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Algie vasculaire de la face

Par Stephen D. Silberstein, MD, Thomas Jefferson University Hospital;Thomas Jefferson University

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L'algie vasculaire de la face entraîne une douleur insoutenable, unilatérale, périorbitaire ou temporale, avec des signes neurovégétatifs homolatéraux (ptôsis, larmoiement, rhinorrhée, congestion nasale). Le diagnostic est clinique. Le traitement en phase aiguë repose sur les triptans par voie parentérale, la dihydroergotamine ou l'O2. En prévention, on utilise du vérapamil, du lithium, du topiramate, du valproate ou une association.

L’algie vasculaire de la face touche principalement l’homme, et débute typiquement entre 20 et 40 ans; la prévalence aux USA est de 0,4%. Habituellement, les algies vasculaires de la face sont épisodiques; pendant 1 à 3 mois, les patients présentent 1 crise/j, suivie d'une phase de rémission pendant des mois ou des années. Dans certains cas, l'algie vasculaire de la face évolue sans rémission.

La physiopathologie est inconnue, mais la périodicité évoque un dysfonctionnement hypothalamique. L'absorption d'alcool peut déclencher une algie vasculaire de la face pendant les périodes de crises, mais pas pendant les rémissions.

Symptomatologie

Les symptômes sont caractéristiques. Les crises surviennent souvent à la même heure tous les jours, tirant souvent les patients de leur sommeil. Lorsque des attaques se produisent, la douleur est toujours unilatérale et elle se produit sur le même côté de la tête, avec une topographie orbitotemporale. Elle est violente, atteignant son intensité maximale en quelques minutes; elle disparaît habituellement spontanément en 30 min à 1 h. Les patients sont agités, faisant les cent pas, contrairement aux patients migraineux qui préfèrent s'allonger au calme dans une pièce sombre. L'agitation peut être si grave qu'elle peut conduire à des comportements bizarres (p. ex., se frapper la tête contre un mur).

Les symptômes végétatifs, dont la congestion nasale, la rhinorrhée, le larmoiement, les bouffées vasomotrices et le syndrome de Claude Bernard-Horner, sont au premier plan, survenant du même côté que la céphalée.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Le diagnostic repose sur l'aspect caractéristique des symptômes et sur l'exclusion d'une anomalie intracrânienne.

Les autres céphalées primaires unilatérales avec symptômes végétatifs doivent être exclues:

  • SUNCT (short-lasting unilateral neuralgiform headache with conjunctival injection and tearing, céphalées névralgiformes de courte durée et unilatérales, accompagnées d'injection conjonctivale et de larmoiement): les accès sont très brefs (5 à 250 s) et se produisent à haute fréquence (jusqu'à 200 attaques/j).

  • Hémicrânie paroxystique chronique: les crises sont plus fréquentes (> 5/j) et beaucoup plus brèves (habituellement quelques minutes) que dans l'algie vasculaire de la face.

  • Hémicrania continua: elle est caractérisée par des céphalées modérément sévères, unilatérales, continues, avec survenue de brefs paroxysmes plus intenses.

Contrairement aux SUNCT (short-lasting unilateral neuralgiform headache with conjunctival injection and tearing, céphalées névralgiformes de courte durée et unilatérales, accompagnées d'injection conjonctivale et de larmoiement) et à l'algie vasculaire de la face (et la migraine), l'hémicrânie paroxystique chronique et l'hémicrania continua répondent extrêmement favorablement à l'indométhacine, mais pas aux autres AINS.

Traitement

  • Pour stopper les crises, on utilise un triptan par voie parentérale, de la dihydroergotamine ou de l'O2 à 100%

  • La prévention des accès repose sur le vérapamil, le lithium, le topiramate, le valproate ou une association

Les crises aiguës d'algie vasculaire de la face peuvent être enrayées par l'injection parentérale de triptans ou de dihydroergotamine ( Médicaments de la migraine et de l'algie vasculaire de la face*) et/ou l'inhalation d'O2 à 100% au masque sans rerespiration.

Un traitement préventif est nécessaire chez tous les patients qui ont une algie vasculaire de la face fréquente, grave et invalidante. La prednisone (p. ex., 60 mg po 1 fois/j) ou l'infiltration du nerf occipital (par un anesthésique ou un corticostéroïde) peut entraîner une sédation rapide temporaire, tandis que les médicaments à visée préventive, qui ont un délai d'action plus lent (p. ex., vérapamil, lithium, topiramate, valproate) sont commencés.

