggraver les lésions hépatiques. Des restrictions concernant le régime alimentaire ou l'activité physique, le repos au lit souvent conseillé, n'ont pas de bases scientifiques.

La plupart des patients peuvent reprendre leur travail en toute sécurité après la disparition complète de l'ictère, même si les taux d'ASAT ou d'ALAT restent modérément élevés.

Dans l'hépatite cholestatique, la cholestyramine 8 g po 1 fois/jour ou bid peut soulager le prurit.

Les hépatites virales doivent être signalées aux autorités de santé locales ou nationales.

Prévention

Les patients doivent être avertis d'éviter les comportements à haut risque (p. ex., partage de seringues pour injecter des drogues, partenaires sexuels multiples).

Le sang et d'autres fluides corporels (p. ex., la salive, le sperme) sont considérés infectieux. Le risque d'infection après une seule exposition à une aiguille est d'environ 1,8%. L'utilisation de protections est recommandée, mais l'isolement des patients ne présente aucun intérêt dans la prévention de l'hépatite C aiguë.

Le risque de transmission par le personnel médical infecté par le HCV semble faible et le CDC n'a émis aucune recommandation pour limiter l'infection par l'hépatite C des personnes travaillant dans le secteur des soins de santé.

Les hépatites post-transfusionnelles sont minimisées en évitant les transfusions inutiles et en dépistant l'HBsAg et les Ac anti-HCV chez tous les donneurs de sang. Le dépistage a fait reculer l'incidence des hépatites post-transfusionnelles à environ 1/100 000 unités de produits sanguins transfusés.

Aucun produit n'existe pour l'immunoprophylaxie de l'HCV. La capacité du HCV à modifier son génome rend difficile le développement d'un vaccin efficace.

Points clés

  • L'hépatite C se transmet généralement par contact parentéral avec du sang contaminé; la transmission par contact de la muqueuse avec d'autres fluides corporels et la transmission périnatale par la mère infectée sont rares.

  • Environ 75% des patients présentant une hépatite C aiguë développent une hépatite C chronique, qui évolue en cirrhose dans 20 à 30% des cas; certains patients atteints de cirrhose développent un carcinome hépatocellulaire.

  • Diagnostiquer en recherchant les anticorps anti-HCV et d'autres marqueurs sérologiques.

  • Traiter symptomatiquement.

  • Il n'y a pas de vaccin contre l'hépatite C.

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