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Hépatite E

Par Anna E. Rutherford, MD, MPH, Assistant Professor of Medicine;Clinical Director of Hepatology, Harvard Medical School;Brigham and Women’s Hospital

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L'hépatite E est provoquée par un virus ARN à transmission entérique et provoque les symptômes typiques de l'hépatite virale, dont l'anorexie, une sensation de malaise et un ictère. L'hépatite fulminante et le décès sont rares, sauf pendant la grossesse. Le diagnostic repose sur les tests anticorps. Le traitement est un traitement de support.

Il existe 4 génotypes du virus de l'hépatite E (HEV). Tous peuvent provoquer une hépatite virale aiguë.

Les génotypes 1 et 2 provoquent souvent des épidémies d'origine hydrique liées à la contamination fécale de l'approvisionnement en eau et à la transmission interhumaine par voie orofécale. Des épidémies se sont produites en Chine, en Inde, au Mexique, au Pakistan, au Pérou, en Russie et en Afrique centrale et septentrionale. Ces épidémies ont des caractéristiques épidémiologiques similaires à celles des épidémies dues au virus de l'hépatite A. Des cas sporadiques peuvent également se produire. Aucune épidémie n'est survenue aux États-Unis ou en Europe occidentale. La plupart des cas dans le monde développé se produisent chez les voyageurs qui reviennent d'un pays en voie de développement, mais des cas sporadiques non associés au voyage ont été signalés.

Les génotypes 3 et 4 provoquent généralement des cas sporadiques plutôt que des épidémies. La transmission est d'origine alimentaire et peut être due au fait de manger de la viande crue ou insuffisamment cuite; des cas ont été associés à la consommation de viande de porc, de cerf et de crustacés.

L'HEV n'était pas initialement supposer provoquer une hépatite chronique, une cirrhose ou un portage chronique; cependant certains rapports documentent l'existence d'hépatites chronique E de génotype 3, exclusivement chez les patients immunodéprimés (dont les transplantés d'organes, les patients recevant une chimiothérapie pour cancer et les patients infectés par le VIH).

Symptomatologie

Les manifestations typiques de l'hépatite virale se produisent: anorexie, sensation de malaise, nausées, vomissements et fièvre, puis ictère.

L'hépatite E peut être sévère, en particulier chez la femme enceinte car dans ce cas le risque d'hépatite fulminante et de mort est accru.

Diagnostic

  • Test d'anticorps IgM (si disponible)

Dans le diagnostic initial d'hépatite aiguë, l'hépatite virale doit être différenciée des autres troubles pouvant déclencher un ictère ( Démarche diagnostique simplifiée en cas de suspicion d'hépatite virale aiguë.). En cas de suspicion d'hépatite virale aiguë, les examens suivants sont effectués pour dépister les virus des hépatites A, B et C:

  • Ac IgM contre le virus de l'hépatite A (IgM anti-HAV)

  • Ag de surface de l'hépatite B (HBsAg)

  • IgM anti-capside (core) de l'hépatite B (IgM anti-HBc)

  • Ac contre le virus de l'hépatite C (anti-HCV)

Si les tests pour l'hépatite A, B et C sont négatifs mais que le patient présente des manifestations typiques d'hépatite virale et qu'il a récemment voyagé dans une région d'endémie, la recherche d'IgM HEV (IgM anti-HEV) doit être effectuée si le test est disponible.

Traitement

  • Soins de support,

  • En cas d'hépatite E chronique, le cas échéant ribavirine

Aucun traitement n'est efficace contre l'hépatite virale aiguë, dont l'hépatite E.

Des études préliminaires suggèrent une efficacité antivirale de la ribavirine dans le traitement de l'hépatite chronique E.

L'alcool doit être évité, car il peut aggraver les lésions hépatiques. Des restrictions concernant le régime alimentaire ou l'activité physique, le repos au lit souvent conseillé, n'ont pas de bases scientifiques.

La plupart des patients peuvent reprendre leur travail en toute sécurité après la disparition complète de l'ictère, même si les taux d'ASAT ou d'ALAT restent modérément élevés.

Dans l'hépatite cholestatique, la cholestyramine 8 g po 1 fois/jour ou bid peut soulager le prurit.

Les hépatites virales doivent être signalées aux autorités de santé locales ou nationales.

Prévention

Une bonne hygiène personnelle et des précautions universelles standards peuvent éviter la transmission orofécale de l'hépatite E. L'eau bouillante semble réduire le risque d'infection. La transmission interhumaine étant rare, la mise en isolement des patients infectés n'est pas indiquée.

Une vaccin contre l'hépatite E est à présent disponible dans certains pays; il n'est aps disponible aux États-Unis. Le vaccin semble avoir environ 95% d'efficacité dans la prévention de l'infection symptomatique chez les sujets de sexe masculin et il est sans danger. Son efficacité chez d'autres groupes de sujets, la durée de la protection et l'efficacité dans la prévention de l'infection asymptomatique sont inconnues.

Points clés

  • La transmission de l'hépatite E se fait habituellement par voie orofécale.

  • La plupart des patients guérissent spontanément, mais les femmes enceintes ont un risque accru d'hépatite fulminante et de mort.

  • Le génotype 3 peut provoquer une hépatite chronique chez les patients immunodéprimés.

  • Suspecter l'hépatite E chez les sujets ayant voyagé dans les régions endémiques; effectuer des tests IgM anti-VHE si disponibles.

  • Traiter les patients par des mesures de support; envisager d'utiliser la ribavirine pour l'hépatite chronique E.

  • Un vaccin est disponible dans certains pays.