Médicaments de la migraine et de l'algie vasculaire de la face*

Médicament

Posologie

Commentaires

Prévention

Amitriptyline

10–100 mg po au coucher

Utilisés uniquement dans la migraine

À des effets anticholinergiques; entraîne une prise de poids

Utile chez les patients qui souffrent d'insomnie

Faibles doses souvent efficaces

β-Bloqueurs

Aténolol 25–100 mg po 1 fois/j

Métoprolol 50–200 mg po 1 fois/j

Nadolol 20–160 mg po 1 fois/j

Propranolol 20–160 mg po bid

Timolol 5–20 mg po 1 fois/j

Utilisés uniquement dans la migraine

Seuls les β-bloqueurs sans activité sympathomimétique intrinsèque sont utilisés

Déconseillé en cas de bradycardie, d'hypotension, de diabète ou d'asthme

Divalproex

Forme standard: 250–500 mg po bid

À libération prolongée: 500–1000 mg po 1 fois/j

Peut provoquer une alopécie, une dyspepsie, une atteinte hépatique, une thrombopénie, un tremblement et une prise de poids

Lithium

300 mg po bid à qid

Utilisé uniquement dans l'algie vasculaire de la face

Peut provoquer faiblesse, sensation de soif, tremblement et polyurie

Surveillance régulière du taux sérique nécessaire

Onabotulinumtoxine A

Traitement de première intention de la migraine chronique

Topiramate

50–200 mg po habituellement 1 fois/j

Peut entraîner perte de poids et des effets indésirables sur le SNC (p. ex., confusion, dépression)

Vérapamil

240 mg 1 fois/j à tid

Surtout utilisé dans l'algie vasculaire de la face

Peut provoquer hypotension et constipation

Traitement

Dihydroergotamine

0,5–1 mg sc ou IV

4 mg/mL pulvérisation nasale

Peut provoquer des nausées

Contre-indiqué en cas d'HTA ou de coronaropathie

Ne peut être utilisé en association avec les triptans

Formulation pulmonaire inhalée en développement

Triptans

Almotriptan 12,5 mg po

Eletriptan 20–40 mg po

Frovatriptan 2,5 mg po

Naratriptan 2,5 mg po

Rizatriptan 10 mg po

Sumatriptan 50–100 mg po, 5–20 mg en spray nasal ou 6 mg sc

Zolmitriptan 2,5–5 mg po ou 5 mg en aérosol nasal

Peut entraîner bouffées de chaleur, paresthésies et sensation d'oppression thoracique ou pharyngée

On peut répéter les doses jusqu'à tid si la céphalée réapparaît

Contre-indiqués en cas de coronaropathie, d'HTA non contrôlée, de migraine hémiplégique ou de trouble vasculaire intracrânien

Injections sc ou pulvérisation nasale utilisées dans l'algie vasculaire de la face

Valproate

500–1000 mg IV

Peut habituellement être utilisé en cas d'intolérance aux triptans ou aux vasoconstricteurs

En cas d'utilisation à long-terme, peut entraîner une alopécie, une dyspepsie, des troubles hépatiques, une thrombopénie, des tremblements et une prise de poids

*Les médicaments peuvent être utilisés pour tout type de céphalée sauf indication contraire.

La forme à libération standard est habituellement utilisée.

Les triptans sont administrés 1 fois, puis répétés au besoin.

Points clés

  • Typiquement, l'algie vasculaire de la face entraîne une douleur insoutenable, unilatérale, périorbitaire ou temporale, avec ptôsis, larmoiement, rhinorrhée homolatéraux et/ou congestion nasale chez l'homme de 20 à 40 ans.

  • Habituellement, les patients présentent ≥ 1 crise/j pendant 1 à 3 mois, suivies d'une phase de rémission pendant des mois ou des années.

  • Diagnostiquer l'algie vasculaire de la face sur les signes cliniques.

  • Pour enrayer les crises, administrer du triptan par voie parentérale ou de la dihydroergotamine ( Médicaments de la migraine et de l'algie vasculaire de la face*) et/ou inhaler de l'O2 à 100% au masque sans rerespiration.

  • Pour prévenir les accès, prescrire de la prednisone ou un bloc du nerf occipital plus étendu pour un soulagement à court terme et du vérapamil, du lithium, du topiramate, et/ou du valproate pour un soulagement à long terme.

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